Scission des troupes au cap Finisterre

Alors qu’ils entament leur troisième jour de course, les concurrents de la 9e Les Sables – Les Açores – Les Sables poursuivent leur descente en direction de la pointe nord-ouest de l’Espagne, toujours propulsés depuis hier par un flux de secteur nord-ouest soufflant entre 15 et 20 nœuds. En milieu de matinée, comme on s’y attendait, les choix de routes ont commencé à diverger entre les uns et les autres, certains, à l’image de Pierre Le Roy (1019 – TeamWork), ayant choisi de piquer franchement au sud pour ainsi passer entre la côte et le DST (dispositif de séparation de trafic) du cap Finisterre, et d’autres, à l’instar de Jacques Delcroix (753 – Actual) puis du gros du peloton, ayant clairement opté pour passer à l’extérieur. « Ceux qui vont passer à l’intérieur vont devoir composer avec jusqu’à 35 nœuds en raison de l’accélération du vent à cet endroit. Les autres vont avoir un peu moins de pression mais aussi un peu moins de mer. Pour eux, ce sera dur un peu moins longtemps », a indiqué Christian Dumard, le consultant météo de la course. Tous, en tous les cas, vont continuer de cavaler bon train ces prochaines 48 heures – leurs vitesses actuelles oscillent entre 8 et 14 nœuds. Soigner la conduite et les réglages, mais aussi et surtout limiter les sorties de pistes pour éviter la casse matérielle vont donc faire partie du programme aux abords du fameux cap et au large des côtes portugaises. Reste que placer le curseur au bon endroit entre vitesse et sécurité ne sera pas le seul enjeu des deux prochains jours pour les Ministes. Ces derniers vont, en effet, devoir prendre une vraie décision stratégique pour traverser au mieux l’axe anticyclonique qui descend vers le sud et va littéralement leur barrer la route dans la journée de samedi. En clair, si le passage du cap Finisterre va scinder la flotte aujourd’hui, il y a fort à parier que la meute s’éclate plus largement en fin de semaine. En clair, il est très probable que les 80 milles qui séparent le premier du dernier et les 55 milles qui éloignent les concurrents les plus extrême en latéral soient exponentiels, à moins qu’à l’inverse, le ralentissement des troupes relance complètement la donne et, par ricochet, la hiérarchie actuelle. Seule certitude : il va y avoir du jeu et les marins n’ont pas fini de passer du temps à la table à cartes dans les heures qui viennent !

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