Double peine

C’est à toute petite vitesse que les Ministes toujours en course dans la première étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables poursuivent leur route en direction de Horta. Et pour cause, l’anticyclone est centré pile poil sur l’archipel portugais. Chacun essaie donc de trouver la meilleure trajectoire pour rallier Faial et à ce petit jeu, les options divergent franchement.

Pour preuve, Ambrogio Beccaria (Geomag), l’actuel leader chez les Série a choisi de passer entre Terceira et San Miguel puis de faire le tour de l’île de Pico par le sud avant de se rejoindre la ligne d’arrivée. Un choix que les locaux n’estiment pas forcément judicieux. Et pour cause, le volcan qui la domine s’élève à 2351 mètres et génère naturellement d’importants dévents. S’il va être intéressant de voir ce que ça donne, dans l’immédiat, le skipper Italien, qui conserve une belle avance sur ses poursuivants les plus proches (plus de 80 milles), a toutefois concédé pas mal de terrain ces dernières 24 heures à ses concurrents mais aussi à Axel Tréhin (le Proto Tartine – Cherche du beurre) avec qui il luttait hier encore pour la troisième place au Scratch.

A l’opposé du plan d’eau, Jörg Riechers (Lilienthal) a, semble-t-il décidé de faire le grand tour par l’extérieur de Graciosa en espérant garder le plus de pression possible, lui aussi. Le marin Allemand, qui a déjà fait les frais des petits airs erratiques entre les îles, notamment lors de l’édition 2011 des Sables – Horta – Les Sables en Class40 où la troisième place du podium lui avait échappée à quelques longueurs de la ligne, tente un coup inédit. Positif ou pas, l’histoire le dira bientôt. « Dans ce genre de contexte, tout est possible », explique Denis Hugues, le Directeur de course dont les fichiers météo annoncent très peu de vent sur les Açores pour les trois prochains jours. « Ça va rester mou au moins jusqu’à vendredi. Pour les Ministes, c’est un peu la double peine. Après avoir traversé trois fronts velus, ils finissent maintenant dans la pétole. Moralement, ce n’est assurément pas facile », assure Denis. Si cette première manche va traîner en longueur, elle n’est toutefois pas une exception. On se souvient, en effet, de l’édition 2008, dont le premier round avait duré 12 et 9 heures pour le premier Proto et près de 15 jours pour les derniers. La prochaine arrivée ? Erwan Le Méné (Rousseau Clôtures), 2e Proto, attendu en milieu d’après-midi (heure de Paris).

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