Comme un seul homme

Est-ce la conséquence des routages préalables à chaque étape, des positions AIS qui permettent un contrôle des adversaires ? Ou tout bonnement, les concurrents ont-ils considéré que ce n’était pas encore le moment opportun pour lancer des attaques ? Toujours est-il que la flotte navigue groupée vers Les Sables d’Olonne… une situation qui sied à ravir aux deux leaders de la première étape, Ian Lipinski et Tanguy Bouroullec.

 

L’ensemble tient plus de la figure bien léchée de patinage artistique que d’un éclatement désordonné. Le dessin des trajectoires depuis le départ de Horta n’a pas laissé jusqu’ici beaucoup de place à l’inspiration subite, aux chemins buissonniers, aux tentatives de se démarquer du reste de la flotte. Dans ces IMG_0331conditions Tanguy Bouroullec (Kerhis CERFrance) et Ian Lipinski (Griffon.fr) peuvent se frotter les mains. L’un et l’autre ont un petit supplément de vitesse qui leur permet de pointer de nouveau en tête de leur groupe et de voir venir. A la décharge de leurs adversaires, les conditions ne sont pas vraiment propices aux options radicales : difficile de continuer de monter plein nord quand le vent autorise d’entamer une courbe qui rapprochera de la route vers l’arrivée. De même, piquer en route directe vers les côtes de Vendée, c’est prendre le risque de s’engluer dans l’anticyclone annoncé dans l’ouest du golfe de Gascogne. Il est parfois des cas où il est urgent d’attendre.

 

Saisir les opportunités

Il reste que certains doivent à l’heure actuelle, ronger leur frein. Jonas Gerkens (Volvo) analysait très justement les données de cette deuxième étape. Conscient que Tanguy Bouroullec semblait posséder un petit avantage en vitesse pure, le navigateur belge savait qu’il allait falloir profiter des moindres opportunités pour essayer de se démarquer et faire d’autres choix de route. Si ses adversaires se montrent incisifs, le leader pourrait se trouver en situation difficile avec cinq concurrents qui pointent à moins de deux heures au classement général.

Pour Ian Lipinski, la problématique est plus simple : nanti d’une avance confortable sur Alberto Bona (Promostudi La Spezia), il a les moyens de faire sa course et de démontrer le formidable potentiel de sa machine. Néanmoins, cela n’exclut pas une certaine prudence : parti sur une route très au nord, Ian a visiblement un peu plus infléchi sa route vers l’est, constatant au classement quotidien que son adversaire direct lui avait repris des milles sur la distance au but, il a pu facilement en conclure qu’Alberto avait entamé son virage le premier. Faire sa route, tout en restant vigilant sur le contrôle de ses poursuivants, c’est de bonne guerre. D’autres connaissent des soucis beaucoup plus concrets, comme Nolwen Cazé (Fée Rêvée) qui avait annoncé avoir cassé sa sous-barbe mais travaillait à la réparer. Au vu des vitesses affichées par la navigatrice, il semble bien qu’elle ait réussi dans son entreprise.

 

Guerre de mouvement demain ?

Pour autant cette situation, a priori figée, pourrait ne pas durer. Plusieurs concurrents estimaient en effet qu’il ne se passerait rien de décisif dans les trois premiers jours de course, au vu des conditions météo rencontrées. En revanche, l’arrivée d’un front froid qui va traverser les cellules anticycloniques risque de bouleverser la donne et de provoquer une véritable incertitude sur la météo à venir. C’est là qu’il faudra être lucide pour attaquer. C’est ce qu’espère Ambrogio Beccaria (Alla Grande Ambeco) qui aimerait bien effacer son erreur de navigation de la première étape qui l’a fait passer dans le DST du cap Finisterre. Le navigateur italien sait que dans les petits airs, il dispose d’une arme redoutable avec son Pogo 2. Son heure sera peut-être venue d’ici demain soir. D’autres sont plus philosophes. Aurélien Poisson (Alternative Sailing) estimait avant le départ qu’il ne fallait rien attendre des trois premiers jours en terme de stratégie. Dans ces conditions, le plus important serait de bien manger, bien dormir, boire régulièrement pour être d’attaque quand la situation deviendrait plus incertaine… Avant l’heure, ce n’est pas l’heure.

PFB

 

 

 

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