Après des records de vitesse, des records de lenteur

« Sur la fin de cette première étape, on verra ceux qui arrivent à garder leur sang-froid et ceux qui pètent les câbles », avait déclaré Nicolas Coudrais (900 – Lalou Multi) avant le départ. Le skipper de l’unique foiler de la flotte de cette 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables, comme ses concurrents, savait que les derniers milles de cet acte 1, entre la Vendée et l’île de Faial, seraient à la fois délicats et compliqués pour les nerfs. Pas facile, en effet, de rester calme quand le vent est faible et instable. Quand le petit copain décalé de quelques milles, au vent ou sous le vent, parvient à attraper un petit filet d’air alors que de son côté on est littéralement scotché, avec parfois un bateau qui tourne sur lui-même sans même que l’on puisse le contrôler. Car c’est bien de cela dont il s’agit. Ces dernières 24 heures ont, de fait, été franchement laborieuses pour les Ministes, la faute à un flux de sud-ouest irrégulier qui n’a jamais dépassé les 5 nœuds. Aussi, si Pierre Le Roy a battu, il y a tout juste quatre jours, le record de la distance parcourue en 24 heures à bord d’un Mini 6.50 (308 milles), cette fois ce sont des records de lenteur que les uns et les autres ont enregistré. Pour preuve, tous ont avalé entre 58 et 101 milles en une journée (soit des vitesses moyennes comprises entre 2,4 et 4,2 nœuds), en fonction de leur positionnement sur le plan d’eau, avec un avantage pour les bateaux les plus au sud qui sont parvenus à conserver le – léger – flux de sud-ouest plus longtemps. Résultat des courses : quelques chamboulements au pointage, et en particulier chez les Série. La preuve, si Jean Marre (991 – Sport dans ma ville – Time for the plantet) et Léo Botorel (987 – Les Optiministes – Secours Populaire) occupaient les commandes de la flotte avec un matelas de cinq milles sur leurs poursuivants dimanche soir, ce mardi, Damien Fleury (947 – Utopik) a pris le leadership avec près de 30 milles d’avance. Une avance qu’il n’est toutefois pas certain de conserver car ses rivaux, placés plus au nord, vont attraper en premiers le vent de sud sud-ouest à venir. « Ce flux va rentrer dans la journée autour de 7-8 nœuds puis se renforcer légèrement pour atteindre 10 nœuds dans la soirée pour la première moitié du peloton, et dans la nuit pour le reste de la flotte. Celui-ci devrait tourner au nord-ouest dans la journée de demain avant de mollir de nouveau dans la journée de vendredi », explique Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve. En clair, cela signifie que ça va continuer de tourner au ralenti ou, à tout le moins, pas très vite, mais aussi et surtout que l’élastique va se tendre à nouveau et que les premiers vont continuent de creuser l’écart, même s’ils vont évoluer au près. Quid des ETA (estimations d’heures d’arrivées) ? Jeudi matin pour Pierre Le Roy qui vient tout juste de passer sous la barre des 200 milles restant à parcourir, une vingtaine d’heure plus tard pour son plus proche poursuivant, Jacques Delcroix (753 – Actual), puis entre vendredi et samedi pour la grosse majorité de la bande.

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