Albert Lagneux (882 – Plumeke), 26e Série de la 2e étape

« C’est difficile de parler brièvement de cette étape parce qu’elle a été très riche. Une vraie encyclopédie ! Ça a commencé par une idylle avec ces îles Açoriennes, ces couleurs, ces oiseaux, ces dauphins, tous ces bateaux sous spi… Malheureusement, ça n’a pas duré parce qu’à un moment donné, je me suis réveillé avec le bateau couché sous spi.

La nuit était noire d’encre, on ne voyait pas le ciel. J’ai tout rangé mais je me suis retrouvé avec le mal de mer alors que ça faisait deux ans qu’il me foutait la paix celui-là. Je l’ai eu pendant une nuit. Forcément, j’ai levé le pied. Le lendemain, en revanche, ça a été une journée de malade. Sous code 5, j’allais à 12 nœuds stabilisés avec des survitesses à plus de 15 nœuds. Au bout de quelques heures comme ça, je me suis dit « mais qu’est-ce que tu fais ? Tu vas casser quelque-chose ! ». J’ai donc fait ce que les leaders n’ont pas fait : j’ai affalé mon spi ! (Rires) Malgré tout, beaucoup d’eau est rentrée dans le bateau. Je n’ai plus eu de BLU, j’ai cru ne plus avoir de pile à combustible non plus. A ce moment-là, j’ai pensé que j’allais devoir barrer 800 milles ! Un truc de malade ! Mais j’ai eu de la chance parce que ma pile s’est remise à marcher. A ce sujet, il va falloir que j’aille allumer un cierge pour remercier (rires) ! Evidemment, le front était passé et j’ai eu de la pétole pendant trois jours. Ça a été un peu dur mais il y a eu une belle rencontre avec Julien (Hatin) que je ne connaissais pas bien. On est resté longtemps côte à côte. On se soutenait, on se stimulait. Des baleines, des rorquals… jamais j’en ai vu autant ! Incroyable ! A un moment, je suis sorti pour changer une voile d’avant et un rorqual s’est mis à côté du bateau, à trois mètres. Il m’a accompagné pendant dix minutes. J’étais pétrifié. Je n’ai pas changé ma voile mais j’ai regardé le spectacle. C’était extraordinaire car c’est plein de grâce, ces animaux ! Ça a vraiment été moment surréaliste ! Après, par Julien j’ai eu une bonne météo. J’ai su qu’un nouveau front arrivait et je me suis dit que cette fois, il n’était pas question de gaspiller une molécule d’air. Je me suis donc accroché et quand le front s’est présenté, j’ai pris les écoutes entre les dents. Je n’ai jamais foncé de ma vie comme ça, je crois ! J’ai fait une belle remontée en restant tout le temps à 12 nœuds. J’ai trouvé une bonne combinaison de voiles. Je n’ai jamais été aussi vite aussi longtemps. J’ai dû progresser dans l’histoire. C’était d’une intensité incroyable. Je suis heureux d’être là ! »

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