Dix ans, ça se fête

Les contrôles de sécurité achevés, place maintenant au prologue des sables – Les Açores – Les Sables avant de retrouver demain soir tous les coureurs autour d’une soirée événement : car c’est en 2006 qu’était lancée la première édition de ce qui allait devenir une des grandes classiques du circuit Mini.

 

Un prologue, c’est une bonne opportunité pour aller tester ses derniers réglages face à la concurrence, pour inviter à bord famille, amis ou partenaires, pour enfin prendre ses repères sur un plan d’eau qu’il faudra de nouveau sillonner, mais cette fois-ci en solitaire.

 

Conditions météo instables

Pour demain, les prévisions météo annoncent des vents faibles de nord-ouest dominant. Pour le Président du Comité de Course, Patrick Maurin, tout dépendra de la brise thermique. Qu’elle vienne à s’établir et l’on pourra assister à une régate de toute beauté dans un vent qui devrait monter progressivement dans l’après-midi. Que la couverture nuageuse soit trop importante et les effets de brise ne pourront pas s’installer et la course risque d’être légèrement poussive. Mais l’essentiel n’est-il pas de sortir ?

Briefing de la flottille 24F

 

Briefings : infos à gogo

Mais Les Sables – Les Açores – Les Sables, c’est aussi le baptême du feu pour nombre de coureurs qui découvrent là les contraintes inhérentes à toute épreuve hauturière. Après le briefing des pilotes de la 24F résumant toutes les procédures à suivre en cas de détresse, depuis les procédures d’appel jusqu’aux manœuvres de récupération, les coureurs vont devoir suivre un briefing médical, ainsi qu’un topo sur l’utilisation de la BLU, seul lien avec la direction de course qui distillera chaque jour le bulletin météo. Enfin, samedi, ce sera le dernier briefing pour tous les concurrents : l’occasion pour Denis Hugues, le directeur de course, de rappeler quelques règles de bon sens comme l’impérieuse nécessité de s’attacher… S’en suivra le traditionnel briefing météo qui devrait donner la tonalité de cette première étape. Mais c’est déjà une autre histoire…

PFB

 

 

La qualité au rendez-vous

Finalement, ils seront vingt-deux au départ de cette édition 2016 à vouloir rejoindre Horta et l’archipel des Açores. C’est une déception pour les organisateurs qui espéraient un plateau plus fourni, eu égard à l’excellente réputation de la course auprès des adhérents de la Classe Mini. Faute de quantité, le plateau est néanmoins particulièrement alléchant entre mélange des générations et diversité des profils.

 

Vingt-deux coureurs dont deux femmes, vingt bateaux de série dont près de la moitié de nouvelle génération, des habitués des podiums et quelques bizuths enthousiastes… à défaut de quantité, la liste des concurrents augure une course passionnante. Bien malin celui qui pourrait donner un pronostic fiable à quelques jours du départ, dimanche 24 juillet.

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Ian Lipinski, va pouvoir tester son proto au grand large.

Un tenant du titre et un favori évident

En série, le navigateur belge Jonas Gerckens viendra, à la barre d’un Pogo 3, défendre son titre acquis en 2014. Ce sera sa troisième participation à cette course qui lui a toujours plutôt réussi. En proto, Ian Lipinski, brillant vainqueur de la Mini Transat 2015 en série, va profiter de l’épreuve pour tester les limites de son plan Raison, accumuler des milles au large. Considérant qu’il n’existe pas de meilleure préparation à la prochaine Mini Transat, c’est sans hésitation que Ian a décidé de s’inscrire. C’est la même démarche qui anime le coureur italien Alberto Bona, qui espère pouvoir titiller son adversaire à la barre de son plan Manuard.

 

Des prétendants aux ambitions affirmées

Ils sont plusieurs à pouvoir prétendre aux places d’honneur sur cette édition 2016. L’Irlandais Thomas Dolan, qui sera lui aussi à la barre d’un Pogo 3, voudrait bien continuer sur la lancée d’un début de saison tonitruant qui l’a vu remporter successivement la Mini en Mai et le Trophée Marie-Agnès Péron. Tanguy Bouroullec, le fils de Christian, directeur du chantier Structures, peut aussi avoir de légitimes ambitions au vu de ses résultats d’avant saison. Face à la meute des Pogo 3, le Rochelais Henri Patou fort d’une expérience conséquente en Mini, aura la lourde tâche de défendre le savoir-faire du chantier Prépa Nautic à la barre de son Ofcet 650. On n’oublie pas non plus que la course a régulièrement révélé de nouveaux talents : Aurélien Poisson ou Valentin Gautier, pour ne citer qu’eux, peuvent en rêver au vu de leurs performances du début de saison.

 

Engranger de l’expérience

Pour d’autres, il sera plus difficile de jouer la gagne. Ne disposant pas de voiliers de dernière génération, ils savent que seules des conditions météo exceptionnelles pourront leur permettre de tirer leur épingle du jeu, à savoir du petit temps qui nivelle les performances des carènes puissantes des Pogo 3 et autres Ofcet. Mais tous savent que Les Sables – Les Açores – Les Sables est sans aucun doute la meilleure des préparations à la Mini Transat, un excellent bizutage de la haute mer, sans compter l’attrait d’un séjour d’une semaine aux Açores. Se sentir à l’aise en mer sur une étape de huit à dix jours d’affilée, découvrir un autre rythme, apprendre à gérer ses émotions, seul au large sans port abri à proximité immédiate, est une expérience irremplaçable. Pour la benjamine de la course, Marine André, tout juste 20 ans, nul doute que ces quelques jours de mer risquent de compter double, tant l’aventure sera forte. Aller aux Açores se mérite, mais la gratification est largement à la hauteur des efforts déployés pour y parvenir.