La BLU est un sport de combat

Ce matin, se tenait en présence de tous les coureurs néophytes, ainsi que quelques récidivistes, une causerie autour du bon usage de la BLU. Ce lien ténu et fragile est le seul véritable contact pour les concurrents avec les nouvelles venues de la terre. En dehors des vacations quotidiennes diffusées par l’organisateur, ce sera pour beaucoup l’apprentissage de la solitude.

 

Lucas Montagne, le Président de la Classe mini, n’est pas seulement un expert en matière montages électroniques. C’est aussi un coureur qui a l’expérience des courses transatlantiques en Mini. Autant dire, qu’il sait de quoi il parle dès lors qu’il s’agit d’évoquer le bon usage de la BLU (Bande Latérale Unique). Aujourd’hui, si la BLU est le moyen le plus efficace de transmettre des sons sur de longues distances, elle demande un certain nombre de précautions pour en tirer le meilleur résultat. Disposer d’une antenne adaptée, savoir prérégler son poste de radio, anticiper ce que sera le confort d’écoute dans un Mini lancé à pleine vitesse au portant, voilà quelques uns des paramètres que les solitaires vont devoir maîtriser.

Du côté des auditeurs, le soulagement le disputait à la perplexité. Perplexité face à la question de savoir si tous les (bons) conseils proférés par Lucas Montagne seront transférables facilement en mer, mais aussi soulagement de savoir que l’épreuve du feu aurait lieu un an avant le départ de la Mini Transat. Comme le notait un des participants : « On aura dégagé une bonne partie du terrain au départ de la Mini Transat grâce à cette course. »

 

Derniers conseils

Course en solitaire de la classe mini entre les Sables d'Olonne et l'île de Faïal aux Açores. Courses en 2 étapes. 2540 miles
Les Minis prêts pour le grand saut

Demain, le briefing médical précédera le dernier rendez-vous entre les coureurs et l’organisation avant le départ pour Horta. L’occasion pour le directeur de course, Denis Hugues, de rappeler quelques unes des règles élémentaires de sécurité, de préciser les droits et les devoirs de chaque coureur quand il est en course, de rappeler les différentes fonctions des balises de positionnement fournies par l’organisation. Juste auparavant, à l’occasion du briefing météo, les coureurs auront eu un aperçu de ce qui les attend. Après un départ tout en douceur des Sables d’Olonne, le vent devrait monter progressivement, toujours aux allures portantes jusqu’aux abords du cap Finisterre où il pourrait atteindre 25 nœuds réels. Ensuite, ce sera une longue traversée, toujours en route directe jusqu’à l’archipel portugais. En revanche, les derniers milles pourraient être légèrement asthmatiques, de quoi provoquer quelques bouleversements dans la hiérarchie. Mais on n’en est pas encore là…

PFB

 

La guerre des étraves©

Deux tours en baie des Sables d’Olonne ont suffi pour asseoir une fois de plus la domination de Ian Lipinski sur son Maximum. Visiblement, le navigateur lorientais commence à parfaitement maitriser les manettes de son prototype.  En revanche, derrière lui, c’était la foire d’empoigne…

 

Ce n’est pas faire injure à Alberto Bona (Promostudi La Spezia) que de dire qu’il aura du mal à contenir lui tout seul les appétits de victoire qui animent Ian Lipinski (Griffon.fr). Ce n’est pas faute d’un talent de régatier certain ou de volonté de se battre pour arracher le moindre mille. Mais la domination des plans David Raison semble si évidente qu’il faudra plus quelques retournements de situation pour espérer inverser la hiérarchie en prototype. Ian Lipinski s’est donc donné un nouvel objectif, à savoir tenter de battre le record de 2010 de Bertrand Delesne sur la traversée, à savoir un peu plus de cinq jours.

Course en solitaire de la classe mini entre les Sables d'Olonne et l'île de Faïal aux Açores. Courses en 2 étapes. 2540 miles
Pogo 2 et Maximum, bord à bord

 

Derrière, c’était la bouteille à l’encre. Dans les conditions particulièrement légères, c’est le jeune navigateur italien Ambrogio Beccaria (Alle Grande Ambecco) qui menait son Pogo 2 en deuxième position, juste devant Alberto Bona. Suivaient ensuite Henri Leméncier (LPO – Agir pour la biodiversité) qui ouvrait le bal des Pogo 3 juste devant Jean-Patrick Loison (Stop Hunger One) à la barre de son Dingo 2. Première leçon de ce prologue, dans les petits airs, les étraves rondes ne tirent pas leur épingle du jeu aussi facilement. Les courses d’avant saison ont toutes été courtes et plutôt toniques. Sur une longue distance et dans des temps anticycloniques, les différences vont peut-être s’estomper.

 

Le grand chamboulement

Deuxième enseignement, à relativiser toutefois compte tenu des variations des conditions, c’est la hiérarchie qui n’a cessée d’être bousculée. Certains concurrents particulièrement à l’aise en début de parcours comme la jeune Marine André (Mini Explorer) ont eu du mal à tenir le rythme sur les derniers bords du parcours. A l’inverse Tom Dolan (Offshore Sailing) est remonté du fond du classement vers une prometteuse septième place.

Il convient enfin de relativiser les résultats d’un prologue couru en compagnie des familles ou des amis, invités parfois à barrer même s’ils sont débutants. Dimanche, ce sera le grand saut à destination des Açores : les premières estimations météo annoncent des vents portants qui devraient accompagner la flotte pendant les trois-quarts du parcours. De quoi tenter un aller simple express pour Horta et profiter des charmes des Açores à l’heure où s’ouvriront les Fêtes de la Mer.

 

PFB