Un coup pour rien ?

 

Du deuxième Tom Dolan (Offshoresailing.fr) au septième Jonas Gerkens (Volvo), les arrivées se sont succédées en rafales. Moins de 15 minutes ont suffi pour que les uns montent au septième ciel et que d’autres digèrent leur déception de ne pas accéder aux places d’honneur. Mais ces 15 minutes ne sont rien à l’échelle de la deuxième étape ramènera les solitaires aux Sables d’Olonne. Un coup pour rien ? Pas vraiment au regard de la somme des expériences accumulées par les uns et les autres.

 

Tout s’est joué sur un fil. Thomas Dolan a montré que les résultats obtenus en avant saison n’étaient pas dus au hasard en procédant à une remontée spectaculaire et en arrachant la deuxième place devant un Ambroggio Beccaria (Alla Grande Ambeco), toujours aussi pugnace. Le jeune navigateur italien s’est hissé en troisième position en renvoyant dans les deux cents derniers mètres son gennaker pour coiffer sur le poteau Henri Leménicier (LPO Agir pour la Biodiversité), admiratif de l’énergie déployée par le navigateur transalpin, dont c’était pourtant la première course hauturière. Suivaient ensuite Henri Patou (Défense Assurances) à la barre de son Ofcet, visiblement très satisfait des performances de son bateau puis Aurélien Poisson (Alternative Sailing) tout heureux d’avoir pu accrocher le bon wagon. Pour tous, le bilan était le même : cette première étape s’est résumée à une course de vitesse où les options tactiques se limitaient à de petits recalages. Constamment au reaching depuis le milieu du golfe de Gascogne, les solitaires ont dû tenir le rythme, ne jamais rien lâcher sous peine de se voir décrocher du peloton.

512-bato-merDerrière, les écarts se creusent : pour certains concurrents, l’essentiel était de vivre pleinement cette expérience de navigation hors de vue des côtes, sans solution de repli immédiate en cas d’avarie. C’est le cas notamment de la jeune Marine André (Mini Explorer) qui, toute heureuse de rencontrer un bateau accompagnateur, avait avoué ses craintes de se voir reléguée en queue de flotte d’emblée et était plutôt surprise de voir qu’elle avait laissé des concurrents derrière elle. La majorité de la flotte devrait avoir rallié Horta d’ici mardi. Le temps nécessaire pour recharger ses batteries et procéder aux indispensables petites bricoles avant l’étape retour devrait être largement suffisant pour profiter de l’île de Faial. C’est aussi le charme de cette course.