Jacques Delcroix (753 – Actual), 2e Proto à Horta

Le skipper d’Actual a franchi la ligne d’arrivée de la première étape ce vendredi 29 juillet à 01h29’35 ». Il a mis 9 jours 12 heures 11 minutes et 35 secondes à une moyenne de 5,57 nœuds pour boucler cette première étape.

« La fin, c’était long mais franchement, ce qui se passe avant d’arriver ici, ça s’oublie. Les paysages sont juste incroyables ! Au départ, je ne réalisais pas du tout qu’on allait si loin mais là je réalise vraiment qu’on est aux Açores et c’est trop bien ! Il y a eu tellement de moments géniaux sur l’eau ! Certains ont été longs, certains ont été chouettes… Il y a une époque lors de laquelle j’ai voyagé un peu aux Fidji et dans d’autres endroits comme celui-là, avec des eaux bleues, chaudes et tout… ça me les a rappelés. A un moment, il y a eu un petit calamar qui a sauté… c’était vraiment trop cool.

Au niveau course, cette SAS est vraiment dure. Je pense que la transat sera plus simple sur le plan météo parce que le chemin est un peu plus tracé. Pour venir ici, il faut se frayer des chemins parmi les anticyclones et les dépressions. Au cap Finisterre, il faut choisir tout de suite de faire une route nord ou une route sud et c’est super dur. Au bout de trois jours, j’ai pensé que je n’avais pas dû faire la bonne route et que je n’avançais pas et en fait ça allait. C’était souvent très dur de comprendre la météo. Il y a eu pleins de moments trop cool mais parfois, dans la pétole, ça a été compliqué à gérer. En dessous de deux nœuds de vent, c’était hyper compliqué de faire avancer le bateau. Quand c’était le cas, je me mettais à l’intérieur avec des réveils toutes les 20 ou 30 minutes et parallèlement j’avais une tablette avec des livres. Ça a d’ailleurs été un peu le piège. Mieux vaut prendre des bouquins qu’on n’aime pas à bord, comme ça on ne les lit pas trop ! (Rires) J’avoue que là, j’en ai dévoré pas mal !

Cette deuxième place, c’est trop bien. C’est top. Je suis content d’avoir tous les autres – exception faite de Pierre (Le Roy) – derrière, parmi lesquels des personnes expérimentées ou dotées de bateaux récents. J’ai eu le stress de voir Marie Gendron revenir pleine balle dans les classements hier. Elle était revenue à 30 milles de moi et cet instant n’a pas été simple à gérer. Emotionnellement, si ma place avait bougé, ça n’aurait pas été facile à encaisser. Cette Les Sables – Les Açores- Les Sables ne ressemble en rien aux autres courses de la saison. Je me suis parfois un peu énervé dans la pétole, mais gentiment par rapport à ce que peuvent faire d’autres que je connais (rires) ! J’avais marqué « moral stable » sur le bateau et je n’ai pas trop besoin de me le redire.

Le premier jour, un truc m’a mis un peu dans le jus psychologiquement, après le petit parcours de dégagement en baie : j’ai pris mon éponge pour nettoyer mes panneaux solaires et elle m’a glissé des mains pour tomber à la flotte. C’était celle qui m’aurait servi à éponger le fond du bateau pendant la course et ça m’a mis un coup au moral de même que mes panneaux solaires n’ont pas toujours tous marché. Tout au long de la course je suis resté attentif au sujet de l’énergie. J’ai pas mal barré, peut-être quatre heures par jour. Au final, ça l’a très bien fait et je n’ai eu aucun black-out, seulement des petites bricoles que je vais pouvoir facilement réparer avant la deuxième étape. »

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