La guerre des étraves©

Deux tours en baie des Sables d’Olonne ont suffi pour asseoir une fois de plus la domination de Ian Lipinski sur son Maximum. Visiblement, le navigateur lorientais commence à parfaitement maitriser les manettes de son prototype.  En revanche, derrière lui, c’était la foire d’empoigne…

 

Ce n’est pas faire injure à Alberto Bona (Promostudi La Spezia) que de dire qu’il aura du mal à contenir lui tout seul les appétits de victoire qui animent Ian Lipinski (Griffon.fr). Ce n’est pas faute d’un talent de régatier certain ou de volonté de se battre pour arracher le moindre mille. Mais la domination des plans David Raison semble si évidente qu’il faudra plus quelques retournements de situation pour espérer inverser la hiérarchie en prototype. Ian Lipinski s’est donc donné un nouvel objectif, à savoir tenter de battre le record de 2010 de Bertrand Delesne sur la traversée, à savoir un peu plus de cinq jours.

Course en solitaire de la classe mini entre les Sables d'Olonne et l'île de Faïal aux Açores. Courses en 2 étapes. 2540 miles
Pogo 2 et Maximum, bord à bord

 

Derrière, c’était la bouteille à l’encre. Dans les conditions particulièrement légères, c’est le jeune navigateur italien Ambrogio Beccaria (Alle Grande Ambecco) qui menait son Pogo 2 en deuxième position, juste devant Alberto Bona. Suivaient ensuite Henri Leméncier (LPO – Agir pour la biodiversité) qui ouvrait le bal des Pogo 3 juste devant Jean-Patrick Loison (Stop Hunger One) à la barre de son Dingo 2. Première leçon de ce prologue, dans les petits airs, les étraves rondes ne tirent pas leur épingle du jeu aussi facilement. Les courses d’avant saison ont toutes été courtes et plutôt toniques. Sur une longue distance et dans des temps anticycloniques, les différences vont peut-être s’estomper.

 

Le grand chamboulement

Deuxième enseignement, à relativiser toutefois compte tenu des variations des conditions, c’est la hiérarchie qui n’a cessée d’être bousculée. Certains concurrents particulièrement à l’aise en début de parcours comme la jeune Marine André (Mini Explorer) ont eu du mal à tenir le rythme sur les derniers bords du parcours. A l’inverse Tom Dolan (Offshore Sailing) est remonté du fond du classement vers une prometteuse septième place.

Il convient enfin de relativiser les résultats d’un prologue couru en compagnie des familles ou des amis, invités parfois à barrer même s’ils sont débutants. Dimanche, ce sera le grand saut à destination des Açores : les premières estimations météo annoncent des vents portants qui devraient accompagner la flotte pendant les trois-quarts du parcours. De quoi tenter un aller simple express pour Horta et profiter des charmes des Açores à l’heure où s’ouvriront les Fêtes de la Mer.

 

PFB

 

 

 

Dix ans, ça se fête

Les contrôles de sécurité achevés, place maintenant au prologue des sables – Les Açores – Les Sables avant de retrouver demain soir tous les coureurs autour d’une soirée événement : car c’est en 2006 qu’était lancée la première édition de ce qui allait devenir une des grandes classiques du circuit Mini.

 

Un prologue, c’est une bonne opportunité pour aller tester ses derniers réglages face à la concurrence, pour inviter à bord famille, amis ou partenaires, pour enfin prendre ses repères sur un plan d’eau qu’il faudra de nouveau sillonner, mais cette fois-ci en solitaire.

 

Conditions météo instables

Pour demain, les prévisions météo annoncent des vents faibles de nord-ouest dominant. Pour le Président du Comité de Course, Patrick Maurin, tout dépendra de la brise thermique. Qu’elle vienne à s’établir et l’on pourra assister à une régate de toute beauté dans un vent qui devrait monter progressivement dans l’après-midi. Que la couverture nuageuse soit trop importante et les effets de brise ne pourront pas s’installer et la course risque d’être légèrement poussive. Mais l’essentiel n’est-il pas de sortir ?

Briefing de la flottille 24F

 

Briefings : infos à gogo

Mais Les Sables – Les Açores – Les Sables, c’est aussi le baptême du feu pour nombre de coureurs qui découvrent là les contraintes inhérentes à toute épreuve hauturière. Après le briefing des pilotes de la 24F résumant toutes les procédures à suivre en cas de détresse, depuis les procédures d’appel jusqu’aux manœuvres de récupération, les coureurs vont devoir suivre un briefing médical, ainsi qu’un topo sur l’utilisation de la BLU, seul lien avec la direction de course qui distillera chaque jour le bulletin météo. Enfin, samedi, ce sera le dernier briefing pour tous les concurrents : l’occasion pour Denis Hugues, le directeur de course, de rappeler quelques règles de bon sens comme l’impérieuse nécessité de s’attacher… S’en suivra le traditionnel briefing météo qui devrait donner la tonalité de cette première étape. Mais c’est déjà une autre histoire…

PFB