Et de deux pour Tanguy Bouroullec !

Ce vendredi 14 août à 19h20’37, Tanguy Bouroullec a franchi la ligne d’arrivée de la deuxième étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix bouclant ainsi les 470 milles du parcours en première position chez les Proto après 4 jours 04 heures 06 minutes et 37 secondes de course. Déjà leader au classement général provisoire de l’épreuve avec une avance de 48 minutes sur son dauphin à l’issue de la première manche, le skipper de Cerfrance consolide donc son leadership. Ses premières déclarations à chaud.

Vous signez une nouvelle victoire d’étape. Une étape finalement peu ventée…

« En effet, contrairement à ce qu’on attendait, ça n’a pas été une étape musclée du tout. Heureusement qu’il y a eu les six dernières heures pour oublier le reste ! Franchement, ç’a été galère. Il n’y a vraiment pas eu de vent. On a fait trois jours dans les petits airs, sous la pluie… C’était compliqué car ça bougeait dans tous les sens. En tous les cas, il y a eu des rebondissements et ça, ça a maintenu bien éveillé ! Antoine (Perrin) s’est retrouvé en tête pendant un moment donc il a fallu que je me batte pour repasser devant, mais c’est resté piégeur. La nuit dernière, en arrivant en Angleterre, je pensais que le break était fait mais je me suis arrêté juste avant Wolf Rock et j’ai vu tout le monde revenir. Ça a été un peu dur mais heureusement, le dernier bord s’est joué sous le soleil avec 13-14 nœuds de vent et c’était parfait. J’ai enfin pu utiliser mes foils qui, jusqu’à présent, n’avaient servi à rien ! »

Vous terminez avec une avance de plus de 13 milles sur votre poursuivant le plus proche. Vous consolidez ainsi votre place de leader au général. On vous imagine content ?

« Oui, clairement ! Quand j’ai vu que le vent montait et que ça rentrait ouest sud-ouest pour la deuxième traversée de la Manche, j’ai su que je pouvais aller vite et que je pouvais grappiller des milles. En fait, j’ai su que ceux de derrière ne pourraient pas me rattraper. On va voir ce que ça va faire en temps mais c’est sûr que c’est bien… »

Cette deuxième étape a-t-elle été très différente de la première ?

« Elle a été différente mais usante également. Les trois premiers jours, vraiment, ont été délicats car on n’avançait pas. On se demandait si on allait réussir à finir le parcours un jour ! Quand on est arrivé à Penmarch et qu’on n’avait toujours pas eu plus de cinq nœuds de vent, pfff… ça a été compliqué. Ça n’avançait pas du tout et il y avait constamment des passages à niveau. Ça s’arrêtait, ça revenait… ça partait à droite, à gauche. A un moment, Antoine (Perrin) était trois milles derrière moi, et avec juste une rotation, il est repassé devant… ça bougeait tout le temps. J’ai vraiment hâte de voir la carto et de refaire la course. A la pointe Bretagne, au passage du DST, quand j’ai vu Irina (Gracheva) revenir à l’AIS, j’ai compris que j’avais foiré un truc. Je pensais avoir bien fait mais je pense que ceux qui sont allés virer carrément à l’ouest ont fait mieux. Avec le vent que j’avais à ce moment-là, je n’y croyais pas trop j’avoue… Le pire a quand même été la nuit dernière à l’arrivée sur Land’s End. Il n’y avait vraiment pas d’air. C’est revenu encore une fois par l’arrière mais ça a été ça toute la course. Il ne fallait rien lâcher à aucun de ces passages à niveaux mais rester à fond. »

Vous doublez donc la mise. Difficile de faire mieux !

« C’est vrai. Maintenant j’espère aller chercher la troisième ! J’espère qu’il y aura un peu plus de vent sur la dernière étape car sinon ça risque d’être très long si c’est comme ça ! »

Les petits aléas de la météo

La météo n’est pas une science exacte et le scénario de la deuxième étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix le montre bien car si les fichiers d’hier laissaient envisager un passage à Wolf Rock entre 1h et 4h la nuit dernière, puis des premières arrivées à Roscoff en fin de matinée ce vendredi, force est de constater que le vent a globalement été moins fort que prévu sur l’ensemble de la Manche, et en particulier dans sa partie nord. C’est ainsi au ralenti que les Ministes ont effectué leur première traversée de la Manche. Résultat des courses, Tanguy Bouroullec, leader chez les Proto n’a pas débordé le fameux phare anglais avant 7h04 tandis que Victor d’Ersu (985 – Babouchka), premier en bateau de Série, ne l’a pas passé avant 8h35.

Quid de la deuxième transmanche ? Elle ne s’annonce plus très rapide non plus, la faute à un flux de secteur ouest sud-ouest très instable, à la fois en force et en direction. « Ça va rester très irrégulier, avec entre 3 et 10 nœuds de vent. Ce vent va continuer de mollir dans la journée de demain puis passer au sud. Une large partie de la flotte va donc devoir finir la course au près, sur un seul et même bord cependant », annonce Christian Dumard, le météorologue de l’épreuve qui reste très prudent concernant les ETA (estimations d’heures d’arrivées) des premiers. « Compte-tenu de la situation, il est difficile d’être précis mais on peut estimer un passage de ligne ce soir entre 20 heures et minuit pour les leaders ».

A retenir par ailleurs :

-Peu avant 3 heures ce vendredi, Ediz Onen (918 – Turkuaz) a indiqué qu’il était confronté à un black-out d’énergie à bord de son bateau. Privé de l’ensemble de ses instruments électronique, le skipper Turque se déroute actuellement sur Brest qu’il devrait atteindre en fin de matinée.

-Confronté à des soucis de ferrure d’étai, Joris Corbin (590 – Yoyo 3) est parvenu à effectuer un brêlage pour sécuriser son mât. Il fait actuellement route en direction de Camaret.

-Timothée Douin (959 – Neptune) se déroute vers le port de Concarneau.

Tanguy Bouroullec en tête à Wolf Rock

Après avoir débordé le DST (dispositif de séparation de trafic) d’Ouessant dans la soirée d’hier, les Ministes de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix ont connu une nuit plutôt mollassonne. Résultat des courses, c’est au ralenti qu’ils ont effectué leur première traversée de la Manche. Pour preuve, alors qu’on attendait les leaders entre 1h et 4h aux abords de Land’s End, Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance), le leader de la flotte (premier Proto) a seulement débordé le fameux phare de Wolf Rock à 7h03 ce matin, avec une avance de près de dix milles sur son poursuivant direct. Il est attendu sur la ligne d’arrivée à Roscoff aux alentours de 21 heures.

Démâtage du Proto de Paul Gauchet

Ce jeudi, peu après 18h30, alors qu’il pointait en 5e position chez les Proto et évoluait au près dans 20-25 nœuds de vent à une vingtaine de milles au large de l’île d’Ouessant, au sud du DST qu’il s’apprêtait à contourner par l’ouest, Paul Gauchet (709 – Barra) a démâté. Le skipper va bien. Il a été rejoint par l’un des bateaux suiveurs de la course, OC 23. Ce dernier l’a pris en remorque et doit passer, d’ici deux heures, le relais à la vedette SNSM d’Ouessant qui l’accompagnera jusqu’au port de Camaret.

Renforcement des règles de sécurité sanitaire sur le site de la course

En raison de la crise sanitaire , les pontons seront fermés au public. Nous sommes désolés de ne pouvoir partager cette fête avec le plus grand nombre, mais il faut savoir se protéger et protéger les autres. Il est hors de question de faire prendre des risques à qui que ce soit. Il ne sera malheureusement pas possible de rencontrer les skippers. La course se déroulera à huis clos et nous la partagerons via les réseaux sociaux. Je comprends la déception de certains, mais il en va de la sécurité et la pérennité de l’épreuve. Je suis sûr que tout le monde comprendra et acceptera de ne pas venir sur le site. Merci à tous

Marc Chopin, président de l’organisation.

Changements de leaders à la pointe Bretagne ?

Ce jeudi, la flotte de la deuxième étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix continue doucement mais sûrement sa route, toujours au près, dans un vent de nord-ouest toujours instable.  Un flux qui devrait néanmoins graduellement se renforcer à l’approche de la pointe sud-ouest du dispositif de séparation de trafic d’Ouessant. Un DST que les premiers devraient commencer à déborder aux environs de 16-17 heures. Côté classements, pour l’heure, Tanguy Bouroullec (696 – Cerfrance) et Loïc Blin (871 – Mini Moi Cherche Sponsors) mènent la danse respectivement chez les Proto et les Série, mais Romain Bigot (802 – La Vie est Belt) et Hugo Lauras (512 – Hugo au Large) pourraient bien tirer avantage de leur positionnement une dizaine de milles plus à l’ouest que leurs adversaires. Et pour cause, non seulement ils vont pouvoir passer le DST sur un bord quand leurs rivaux vont, eux, tirer des bords pour pouvoir le laisser à tribord, mais en plus ils profitent d’ores et déjà de davantage de pression, ce qui leur permet d’être logiquement plus rapides.

La suite ? Une fois cette fameuse zone interdite dans leurs sillages, les solitaires vont attaquer leur première traversée de la Manche au reaching, propulsés par un flux d’une douzaine de nœuds qui pourrait atteindre les 15 nœuds rapidement, et ainsi leur permettre de rejoindre le phare de Wolf Rock en milieu de nuit (vers 1h du matin pour les leaders). Là, les uns et les autres devront toutefois se montrer vigilants puisqu’en plus des courants jamais neutres aux abords de Land’s End, ils vont aussi devoir composer avec une visibilité réduite le long de la côte Anglaise, la faute à une brume épaisse. Bonne nouvelle cependant, la seconde transmanche s’annonce plutôt sympathique et relativement rapide, au portant. De quoi envisager raisonnablement les arrivées des premiers Proto entre 7 et 8 heures du matin ce vendredi à Roscoff, et environ quatre heures plus tard, soit aux alentours de 12 heures, pour les premiers Série.

A noter par ailleurs : Gaby Bucau (984 – Mex), dans l’incapacité de charger ses batteries en raison d’un problème de groupe électrogène, se déroute sur Lorient. Nicolas Cousi (533 – Telerys), victime lui aussi de soucis d’énergie, poursuit sa route néanmoins. Enfin, Thomas Racoupeau (995 – Team Vendée Formation), qui espérait être au départ de troisième étape après avoir résolu ses problèmes de pilote automatique, a finalement annoncé son retrait de l’épreuve.

A coups de petits décalages

La flotte de la seconde étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix poursuit sa route à petite vitesse en direction de la pointe Bretagne. Une pointe qu’elle ne devrait pas déborder avant demain, en première partie de matinée. En termes de stratégie, pas de grandes options à jouer pour les 70 Ministes toujours en course (victime d’un coup de bôme à la tête, Basile Bourgnon (975 – Edenred) est actuellement en route pour La Trinité-sur-Mer, son port d’attache, remorqué par l’un des bateaux suiveurs de la course). Chacun tente donc des petits décalages et force est de constater que certains sont plus payants que d’autres. Celui, d’Antoine Perrin (850 – Hydroprocess) trois milles à l’Est de son principal rival Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance), lui a permis de s’emparer des commandes chez les Proto aux environs d’une heure la nuit dernière. Même chose chez les bateaux de Série où Hugo Picard (1014 – Kiraucassis) a, lui aussi, tiré parti de son positionnement plus à l’Est que ses concurrents directs, remontant ainsi de la cinquième à la première place au pointage. Un pointage où les écarts restent malgré tout infimes, en particulier chez les Série où les sept premiers se tiennent en moins de deux milles. L’heure est donc au pilotage et aux réglages pour l’ensemble des solitaires, d’autant que le vent reste très instable, à la fois en force et en direction. Ce n’est, en effet, qu’aux abords du DST (dispositif de séparation de trafic) d’Ouessant que le vent va commencer à se stabiliser puis à se renforcer pour atteindre 12-16 nœuds en moyenne. De quoi envisager une première traversée de Manche relativement rapide, sans grandes options stratégiques à jouer cependant, avec une arrivée du côté de Wolf Rock en début de soirée ce jeudi. Idem pour la seconde transmanche qui s’annonce, elle aussi un peu « tout droit ». Pas de changement donc concernant les ETA (estimations d’heures d’arrivées) à Roscoff. Les premiers sont en effet toujours attendus tôt vendredi matin, au port de Bloscon.

Toujours de l’instabilité dans l’air

Partie hier en milieu d’après-midi des Sables d’Olonne, la flotte des 71 Mini 6.50 de la deuxième étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix a, comme on s’y attendait, bataillé dans de tous petits airs lors de ces premières 24 heures de course. Pour preuve, elle a à peine avalé 100 milles entre 16 heures hier et la même heure ce mardi. Bonne nouvelle cependant : elle est parvenue à conserver un minimum de vitesse et ainsi à ne jamais s’arrêter. Ainsi, si on pouvait s’attendre à ce que certains prennent la poudre d’escampette et d’autres restent scotchés, du côté de l’île de Ré notamment, avec des options assez différentes, tous sont finalement restés sur une trajectoire assez similaire et, par conséquent, plutôt groupés. Pour preuve, à peine plus de 20 milles séparent les premiers des derniers, que ce soit chez les Proto ou chez les Série, exception faite de Marine Legendre (902 – EY) reléguée à 50 milles du leader. Victime d’un problème de pilote automatique, cette dernière n’a, pour mémoire, quitté les Sables d’Olonne que sur les coups de 18h30 hier après effectué un retour au port pour réparer. Depuis, elle cravache autant que possible pour revenir au score – à noter que pour sa part, Thomas Racoupeau (995 – Team Vendée Formation), confronté à un souci identique, fait tout son possible pour trouver une solution et rejoindre Roscoff au plus vite afin de s’aligner au départ de la troisième étape programmé le 19 août prochain.

Du vent plus stable et plus fort à venir

Côté classement, chez les Proto, le trio gagnant de la première manche confirme son rang. Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance), Irina Gracheva (800 – Canopus) et Antoine Perrin (850 – Hydroprocess), dans l’ordre, mènent en effet la danse et se rendent coup pour coup. Chez les bateaux de Série, Quentin Riché (947 – Eliott), quatrième du premier acte à 1h43 du premier, emmène la flotte devant l’Allemand Lennart Bürke (943 – Vorpommern), décidément très régulier et très à l’aise dans le petit temps à bord de l’ancien Mini 6.50 d’Ambrogio Beccaria, puis Michel Sastre (903 – Shaman). Reste à voir dans quelle mesure cette première hiérarchie va se trouver chamboulée (ou non) avec le changement de conditions à venir, à l’approche du DST d’Ouessant que les concurrents devraient commencer à contourner (par l’ouest) demain matin, aux environs de 9 heures. A partir de là, le vent devrait en effet commencer à se stabiliser puis à s’établir au secteur nord tout en se renforçant graduellement pour atteindre entre 12 et 16 nœuds (jusqu’à 20 dans les rafales). « Les premiers vont réaliser cette première traversée de la Manche au près et les retardataires plutôt au reaching. Cela aura pour effet de ne finalement pas générer trop d’écarts au sein de la flotte », assure Christian Dumard, météorologue de la course qui prévoit une arrivée des premiers à Land’s End (Cornouailles anglaises), jeudi en début de soirée, chose que confirme Denis Hugues, le Directeur de course. « Selon les derniers routages, on envisage un passage au phare de Wolf Rock des premiers aux alentours de 19 heures le 13, mais ceci ne reste toutefois qu’une estimation car la situation ne cesse d’évoluer. On s’attend ensuite à une fin de course plutôt rapide, et donc des premières arrivées à Roscoff dans la journée de vendredi ».

Les marins de la baie de Morlaix pressés d’arriver « à la maison »

Après trois jours de repos bien mérités à la suite d’une première étape de petit temps, ce lundi les 71 solitaires toujours en lice dans la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix ont quitté Port Olona pour rallier Roscoff où sera jugée l’arrivée de la deuxième manche. A 15h14, après deux rappels généraux, les Ministes ont en effet entamé les 470 milles du parcours qui les mènera d’abord du côté de l’île de Ré puis à Wolf Rock ensuite, poussés par un vent d’ouest nord-ouest soufflant entre 5 et 8 nœuds. Dans ces conditions, Antoine Perrin (850 – Hydroprocess) et Jean-Marie-Jézéquel (951 – Branchet /LPL), les deux Carantécois de la course, manifestement pressés de rejoindre leurs terres, ont pris les commandes de leurs flottes respectives (Proto et Série). Les dés étaient néanmoins loin d’être jetés. De fait, si la grosse cellule orageuse que redoutaient les marins s’est finalement évacuée dans la matinée, les uns et les autres se préparent toutefois à batailler dans de petits airs erratiques sur la première moitié de parcours. De quoi rendre délicate la remontée jusqu’à Ouessant. Ouessant où le vent est prévu de s’établir au secteur nord mais aussi et surtout de prendre des tours pour atteindre 15-22 nœuds. De quoi garantir une seconde moitié de course relativement tonique. Dans ce contexte général, les arrivées pourraient être bien étalées puisque si l’on en croit les derniers routages, les premiers Protos sont attendus au port du Bloscon jeudi en milieu d’après-midi, et les premiers Séries vendredi en tout début de matinée.

Initialement prévu à 13 heures ce lundi, le départ du deuxième acte de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix a, dans un premier temps, été retardé à 14h30 afin de laisser passer une cellule orageuse, puis finalement lancé à 15h14, après deux rappels généraux. Antoine Perrin, troisième de la première étape dans la catégorie des Proto, a parfaitement négocié les premiers milles de la course, enroulant en tête la bouée de dégagement avec à ses trousses un certain Tanguy Bouroullec, vainqueur du premier round. Ces deux-là, qui ne s’étaient presque pas lâchés d’une semelle sur la boucle de 197 milles disputée la semaine dernière, sont donc bien partis pour se rendre coup pour coup à nouveau. Son avance de 48 minutes et 59 secondes sera-t-elle suffisante au skipper de Cerfrance pour conserver sa place de leader au classement général ? Difficile de se prononcer vu le contexte météo actuel, pour le moins instable. « Pour l’instant je ne compte pas les minutes. Je vais essayer de faire au mieux et de faire avancer le bateau au maximum de son potentiel. On fera les comptes à la fin même si, évidemment, accrocher une deuxième victoire de manche reste un objectif pour moi. Ce que je redoute le plus sur cette deuxième étape, c’est clairement le passage de Ré. Si on est à contre-courant et qu’on doit longer l’île, ça risque d’être la loterie. Ma hantise est de me faire bloquer dans une zone sans vent et de voir les autres passer à côté… », a commenté Tanguy Bouroullec. Ce dernier compte bien réussir à tirer toute la quintessence de son Pogo foiler lors des deux traversées de la Manche dans le vent soutenu, bien conscient cependant que ses adversaires ne lui faciliteront pas la tâche, à commencer par Antoine Perrin qui a, on l’a dit, d’ores et déjà donné le ton sur ce début d’étape, bien décidé à briller sur son territoire, la baie de Morlaix.

Nouvelles conditions, nouvelles têtes d’affiche ?

Même topo ou presque pour le Carantécois Jean-Marie Jézéquel (951 – Branchet / KPL) qui espère lui aussi finir en bonne place sur son terrain de jeu favori et ainsi oublier sa « décevante » 15e place lors du premier acte. « Sur la première étape, je me suis mis un peu trop la pression et j’ai fait pas mal de bêtises. J’ai aussi manqué un peu de rythme. Cette fois, je vais donc essayer de ne pas trop me prendre la tête, de faire ce que je sais faire et puis on verra », a commenté le Finistérien qui s’attend à une course aussi complète que complexe. « Ça va être intensif ! On s’était pourtant dit qu’on pouvait difficilement faire plus compliqué que la première étape mais vraisemblablement celle-ci va être aussi délicate, voire plus encore. Pour commencer, il est clair que les 24 premières heures vont être très longues et que, comme d’habitude, ça va partir par devant. Il va donc falloir s’accrocher dès le début et ne rien lâcher », a ajouté Jean-Marie Jézéquel qui a donc débordé la bouée de dégagement en tête chez les Série, devançant alors Ronan Jézégou (692 – Diaoulic) puis l’Autrichien Christian Kargl (980 – All Hands on Deck). Si ces deux marins n’ont pas non plus spécialement bien tiré leur épingle du jeu lors de la première étape, il se pourrait bien qu’ils se montrent plus à l’aise dans des conditions différentes, ce que redoute naturellement Léo Debiesse (966 – Kelyfos), l’actuel leader au classement Série.« Certains de mes concurrents sont effectivement susceptibles de se replacer complètement dans le match. Clairement, mon avantage d’une heure et sept minutes d’avance sur le deuxième au classement général peut sembler beaucoup à l’échelle d’une étape, mais il est en réalité peu de choses à l’échelle d’une course en trois temps. Options stratégiques différentes, écarts de vitesse… tout fait que ça peut disparaitre en un rien de temps », a commenté le navigateur originaire des Cévennes qui s’attend, lui aussi, à une épreuve sollicitante, aussi bien pour les organismes que pour les machines. « Le rythme va être soutenu et j’espère qu’on va tous arriver à Roscoff. J’ai très confiance en mon bateau, notamment dans le vent fort car je le sais solide. Reste le bonhomme. Ça va être des conditions favorables au mal de mer notamment. J’ai de la chance, je n’y suis pas trop sensible, mais cela va être dur physiquement. Gérer le sommeil, bien s’alimenter et être présent aux bons moments sur les nombreuses transitions météo seront des points essentiels », assure Léo Debiesse. A noter par ailleurs : le retour à terre, peu avant le coup d’envoi de la manche, de Thomas Racoupeau (995 – Team Vendée Formation) et de Marine Legendre (902 – EY). L’un et l’autre, victimes de soucis de pilote automatique, tentent de réparer puis de partir en course.

Ils ont dit :

Louis Mayaud (916 – Youkounkoun) : « Il demeure pas mal d’incertitudes. J’aborde donc cette deuxième étape avec beaucoup d’anticipation pour parer à toutes les éventualités. Ce que l’on sait, c’est que l’on va avoir à la fois de la pétole et du gros temps, un peu dans tous les sens, avec pas mal de transitions. Côté classement, j’ai terminé 12e de la première étape. Je vais donc essayer de viser une place entre 8 et 10 cette fois, mais plus que des objectifs de résultats, j’ai des objectifs de travail. On est nombreux à découvrir le support, en particulier dans ces conditions-là. Après, ça reste la moitié de la distance de la qualif’ alors on ne part pas complètement dans l’inconnu. Pour ma part, je ne sais toutefois pas comment je vais gérer en mode course mais ça va être une belle étape. Une étape très complète et forcément instructive. »

Julien Hatin (869 – Les entreprises du paysage – Normandie) : « Ce qui est sûr, c’est qu’on va débuter la course dans un temps assez orageux, avec un coup pas de vent, un coup 30 nœuds. Dans ce contexte, sans doute que l’on va se faire mouiller et se faire un peu peur sur le premier tronçon du parcours ! Après, on va devoir aller chercher une petite bascule à l’ouest puis composer avec un vent qui va monter tout progressivement jusqu’à 25 nœuds, voire plus dans les rafales. Ça risque d’être assez désagréable surtout qu’on sera au près. Il faudra être dessus en permanence. Une fois que l’on aura débordé Wolf Rock, en revanche, ce sera beaucoup plus cool avec un ciel de traine, un peu de soleil et une descente rapide vers Roscoff. J’ai hâte d’y être parce que la Manche, c’est un peu mon jardin, même s’il y a toujours un peu de stress un jour de départ. J’ai vraiment beaucoup d’envie car sur cette deuxième manche, on va commencer à allonger un peu les distances. Je reste un peu amateur et le fait d’avoir des étapes un peu plus longues permet de gommer un peu les différences entre les vitesses d’exécution des manœuvres et ça, c’est assez cool. Ça va peut-être me permettre de faire un peu mieux en termes de résultat que lors du premier acte (32e). On verra. Le but c’est de me faire plaisir. Si tel est le cas, normalement, tout ira ! »

Romain Le Gall (987 – Les Optiministes cherchent partenaires) : « J’ai vraiment hâte de retourner sur l’eau ! La première étape était trop bien. C’est super addictif comme truc ! Les conditions, cette fois, vont être très différentes. On ne sait pas trop à quelle sauce on va être mangé. Globalement, on sait que le vent va être incertain sur la première partie et qu’on risque d’avoir un peu de vent sur la deuxième. Moi ça me va car ce sont des conditions qui vont bien au bateau. L’objectif reste encore une fois de ne rien casser, de finir et de se qualifier pour la Mini Transat. »

Tim Darni (432 – Diabol’O sailing solutions) : « Ça va être orageux sur la première partie donc on ne sait pas trop à quelle sauce on va être mangé mais il n’y aura pas beaucoup d’air. L’idée sera avant tout de ne pas casser s’il y a des gros grains, mais essayer aussi de se reposer au maximum, ce qui ne sera pas facile puisqu’on va devoir négocier de nombreuses phases de transition. Sur la deuxième partie, il y a davantage de vent. Ce sera important d’aborder ce dernier tronçon en forme pour rester performant car ça va être très sollicitant. Mon but, c’est clairement de terminer pour décrocher la qualif’ pour la Mini Transat. Je n’ai pas vraiment d’objectifs sportifs, même s’il est vrai que lorsque l’on est sur l’eau, on se prend toujours au jeu ! »

Emmanuel Renaud (753 – Aventures Oceans) : « Sur certaines sections du parcours, les fichiers météo d’aujourd’hui sont très différents de ceux d’hier. Ce sera donc un peu la surprise sur l’eau et il faudra s’adapter. De plus, ça va être une étape deux fois plus longue que la première donc il faudra gérer différemment pour les organismes, d’autant plus qu’il y aura davantage de vent, qui plus est de face. La remontée de l’Angleterre risque de tirer un peu sur les bonshommes, beaucoup plus que lors du premier acte. En tous les cas, on part pour une belle aventure et j’espère réussir à bien faire marcher le bateau, voir si, ou non, j’ai progressé à l’entraînement, puis arriver à Roscoff en étant content de ma nav. En clair, j’espère ne pas avoir de regrets. »

Entre impatience et appréhensions

Après une première étape marquée par les petits airs, les Ministes de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix se préparent à un deuxième acte globalement plus tonique mais certainement pas moins complexe. Les premières 24-36 heures de course, notamment, s’annoncent bien incertaines, avec de forts risques orageux, tandis que la suite pourrait mettre à rude épreuve les bateaux et les organismes. Et pour cause, c’est au près, dans du vent relativement soutenu avec des rafales pouvant atteindre 25 nœuds, que les solitaires vont rejoindre Wolf Rock avant de finir au portant. Dans ce contexte, bien qu’il soit difficile d’estimer avec précision une heure d’arrivée, les premiers pourraient boucler les 470 milles du parcours entre Les Sables d’Olonne et Roscoff en trois jours et demi, soit dans la soirée de jeudi. La gestion du sommeil sera donc l’un des facteurs clés de la réussite et elle représente naturellement l’une des plus grosses appréhensions pour les skippers qui, pour les trois quarts, n’ont encore jamais passé plus de deux nuits en mer.

Près de 500 milles entre Les Sables d’Olonne et Roscoff, via l’île de Ré puis Wolf Rock : tel est donc le programme de la deuxième étape des Sables – Les Açores en Baie de Morlaix dont le coup d’envoi est prévu ce lundi à 13 heures. « Ce parcours présente plusieurs difficultés avec notamment le contournement de l’île de Ré souvent délicat, le passage du DST d’Ouessant toujours un peu chaud, deux traversées de la Manche, d’importants courants potentiels aux abords de Land’s End puis un atterrissage subtil en Finistère nord », assure Denis Hugues, le directeur de course de l’épreuve qui a choisi d’imposer aux coureurs de laisser Yeu, Belle-Ile et le fameux dispositif de séparation de trafic d’Ouessant à tribord. Outre des difficultés techniques, les 71 Ministes qualifiés pour cet acte 2 de la compétition vont devoir composer avec une météo complexe. « Le départ devrait être donné dans peu de vent, c’est-à-dire moins de dix nœuds. Cette prévision reste cependant hypothétique car une dépression orageuse n’est pas encore bien calée selon les modèles », explique Christian Dumard, le météorologue de la course, qui présage de 24 à 36 premières heures de course très incertaines. « C’est vraiment compliqué de faire des estimations. On ne peut pas exclure que le vent rentre en cas d’orages et que le flotte avance plus vite que prévu, ni qu’elle bataille dans les petits airs et mette 48 heures pour rejoindre la pointe de Penmarch », détaille Christian, plus précis concernant la suite : « Après cette première journée et demi complexe, le vent est prévu de s’orienter au nord-est puis au nord-ouest pour 12 à 17 nœuds avec des rafales à 25 ». Dans ce contexte, c’est donc au près que les concurrents vont évoluer pour rejoindre Wolf Rock. « Les conditions seront complètement différentes de celles rencontrées lors de la première étape, avec plus de vent et plus de mer. Les bateaux vont être davantage maltraités. Il faudra être très attentif pour éviter la casse matérielle, rester très à l’écoute de sa monture quand elle commencera à souffrir », note Loïc Blin (871 – Mini Moi cherche sponsors), cinquième de la première manche chez les Série.

Les interrogations en suspens

L’autre enjeu de ce nouveau round sera assurément la gestion du sommeil. « C’est un vrai sujet pour la majorité d’entre nous. On a pu voir, lors de la première étape, que 48 heures de mer c’était déjà fatigant mais là, avec trois ou quatre jours au large, on va clairement rentrer dans l’inconnu. Pour ma part, je ne sais pas comment je vais réagir psychologiquement. C’est ce qui me fait un peu peur ou, disons plus justement que c’est ce qui m’interroge », avoue Benjamin Doyen (618 – On the road again). Un sentiment partagé par Brieuc Lebec : « A l’arrivée de la première étape, j’étais déjà bien cramé, alors je me dis qu’il va falloir que je sois super discipliné pour faire de vraies siestes et de vrais breaks sur cette nouvelle course ». Car oui, pour tirer son épingle du jeu sur ce deuxième volet de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, il faudra prendre le bon wagon d’entrée de jeu, préserver autant que possible son bateau pour éviter une avarie rédhibitoire, gérer au mieux sa fatigue et son potentiel mal de mer. « On va clairement découvrir des choses sur nous », termine le skipper de Maitri – A race for chance qui espère terminer une nouvelle fois dans le Top 10 (il a fini 9e Série de la première étape), mais qui sait que les marins plus expérimentés auront l’avantage de mieux savoir où placer les curseurs.

Ils ont dit :

Grégoire Chéron (887 – King Julian 3) : « Sur cette deuxième étape, on va faire beaucoup de près. Cela va être complexe à l’intérieur du bateau car il va falloir se tenir aux parois, réussir à bien s’alimenter… La vie à bord ne sera pas confort. J’espère, en tous les cas, avoir moins de chances de me faire piéger dans des zones sans vent que lors de la première manche. En ce sens, je redoute surtout la première partie du parcours où, potentiellement, des gens vont pouvoir s’échapper. Pour ma part, je suis débutant. C’est ma première course au large et je ne sais pas encore bien faire naviguer ce type de bateau. Je pense néanmoins que je peux être dans le match car je ne pense pas être pas là par hasard. Ce que j’appréhende ? Le passage du DST mais pas tellement le trafic des cargos, contrairement à ma mère (Rires) ! Ça va être intéressant de traverser deux fois la Manche. Quatre jours en mer, je ne l’ai encore jamais fait. Je serai heureux d’arriver à Roscoff dans les temps. J’ai à cœur de mieux gérer les phases de transition, de réussir à moins dormir et de me reposer de manière fractionnée pour être plus présent sur le pont. J’espère finir content de ce que j’aurais fait. Pour moi, c’est plein de petites étapes qui passent : préparation du bateau, passage des contrôles sécu, premier départ, première arrivée… Ce sont des cases que je coche au fur et à mesure. Petit à petit je vais y arriver !»

Loïc Blin (871 – Mini Moi cherche sponsors) : « J’ai beaucoup aimé la première étape. C’était chouette car je viens du lac Léman et la pétole, j’adore ça. En plus de ça, on a eu de belles couleurs, de beaux levers de lunes… C’était magnifique ! Ma 5e place au classement provisoire, c’est du bonus car l’objectif premier pour moi sur cette Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, c’est vraiment de valider des milles en course et d’aller jusqu’au bout. Lors de cette deuxième manche, les conditions seront complètement différentes avec plus de vent et de mer, ce qui va davantage maltraiter les bateaux. Il faudra faire très attention au matériel. Pour ma part, quand je sens que le bateau commence à souffrir, je reste très à l’écoute et je ménage ma monture. Je souhaite continuer à naviguer comme je sais faire et ne surtout pas me mettre la pression du résultat, même si, évidemment, j’aimerais bien de nouveau terminer dans les dix premiers Série et batailler correctement avec les autres Pogo 3. »

Benjamin Doyen (618 – On the road again) : « Lors de la première, mes principaux objectifs étaient de ne pas casser et de finir. Au final, j’ai terminé 4e en Proto et 9e au scratch et je me rends compte que depuis, je ne pense plus qu’à être devant ! Je suis en train de me découvrir un gros esprit de compétition et du coup, j’aborde cette deuxième étape avec le stress de garder un classement un peu sympa. On ne fait pas un rallye, on est là pour jouer, mais j’avoue que je ne pensais pas me faire autant prendre au jeu ! Pour canaliser un peu la pression, je vais quand même essayer de rester dans la même philosophie qu’au début. Cette fois, les inconnues vont concerner l’organisme et la partie psychologique. Ce n’est pas forcément la météo qui m’angoisse. A la limite je lève le pied et ce n’est pas très grave. Là, je ne sais vraiment pas comment je vais réagir mentalement. »

Romain Tellier (865 – Guénifey) : « Le premier acte a été un peu galérien pour moi. J’ai eu pas mal de taf à faire la veille du départ car j’ai eu un gros souci électronique. A 22 heures, j’étais encore en haut de mon mât en train de faire de la soudure. Je n’ai pas eu le temps de me mettre dans la météo et les routages. J’ai commencé la course avec les cartes météo sur les genoux et du coup je me suis retrouvé en retard à Rochebonne. Là, j’ai subi une grosse molle. La girouette s’est mise à faire des 360 et moi j’ai dérivé pendant quatre heures en attendant que le courant s’inverse ou que le vent remonte. Ça a été dur-dur. Sur cette deuxième manche, je vais partir un peu plus sereinement car j’ai eu plus le temps de me préparer et de regarder les fichiers. Les conditions vont être un peu plus musclées et on va faire beaucoup de près. J’espère ne pas être trop malade et faire mieux qu’à la première étape. »

Tous à bon port

Depuis les arrivées victorieuses de Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance) chez les Proto puis de Léo Debiesse (966 – Kelyfos) chez les Série, hier après-midi, les Ministes se sont succédé à Port-Olona ces dernières 20 heures. Tous les concurrents de la première étape de cette Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix ont désormais bouclé les 197 milles du parcours. Un parcours rendu complexe, on l’a dit, par des conditions de vent très légères mais aussi très piégeuses qui n’ont pas permis à quatre concurrents de terminer dans les temps, à savoir 18 heures après l’arrivée du troisième de leurs catégories respectives, ainsi que le stipulent les instructions de course. Piers Copham (719 – Voiles des Anges), Gautier Verdon (879 – TGS France), Timothée Douin (959 – Neptune) et Grégoire Chéron (887 – King Julian 3) sont donc classés hors-temps sur ce premier acte.

Quid de la suite ? Après un briefing programmé ce dimanche à 18 heures, les concurrents s’aligneront ce lundi 10 août à 13 heures au départ de la deuxième étape. Au menu : 470 milles entre Les Sables et Roscoff, via Wolf Rock situé au sud-ouest de Land’s End, dans les Cornouailles anglaises. Côté météo, ce nouveau round devrait être assez radicalement différent du premier avec, au programme, du vent soufflant entre 15 et 25 nœuds sur l’ensemble du tracé, beaucoup de près et du reaching. Selon les premiers routages, les premiers pourraient faire leur entrée en baie de Morlaix le jeudi 13 au matin. A suivre donc.

Première étape : victoires de Tanguy Bouroullec en Proto et de Léo Debiesse en Série

Cette première étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix (197 milles au départ et à l’arrivée des Sables d’Olonne, via Rochebonne et Les Birvideaux) s’annonçait délicate, la faute à un vaste anticyclone planté au milieu du golfe de Gascogne. Le fait est qu’elle a mis les nerfs des concurrents à vif. Ces derniers ont, en effet, dû composer au mieux avec des petits airs erratiques mais aussi des grosses zones de pétole lors des phases de transition. A la clé : d’importants passages à niveau mais aussi de nombreux coups d’élastiques qui ont eu, pour avantage ou inconvénient selon les points de vue, de maintenir sous tension les Ministes jusque dans les derniers milles. Pour preuve, si Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance) et Léo Debiesse (966 – Kelyfos) vainqueurs dans leur catégorie respective, ont réussi à faire un petit break sur la concurrence, derrière, le suspense est resté entier jusqu’au passage de ligne. Au final, chez les Proto, la Russe Irina Gracheva (800 – Canopus) a grillé sur le fil Antoine Perrin (850 – Hydroprocess), le devançant alors de 47 minuscules secondes, tandis que chez les bateaux de Série, Lennart Bürke (943 – Vorpommern) a pris l’avantage sur Fabrice Sorin (968 – Jules) peu après le passage de l’île d’Yeu pour finir avec une marge de dix minutes sur son adversaire. De quoi garantir de la belle bagarre à nouveau sur les étapes 2 et 3 à venir !

« Cette première course a été dure nerveusement, surtout cette nuit après Belle-Ile où le vent s’est littéralement arrêté. Je ne sais pas combien de temps on est resté planté. Il y avait à peine un nœud de vent et du clapot. Ça a été une phase compliquée parce qu’on ne pouvait même pas aller dormir. Le vent était très irrégulier en pression et en direction. Il fallait rester hyper concentré et être sur les réglages en permanence », a commenté Tanguy Bouroullec qui a impeccablement tiré son épingle du jeu lors de ce premier round de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, menant pratiquement de bout en bout les débats. « Cette première place, je n’ai l’ai pas volée. A plusieurs reprises, c’est revenu par derrière. Au final, ça l’a fait et c’est cool », a détaillé le skipper de Cerfrance qui a prouvé que son Pogo foiler était étonnamment à l’aise dans les petits airs. « On a réussi à faire un bateau polyvalent et on arrive, par conséquent, à quand même gagner des courses dans le petit temps. C’était ce qu’on voulait et c’est une satisfaction », a ajouté le Concarnois qui signe aujourd’hui sa première victoire sur le circuit avec ce bateau, et qui ne compte évidemment pas s’arrêter là. En ce sens, il va sans dire que son avance de 48 minutes au classement ce soir sera un atout non négligeable pour la suite de l’épreuve, même si ses concurrents n’ont assurément pas dit leur dernier mot, à commencer par la Russe Irina Gracheva (800 – Canopus). Cette dernière n’a jamais rien lâché, et Antoine Perrin (850 – Hydroprocess) en a fait les frais dans les derniers milles, laissant ainsi échapper la deuxième place pour 47 petites secondes après 2 jours et 4 heures de course. « Entre Yeu et l’arrivée, Irina (Gracheva) m’a repris mille par mille. C’était hyper dur. En fait, j’avais des algues dans la quille, mais je m’en suis rendu compte trop tard. C’est évidemment frustrant de se faire doubler de cette manière, juste à la fin, mais bon, je vais digérer et relativiser car c’est quand même une troisième place à l’arrivée. C’est déjà super de finir sur le podium » a commenté le skipper, 14e de la dernière Mini Transat dans cette même catégorie des Proto. De son côté, la navigatrice Russe ne boudait visiblement pas son plaisir en arrivant au ponton Vendée Globe, en fin d’après-midi. « J’ai compris à peu près dix milles avant l’arrivée que je pouvais aller chercher la deuxième place. Je voyais que j’étais constamment un peu plus rapide qu’Antoine dans cette phase alors j’ai cravaché et ça a payé », a expliqué Irina qui confirme les capacités qu’elle avait déjà montré à la barre de son ancien (au propre comme au figuré) Mini 6.50 en bateaux de Série. « J’ai quand même fait de nombreuses erreurs mais mon but premier sur cette Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix et plus encore sur cette première étape, était d’apprendre et de découvrir le bateau. Ma saison, l’an dernier avec mon bateau Tip-Top, s’était terminée par un abandon dans la Mini Transat après la casse de mon mât. Aujourd’hui, c’est une sorte de revanche et ça me fait plaisir. Cela étant dit, je ne veux pas être trop optimiste car c’est la première des trois étapes, et celle-ci s’est déroulée dans des conditions de vents très légères, plutôt inhabituelles ».

Déjà les étapes deux et trois en ligne de mire

Chez les bateaux de Série, à l’image de Tanguy Bouroullec, Léo Debiesse (966 – Kelyfos) a parfaitement joué son jeu dans le petit temps, signant une victoire avec une avance de plus d’une heure sur son poursuivant le plus proche. « Ce bonus sera un bel avantage pour la suite mais je ne perds pas de vue que ce n’était que la première étape et qu’en plus, c’était la plus courte des trois. Rien n’est fait encore. En tous les cas, c’était une super course. J’ai pris les commandes au début mais je ne les ai pas gardées tout le temps. Je me suis fait doubler à un moment par Fabrice (Sorin, ndlr) qui va très vite, mais j’ai réussi à repasser devant. J’ai tout donné jusqu’au bout parce que je savais que les distances en milles, dans le petit temps, font beaucoup de minutes. Je savais aussi que c’était une phase où c’était tentant d’aller dormir mais qu’il y avait beaucoup à perdre en allant de reposer et beaucoup à gagner en se donnant à fond », a souligné le marin qui ne s’attendait pas à un tel résultat. « J’avais des attentes de performance mais pas de victoire, j’avoue. Je m’étais fixé pour objectif de finir dans le Top 10 de toutes les courses de l’année. Terminer dans le Top 5, ça aurait déjà été inespéré. Je ne pouvais pas rêver mieux ! », a détaillé le navigateur, anciennement moniteur à l’école de voile des Glénans, que l’on avait aperçu déjà la saison dernière sur le circuit Mini 6.50 à l’occasion des courses d’avant-saison. Même satisfaction ou presque pour Lennart Bürke (943 – Vorpommern) qui signe, pour sa part, une prometteuse deuxième place sur sa première course en Mini à la barre de l’ex bateau d’Ambrogio Beccaria, vainqueur de la dernière Mini Transat. « Franchement, ça a été dur nerveusement mais je suis super content de terminer deuxième de ma première course en Mini 6.50. Je ne pouvais pas imaginer un tel résultat pour une première. J’espérais raisonnablement terminer dans le Top 10 alors monter sur le podium, pour moi, c’est une vraie satisfaction. Ça a été une très belle bagarre. A certains endroits, on a bataillé sur une mer d’huile mais c’était impossible de profiter de ces phases pour aller dormir car il fallait rester focus sur les réglages pour tenter de grappiller le moindre mille et surtout éviter de faire des tours sur soi-même », a relaté l’Allemand qui a doublé Fabrice Sorin juste après le passage de l’île d’Yeu, sans doute légèrement avantagé, dans les conditions légères, par la carène de son Pogo 3 par rapport à celle de type scow de son adversaire. « Je savais dès le départ que je ne serai pas avantagé dans le petit temps avec mon Maxi 6.50. J’ai essayé de faire du mieux possible mais Lennart allait peut-être 0,10 nœud plus vite que moi. Je ne pouvais vraiment rien faire A présent, je prie pour que sur les prochaines étapes, il y ait beaucoup de vent pour que je puisse faire décoller cette carène et rattraper le temps perdu », termine le skipper de Jules qui s’alignera, comme les autres, au départ du deuxième acte de la course lundi prochain, à 13 heures.

Léo Debiesse, premier Série de la première étape

Léo Debiesse (966 – Kelyfos) a franchi la ligne d’arrivée de la première étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix ce jeudi à 17h43’49 bouclant ainsi les 197 milles du parcours en première position chez les bateaux de Série après 2 jours 04 heures 39 minutes et 41 secondes de course. Ses premières déclarations à chaud.

Vous signez aujourd’hui votre première victoire sur le circuit Mini. Que ressentez-vous ?

« J’avais des attentes de résultats et de performance mais pas de victoire, j’avoue. Je m’étais fixé pour objectif de finir dans le Top 10 de toutes les courses de l’année. Terminer dans le Top 5, ça aurait déjà été inespéré donc là, je ne pouvais pas rêver mieux. Ça a été dur de gérer la pression du leader car ça ne n’était jamais arrivé. Ça a été compliqué, par moments, de voir mon avance fondre et les autres me rattraper. Ce matin, ça a encore été le cas à l’île d’Yeu. J’ai cru que j’allais me faire doubler. »

Au final, vous terminez avec plus d’une heure d’avance sur votre dauphin. De bon augure pour la suite…

« Mon avance sera un bel avantage pour la seconde étape mais je ne perds pas de vue que ce n’était qu’une étape et qu’en plus, c’était la plus courte des trois. Rien n’est fait encore. En tous les cas, c’était une super course. J’ai pris les commandes au début mais je ne les ai pas gardées tout le temps. Je me suis fait doubler à un moment par un certain Fabrice (Sorin, ndlr) qui va très vite, mais j’ai réussi à repasser devant. J’ai tout donné jusqu’au bout parce que je savais que les distances en milles, dans le petit temps, font beaucoup de minutes, et je savais qu’il y avait du temps à gagner pour la suite. »

Vous avez réellement fait le break au niveau de Belle-Ile…

« Oui. Je savais que c’était une phase où c’était tentant d’aller dormir mais qu’il y avait beaucoup à perdre en allant de reposer et beaucoup à gagner en se donnant à fond. Je me suis accroché jusqu’au bout et ça a payé, c’est plutôt cool ! La course était super. On a eu des conditions magnifiques : du soleil, de vent pas très fort mais du vent quand même, et la nuit c’était magique avec des étoiles filantes et des levers de lune incroyables. Vivement la suite ! « 

Tanguy Bouroullec, premier Proto de la première étape

Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance) a franchi la ligne d’arrivée de la première étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix ce jeudi à 16h24’35 bouclant ainsi les 197 milles du parcours en première position chez les Proto après 2 jours 03 heures 12 minutes et 35 secondes de course. Ses premières déclarations à chaud.

Vous avez mené les débats du début à la fin ou presque. Que ressentez-vous ?

« Je venais pour gagner alors je suis content. Ça a été une course compliquée, une course de pétole. Je crois que le plus que j’ai vu l’anémo, c’est 10 nœuds. Cette première place, je n’ai l’ai pas volée, ça c’est clair. Il ne fallait rien lâcher. Tonio (Antoine Perrin, ndlr), derrière, a bien tenu mine de rien. Il y a deux ou trois fois où j’ai réussi à prendre à peu de distance mais c’est régulièrement revenu par derrière, comme à Belle-Ile où je suis resté scotché. Au final, ça l’a fait et c’est cool. »

Vous terminez avec une 48 minutes d’avance sur le deuxième. C’est une belle opération pour la suite également…

« Oui, c’est bien. J’espère néanmoins que sur les deux prochaines étapes, il y aura un peu plus de vent pour voler un peu avec nos foils, mais c’est cool parce qu’on a réussi à faire un bateau polyvalent et on arrive, par conséquent, à quand même à gagner des courses dans le petit temps. C’était ce qu’on voulait et c’est une satisfaction. C’est la première victoire de ce bateau et j’espère qu’il y en aura d’autres ! »

La patience a, semble-t-il, été un élément important lors de cette première manche…

« C’est clair que ça a été dur nerveusement, surtout cette nuit après Belle-Ile où le vent s’est littéralement arrêté pendant plusieurs heures. Je ne sais pas combien de temps on est resté planté. Il y avait à peine un nœud de vent et du clapot. On ne pouvait pas avancer. Ça a été une phase compliquée parce qu’on ne pouvait même pas aller dormir. Il a fallu rester zen et essayer de grappiller ce qui était possible. »

Qu’avez-vous trouvé le plus dur ? Le fait que ça tamponne régulièrement ?

« Ça, c’est quelque-chose qui a été dur c’est vrai. Chaque fois que j’arrivais à m’échapper un peu, ça revenait par derrière. Mais surtout, le vent était très irrégulier en pression et en direction. Il fallait rester hyper concentré car ça tournait dans tous les sens et il fallait être sur les réglages en permanence. Ça a été assez fatiguant. »

Tamponnages à répétition

Partis hier en tout début d’après-midi, les 72 concurrents de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, ont, comme on s’y attendait, bataillé dans les petits airs erratiques sur le premier tronçon du parcours (197 milles au départ et à l’arrivée de Port Olona via Rochebonne et Belle-Ile). Pour preuve, les leaders n’ont avalé que 80 milles en 24 heures, entre 13h15 hier et la même heure ce mercredi. « La nuit a été laborieuse, la faute à une zone de molle. Cette dernière a provoqué de vrais passages à niveaux, notamment à Rochebonne où trois groupes se sont créés. Les premiers ne s’en sont pas trop mal sortis, les suivants sont restés scotchés un moment et les derniers se sont littéralement faits coincés dans la pétole », relate Philippe Chevereau (962 – Abardast), le seul abandon officiel à ce jour de cette première étape. Au classement, en tous les cas, Tanguy Bouroullec et Léo Debiesse, qui s’étaient installés en tête de la flotte chez les Proto et les Série peu après le départ, n’ont pas cédé les commandes de leurs flottes respectives. Ce mercredi, les skippers de Cerfrance et de Kelyfos mènent en effet toujours les débats à hauteur des Birvideaux. Les Birvideaux qu’ils ont laissé dans leur sillage peu après 17h15. Côté météo, si, pour l’heure, les Ministes sont toujours propulsés par un flux de sud sud-ouest d’une petite dizaine de nœuds, ils devraient voir le vent s’évanouir dans la soirée avant que celui-ci fasse son retour en fin de nuit par le nord-est, puis s’effondre de nouveau dans les derniers milles. Dans ce contexte, les premières arrivées ne sont pas prévues avant demain après-midi et les coups d’élastique vont continuer de se répéter, faisant alors les affaires des uns et le malheur des autres.

Un premier acte sous le signe du petit temps

Ce mardi, à 13h12, avec un très léger retard sur l’horaire prévu, la flotte des 72 Mini 6.50 de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix s’est élancée pour la première étape de l’épreuve. Un premier acte de 197 milles, au départ et à l’arrivée des Sables d’Olonne, via Belle-Ile et le plateau de Rochebonne qui pourrait bien donner du fil à retordre aux marins et traîner en longueur. Et pour cause, un vaste système anticyclonique à l’évolution très incertaine s’étale au milieu du golfe de Gascogne et va générer de tous petits airs erratiques pendant les premières 36 heures de course. Dans ce contexte, les solitaires vont devoir faire preuve d’adaptation et d’opportunisme, mais aussi de patience car selon les derniers routages, les arrivées sont désormais estimées entre jeudi midi pour les premiers Proto et jeudi soir pour les premiers bateaux de Série.

« La situation est instable et complexe. Pour preuve, ce matin, les informations météo n’étaient pas les mêmes que celles d’hier soir, qui n’étaient pas les mêmes que celles d’hier matin… Clairement, sur cette première étape, il va falloir s’adapter et suivre l’évolution du vent. Psychologiquement, ça risque d’être un peu difficile. Il va falloir réussir à relativiser », a assuré Timothée Douin(959 – Neptune) peu avant de quitter le ponton Vendée Globe de Port Olona. De fait, cette première étape de 197 milles, la plus petite de cette Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, qui aurait pu être avalée en 24 heures chrono dans des conditions soutenues, s’annonçait déjà plutôt « longuette » hier, et il se trouve qu’elle pourrait même durer encore un peu plus longtemps que prévu au regard des derniers fichiers météo, ainsi que l’explique Christian Dumard, météorologue de l’épreuve. « Si hier on évoquait des premières arrivées en 1 jour et 18 heures pour les Proto puis en 48 heures pour les Série, on estime maintenant celles-ci entre jeudi midi et jeudi soir ». La raison ? Encore moins de vent que prévu sur les deux premiers tiers du parcours. « Plusieurs cellules dont on n’évalue pas très bien le déplacement évoluent sur la zone de course, ce qui rend très incertaines les 36 premières heures de mer pour les Ministes qui devront globalement composer avec un range de vent entre 2 et 8 nœuds avant de retrouver un flux un peu plus consistant jeudi matin », détaille Christian qui envisage des arrivées assez groupées mais aussi de belles surprises au classement de la part de certains bateaux à « bouts pointus ».

Surprises à prévoir

En attendant, c’est bien un Mini dernière génération qui s’est installé aux commandes de la flotte. Auteur d’un bon départ ce mardi après-midi dans un flux de sud-est soufflant entre 3 et 5 nœuds, Tanguy Bouroullec, sur son Pogo à foils aux couleurs de Cerfrance, a en effet été le premier à enrouler la bouée de dégagement peu avant 14 heures, puis le premier encore à déborder la marque « Armando » et à mettre le cap au large, une demi-heure plus tard. Du côté des Série, Léo Debiesse, sur son Pogo 3 Kelyfos menait les débats devant Quentin Riché (947 – Eliott) et Thomas de Dinechin (909 – Adameo – TF) mais cet ordre avait déjà évolué à plusieurs reprises à la sortie de la baie des Sables d’Olonne avec l’arrivée aux avant-postes de l’Allemand Lennart Bürke (943 – Vorpommern) notamment. Cette première hiérarchie n’a assurément pas fini d’évoluer au gré des évolutions de la météo ces deux prochains jours. « Clairement, sur cette première étape, il va falloir être prêt à s’adapter en permanence, être en mesure d’ajuster son plan d’action rapidement et bien observer les autres sans toutefois se laisser influencer. En somme : il va falloir faire preuve d’opportunisme », a commenté Pierre-Olivier Grand (824 – Kalaona). De quoi ouvrir en grand le champ des possibles et créer quelques surprises, ce que redoutent naturellement toujours les favoris, ainsi qu’en témoigne Fabio Muzzolini (945 – Tartine) : « C’est sûr que mentalement, c’est plus facile de partir dans des conditions clémentes pour se remettre en jambes que de partir dans de la baston. Cela étant dit, dans les petits airs, il y a toujours une part d’aléatoire et on a toujours peur que des concurrents partent à droite puis d’autres à gauche, et qu’ils aient un peu plus de vent que nous. Heureusement, avec l’expérience, on identifie davantage les coups à jouer et on sait dans quelles phases il faut rester éveillé, précis et concentré ». Un avis partagé par Michel Sastre (903 – Shaman). « Le sujet de cette première étape, ce sera avant tout la gestion de la fatigue car comme toujours, on aura tendance à vouloir aller à fond et à peu dormir. L’idée sera à la fois de ne pas se cramer et de ne pas se faire larguer », a souligné l’Aixois qui pourrait bien tirer avantage de son expérience en Méditerranée. « Chez nous, on est quand même un peu habitué à la pétole. Cela ne veut cependant pas dire qu’on est bon, mais on en a tellement fait, qu’on a appris à être un peu patient ». Sûr que savoir faire preuve d’un peu de philosophie sur cette première étape s’avèrera être un atout.

Ils ont dit :

Julie Simon (963 – DynaMIPS) : « C’est ma première course donc effectivement, je n’ai pas trop l’expérience pour le moment mais ce qui est marrant, c’est que je n’ai pas eu le temps de stresser car j’ai été très occupée entre les briefings, les contrôles sécurité et la préparation du bateau. Ça va toutefois forcément monter au dernier moment et ce sera alors un mélange entre excitation et tension. Je suis contente d’avoir du petit temps d’autant que je n’ai pas navigué depuis un mois car mon Mini était en chantier. Je vais bien me concentrer sur mes réglages et puis ça va bien se passer. Ce que j’appréhende le plus, comme on est nombreux, c’est de me retrouver piégée, de ne pas pouvoir faire ce que je veux, et de voir ma route un peu dictée par les autres. En tous les cas, j’ai un bon bateau car j’ai un Maxi qui a déjà fait une transat et qui est donc déjà un peu éprouvé. »

Lilian Geolle (616 – Vida Pura) : « Cette première étape s’annonce assez molle en termes de vent. On va devoir la jouer fine mais j’avoue que c’est assez rassurant de partir dans du petit temps. C’est ma première au large en Atlantique, je ne connais donc pas le coin. Je ne sais pas comment je vais gérer le courant, je ne sais pas si c’est très différent de naviguer ici par rapport à la Méditerranée, et je ne sais pas non plus ce que ça fait de naviguer en flotte en solitaire. Ça va être un peu l’aventure et la découverte, mais c’est pour ça aussi que je suis là. Je suis un peu stressé, forcément, mais le bateau est prêt et moi aussi. L’idée c’est de finir, de ne pas faire de trop grosses erreurs et de ne pas arriver trop cramé pour avoir encore de l’énergie pour les deux étapes suivantes. »

Philippe Chevereau (962 – Abardast) : « C’est la première étape, la première course de la saison et, pour moi, la première course en Mini 6.50, ce qui fait beaucoup de premières pour aujourd’hui, mais je suis content d’être là. Le temps est un peu calme, ce qui est bien pour commencer. Soixante-douze bateaux sur une même ligne de départ, ça fait beaucoup, surtout qu’on a exactement la même vitesse ! Le parcours est plus simple que les deux prochains et comme je suis basé à La Rochelle, je vais régater dans mon jardin, ce qui me va bien. Ce que je redoute le plus, c’est une collision la nuit. Même si la flotte va s’étaler, il n’est pas exclu qu’un concurrent s’endorme… Sur le plan météo, il y a plusieurs aspects délicats, mais la difficulté sera de négocier le passage de la bulle. Est-ce que celle-ci va rester plutôt stationnaire ou se développer plutôt nord-ouest ? Est-ce qu’on va la passer à l’Est ou à l’Ouest ? A mon avis, ce seront les questions clé et aux Birvideaux, les jeux seront faits, si ce n’est pas dès Rochebonne. »

Henry de Malet (1002 – Maÿmax 2) : « Cette première étape s’annonce longue et pas forcément facile pour les nerfs, mais je suis assez détendu malgré tout. Je vais essayer de bien gérer le bonhomme et de dormir au maximum lorsque cela sera possible. J’ai déjà quelques milles derrière moi puisque j’ai fait quelques courses en 2018, et je sais que c’est toujours compliqué lorsque l’on pense à la course tout le temps. Ce qui est sympa, c’est qu’on a tous les copains autour de nous et qu’on peut discuter. Au final, on n’est jamais tout seul. Je navigue avec un nouveau bateau et je ne vais sans doute pas sortir la serviette de plage à l’avant, mais j’ai néanmoins envie de profiter. Le but sera évidemment de terminer cette première étape car ensuite il faudra aller sur les deuxième et troisième. »

Pierre-Olivier Grand (824 – Kalaona) : « C’est ma première course sur le circuit Mini et on va dire que c’est plutôt pas mal de commencer par une étape de petit temps car ça va permettre de prendre ses marques, de jouer un peu et de se placer correctement sur la ligne. Ça enlève aussi un peu de stress. Je pars un petit peu plus relâché. Mine de rien, ces trois derniers jours, on a eu le temps de préparer le bateau, d’essayer d’éliminer les petits points noirs et de faire en sorte que tout soit prêt pour aujourd’hui dans les meilleures conditions. Globalement, on a essayé de faire au mieux. On est bien accompagné avec notre coach (Julien Pulvé, ndlr) qui est monté pour nous aider pour les routages. Ça fait vraiment plaisir parce qu’on est douze Rochelais et on se serre les coudes. L’esprit de groupe aide énormément, notamment lorsque l’on est un bizuth. »

Timothée Douin (959 – Neptune) : « Le parcours pour arriver jusqu’ici a été relativement long. Ça fait en effet deux ans que j’ai le bateau et je n’ai encore pas accompli grand-chose avec depuis. Cela a d’ailleurs toujours été une déception donc je suis super content de pouvoir prendre le départ de cette course. J’ai été appelé jeudi car quelqu’un s’est désisté au dernier moment. La préparation a donc été rapide. Techniquement, je pense que le bateau est plutôt prêt. J’ai eu un petit problème de pilote pendant le convoyage mais a priori, ça ne devrait pas trop me poser de problème pour cette étape. Personnellement, je ne suis pas forcément le coureur le plus serein du monde. Je pense avoir quelques difficultés à faire un bon résultat mais j’ai vraiment envie de finir cette étape et cette course. Une dorsale anticyclonique s’installe dans le golfe de Gascogne et sa position est relativement incertaine. Pour preuve, les dernières informations météo n’étaient pas les mêmes que celles d’hier soir, qui n’étaient pas les mêmes que celles d’avant-hier… Il va falloir s’adapter et suivre l’évolution du vent. Psychologiquement, je pense que ce sera un peu difficile mais pour ma part, j’arrive à relativiser pas mal. Je n’ai pas de musique car je n’ai pas de chargeur d’Ipod et je sais que ça va me manquer, mais j’embarque ma petite flûte pour passer le temps. »

Ordre de passage à la bouée Armando :
1. 969 Tanguy Bouroullec Cerfrance *
2. 966 Léo Debiesse Kelyfos
3. 943 Lennart Burke Vorpommern
4. 618 Benjamin Doyen On the road again *
5. 947 Quentin Riché Eliott
6. 985 Victor d’Ersu Babouchka
7. 968 Fabrice Sorin Jules
8. 709 Paul Gauchet Barra *
9. 1000 Giovanni Mengucci Alpha Lyrae
10. 871 Loic Blin Mini moi chercher sponsors

* Proto

Des incertitudes à tous les étages

Les pontons de Port Olona sont en effervescence. Et pour cause, à la veille du coup d’envoi de la première étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, les 72 Ministes en lice s’affairent pour peaufiner les derniers détails à bord de leurs bateaux avant d’entamer, demain à 13 heures, le premier acte de l’épreuve : une boucle de 197 milles au départ et à l’arrivée des Sables d’Olonne via Belle-Ile et le plateau de Rochebonne. Si tous se réjouissent de débuter les débats dans des conditions anticycloniques et par conséquent clémentes, tous sont aussi conscients que la molle annoncée sur le parcours risque bien de créer quelques surprises et de mettre leurs nerfs à vif. Mais que ce soient les « bizuths » qui s’apprêtent à faire leurs premiers pas en solo et donc à trouver des premières réponses à toutes les questions qui se bousculent aujourd’hui dans leurs têtes, ou pour les « récidivistes » qui n’ont aucune idée précise de la nouvelle concurrence, le but est clairement défini : il s’agit d’aller au bout et ainsi de se qualifier pour les deux étapes suivantes.

Si cette première étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix n’affiche « que » 197 milles sur le papier, elle s’annonce plutôt longuette, la faute à des conditions anticycloniques prévues cette semaine sur la façade Atlantique. « On attend, en effet, des vents faibles sur la zone de course puisqu’on est sur un range entre 4 et 10 nœuds. De plus, ces vents seront assez variables en direction puisqu’on va avoir à peu près tout entre le nord et le sud, en passant par l’ouest », explique Christian Dumard, météorologue de l’épreuve. « De nombreux effets diurnes sont à prévoir. Les concurrents vont devoir tenter de se positionner au mieux aux différentes heures de la journée afin d’éviter les zones de calmes et de profiter d’éventuelles brises thermiques », ajoute le Morbihannais dont les routages laissent envisager une arrivée des premiers ce jeudi en milieu de matinée. « Ce premier round sera un bel apprentissage, mais il va falloir faire preuve de patience. Pour ceux qui aiment le gros temps, comme moi, il va falloir se canaliser un peu. La météo risque d’être un vrai casse-tête. En premier lieu, il faudra donc réussir à faire avancer le bateau », relate Basile Bourgnon (975 – Edenred). Un avis partagé par Pierre Legendre (994 – Akka): « Ça s’annonce effectivement mou et on ne va assurément pas beaucoup dormir car on va passer beaucoup de temps sur le pont pour régler le bateau et essayer de choper le moindre filet d’air, tout en faisant attention aux courants, notamment du côté de Belle-Ile. Il faudra essayer de garder un moral stable du début à la fin. En somme, éviter de péter un câble ».

Des réponses à trouver

Si certains redoutent de voir leurs nerfs mis à vif, d’autres en revanche semblent plus philosophes, à l’image de Marine Legendre (902 – EY), dont c’est la première course en Mini 6.50. « Je n’appréhende pas le fait qu’il n’y ait pas beaucoup de vent. Je pense au contraire que ce sera pas mal pour se mettre en jambes. Clairement, je préfère ça que de commencer avec 30 nœuds ! », commente la navigatrice qui espère avant tout boucler le parcours et ainsi se qualifier pour les étapes 2 et 3 dont les départs sont respectivement programmés les 10 et 19 août prochains. « Je vais y aller tranquille je pense, et j’imagine que je vais apprendre plein de choses sur moi et sur le bateau », relate la jeune femme qui a, comme l’ensemble des autres bizuths de cette Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, une foule de questions sans réponse en tête. « Ce que je me demande avant tout, c’est si je vais réussir à être à fond tout le temps. Si je vais pouvoir garder la niaque jusqu’au bout », ajoute Marine qui ne sait absolument pas non plus ce à quoi elle peut prétendre en termes de classement. Et pour cause, 45 rookies font partie des rangs, soit près des deux tiers de la flotte. Difficile, en conséquence, d’établir des pronostics. Cependant, quelques noms peuvent être évoqués sans trop se tromper. Du côté des Proto, on peut ainsi citer Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance), déjà vainqueur de la Les Sables – Les Açores – Les Sables en 2016 en bateau de Série, ou Fabio Muzzolini (945 – Tartine) à la barre de l’ancien Mini 6.50 d’Axel Tréhin qui a déjà fait ses preuves. Chez les Série, Jean-Marie Jézéquel (951 – Branchet/KPL) sera assurément un client, surtout sur les étapes 2 et 3 qui se joueront en partie dans son jardin, la baie de Morlaix. Basile Bourgnon, Loïc Blin (871 – Mini moi cherche sponsors), Michel Sastre (903 – Shaman), Romain Le Gall (987 – Les Optimistes cherchent des partenaires), Quentin Riché (947 – Eliott) ou encore Pierre Blanchot (890 – Soley) pourraient également truster les premières places. Les paris sont ouverts !

Ils ont dit :

Pierre Meilhat (485 – Le Goût de la Vie) : « Sur ce format 2020 de la SAS, on est sur du côtier. Cela implique des zones où il faut rester en veille et moi, à mon âge (65 ans, ndlr), j’ai sans conteste besoin d’un peu plus de temps de récupération que les autres. Dans ce contexte, mes objectifs sont d’abord de terminer puis d’avoir des vitesses qui se rapprochent des 100% des polaires. Je sais que je perds toujours un peu de temps dans les manœuvres car je sécurise toujours un peu plus que les autres, ce qui me fait perdre du terrain dans les transitions. Cela étant dit, dans la molle annoncée, avec nos vieux bateaux, il ne sera pas impossible de réussir à être un peu plus dans le match que d’habitude. »

Gaby Bucau (984 – Mex) : « Cette Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix est ma deuxième course sur le circuit Mini. J’avais, en effet, fait une BSM en 2016 que j’avais toutefois dû abandonner après la casse de ma dérive. C’est malgré tout ma première en solo et je suis impatient de prendre le départ. Mes objectifs ? Naviguer le plus proprement possible, faire de belles manœuvres et essayer de rester concentré dans la molle. Après, le reste en découlera ou pas, mais c’est sûr que pour être devant, il ne va pas falloir beaucoup dormir et rester attentif aux réglages. Essayer d’être au bon endroit en étant bien réglé sera, c’est certain, un facteur clé lors de cette première étape. »

Valentin Foucher (990 – Mini Chorus) : « J’ai récupéré mon bateau il y a quelques temps mais j’ai eu pas mal de soucis de préparation et là, j’ai enfin un bateau prêt à naviguer. C’est un soulagement d’être prêt à temps pour cette première étape. Sur l’eau, ce sera beaucoup de plaisir. Ce sera intéressant de pouvoir se jauger, même dans le petit temps. J’ai hâte de me tirer la bourre sur l’eau avec les copains. »

Pierre Blanchot (Soley – 890) : « L’idée ce sera d’être devant tous les copains du Pôle de La Rochelle. Une fois que j’aurais échoué à cette mission, ce sera de laisser un maximum de concurrents derrière, tout en sachant qu’il faudra terminer les trois étapes pour valider la qualification pour la Mini Transat 2021. Les étapes seront agréables et compliquées à la fois. On va passer proche des cailloux, une chose que je n’affectionne pas particulièrement, puis on va traverser la Manche dans tous les sens, et aller du côté de l’Espagne où, malheureusement, on n’aura pas le droit de s’arrêter, ce qui est dommage parce qu’il y a un super bar à Gin’to (Rires) ! Je pense qu’on va passer un mois de vacances super cool. On attend ça depuis longtemps ! »

Les Sables – Les Açores en baie de Morlaix : un exercice complet pour les « petits nouveaux » comme pour les « récidivistes »

Le coup d’envoi de la Les Sables – Les Açores en baie de Morlaix sera donné dans moins d’une semaine désormais. Le 4 août prochain, les 72 Ministes en lice s’attaqueront en effet au premier des trois volets de l’épreuve. Une épreuve revisitée cette année en raison de la crise sanitaire liée au Covid19 avec, au programme, un morceau de 197 milles (une boucle au départ et à l’arrivée des Sables d’Olonne via Belle-Ile et le plateau de Rochebonne) qualificatif pour un second de 470 milles (Les Sables d’Olonne – Roscoff en passant par l’île de Ré puis Land’s Ends), lui-même qualificatif pour un troisième de 870 milles (Roscoff – Les Sables d’Olonne via Wolf Rock au sud-ouest de la Grande-Bretagne puis le cap de la Estaca de Bares, au large de l’Espagne,). Les enjeux seront multiples, notamment pour ceux qui effectuent cette saison leurs premiers pas sur le circuit des Mini 6.50. Engranger des milles sur le support, se jauger au large, se frotter à la concurrence seront des objectifs essentiels, de même que de réussir à décrocher un ticket d’entrée pour la prochaine édition de la fameuse Mini Transat programmée à l’automne 2021.

Décalée du 4 au 28 août en raison de la crise épidémique, la 8e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables qui devait initialement se dérouler en deux étapes entre Port Olona et Horta renommée les Sables-Les Açores en baie de Morlaix se jouera donc en trois temps entre la baie des Sables d’Olonne puis celle de Morlaix. Un changement de parcours qui transforme naturellement la physionomie de la course mais qui n’enlève rien à son niveau d’engagement et à ses spécificités techniques, ainsi que le confirme Tanguy Bouroullec, le skipper de Cerfrance, vainqueur de la Les Sables – les Açores – Les Sables 2016 en bateaux de série : « C’est vraiment super que les organisateurs aient réussi à tout réorganiser malgré le contexte. C’est évidemment dommage de ne pas pouvoir aller aux Açores mais ce qui nous attend est tout aussi complexe, et ressemblerait presque à une Solitaire du Figaro avec plusieurs traversées de la Manche et du golfe de Gascogne puis du jeu le long des côtes françaises et anglaises ». Un avis partagé par Gaël Ledoux qui, malgré des participations en double à des courses telles que la Mini Fastnet, L’Open Demi-Clé, Marseille – Alger – Marseille, la Mini en Mai ou encore la Plastimo Lorient Mini entre 2008 et 2013, s’apprête à en découdre pour la première fois au large en solitaire. « Il est vrai que le fait de faire un aller et retour entre Les Sables d’Olonne et les Açores aurait été un très bon galop d’essai avant la Mini Transat mais le format de cette SAS en baie de Morlaix a de quoi séduire lui aussi. On va régater constamment près des côtes et ainsi devoir gérer des effets de pointes, des brises de terre, des courants, des cailloux… ce sera assurément très formateur », explique le skipper de Stinkfoot qui a fait ses armes en 470, en Formule 18 mais aussi en Tornado avant de multiplier les expériences en tant qu’équipier et/ou préparateur sur une foule de supports différents.

Un galop d’essai parfait

Même son de cloche encore du côté de Basile Bourgnon, le fils du double vainqueur de la Route du Rhum, Laurent Bourgnon, disparu en mer en 2015 qui, pour sa part, découvre actuellement la classe Mini 6.50. « Après une première transat l’an passé (il a bouclé la Jacques Vabre à la 12e place dans la catégorie des Class40 en duo avec Emmanuel Le Roch, ndlr), il me paraissait important de me lancer en solo et de le faire en Mini car je crois qu’il n’existe pas de meilleur support pour apprendre, comprendre la météo et se découvrir au large avec, en prime, un cadre et des concurrents sympas », explique le jeune skipper de 18 ans qui ne souhaite pas griller les étapes mais bien y aller step by step. « Je veux prendre le temps de faire les choses dans le bon ordre. Le fait que cette Les Sables – Les Açores en baie de Morlaix se joue en trois manches qui vont monter crescendo est plutôt rassurant pour prendre ses marques », ajoute le skipper qui a récupéré son bateau (un Maxi 6.50 aux couleurs d’Aelig) il y a trois semaines seulement et qui, par conséquent, n’a aucune idée de ce à quoi il peut prétendre en termes de classement. « Mon but sera avant tout de finir l’ensemble des étapes et ainsi de me qualifier pour la Mini Transat », annonce donc Basile Bourgnon qui partage l’objectif d’une large majorité de ses concurrents, pour la plupart des bizuths, curieux eux aussi, de découvrir les joies du large, d’en apprendre plus sur eux-mêmes et sur leurs montures à l’inverse de quelques rare marins qui évoluent depuis une ou plusieurs saisons sur le circuit. « On est finalement assez peu nombreux à connaître déjà le support. C’est même assez fou le renouvellement qu’il y a dans la classe cette année », souligne Tanguy Bouroullec qui se réjouit de la confrontation à venir avec 16 autres Proto, et qui vise clairement la victoire sur l’épreuve.  « J’ai commencé à découvrir mon bateau l’année dernière mais aujourd’hui je suis plus prêt et mon projet est davantage abouti même si Cerfrance est une machine (un scow à foils sur plan Verdier, ndlr) hallucinante et que j’en apprends encore à chaque navigation », poursuit marin, 4e de la dernière Mini Transat dans la catégorie des prototypes. Bref, on l’aura compris, qu’ils soient des « petits nouveaux » ou des « récidivistes », tous comptent bien profiter de cette Les Sables – Les Açores en baie de Morlaix pour engranger des milles et consolider leur expérience.

Le plateau en bref

– 72 participants

– 55 bateaux de Série et 17 Proto

– 9 femmes

– 9 nations représentées (France, Italie, Belgique, Allemagne, Angleterre, Russie, Estonie, Turquie et Etats-Unis)

– Des marins âgés de 18 à 66 ans

Programme prévisionnel

Samedi 1er août

12h Tous les bateaux présents à Port Olona 

Mardi 4 août

9h30 Sortie des bateaux

13h Départ en baie des Sables d’Olonne 

Mercredi 5 août

Arrivées en baie des Sables d’Olonne 

Lundi 10 août

9h30 Sortie des bateaux

13h Départ en baie des Sables d’Olonne 

Jeudi 13 août

Arrivées des bateaux à Roscoff 

Samedi 15 août

Régates traditionnelles en baie de Morlaix 

Mercredi 19 août

10h Sortie des bateaux de Roscoff

13h Départ en baie de Morlaix

Du 24 au 27 août

Arrivée en baie des Sables d’Olonne 

Vendredi 28 août

11h30 Remise des prix (à huis clos)

Précision concernant le parcours

Le parcours de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, épreuve réservée aux Mini 6.50 programmée du 1er au 28 août prochain, se déroulera en trois temps, dans l’ordre suivant :

-une première boucle de 197 milles au départ et à l’arrivée des Sables d’Olonne via Belle-Ile et le plateau de Rochebonne.

-une manche de 470 milles ralliant Les Sables d’Olonne et Roscoff en passant par Land’s End.

-un dernier round de 866 milles au départ de Roscoff à destination des Sables d’Olonne via Bishop Rock situé à l’extrémité occidentale des îles Sorlingues (Grande-Bretagne) et le cap de la Estaca de Bares, au large d’Oviedo (Espagne).

Valse de Mini entre les baies des Sables d’Olonne et de Morlaix

Compte tenu de la situation épidémique, le calendrier sportif de cette année 2020 a largement été chamboulé. Les organisateurs de la 8e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables ont, par conséquent, dû s’adapter au contexte. Aussi, la course – réservée aux Mini 6.50 et qualificative pour la Mini Transat 2021 – qui devait initialement se tenir du 20 juillet au 15 août, se déroulera finalement du 1er au 28 août prochain. Mais au-delà des dates légèrement modifiées, c’est le parcours qui a dû être redessiné, le contexte actuel ne permettant pas d’envisager d’escale dans l’archipel Portugais. Exit donc les deux étapes de 1 270 milles entre les Sables d’Olonne et Horta, sur l’île de Faial. Cet été, les 80 solitaires attendus pour l’occasion régateront en trois temps, entre la baie des Sables d’Olonne puis celle de Morlaix qui se réjouit d’accueillir l’évènement pour la première fois. Au menu donc : une première boucle de 197 milles au départ et à l’arrivée des Sables d’Olonne via Belle-Ile et le plateau de Rochebonne, une manche de 866 milles au départ de Port-Olona à destination de Roscoff via le cap de la Estaca de Bares, au large d’Oviedo (Espagne), puis de Bishop Rock situé à l’extrémité occidentale des îles Sorlingues (Grande-Bretagne), puis un dernier round de 470 milles ralliant Roscoff et Les Sables d’Olonne en passant par Land’s End puis l’île de Ré. Au total, les Ministes qui auront ainsi successivement validé les trois courses, auront cumulé plus de 1 500 milles, le minimum requis pour se qualifier pour la Mini Transat. En somme : tous les ingrédients seront réunis afin de pimenter le jeu un maximum, avec une multitude de choix stratégiques et autant des routes possibles entre la Vendée et le Finistère. A la clé, la promesse de belles bagarres et du spectacle !

Ils ont dit :

Jean-Paul ChapalainPrésident de la CCI Métropolitaine Bretagne Ouest-Morlaix : 

« En août 2020, la Baie de Morlaix recevra à nouveau une étape d’une grande course au large : Les Sables – Les Açores – Baie de Morlaix au port de plaisance de Roscoff. Nous sommes fiers d’accueillir cet événement majeur en Baie de Morlaix ! La chambre de commerce et d’industrie, gestionnaire des ports de Roscoff et de Morlaix et ses partenaires, collectivités territoriales et acteurs du nautisme, œuvrent de concert au développement de leur territoire. Cette course prestigieuse est un événement populaire qui va permettre de valoriser notre magnifique Baie de Morlaix, sur les plans sportif, économique et touristique. L’accueil de ce grand rendez-vous de la course au large est en effet une occasion unique de valoriser notre destination sur le plan national, de renforcer son attractivité et de créer un événement nautique et touristique d’importance, mais aussi de mettre en lumière nos compétences en matière de nautisme, de recherche en biologie marine et nos richesses en produits de la mer et de la terre.Je vous donne rendez-vous en août prochain pour vivre avec nous cet événement majeur et découvrir la côte de la Baie de Morlaix qui foisonne de sites naturels et patrimoniaux remarquables. »

Yannick Moreau, Maire des Sables d’Olonne et Président des Sables d’Olonne Agglomération : 

« L’organisation de cette édition Les Sables – Les Açores – Baie de Morlaix est une excellente nouvelle pour Les Sables d’Olonne. La crise sanitaire que nous connaissons n’a, certes, pas permis de maintenir la traditionnelle étape chez nos amis Açoriens, mais l’équipe des Sables d’Olonne Vendée Course au Large a su s’adapter remarquablement pour réinventer cette course. En ces temps inhabituels, nous avions besoin de nous projeter vers des horizons plus positifs : c’est chose faite avec le maintien de cette compétition sportive ! La ville et l’agglomération des Sables d’Olonne s’associent donc avec le plus grand enthousiasme à la Région Bretagne et à la Baie de Morlaix pour accueillir cet évènement auquel nous souhaitons le plus vif succès. Que le meilleur gagne ! »

Yves Le Goff, Président Voile Baie de Morlaix : 

« La Baie de Morlaix reçoit régulièrement des étapes de grandes courses au large. En août prochain, ce sont les Ministes de la Les Sables – Les Açores – Baie de Morlaix qui feront escale au port de plaisance de Roscoff. Voile Baie de Morlaix, la structure associative dont la vocation est de développer la pratique de la voile en compétition auprès des plus jeunes que je représente, est très heureuse de participer à l’évènement. L’équipe des Sables d’Olonne Vendée Course au Large, emmenée par Marc Chopin, nous a donné sa confiance et nous allons mettre en œuvre tout notre savoir-faire et notre professionnalisme pour l’aider dans la réussite de la manifestation sur l’eau. »

Marc Chopin, Président du club Les Sables d’Olonne Vendée Course au Large :

 « La situation épidémique nous a tous contraints à nous adapter. Aussi, dès que cela a été possible, nous avons repris contact avec la Fédération et les autorités compétentes pour savoir comment et sous quelle forme nous pouvions organiser la course. Nous avons travaillé de concert la classe Mini, la ville des Sables d’Olonne, la CCI Bretagne – Ouest, l’association Voile Baie de Morlaix et l’ensemble nos partenaires pour adapter la compétition au contexte actuel. C’est évidemment avec regret que nous ne ferons pas escale aux Açores lors de cette 8e édition, mais il était important pour nous de rendre hommage à nos amis de Horta et en particulier à Armando Castro, responsable du cabinet des opérations nautiques des ports des Açores, en conservant le nom des Açores dans le nom de l’épreuve notamment. Plus personnellement, je suis très heureux de lier, au travers de cette course, Les Sables d’Olonne et la Baie de Morlaix, deux lieux chers à mon cœur, mes deux ports d’attache. »

Programme prévisionnel

Samedi 1er août

12h Tous les bateaux présents à Port-Olona 

Dimanche 2 août

9h – 18h Contrôles sécu & chaine inscription 

Lundi 3 août

9h – 18h Contrôles sécu & chaine inscription

18h Briefing 

Mardi 4 août

9h30 Sortie des bateaux

13h Départ en baie des Sables d’Olonne 

Mercredi 5 août

Arrivées 

Dimanche 9 août

9h30 Sortie des bateaux

13h Départ en baie des Sables d’Olonne 

Jeudi 13 août

Arrivées des bateaux Roscoff 

Samedi 15 août

Régates traditionnelles en baie de Morlaix 

Mardi 18 août

10h Sortie des bateaux

13h Départ 

Du 25 au 27 août

Arrivée aux Sables 

Samedi 28 août

11h30 Remise des prix

SAS 2020 vs Coronavirus

Après de longs échanges avec la Classe Mini, Armando Castro, notre hôte aux Açores, la FFVoile et la ville des Sables d’Olonne, la décision de ne pas aller à Horta s’est imposée. Toute compétition étant interdite jusqu’au 31 juillet, nous avons demandé à la FFVoile de décaler la SAS du 1er au 30 août 2020.

Nous travaillons sur un nouveau format exceptionnel, qui pourrait être de 3 étapes. Une première correspondant à une course de catégorie C, la deuxième correspondant à une course de catégorie B, et la troisième à une course de catégorie A. Les parcours seront adaptés en fonction des réglementations en vigueur, en privilégiant la protection de tous et de chacun.

On vous donnera des infos plus précises dès qu’on les aura…

En attendant de se revoir très vite, prenez soin de vous.

Edition 2020

Attention : en raison du coronavirus, il est possible que la course parte des Sables le mardi 28 au lieu du mardi 21 juillet.

Des précisions à venir dans les prochains jours.

Une 7e édition exceptionnelle !

Une première étape marquée par trois passages de fronts qui a mis à rude épreuve à la fois les bateaux et le mental des marins, un deuxième round qui s’est joué pour l’essentiel au portant à des vitesses supersoniques, des belles bagarres à tous les étages mais aussi des écarts monstres et des rebondissements en pagaille : tout a été réuni pour faire de cette 7e Les Sables – Les Açores – Les Sables une édition exceptionnelle. Une édition difficile, certes, mais aussi et surtout forte en émotions, qui a finalement sacré François Jambou (Team BFR Marée Haute) en Proto et Ambrogio Beccaria (Geomag) en Série.

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Frédéric Bazin (504 – Manu Poki), 27e Série de la 2e étape

« Ça a été une belle étape. J’ai un peu été en difficulté dans le portant lourd et j’ai eu un peu de mal à rentrer dans la course parce que je n’ai pas l’habitude de ne pas avoir le contrôle. Ne pas pouvoir abattre, avoir un spi trop gros devant… ça a été compliqué à gérer pour moi alors qu’avec les Pogo 2, il fallait vraiment envoyer. C’est comme ça que je me suis fait dépasser en fait.

CLASSE MINI : LES SABLES-ACORES-LES SABLES 2018

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Albert Lagneux (882 – Plumeke), 26e Série de la 2e étape

« C’est difficile de parler brièvement de cette étape parce qu’elle a été très riche. Une vraie encyclopédie ! Ça a commencé par une idylle avec ces îles Açoriennes, ces couleurs, ces oiseaux, ces dauphins, tous ces bateaux sous spi… Malheureusement, ça n’a pas duré parce qu’à un moment donné, je me suis réveillé avec le bateau couché sous spi.

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Matthieu Vincent (947 – L’Occitane en Provence), 24e Série de la 2e étape

« J’ai eu deux jours de régate on va dire. Au départ, la sortie de la baie a été un peu compliquée mais j’ai malgré tout réussi à me remettre dedans. C’était sympa mais au moment où il aurait fallu ne rien lâcher et rester le couteau entre les dents, ma centrale de navigation a lâché.

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Mathieu Gobet (455 – Méa Coule Pas), 23e Série de la 2e étape

« C’était cool. Il y a eu différentes étapes. La première dans du vent fort a été intéressante. Je n’avais jamais eu du vent fort comme ça, mis à part pendant 3-4 heures. C’est totalement différent quand ça dure 3-4 jours. Tout devient un peu une mission : se faire à manger, aller sous le vent, prendre ou réduire…

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Michel Sastre (835 – Dame Argo), 21e Série de la 2e étape

« Juste après l’empannage pour suivre un peu le front chaud, j’ai cassé un safran qui avait déjà été réparé. A ce moment-là, le bateau allait bien en plus j’étais toilé assez « safe » (deux ris dans la GV et médium) mais il y a eu un petit vrac. Le pilote a poussé d’un coup et ça a cédé. Sur le coup, j’étais vraiment dépité.

Continuer la lecture de « Michel Sastre (835 – Dame Argo), 21e Série de la 2e étape »

Matthieu Perraut (825 – Groupe Bâtisseur d’Avenir), 17e Série de la 2e étape

« Je suis content parce qu’à Horta, j’avais dit que j’espérais qu’on se fasse défoncer au portant dans la baston sur cette étape retour. D’ailleurs, tout le monde m’avait pris au mot et j’avais un peu peur de flipper mais en fait non. Au contraire même, j’ai adoré aller aussi vite dans le vent fort.

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Marie Gendron (930 – Cassiopée SNCF), 11e Proto de la 2e étape

« J’en ai vraiment bavé sur cette étape. J’ai notamment vraiment connu un dimanche de merde. Le matin, le bateau partait tout le temps au loff, je ne comprenais pas pourquoi mais à un moment, j’ai vu que j’avais un safran explosé. Heureusement, j’en avais un de spare. Je l’ai changé et je suis repartie.

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Vincent Busnel (621 – Quéguiner – Leucémie Espoir), 10e Proto de la 2e étape

« J’ai commencé cette 2e étape fatigué. Du coup, la première nuit, j’ai dû dormir 6 heures en faisant des siestes de 2 heures d’affilée. Ça allait parce que je ne tirais pas non plus sur le bateau. Quand ça a commencé à rentrer vraiment fort, dans le front, c’est devenu sympa. Malheureusement, pour moi, ça n’a pas duré longtemps… peut-être deux ou trois heures. Je suis passé de sous médium à code 5 et je suis resté un moment sur le pont pour voir comment ça se passait et pour régler le pilote. Quand j’ai vu que tout était ok, je suis parti faire une sieste. Le hic, c’est que ce n’est pas l’alarme qui m’a réveillé mais le « clac » du matériel qui casse. En sortant, j’ai vu mon tangon sous le vent et j’ai pensé que c’était le bras qui avait pété, mais très vite, je me suis rendu-compte que c’était la sous-barbe. Directement, j’ai compris que la course était finie pour moi et que j’allais me faire chier pendant une semaine. Vraiment, j’aurais préféré vivre tout ça différemment. C’est dur parce que je passe mon temps sur le bateau à tout préparer et j’ai des pépins. C’est frustrant parce que le bateau est prêt. Sportivement, c’est rageant parce que j’espérais jouer avec les petits copains du Top 5 après ce que j’avais vu sur les courses d’avant-saison. Forcément, je suis déçu. »

Julien Letissier (869 – Kerno.bzh – JULE course au large), 9e Série de la 2e étape

« C’était cool cette étape. On a fait de la luge pendant trois jours. Je me suis bien amusé et j’ai la chance de ne rien avoir cassé de vital. Vraiment, c’était top, surtout si l’on compare par rapport aux douze jours à l’aller. On a gravi une montagne laborieusement pour finir par la descendre plein pot. C’était formateur. J’ai appris plein de trucs sur le bateau. En plus, je suis qualifié pour la transat a priori, et ça c’est vraiment cool. »

Amélie Grassi (944 – Tyrion), 7e Série de la 2e étape

« Franchement, cette étape a été assez décevante parce que j’étais dans le match et je pouvais réussir à me battre pour garder ma place sur le podium. J’ai bien tartiné, je me suis arrachée… C’était des conditions que je n’avais jamais rencontrées mais j’étais super contente que ça marche bien, que je me sente bien à bord, alors quand le safran a lâché, ça a vraiment été la défaite. Au départ, je me suis même dit que j’allais déclencher ma balise pour qu’on vienne me chercher parce que j’en ai marre, et puis je me suis rappelé que l’objectif de base c’était quand même de franchir la ligne et de valider ma qualif’ pour la Mini Transat. En début d’année, c’était inespéré de faire des résultats comme ça donc c’était important que je me recentre sur les objectifs de base. Après, j’ai repris ma petite vie à bord et j’ai fait en sorte que ce soit le plus agréable possible jusqu’à la fin. Je suis contente d’être arrivée même si je suis déçue. C’est le métier qui rentre. La voile est un sport mécanique. C’est dur mais c’est comme ça. Au final, j’ai pu ramener mon bateau et puis il y a énormément de positif à tirer de cette course. »

Pierre Le Roy (925 – Arthur Loyd), 6e Série de la 2e étape

« Je suis content de terminer 6e parce que ça avait mal démarré. J’ai eu quelques problèmes dans les îles mais ensuite, j’ai bien bataillé avec les copains avec qui je me bats d’habitude. Ça a juste été un peu dur le dernier jour d’apprendre que j’avais perdu deux places mais c’est le jeu. Au global, je fais deux étapes dans mes objectifs. Même les trois jours où c’était un peu « poney », comme on dit, ça l’a fait. Le bateau mouillait, c’était une piscine, mais ça allait. Ça avançait bien et c’était cool. Comme d’hab, en arrivant, j’ai eu droit à un super comité d’accueil. Je suis trop content ! »

François Champion (950 – Ino Rope), 8e Proto de la 2e étape

« Cette deuxième étape a été l’inverse de la première puisqu’on a eu du portant assez fort quasiment du début à la fin. Je n’avais jamais navigué dans ce type de conditions en Proto et c’est autre chose qu’en Pogo 1. C’est le jour et la nuit. Ça n’a vraiment rien à voir. Je suis content que le bateau ait fait l’aller-retour. Il y avait une houle de merde et tu n’avais même pas le temps d’en profiter que tu étais déjà planté, sans échappatoire possible. Tu rebondissais dans tous les sens : c’était n’importe quoi. Ce qui est énorme, c’est que tout a tenu. Cette étape, c’était top mais c’est difficile de tout résumer. Il faut que je me pose et que je repense un peu à tout. Il y a eu des gros moments difficiles mais ils sont déjà presque oubliés. C’est toujours comme ça de toutes façons : tu en chies 80% du temps mais tu es content à l’arrivée ! »

Sébastien Guého (909 – Seb Guého – Mini Transat 2019 #dlbsls), 4e Série de la 2e étape

« A l’aller, j’avais oublié l’objectif de l’année qui était d’arriver aux Açores en course et d’avoir mes milles pour me qualifier pour la Mini Transat tellement c’était dur. Le but, sur celle-là, c’était donc de trouver de la sérénité et du plaisir. Pour le plaisir, ça n’a pas encore été tout à fait ça car j’avais peur de tout péter. Mon métier, c’est de calculer des bateaux de course et quand ça tape trop fort, ça me fait peur (rires) ! Mais bon, j’ai fait mon truc. J’étais loin des autres par moments mais j’étais bien sur le bateau. Même si j’ai matossé dix fois par jour et que je me suis cogné partout, je suis content. J’avais vraiment peur, après l’étape aller, de ne pas être capable d’aller en mer et je l’ai fait. Ça m’a redonné grave de la confiance. Je n’ai plus qu’à trouver des sous et à être prêt pour l’année prochaine. La 4eplace au général, c’est la cerise sur le gâteau. »

Paul Cloarec (951 – Williwaw), 7e Proto de la 2e étape

« Je ne suis pas très bien parti. Je suis resté dans les dévents des îles mais pour moi le but, c’était avant tout de finir la course. Du coup, dans le vent, j’attaquais la journée et je calmais le jeu la nuit. Je temporisais pour consommer le moins possible car une nouvelle fois j’ai été confronté à des problèmes d’énergie. L’étape a été assez stressante. Il n’y a pas eu tant de vent que ça mais la mer était démontée. Ça tapait fort et comme la nuit, il n’y avait pas de lune, c’était assez impressionnant. Je ne savais jamais où le bateau allait atterrir et je me disais que c’était un coup à tout péter. Au final, je suis content. Il y a encore beaucoup de boulot mais au portant, le bateau marche, c’est sûr. Il allume bien. Je suis content pour l’archi. Pour le chantier aussi car il y a trois mois, quand j’ai pris mon congé sans solde, j’avais déjà du mal à croire que j’arriverais à être au départ de la course parce qu’il était encore dans le moule. Aujourd’hui, je monte crescendo, c’est cool. »

Nicolas d’Estais (905 – Cheminant – Ursuit), 3e, de la 2e étape et 3e au général

« Cette étape, c’était un truc de poney, de marcassin, de punk… c’est quelque-chose qui a favorisé les marins expérimentés. Je pense, en effet, que j’étais plus à l’aise que les nouveaux qui ont débarqués cette année, mis à part Félix (de Navacelle), qui a vraiment fait fort. J’avoue que j’étais content qu’il y ait plus de vent que prévu sur l’étape car on a eu 4-5 jours avec, en permanence, des vents supérieurs à 20-25 nœuds au portant. J’avais la voile qu’il fallait. Mentalement, je m’étais préparé à ça. J’étais accroché à la barre. J’ai tout donné. Bien sûr, ce n’était pas confort, mais le bateau allait super vite. Les milles défilaient et comme je voyais que j’allais un peu plus vite que les autres, c’était assez grisant. C’est la première course de l’année où on a des conditions comme ça et je me suis senti bien. Après la première étape, j’étais très déçu parce que j’aurais voulu faire mieux que 13e, évidemment. Pour le retour, je partais donc avec l’objectif de faire un podium mais sans imaginer que je pouvais faire mieux que 5e au général. Au final, je termine 3e au général, c’est une super surprise ! »

Patrick Jaffré (814 – Projet Pioneer), 6e Proto de la 2e étape

 « Le début de cette étape était cool mais ensuite c’est devenu assez tonique. A ce moment-là, Félix (de Navacelle) et Nicolas (d’Estais) se sont mis à tartiner comme des porcs mais moi j’ai freiné un petit peu car j’avais peur que le mât tombe. Je ne sais pas combien de temps ça a duré… quatre jours je pense… Ça a été rude mais ensuite ça s’est calmé et l’arrivée s’est jouée, comme d’hab, dans la molle (rires) ! Mais bon, on n’a pas mis 15 jours pour revenir alors c’est cool ! La SAS, c’est toujours sympa de la faire même si, parfois, quand on est dedans, on se jure qu’on ne le fera plus jamais. Sur cette édition, cette deuxième étape a rattrapé un peu la première. Il y a eu plus de plaisir. »

Magistral Ambrogio Beccaria !

Déjà vainqueur de la première étape avec 12 heures d’avance sur son dauphin, Ambrogio Beccaria qui n’avait qu’à assurer pour s’emparer de la victoire finale, a enfoncé le clou sur cette deuxième manche. Le skipper de Geomag, qui a bouclé les 1 270 milles du parcours ce mardi à 22h23 (heure de Paris) après 6 jours 03 heures 21 minutes et 43 secondes de mer, a, comme lors du premier round, terminé premier chez les bateaux de Série avec une avance conséquente (environ 8 heures cette fois) sur son poursuivant le plus proche. Avec ce sans-faute, le navigateur italien remporte logiquement haut la main cette 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables et s’offre, en prime, le titre de champion de France de Course au Large après cinq victoires sur cinq courses disputées cette saison !

Ambrogio Beccaria (943 – Geomag), 1er de la 2e étape et 1er au général : « C’est trop bien ! J’ai eu peur après le front car j’ai pété le medium et j’étais sûr que tout le monde allait me défoncer mais en fait non ! J’ai découvert que sous gennak, dans le genre de conditions qu’on a eues, ça marche très bien. Franchement, j’étais sûr que sans médium, c’était fini mais il se trouve que ça allait super vite même si j’avoue que le bateau (un Pogo 3, ndlr) est un peu dur. J’ai fait quatre jours avec la combi sèche et si je ne l’avais pas eue, je pense que ça aurait été très compliqué ! Je suis content de finir juste derrière Camille (Taque, 5e Proto). Hier, quand j’ai entendu à la vacation qu’elle était 3e, j’étais trop content pour elle. Je me rappelle qu’au Trophée MAP, j’avais fini 10 secondes devant elle est qu’elle m’avait dit qu’elle aimerait bien finir devant tous les Série. Cette-fois, c’est fait ! De mon côté, c’est la 5e course que je gagne cette saison, c’est top ! Et le titre de champion de France de Course au Large en prime, c’est trop bien ! »

Jörg Riechers vainqueur de la deuxième étape

Ce mardi à 13h51’23 (heure de Paris), Jörg Riechers a franchi en vainqueur la ligne d’arrivée de la deuxième étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables. Le skipper de Lilienthal, qui a avalé les 1 270 milles du parcours entre Horta et Port-Olona en 5 jours 18 heures 51 minutes et 23 secondes à la vitesse moyenne de 9,15 nœuds, a imprimé une cadence infernale du début à la fin et finalement fait la différence avec Erwan Le Mené (Rousseau Clôture) dans les dernières 24 heures. Le skipper Allemand réalise, du même coup, une bonne opération puisqu’il remonte de la 4e à la 3e place au classement général de l’épreuve et s’offre un podium pour sa dernière course sur le circuit des Mini 6.50.
 
 

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Les 45 Ministes font route vers Les Sables d’Olonne !

Comme prévu, les 45 concurrents engagés sur Les Sables – Les Acores – Les Sables se sont élancés sur la 2e étape de cet aller-retour sur l’Atlantique à 19h, heure française, ce mercredi 8 août.

DEPART ETAPE 2

Dans un flux d’Est Sud-Est, la flotte sous spi a pris la direction des Sables d’Olonne que les Mini 6.50 devraient rapidement atteindre puisque les premiers bateaux sont attendus à partir du 14 août. Un départ à l’anglaise avant une traversée retour qui s’annonce d’après les routages à vitesse grand V  et la possibilité pour les skippers de battre le record des 24 heures. Verdict sur la ligne d’arrivé en baie des Sables.

Etape 2 : les déclarations d’avant départ

Julien Letissier (869 – Kerno.bzh – Jule Course au Large) : « L’escale a été courte mais pour moi ça va encore par rapport à certains. Je ne me plains pas. Mon objectif pour cette deuxième étape reste le même que lors de la première car je ne suis toujours pas qualifié pour la Mini Transat en termes de milles. Je dois donc absolument finir. A l’aller, je m’étais dit que je n’attaquerais pas mais comme je me suis retrouvé deuxième pendant un moment, je me suis pris au jeu. Maintenant, il y a beaucoup de choses à faire avec les premiers parce qu’on se tient dans un mouchoir de poche, hormis Ambrogio (Beccaria) qui a un petit matelas d’avance. Dans ce contexte, il y a des chances que j’attaque aussi un peu au retour même si je vais faire très attention de préserver le bateau. A priori, ça va être assez rapide ce qui signifie que sur les Pogo 3, ça ne va pas être très confortable mais au moins ça va aller vite et ça, c’est bien. Comme ça, on aura vraiment eu de tout sur cette édition des Sables – Les Açores – Les Sables. »

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Vers une deuxième étape à record(s) ?

Si la première étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables s’est jouée pour l’essentiel au près, dans des conditions qui ont mis à rude épreuve les bateaux mais aussi les marins, la deuxième, dont le départ sera lancé ce mercredi à 19 heures (heure de Paris), s’annonce bien différente. C’est, en effet, majoritairement au portant que les 45 Ministes toujours en course dans la compétition devraient avaler les 1 270 milles entre Horta et Port-Olona. Et si l’on en croit les derniers fichiers météo, c’est même à vitesse grand V qu’ils pourraient absorber la distance. Aussi, s’ils ont battu des records de lenteur (en termes de durée) à l’aller, il se pourrait bien qu’ils fassent de même au retour, mais à l’inverse. Et pour cause, les routages laissent envisager un temps de course de 5 jours et 06 heures pour les premiers prototypes, soit 7 heures de moins que le temps de référence établi par Bertrand Delesne lors de l’édition 2010. De quoi, une nouvelle fois, assurer le spectacle et garantir le suspense.

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Georges Kick (514 – Black Mamba), 32e Série à Horta

« C’était long mais c’était extraordinaire même si d’un point de vue sportif, ce n’était pas tout à fait ça mais bon, à mon âge je ne vais de toutes les façons pas commencer une carrière en solitaire (rires) ! Pour moi, c’était plutôt l’aventure et là, ça a été complet. Les temps forts ? Ça a été de se retrouver sans batteries. Ça a un peu compliqué la chose mais comme il y a eu beaucoup de près, j’ai pu mettre le vérin électrique non-branché. Il me bloquait bien la barre et ça allait tout droit, ce qui m’a permis de dormir. En revanche, au portant, c’était plus embêtant. Après, j’ai rencontré quelques cargos, quelques dauphins mais personne, pas de gens (rires). Sinon, c’était très bien, vraiment très bien. L’arrivée ici c’est fantastique bien que ce matin je sois resté tanqué entre Graciosa et Sao Jorge. Le bateau allait un peu où il voulait alors je n’ai pas dormi la nuit dernière mais à présent je suis arrivé, c’est bien ».

CLASSE MINI : LES SABLES-ACORES-LES SABLES 2018

Marie Robert (587 – Pepen), 31e Série à Horta

« J’ai été confronté à des soucis d’énergie et ça m’a bien embêtée. J’ai longtemps navigué à portée VHF de Simon Tranvouez et Matthieu Perraut mais une fois que je les ai quitté tous les deux, je me suis retrouvée toute seule et ça n’a plus trop été une course à cause des problèmes à gérer. Après, heureusement, c’est redevenu cool quand j’ai croisé des gens en arrivant vers les Açores mais il y a eu quatre ou cinq jours de solitude qui n’ont pas été faciles avec mon NKE qui faisait du temps partiel. Je ne sais pas combien de kilos j’ai perdu, mais beaucoup. Je n’avais pas pété de câble avant ce matin, mais derrière l’île de Sao Jorge, j’étais collée et j’ai pensé que je n’arriverai même pas à arriver ce soir. La perspective d’une nuit en mer de plus était presque insupportable. Pour une première expérience sur une course de ce type, j’aurais bien aimé rencontrer un peu moins de difficultés techniques mais ça fait partie du jeu. Quoi qu’il en soit, je suis contente d’arriver car je suis rincée. Complètement. »

Anne Baugé (890 – ellesaimentlamer), 30e Série à Horta

« Très vite j’ai eu des problèmes d’énergie. En longeant l’Espagne, je me suis dit « je m’arrête, ce n’est pas sérieux de faire 800 milles dans ces conditions ». Ne pas dormir est quelque chose qui me fait trop peur. Du coup, j’ai utilisé mon vérin de spare qui, au près, ne marche assez bien, mais qui, au portant, n’a tenu que deux heures. J’ai dormi 5 minutes et mon grand spi a fait un vrac monumental dans l’étai. L’un des trucs que je ne voulais pas avoir à faire sur cette course, c’est précisément monter au mât mais j’y suis allée. Ça a été assez intéressant en fait, surtout que le bateau a empanné quand j’étais en haut (rires) ! Je voulais abandonner mais j’avais aussi peur d’aller toute seule en Espagne que de traverser avec la flotte (rires) ! Et puis j’ai réfléchi et je me suis dit qu’après être montée au mât, il ne pouvait plus m’arriver grand-chose de pire. Du coup, j’ai continué mais je n’ai réussi à choper une seule fois la BLU et le BMS. Le reste est identique à ce que tout le monde a connu : des conditions variées mais surtout une mer casse-bateaux. Ça a été très dur pour le moral de faire 800 milles en tirant des bords. Je n’ai pas pris énormément de plaisir en fait. Une seule fois j’ai reconnu la couleur bleue du ciel et de la mer que j’avais connue cet hiver dans les alizés et ça m’a donné un peu de courage. Sinon, j’avoue qu’il y a quelques fois où j’ai baissé les bras. Je pense que c’est pour ça que j’arrive aussi tard. A certains moments, j’ai mis les voiles en ciseaux pour économiser mon énergie, dormir le plus possible et arriver. »

Albert Lagneaux (882 – Plumeke), 29e Série à Horta

« Cette étape a été dure, très dure. J’ai eu plein de problèmes. Je suis passé par plein de phases différentes. J’ai vraiment fait le yo-yo sur le plan émotionnel mais j’avoue que je suis surtout passé par plus de bas que de hauts. Je me suis souvent demandé ce que je foutais là mais aussi ce qui pouvait encore m’arriver. J’ai fait des figures de style, j’ai dû monter à la barre de flèche dans 24 nœuds de vent, j’ai perdu mon GPS, j’ai eu plein de choses qui sont tombées en panne les unes après les autres ou encore un souci de chariot de GV… tout s’est cumulé. Au près, la mer était vraiment cassante et à chaque bruit, je faisais des angoisses. J’entendais des craquements au mât. J’en faisais des cauchemars et j’ai poussé un Eureka quand j’ai découvert que c’était en fait mon vis-de-mulet. Vraiment, en mer, on se fait des histoires incroyables ! Moi, j’anticipe toujours le pire, alors évidemment (rires) ! C’était vraiment dur surtout qu’après on s’est retrouvé dans la pétole pendant trois jours. J’ai commencé à compter la nourriture, le méthanol… Bref, je suis content d’être arrivé. Je n’ai pas beaucoup de temps pour tout repréparer avant le départ de la deuxième étape mais ça va le faire. »

Céline Salles (514 – L’Air de Rien), 28e Série à Horta

« C’était long mais hyper intéressant et hyper riche. Moi j’ai eu un peu toutes les conditions : du vent, pas de vent… Je me suis retrouvée pas mal toute seule. En fait, je ne recevais pas la BLU. Je n’avais donc ni la météo, ni les classements. Du coup, j’ai un peu avancé sur la route directe avec le vent qu’il y avait. Le fait d’avoir aussi peu de contact a vraiment été étrange mais après j’ai eu la chance de voir pas mal de baleines et de dauphins. Des oiseaux sont aussi venus jouer autour du bateau. C’était cool mais ce qui m’a fait plaisir, c’est hier soir, quand on s’est tous retrouvé du côté de Terceira. Ça a reboosté vraiment le moral pour la dernière ligne droite. Au final, je n’ai pas eu trop de mésaventures. J’ai juste déchiré un grand spi et j’ai eu une montée au mât un peu épique la nuit dernière. Autant dire que je comprends mieux pourquoi ils galèrent en 60 pieds et qu’ils mettent deux heures à monter parce que pour se tenir, c’est la grosse galère ! J’ai des bleus partout et je suis redescendue de là complètement rôtie. Je suis bien contente d’arriver. C’est un chouette coin et les gens sont super accueillants. »

Benjamin Ferre (902 – Imago – Incubateur d’aventures), 27e Série à Horta

« Qu’est-ce que c’est bon d’arriver ! J’ai cru que je ne la franchirais jamais cette ligne ! Je n’ai pas dormi depuis je ne sais pas combien de temps. Je termine éclaté. La pression est en train de retomber mais ça été vraiment été compliqué. Sept jours sans pilote, c’est vraiment dur. Au près, j’avais deux écoutes que je passais sur les winches et ça tenait, mais au portant, impossible de trouver une solution. J’ai fait je ne sais pas combien de départs en vrac. Dès que j’essayais d’aller dormir trois minutes, c’était un enfer. Moi qui avait l’habitude de ne jamais barrer mon bateau, bah là…  Ne faire que ça, c’est puissant. En tous les cas, je suis content d’avoir été au bout. Au moment où ça a pété, on était au nord de la flotte avec deux autres bateaux dans la baston et je devais être 8 ou 9e. En réalité, il y a vraiment eu deux faces à ma course. La première partie et la deuxième. Ça n’a pas été les mêmes mais ça a été instructif. Franchement, mentalement et même sur le bateau, ça servira, je pense. »

Julien Hatin (660 – Mademoiselle Iodée), 26e Série à Horta

« C’était dur. C’était très très dur. On a eu un peu tous les types de conditions, avec du très fort et du très faible ce qui fait qu’on n’a pas pu beaucoup se reposer. En même temps, on a eu des moments magnifiques avec par exemple, une nuit, il y a deux jours, sous la voie lactée avec le plancton phosphorescent derrière. Heureusement parce que s’il n’y avait pas eu ça, je pense que je n’aurais jamais fini. A la fin, je me suis fait une petite frayeur en arrivant à la pointe juste avant le port. Il y a eu un petit effet de site et comme j’ai déchiré mon médium pendant la course, j’ai voulu rester sous spi max mais je n’ai pas réussi à l’affaler. J’ai été tout droit dans la falaise mais heureusement il a réussi à tomber juste avant. Ça fait plaisir qu’on ait pu récupérer la voile parce que sinon je n’aurais plus eu de spi pour l’étape retour. Sinon, j’ai pu dormir à peu près bien et je suis bien reposé. Sur le bateau, il y a un peu de bricole à faire avant de partir mais ça va se caler. Je suis content d’arriver car c’était vraiment très long. Il y en a qui y sont encore et je les plains. »

Fedor Druzhinin (759 – Kids 4 freedom), 13e Proto à Horta

« Ça n’a pas été facile parce qu’on a eu de la pétole avant de prendre quatre fronts puis de se ramasser à nouveau de la pétole pendant quatre jours. Au total, j’ai mis presque 14 jours pour faire la course ! C’est presque autant que pour la Mini Transat ! (Rires) Clairement, ça été dur mais j’ai appris pas mal de choses sur mon bateau. Par ailleurs, j’ai eu quelques petits pépins. Je suis tombé dans le bateau et je me suis fait mal aux côtes, puis j’ai eu une infection au coude… j’ai beaucoup utilisé ma pharmacie de bord. Ça a été un bon entraînement ! (Rires) Par ailleurs, j’ai déchiré des voiles et rencontré des soucis d’électronique. J’espère pouvoir tout réparer ici avant de repartir. En tous les cas, ce qu’on a vécu lors de cette étape a été très différent de ce qu’on a connu sur les épreuves d’avant-saison. Là, j’ai été seul la plupart du temps. Je suis venu aux Açores de nombreuses fois, pour des convoyages de bateaux de plaisance. J’ai dû passer une vingtaine de fois le canal de Sao Jorge et je sais que c’est toujours compliqué mais là, ça a été terrible car je suis resté scotché dans la molle sous le vent de Pico pendant 14 heures ! Un bateau m’a appelé à la VHF pour me dire qu’il s’y engageait aussi mais je lui ai dit « Non ! Surtout pas ! ».

CLASSE MINI : LES SABLES-ACORES-LES SABLES 2018

Sascha Bade (919 – Salt), 25e Série à Horta 

« Sur cette première étape, j’ai connu beaucoup de pétole. Vraiment beaucoup de pétole. Une fois, je n’ai même pas réussi à parcourir plus de 30 milles en 24 heures, c’est dire !  Cela m’a vraiment épuisé nerveusement et j’avoue que j’arrive bien fatigué. Au départ, je m’étais préparé pour une course de 8 ou 9 jours, et là ça a duré plus de 13 jours. Dans la tête, ça n’a pas été forcément facile à gérer. Il a aussi fallu que je me rationne, notamment en eau. Lorsque j’ai franchi la ligne, il ne me restait plus qu’une seule bouteille, il était donc temps que ça s’arrête même si j’ai vraiment savouré l’arrivée entre les îles. Les paysages açoriens sont magnifiques. Les lumières, les nuages… ce matin, j’en ai pris plein les yeux ! Ca m’a fait du bien de finir comme ça parce que ma course n’a pas forcément commencé de la meilleure manière. J’ai, en effet, pris un cordage dans ma quille au départ ce qui m’a fait perdre énormément de temps et partir bon dernier. Après, j’ai joué la carte de la sécurité en choisissant de plonger au sud quand les leaders ont préféré aller au nord. Le positif, c’est que j’arrive avec un bateau en parfait état même si j’ai réussi à faire un maxi cocotier dans mon spi. Pour l’affaler, il aurait fallu que je monte en tête de mât mais il y avait de la mer et je n’aime vraiment pas monter là-haut alors j’ai fait comme j’ai pu en enroulant ma voile tant bien que mal. Ce n’est pas chouette mais bon, je suis là ! »

CLASSE MINI : LES SABLES-ACORES-LES SABLES 2018

Kevin Bloch (697 – ENSTA Bretagne), 24e Série à Horta

« C’était dingue ! C’était la première fois que j’allais quelque-part en voyageant et c’était trop cool. Au début, c’était un peu dur parce qu’on a eu quatre jours énormes mais à la fin, c’était vraiment incroyable ! L’eau avait une couleur, waouh ! Ça m’a marqué car je n’avais jamais vu un bleu comme celui-là. En plus, il y avait des dauphins, des baleines et tout… En termes de classement, je pense que je me suis bien planté mais je me suis bien éclaté. J’ai adoré être au large. J’étais au contact au début et ensuite j’ai un peu flippé par rapport au front alors je suis parti, mais un peu trop parti je crois ! (Rires) L’avantage, c’est que je n’ai rien cassé du tout. En plus de ça, je me suis retrouvé tout seul et c’était chouette de vivre ça aussi. Bizarrement, au début, j’ai du mal à me mettre dedans et à faire ce qu’il fallait pour faire avancer le bateau mais à la fin, c’était plus facile, plus fluide. Si j’ai maqué de nourriture ? Non, mais j’ai terminé la course sans eau et du coup je ne pouvais plus faire de lyophilisés mais c’était juste les deux derniers jours. Cette course, c’était vraiment chouette ! »

CLASSE MINI : LES SABLES-ACORES-LES SABLES 2018

Pierre Revol (483 – Maribambelle), 23e Série à Horta

« Cette première étape, je l’ai vécue intensément. Comme d’habitude, il y a eu des moments compliqués mais au final, il y a aussi eu beaucoup de plaisir. C’est sûr que j’avais préféré l’édition 2016. On avait mis huit jours pour faire la traversée, sous spi, pleine balle tout le temps. Là, ce n’était pas tout à fait ça, mais ça fait partie du truc. Je ne veux cependant pas rester sur cette impression, je veux revenir dans deux ans ! En même temps, je dis ça, j’ai fini par 24 heures sous spi quand je suis rentré dans l’archipel avec les dauphins, les baleines et les petits oiseaux. C’était vraiment sympa. »

Frédéric Bazin (504 – Manu Poki), 22e Série à Horta

« L’arrivée dans les îles, c’est très beau. J’ai vu plein d’animaux : des baleines, des dauphins… Cette première étape a été technique mais on en a eu pour notre argent (rires) ! En tous les cas, c’était intéressant au niveau des prévisions. Pour ma part, je n’avais pas de bulletin météo car je n’arrivais pas à les récupérer alors c’était un peu compliqué, voire un peu énervant. Le point positif, c’est que je termine la course sans aucun problème particulier. Le bateau est prêt à repartir. Un bémol cependant : j’ai fini les trois derniers jours sans plus rien à manger. J’ai attaqué les rations de survie et j’ai mangé de la semoule pendant 72 heures. Mais bon, pour le reste, c’est super. C’est toujours sympa de revenir ici. C’est vachement joli comme endroit. »

Arnaud Machado (910 – pro yachting), 21e Série à Horta

« Cette première étape a été longue surtout que pendant dix jours, je n’ai vu personne. Jamais je ne me suis tiré autant de balles en étant en mer ! Cette Les Sables – Les Açores – Les Sables, on ne me l’avait pas vendue comme ça. Ça faisait deux ans que j’attendais de la faire et si on m’avait dit que ça se passerait comme ça, je ne me serais pas embêté, je serais resté sur mon lac ! On a pris front après front ! A l’arrivée de la grosse dep, je me suis dit « ok, on va prendre cher », mais ensuite, on a continué de prendre cher ! Franchement, c’était dur. J’espère que pour rentrer, cette fois, on aura du portant et pas du près ! »

CLASSE MINI : LES SABLES-ACORES-LES SABLES 2018

Mathieu Gobet (455 – Méa coule pas), 20e Série à Horta 

« Pendant l’étape, je me disais qu’il n’y avait rien de bien parce que les moments de plaisir ont vraiment été rares et puis maintenant, je trouve que c’est génial ce qu’on a fait. De mon côté, j’ai passé six jours bord à bord avec Fred Bazin et c’était sympa. En fait, j’ai toujours été avec un autre concurrent ou un groupe et comme je ne suis pas un grand compétiteur dans l’âme, c’était cool de pouvoir discuter avec des gens. L’un des autres points positifs, c’est que j’arrive avec le bateau en parfait état. J’ai eu de la chance parce que parfois, je me suis demandé ce qui allait casser mais tout a tenu. Le seul truc que je regrette, c’est de n’avoir jamais capté la BLU même si j’ai réussi à avoir la météo par d’autres concurrents. La baston a été une bonne expérience. Globalement, cette course a été intéressante mais je suis content d’arriver. »

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Matthieu Perraut (825 – Groupe Bâtisseur d’Avenir), 19e Série à Horta

« Ce que je garderai de cette première étape ? Le bord de reaching pendant 10 minutes pour aller jusqu’à la ligne parce que j’étais à plus de 5 nœuds, les nuits, les soleils, Simon (Tranvouez) avec qui j’ai passé toute la régate… (rires) Plus sérieusement, ce que je retiendrai c’est la pétole. Je suis très nul dans ce type de condition. J’ai beaucoup tapé dans ma bôme et j’ai beaucoup insulté aussi. Le large, c’est trop cool, mais c’est quand même dix fois mieux quand il y a du vent. Quand je me retrouve à l’arrêt complet, je disjoncte et là, j’ai un travail à faire. Il n’empêche que j’ai adoré le large même si c’est sûr que je préfère quand c’est dans la baston, il n’y a pas photo. J’espère qu’on va se faire démonter au retour ! Même au près, franchement, je préfère ça que la molle ! (Rires) »

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Emmanuel Renaud (753 – Wide Side), 12e Proto à Horta

« Le départ a été conforme à ce qui était prévu lors de la préparation de la course mais ensuite, quand on a traversé, c’est devenu un peu plus aléatoire. On n’avait pas toujours la météo, donc il fallait un peu chercher sa route. Je crois que la flotte est un peu partie un peu dans tous les sens. De mon côté, j’ai opté pour le nord et je devais être un peu dans les seuls, je pense. Là, je me suis retrouvé dans du vent très faible qui était, en plus, pile dans l’axe des Açores. Dans toute cette phase de pétole, je me disais qu’on n’était plus très loin mais en fait, ça n’avançait pas. Aujourd’hui, en revanche, c’était génial. On a bien pu voir les îles et comme on est tous arrivés au contact, on a pu faire un peu de régate dans ce paysage splendide. On a pu faire un bord à pleine vitesse avec des dauphins… c’était la carte postale ! Après 12 jours de mer, j’ai vraiment savouré le fait d’avoir droit à une arrivée comme ça. C’était génial ! »

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Kevin Tritschler (550 – Cubitus), 18e Série à Horta

« En fait, avec Sébastien (Liagre), on s’est retrouvé ensemble toute la course. C’était cool parce que c’était plus simple pour la météo. Avec la BLU, ça n’a pas toujours été simple mais bon, ça l’a fait. La course a été un peu longue quand même mais l’arrivée a été super sympa, notamment dans le canal Sao Jorge, avec 25 nœuds de vent. C’était top. Je suis content de la course et content d’arriver aussi. J’espère juste qu’on n’aura pas du près à la deuxième étape aussi, même si c’était une bonne expérience. Au niveau de la nourriture, je termine avec l’équivalent d’une journée mais j’avais quand même bien rationné depuis cinq jours. Je ne voulais pas arriver sans rien parce que psychologiquement ça m’aurait un peu stressé. »

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Michel Sastre (835 – Dame Argo), 16e Série à Horta

« L’arrivée aux Açores est vraiment super jolie et en plus j’ai vu un cachalot mais la course a été longue et ce qu’on redoutait hier soir, c’était de devoir passer une nuit de plus en mer. Après, au niveau navigation, je n’ai jamais été fatigué car j’ai dormi à mort. Une étape de 1 270 milles c’est beaucoup moins fatigant qu’une course de deux ou trois jours même s’il y a sans doute une usure dans le temps. C’était la première fois que je passais autant de temps en mer tout seul. Ça m’a plu. Il y a juste le dossier bouffe à revoir. Je l’avais préparé la veille du départ à 19 heures mais ça n’a pas été la bonne idée. Bien sûr, j’avais des lyophilisés mais j’ai manqué de trucs vraiment bons. Ce que j’ai mangé pendant ces 12 jours, c’était vraiment dégueulasse. Pour le reste, les fronts n’ont pas été trop violents. Au plus fort, j’ai eu 25 nœuds de vent. Le près, ça fait du bruit mais finalement ça permet de dormir car il n’y a pas trop de réglages à faire. Ma stratégie, au début, c’était de faire du nord parce que mon bateau marche bien au près mais peu après le départ ça a changé car les petits fronts qui étaient censés être anodins sont devenus méchants, ce qui a ruiné tous mes plans. Je suis toutefois content de d’avoir plongé au sud car il n’était pas question pour moi de casser le bateau. Je ne suis pas dans une optique de champion du monde (rires). »

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Sébastien Liagre (589 – Walaby), 15e Série à Horta

« Je prendrai plus à manger la prochaine fois. J’ai manqué de nourriture ces deux derniers jours mais au-delà de ça, la course a été hyper sympa. Je n’ai jamais été tout seul. Avec Kévin (Tritchler), on est resté ensemble quasiment tout du long. C’était hallucinant. On avait choisi à peu près la même option au départ. On a pas mal parlé à la VHF mais aussi de vive-voix car des fois on était à dix mètres l’un de l’autre. Du coup, ce n’était pas toujours facile pour aller se reposer mais c’était super. Il n’empêche que ça a été long. Je n’avais qu’une envie : arriver avant que ma femme et ma fille repartent. Elles rentrent le 6 en France et ça a été mon moteur dans tous les moments durs. »

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Paul Cloarec (951 – Williwaw), 10e Proto à Horta

« Je me suis fait mal au ménisque juste après le départ et je n’ai plus pu plier la jambe pendant quelques temps ensuite. En plus, j’ai un spi que je ne connaissais pas et qui n’est pas du tout adapté au bateau donc c’était dur. Après, comme beaucoup de monde, je n’ai pas eu la météo et j’ai connu des problèmes de batteries. Quand on a eu de l’air, j’ai croisé un groupe de Pogo 3 et ça m’a rassuré. J’ai d’ailleurs viré pour me mettre derrière eux. Comme ça, au moins, il y avait du monde autour de moi. Sur cette première étape, il y a eu trois bords sympas, ce qui n’est pas énorme en 12 jours. Le reste, c’était chaud, tout au près à se faire secouer ou dans la pétole. A un moment j’étais près d’Enzo (Vincent Busnel, ndlr) et lui est parti la nuit tandis que moi, je suis resté collé. Mentalement, ce moment-là a été un peu dur mais l’objectif, c’était d’arriver aux Açores. En ce sens, le contrat est rempli. L’idée, maintenant, c’est de se remettre d’aplomb pour le départ de la deuxième étape, mardi. »

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Pavel Roubal (908 Pogo Dancer), 14e Série à Horta

« Ça a assurément été l’une des courses les plus folles que j’ai faites. Franchement, ça a été dur. On a tout eu en termes de conditions avec de la pétole et de la baston mais surtout, on a tout fait au près ! Un truc de fou ! On a pris quatre fronts et ça a mis à la fois le bateau et le bonhomme à rude épreuve. Je suis vraiment content que ce soit terminé et maintenant, j’ai vraiment besoin d’une bière ! »

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Nicolas d’Estais (905 – Cheminant – Ursuit), 13e Série à Horta

« Ça a été très dur, très long aussi mais au final, c’est surtout le résultat sportif qui me déçoit. J’ai été solide mentalement sur l’eau. On a traversé des fronts et j’étais bien. Le bateau allait bien. C’était vraiment un beau voyage même si on a fait énormément de près et que c’était éprouvant. C’est juste le résultat sportif qui me titille un peu mais il y aura la deuxième étape pour se rattraper donc on verra. »

Matthieu Vincent (947 – L’Occitane en Provence), 12e Série à Horta

« C’était encore plus dur que ce que je pouvais imaginer. Je pense que je vais être fier de ce que j’ai accompli avec un peu de recul mais ce n’est pas le plaisir attendu. Je pense que j’ai besoin de digérer un peu tout ça surtout que j’ai eu des problèmes d’énergie et que j’ai dû barrer plus que la normale. Ça a rajouté un degré de difficulté à tout ça. L’arrivée dans la baie a été dure pour les nerfs. J’essayais de me détendre mais intérieurement c’était terrible. A présent, je suis content d’être là avec les copains et je vais en profiter. Pour le reste, je vais essayer de me rattraper lors de la deuxième en termes de résultat parce que j’ai un peu mangé à la fin mais ça va le faire. Je suis déterminé. »

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Guillaume Coupé (906 – Drago), 11e Série à Horta

« J’ai eu très peu de plaisir. Ça a vraiment été très dur mais aussi très enrichissant parce j’ai beaucoup appris sur moi-même et c’était l’un des challenges. Je m’attendais à ce qu’une étape de course telle que cette Les Sables – Les Açores – Les Sables soit difficile, mais pas comme ça. A un moment, dans le front, on a été plusieurs bateaux à se regrouper. On ne captait pas la météo de la même manière mais ça a été vraiment puissant dans l’énergie. C’est vraiment la symbiose de la classe Mini qu’on a pu voir et ça m’a touché. J’ai énormément appris car ça m’a permis de monter en compétences tout en bavant car j’étais toujours le dernier. Je n’ai pas fait d’entraînement et j’ai acheté le bateau seulement en fin d’année dernière mais j’ai joué dans un paquet de bons. Ça n’a pas été évident de tenir la cadence mais je suis très satisfait. Je suis aussi très content d’arriver. »

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Sébastien Guého (909 – Séb Guého – Mini Transat 2019 #dlbsls), 10e Série à Horta

« Cette première étape a été compliqué et dure. Je n’ai pas éprouvé de plaisir. Une fois, à des mecs qui m’avaient demandé pourquoi je voulais faire du Mini, j’avais répondu pour rigoler et chialer en moins de 10 minutes. Là, je n’ai fait que chialer. Les deux premiers jours pour dégolfer ont été cool mais je n’étais pas dedans. J’avais à moitié la gerbe alors qu’il n’y avait pas la mer. Je me suis d’ailleurs posé la question de savoir si je n’avais pas un bidon de foiré ou une insolation. Lorsqu’on a attaqué le premier front, en revanche, j’étais bien dedans. Je savais que ça allait refuser et j’ai tiré la barre pour recoller le paquet de devant à l’AIS. Je commençais vraiment à être dans la course mais là, on a reçu quelques bribes météo annonçant un gros carton et incitant à plonger au sud. Après, je n’ai plus su ce qui allait me tomber dessus parce que la météo, je ne la captais pas. Un deuxième front est passé et on s’est fait démonter. Mon aérien est tombé sur le pont et je me suis retrouvé dans 25-30 nœuds avec tous les écrans noirs… Bref… ça n’a pas été facile. J’ai déjà commencé la job-list pour l’année prochaine. »

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Ronan Gabriel (552 – Voi’large), 9e Série à Horta

« C’était dur mais il y a eu des bonnes choses. C’est encourageant pour moi. Je suis content de ce que j’ai fait, même si le résultat n’est pas là. J’ai navigué avec deux autres concurrents assez forts et avec eux, j’ai pas mal échangé sur la course, sur la tactique… On a bien joué aux avant-postes et exploité correctement les différents systèmes météo. On a bien navigué et au final, ce n’est pas la longueur qui m’a embêté mais plutôt le fait d’avoir eu le sentiment d’avoir fait beaucoup d’efforts pour rien. Mais ce n’est pas grave. Je me suis ouvert la tête dans le premier front. J’étais à l’intérieur, je faisais une sieste et en me relevant, je me suis pris une vis. Ça saignait énormément et j’ai trop flippé. En fait, ce n’était pas grand-chose mais dans la tempête, c’est toujours impressionnant. »

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Irina Gracheva (Irina Gracheva Racing), 8e Série à Horta

« Je suis contente d’arriver. Ça n’a pas toujours été facile mais ça a été une belle étape. Mon bateau est vieux, il a 13 ans, mais il va bien dans le petit temps et j’ai confiance en lui dans la baston car je sais qu’il est fiable. Dans cette course, nous avons eu les deux alors je m’en suis assez bien sortie même si j’espérais faire mieux encore en termes de résultat. Deux bateaux m’ont passée juste avant la ligne d’arrivée et ça a été un peu frustrant pour moi, surtout que j’ai longtemps été devant eux, avec un certain écart. Mais c’est le jeu de la régate. J’ai vraiment cru en mon option entre Pico et Sao Jorge et j’ai d’ailleurs conservé du vent quasiment tout le temps, en profitant aussi du courant. J’ai hâte de voir ce que ça donne sur l’étape retour mais avant ça, je vais essayer de me reposer au mieux car la course a été longue ».

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Julien Letissier (969 – Kerno.bzh – Jule Course Au Large), 7e Série à Horta

« C’était top. On a eu vraiment toutes les conditions : de la molle, un peu de baston… C’était super complexe comme parcours, jusqu’à la fin. Les derniers milles ont même été les plus durs. Je suis super content d’être aux Açores. Hier soir, on s’est régalé avec la vue sur les îles et on avait hâte de les découvrir de l’intérieur. Ce matin, le lever de soleil sur le mont Pico, c’était vraiment chouette. Pour le reste, j’ai perdu un morceau de l’aérien et la bastaque puis j’ai le tableau électrique qui a traversé le bateau mais rien d’important. On repart dans trois quatre jours, ça va venir vite mais en attendant, on va tâcher d’en profiter au maximum ! »

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Cédric Faron (899 – Quasar), 6e Série à Horta

 « Cette première étape n’a pas été facile parce que j’ai rapidement perdu mon aérien à cause de la houle qu’on a eue. En plus, dès la première nuit, je me suis rendu compte que mes batteries étaient mortes. En fait je les ai changées en début d’année et ce n’est pas moi qui ai fait la saison avec le bateau. Heureusement, au près dans la baston, j’arrivais à bloquer la barre à 3°. J’ai fait les fronts comme ça. Ça a été cool parce que j’ai pu rester à l’intérieur et dormir. Je n’arrive finalement pas si fatigué que ça, même si la pétole d’hier nous a bien tués avec Ju (Letissier) et Ronan (Gabriel). On se voyait faire le podium. On était tellement sûr d’être devant ! Quand on a appris que les autres avaient réussi à passer par le nord alors qu’on n’y croyait pas du tout, on était vraiment vert. A présent, il reste très peu de temps pour remettre le bateau en état et j’ai énormément de choses à faire. J’aurais aimé souffler un peu mais on est vendredi et il ne va pas falloir traîner. Ce me fait flipper de repartir dans l’autre sens sans aérien. Pour le reste, c’était bien. J’ai vu beaucoup de dauphins et de baleines. C’était magnifique mais je venais avant tout pour la performance alors forcément je suis un peu déçu. »

Pierre Le Roy (925 – Arthur Loyd), 5e Série à Horta 

« Je suis hyper content parce que je termine 5e mais aussi parce que c’était dur. Au début, j’étais bien mais après j’ai eu des gros problèmes de vitesse. Je n’arrivais pas à repasser devant les autres mais sur la fin, comme souvent parce que je ne lâche rien, j’ai réussi à repasser devant pas mal de concurrents. Ça va peut-être devenir ma marque de fabrique car à chaque fois, sur la fin, je gagne des places grâce à mon mental mais aussi parce que le bateau est bien. Je n’ai rien pété, seulement ma fourchette. Ceux qui ont cassé du matos vont être un peu handicapés car ils vont être dans le jus avant le départ de la deuxième étape alors que moi, je vais pouvoir me préparer tranquillement. Je suis chaud pour le match retour ! »

Vincent Busnel (621 – Quéguiner – Leucémie Espoir), 9e Proto à Horta

« Je ne suis pas content. Dès le début, ça a été compliqué. Tu pars en qualif, tu as une BLU qui marche et tu pars en course, elle te claque dans les mains au bout de deux jours. Ce n’est vraiment pas très rigolo de ne pas savoir ce qui t’arrive sur la gueule. Je n’avais pas envie de casser le bateau alors j’ai pris l’ « escape » vers le sud mais ce n’est pas ce qu’il fallait faire. J’ai le sentiment d’avoir tout fait à l’envers. Juste après le DST du cap Finisterre, c’est la dernière fois où j’ai eu Axel (Tréhin) et Erwan Le Méné (Rousseau Clôtures) à la VHF. Ensuite, j’ai tout le temps été tout seul jusqu’à ce que je récupère un petit groupe de Pogo 3. Au début, comme je suis un peu taiseux, je ne parlais par trop avec eux mais petit à petit je me suis ouvert et maintenant j’ai hâte qu’ils arrivent pour leur payer des bières. On a prévu de se faire une bonne soirée tous ensemble ici à Horta. »

 

Vincent Lancien (679 – Roll My Chicken), 8e Proto à Horta

« Au début, on ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi long. Quand les premiers fronts sont arrivés, on a décidé d’y aller pour essayer de choper du vent et d’aller plus vite et puis il s’avère que c’était un front, une pétole, un front, une pétole… A chaque fois, c’était la déprime mais à chaque fois on y est allé quand même. Maintenant, on est aux Açores même si les derniers milles ont aussi été compliqués, avec du vent qui passait du près au portant en l’espace de trois secondes… C’était fou. Vraiment fou. Ça faisait quatre jours qu’on discutait à la VHF en imaginant la bière de l’arrivée et ça fait du bien d’être là. J’ai vraiment emmené le bateau plus loin que jamais en termes de vent, de mer et de chocs. Je sais donc qu’il ne craint absolument rien et que la seule chose qui pourra le freiner, c’est moi ! (Rires) En tous les cas, j’ai appris beaucoup appris sur moi-même, même si j’ai beaucoup douté mais là, c’est bon, tout est oublié ! »

Marie Gendron (930 – Cassiopée – SNCF) 7e Proto à Horta

« C’est clair qu’on est allé chercher au plus profond de nous-mêmes pour ne rien lâcher sur cette étape, surtout que les options n’étaient pas si simples que ça. A un moment donné, il a fallu faire un choix entre finir ou casser parce que les conditions étaient vraiment dures. Moi j’ai fait le choix de la sécurité, en plus j’avoue que j’étais carrément flippée. Dès qu’il y avait des copains autour, ça me rassurait. On est heureusement resté assez groupé et finalement ça s’est super bien passé. On s’est tous entraidé. On était à la fois en solitaire et en équipe et ça c’était incroyable. Certains étaient en black-out d’énergie et ils n’en pouvaient plus mais on était là pour les motiver. Sans ça, ça aurait été complètement différent pour eux. Ça l’a d’ailleurs été pour moi aussi, même si je n’ai eu aucun problème sur le bateau. De ça, je suis super contente parce que vu que je l’ai construit, il y a toujours un truc qui pète et là non. Ça me met en confiance. J’ai beaucoup appris sur moi pendant cette étape. J’ai été capable d’affronter des grosses dep qui me faisaient peur avant. Au final, je termine 7e et ça me va bien car il y a vraiment du niveau »

Camille Taque (791 – Foxsea Lady), 6e Proto à Horta

 « Je crois que c’est la course la plus dure que j’ai faite. La Mini Transat, c’était dur aussi, mais sur d’autres plans. Là, c’était intense à la fois mentalement, physiquement et théoriquement parlant parce qu’il fallait être super calé en météo. Ça a vraiment été très très difficile, avec une alternance de phases d’absence de vent totale et de baston. En fait, on s’est retrouvé dans le dur en permanence. Dans le vent fort, il a fallu courber l’échine et y aller sans trop réfléchir, puis dans la pétole, il a fallu essayer de garder son calme mais c’était hyper dur. Quand j’ai réussi à m’échapper du groupe où j’étais il y a trois ou quatre jours, puis à mettre 30 milles de distance avec mes poursuivants, je me suis dit « Ok, ça va t’aider à survivre à cette course » mais quand ils m’ont un peu rattrapée, là je me dis « Mais c’est pas possible ! J’en peux plus ! ». J’ai pleuré tellement de fois pendant cette course ! C’était très très dur mais à l’arrivée, c’est une belle 6e place. »

Un podium rudement disputé chez les bateaux de Série

Ce vendredi à 8h01 (heure de Paris), Félix de Navacelle a franchi la ligne d’arrivée de la première étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables. Le skipper de Youkounkoun s’est ainsi octroyé la deuxième place chez les bateaux de Série après s’être livré une remarquable bagarre avec Amélie Grassi (Tyrion) et Valentin Gautier (Shaman / Banque du Léman). Les trois solitaires se sont, en effet, rendu coup pour coup jusque dans les dernières longueurs, boulant les 1 270 milles du parcours dans un mouchoir de quatre minutes mais avec toutefois un écart de plus de 12 heures sur le vainqueur, Ambrogio Beccaria (Geomag). Leurs premiers mots.

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François Champion (950 – Ino Rope), 5e Proto

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« Ça a été un peu laborieux cette fin de course… pas de vent, pas de vent, pas de vent… je suis resté bloqué dans le sud de Terceira. Du coup, j’ai fini sans plus rien à manger. Ça a été dur surtout que dans la pétole, on a besoin de manger souvent. Mais bon, ça je le savais. Après, j’avais de la musique. En revanche, je n’avais pas pris de quoi lire. D’habitude je le fais mais là je me suis dit qu’en Proto, je n’aurais pas le temps. Au final, c’est une 5e place. C’est top. Si je l’avais écrite celle-là… Pour la première étape c’est vraiment top. Si je pouvais faire pareil à la deuxième étape, je serais super content. Ça a été une étape compliquée, avec pas mal de rebondissements, mais aussi une étape longue. Déjà il y a dix ans, avec le Pogo 1, j’avais mis douze jours. La route des Açores est toujours compliquée mais bon, le bilan est positif. Le bateau, je pense qu’il a pris suffisamment d’air pour progresser. Maintenant, c’est le bonhomme qui doit travailler car c’est le genre de machine qui tire un peu physiquement. Mais ça va se faire et puis demain on va grimper, on va aller au sommet de Pico ! »

Ambrogio Beccaria : « Soixante milles d’avance sur le 2e ? C’est beaucoup ça ! »

Ce jeudi à 20h00’10’’ (heure de Paris), Ambrogio Beccaria a franchi la ligne d’arrivée de la première étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables en première position chez les bateaux de Série, après 11 jours 06 heures et 58 minutes de course. Le skipper de Geomag qui s’est installé aux commandes de la flotte dès la bouée de dégagement en baie des Sables d’Olonne, a mené les débats de bout en bout. Mieux, il a régulièrement accentué son avance pour la porter à plus de 100 milles à deux jours de l’arrivée avant toutefois de la réduire de près de la moitié dans une option assez radicale sur la fin du parcours. Le navigateur italien, qui a en effet choisi de contourner Pico par le sud, a composé avec de tous petits airs dans les dernières 48 heures. A l’arrivée, c’est toutefois une éclatante victoire… et une option sérieuse de prise pour la victoire finale. Ses premières déclarations.

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Vous avez mené cette première étape du début à la fin et vous décrochez la victoire. Quel est votre sentiment ? 

« Pour être honnête, en franchissant la ligne, je ne savais pas que j’étais en tête. Bien sûr, je savais que j’avais fait une belle course parce que trois jours après le départ, j’avais écouté la météo et les classements à la BLU, découvrant alors que j’avais 30 milles d’avance. Mais pour ne pas me mettre trop de pression, à partir de ce moment-là, je me suis dit « ok, n’écoute plus les pointages, fais ta course ». Le truc, c’est qu’après, on a eu une météo compliquée et je ne savais pas si j’allais vite ou pas. Le pire, ça a été en arrivant à quelques milles d’ici. Je me suis retrouvé collé deux jours dans la pétole et j’étais sûr que j’étais passé 20e. Pour essayer de me rassurer, sans pour autant avoir vraiment envie de tout savoir parce que j’avais un peu peur de prendre un coup de massue sur la tête, j’ai rebranché la BLU et écouté les classements, mais pas les premières places. En fait, je voulais seulement savoir où était la flotte. J’ai entendu que Valentin (Gautier) et Nicolas (D’Estais) étaient à 200 milles de l’arrivée. Je me suis dit « finalement, c’est pas si mal comme course », mais je ne savais vraiment pas que j’étais toujours en tête. Je suis super content ».

Vous finissez avec une belle avance de 60 milles, ce qui n’est pas rien…

« 60 milles ? Ah oui ? Ah oui, c’est beaucoup ça ! C’est super ! C’est d’autant plus génial après être passé par des moments aussi durs que ceux de ces derniers jours. A deux reprises, j’ai pensé que j’aurais aimé être ailleurs qu’en mer, ce qui ne m’était encore jamais arrivé jusqu’ici. La première fois, c’est dans la grosse dépression qu’on a eue. Jamais je n’avais eu autant de mer. Je me suis dit « On fait comment si on veut sortir ? Elle est où la porte ? ». J’ai pris mon mal en patience mais ça a été un peu dur. La deuxième fois, c’est lors de ces deux derniers jours, dans la pétole. J’en pouvais vraiment plus. Il y avait du vent de secteur sud-ouest de prévu. J’avais préparé tout le bateau, tout matossé et tout réglé en pensant que c’était parti et que dans dix heures, j’étais à la maison. Et puis bam… deux heures après, je me suis retrouvé scotché, et ça a duré comme ça pendant deux jours ! Au final, ça a quand même été une super expérience. J’ai beaucoup appris. »

Jörg Riechers, skipper de Lilienthal, 4e Proto à Horta 

« Ce joli match qu’il y a eu à la fin avec Axel (Tréhin), ça fait plaisir. Le reste, bon… on a fait beaucoup de près. Du près, encore du près, de la pluie, encore du près, un autre front, de la pétole… Ça fait beaucoup de près dans tous les sens. Cette première étape a été dure, avec beaucoup de dépressions. C’est comme ça. En tous les cas, je suis content d’être là. A un moment, j’ai pensé que je n’arriverais jamais. J’ai perdu mes aériens et ça va être le défi de cet après-midi de le réparer, après le défi rasoir ! (Rires) »

Axel Tréhin, skipper de Tartine – Cherche du beurre, 3e de la première étape en Proto

Axel Tréhin a franchi la ligne d’arrivée de la première étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables à 13h38’30 (heure française), ce jeudi. Le skipper de Tartine – Cherche du beurre, qui a bouclé les 1 240 milles du parcours en 11 jours 00 heure 36 minutes et 30 secondes, s’est ainsi octroyé la 3e place chez les Proto après un joli match avec Jörg Riechers (Lilienthal) qu’il a finalement devancé de 11 minutes et 41 secondes sur la ligne. Son écart avec le premier, François Jambou (Team BFR Marée Haute) est de 1 jour 23 heures et 05 minutes.

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Erwan Le Méné, skipper de Rousseau Clôtures (2e Proto à Horta)

Erwan Le Méné (800 – Rousseau Clôtures) a franchi la ligne d’arrivée de la première étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables ce mercredi à 17h16’55, bouclant ainsi les 1 270 milles du parcours en deuxième position chez les Proto après 10 jours 06 heures 14 minutes et 55 secondes de course. Son écart avec le premier est de 1 jour 04 heures 43 minutes et 25 secondes sur le leader. Ses déclarations à chaud.

« Je ne me suis jamais fait aussi mal physiquement et mentalement. Vraiment, je n’ai jamais autant souffert. J’ai d’ailleurs pensé vendre le bateau, deux fois. Je me suis dit « j’arrête ces conneries, il faut vraiment être débile pour faire ça » … ça a été dur. Il y a eu deux jours fantastiques au début. Le dimanche et le lundi ont été extraordinaires mais après ça a été fini. Continuer la lecture de « Erwan Le Méné, skipper de Rousseau Clôtures (2e Proto à Horta) »

Double peine

C’est à toute petite vitesse que les Ministes toujours en course dans la première étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables poursuivent leur route en direction de Horta. Et pour cause, l’anticyclone est centré pile poil sur l’archipel portugais. Chacun essaie donc de trouver la meilleure trajectoire pour rallier Faial et à ce petit jeu, les options divergent franchement.

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François Jambou : « Si j’avais eu la météo et les positions, l’histoire n’aurait sans doute pas été la même »

Ce mardi à 14h33 (heure de Paris), François Jambou a franchi la ligne d’arrivée de la première étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables en première position dans la catégorie des prototypes, après 9 jours 01 heure, 31 minutes et 30 secondes de mer. Le skipper de Team BFR Marée Haute, qui a parfaitement bien géré les différents systèmes météo qui ont égrené les 1 540 milles du parcours, s’est imposé avec plus d’une journée d’avance sur son poursuivant le plus proche. Une performance d’autant plus remarquable que le Brestois était privé d’informations concernant la météo et les positions. Interview à chaud.

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Vous avez découvert que vous aviez gagné en arrivant. Qu’avez-vous ressenti ?
Je pensais que j’étais derrière tout le monde. J’ai vraiment découvert en arrivant que j’avais gagné. Je m’étais dit que si je faisais dans les 5, je sauvais les meubles. Là, je tombe des nues, complètement. » Continuer la lecture de « François Jambou : « Si j’avais eu la météo et les positions, l’histoire n’aurait sans doute pas été la même » »

François Jambou attendu demain au lever du jour à Horta

120 milles : voilà la distance qu’il reste à présent à parcourir pour François Jambou afin de rallier Horta, terme de la première étape des Sables – Les Açores – Les Sables. Le skipper de Team BFR Marée Haute, qui carbure actuellement à 8,4 nœuds de moyenne, est ainsi attendu demain au lever du jour à Faial (en milieu de matinée en France).

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Florian Blanchard, victime d’un démâtage

En fin de nuit, ce lundi, Florian Blanchard a démâté. Le skipper de MC Technologies, qui naviguait alors dans du vent assez faible, a pu prévenir la Direction de course. Le bateau accompagnateur APUS fait route dans sa direction et devrait être sur zone dans une dizaine d’heures.

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Des nouvelles de Marie Robert et Julien Hatin

Marie Robert, dont la trajectoire posait question cet après-midi, a été rejointe par l’un des bateaux accompagnateurs de la course, Sirius, avec lequel elle navigue actuellement bord à bord. Elle a ainsi pu expliquer qu’après des problèmes d’humidité dans son bateau, son système électronique ne fonctionnait plus. Elle a néanmoins réussi à sécher l’intérieur de son « Pepen » et se remet maintenant en route. En ce qui le concerne, Julien Hatin fait cap au 180°, accompagné par le bateau Apus. Confronté à des soucis de pilote automatique mais aussi malade depuis le début de la course, le skipper de Mademoiselle Iodée essaie de récupérer au mieux pour finir cette première étape.

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Pas tous logés à la même enseigne

Alors que les leaders de la flotte des Sables – Les Açores – Les Sables sont désormais passés sous la barre des 500 milles restant à parcourir dans cette première étape entre les Sables d’Olonne et Horta, tous ne sont pas logés à la même enseigne, même s’ils ont tout remis pas mal de sud dans leur route depuis hier, en particulier le concurrent le plus au nord, François Jambou.

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Le skipper de Team BFR Marée Haute, toujours accroché à la place de leader chez les Proto, a, de fait, franchement infléchi sa trajectoire des dernières 24 heures, sans doute confronté à du vent refusant. Il n’empêche qu’en étant positionné quasiment sur la route directe, il bénéficie, ce samedi, de plus de pression que ses adversaires puisqu’il cavale à plus de 7 nœuds de moyenne quand ses camarades les plus au sud, à l’image d’Axel Tréhin (Tartine – Cherche du beurre), Vincent Busnel (Quéguiner – Leucémie Espoir), Camille Taque (Foxsea Lady), Marie Gendron (Cassiopée SNCF) ou encore Vincent Lancien (Roll My Chicken) qui progressent péniblement entre 3 et 4 nœuds. Même scénario ou presque chez les bateaux de Série où le leader, Ambrogio Beccaria (Geomag), conserve davantage de vent que ses adversaires en étant positionné plus près de l’orthodromie et surtout au-dessus du 41° Nord. La suite ? Nous avons posé la question à Denis Hugues, le Directeur de course. « Pour la journée de dimanche, un front froid est annoncé entre le 38 et le 43° Nord avec des rafales à 30-35 nœuds. La météo va ainsi encore rester compliquée jusqu’à la mi-journée de lundi. En clair, le week-end devrait être actif ». Pour ce qui concerne les marins victimes de petits pépins dans la journée d’hier, même chose, nous avons sondé le Directeur de course. Ce qu’il faut retenir, c’est que Raphaël Lutard (Arkema 3) est actuellement bord à bord avec Seafox, l’un des bateaux accompagnateurs de la course. Sa plaie ne saigne plus et, dans l’immédiat, il reste indécis concernant le port qu’il souhaite rallier. Louis-Xavier Lamiraud (Woza Spirit) poursuit sa route vers Vigo qu’il devrait atteindre en première partie de nuit. Guillaume L’Hostis (Alternative Sailing – Constructions du Belon) vise toujours La Corogne distante, à la mi-journée ce samedi, de 100 milles. Enfin, Victor Turpin (Générations Océan) pourrait rejoindre Porto ou Cascais mais il lui reste, a minima, 150 milles à parcourir avant de toucher terre. A noter par ailleurs que le balise de Paul Cloarec (Williwaw) ne fonctionne plus depuis hier mais que la Direction de course le garde à l’œil.

Adrien Bernard et Victor Barriquand jettent l’éponge

Ce samedi en fin d’après-midi, Adrien Bernard (Mini Yak) et Victor Barriquand (La Charente Maritime) ont signifié à la Direction de course leurs abandons respectifs sans en préciser la raison. Actuellement, tous les deux font route, comme, Raphaël Lutard (Arkema 3) vers le port de Leixões, au Portugal. Rappelons que pour l’heure, six bateaux ont jeté l’éponge. 48 solitaires sont donc toujours en course.

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Des nouvelles de la position de Paul Cloarec

La balise de Paul Cloarec ne fonctionnait plus depuis hier. Le skipper de Williwaw avait donc disparu des écrans mais la Direction de course est parvenue à entrer en contact avec lui. A 16h20 (heure française) ce samedi, il était ainsi positionné par 41°27’Nord et 16°48 Ouest. Il faisait alors cap au 243 et avançait à 5 nœuds, puis devait changer de tracker afin d’être en mesure d’être de nouveau localisé.

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Guillaume L’Hostis se déroute vers La Corogne

En début d’après-midi, Guillaume L’Hostis (Alternative Sailing – Constructions du Belon) a prévenu la direction de course que sa barre de liaison et son aérien étaient endommagés et qu’il prenait la décision de se dérouter vers La Corogne.
Plus d’information à venir…

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Deux dérives cassées pour Victor Turpin

Aux alentours de 14h30, ce vendredi, Victor Turpin a contacté la Direction de course pour lui indiquer la casse de ses deux dérives. Pour l’heure, le skipper du prototype Générations Ocean se laisse le temps de la réflexion quant à lui suite à donner à sa course.

A suivre donc.

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Du gros au nord, du un peu moins gros au sud

Après avoir subi le passage d’un front peu actif hier, les 54 Ministes des Sables – Les Açores – Les Sables, poursuivent leur route en direction de Horta, au large du Portugal, s’étalant désormais sur près de 200 milles en latéral.

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Tous ne seront donc pas servi de la même manière lors du prochain passage de front annoncé pour cette fin de semaine. « Ceux qui évolueront alors au-dessus du 43-44° Nord vont affronter les conditions les plus musclées, avec jusqu’à 50 nœuds dans les rafales. Ceux qui seront en dessous du 40° N auront au plus fort 25 nœuds et ceux qui se trouveront entre les deux composeront avec autour de 30 nœuds », explique Denis Hugues, le Directeur de course, indiquant par ailleurs que les retardataires devraient être relativement épargnés dans la mesure où plus ce nouveau front va se rapprocher de la terre, plus il est promis de s’atténuer. « Ce sera toutefois moins vrai pour ceux positionnés au nord », tempère Denis. On le voit d’ailleurs clairement sur la cartographie ce matin, la majorité des concurrents a choisi de plonger au sud, à l’exception des leaders.

Chez les Proto, François Jambou (Team BFR Marée Haute) continue en effet de progresser au nord de la route directe, plus de 100 milles dans le nord-ouest de son poursuivant direct, Erwan Le Méné (Rousseau Clôtures). Du côté des Série, Ambrogio Beccaria (Geomag) a, pour sa part, remis un peu d’ouest dans sa route, portant son avance sur son dauphin de 7 à 24 milles, ces dernières 24 heures. Pour eux comme pour les autres, le but du jeu à venir va assurément être de préserver son matériel au mieux d’autant que cette première étape est loin d’être finie. De fait, après cinq jours de course, il reste encore plus de 600 milles à parcourir pour rallier Faial. « Les premiers pourraient arriver mardi selon les derniers routages », indique Denis Hugues.

Vers une succession de fronts ?

Comme prévu, les Ministes de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables ont traversé un petit front ces dernières heures, ainsi qu’en témoignent leurs trajectoires.

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Ce jeudi, les uns et les autres vont ainsi remettre progressivement du sud dans leur route, à commencer par François Jambou. Situé le plus à l’ouest, le skipper de Team BFR Marée Haute a, en effet, été le premier à toucher le flux de nord-ouest, ce matin. Reste qu’en étant également positionné le plus au nord du peloton, le solitaire va se retrouver le plus exposé au passage du prochain front annoncé pour demain et samedi.

Une nouvelle dégradation, bien plus active que la précédente, que Bernard Sacré de Great Circle, voit capable de générer des rafales à 35-40 nœuds dans les latitudes supérieures à 44°N cette fin de semaine. La raison ? L’anticyclone des Açores, qui était décalé dans l’ouest avant le départ de la course, est aujourd’hui davantage centré sur l’Europe. « Dans ce contexte, on risque bien d’assister à une succession de fronts sur la flotte jusqu’au bout de cette première étape », annonce Denis Hugues, le Directeur de course. Dans l’immédiat, en tous les cas, les 54 marins, qui progressent entre 5 et 7 nœuds de moyenne à une centaine de milles au large du cap Finisterre, poursuivent leur route tranquillement après avoir de nouveau été scotchés hier dans la soirée.

Côté classement, chez les Proto, François Jambou, plus proche de la route directe que ses adversaires, tient pour le moment le haut du pavé tandis que chez les Série, Ambrogio Beccaria (Geomag) reste solidement accroché à la place de leader même si un petit groupe de huit bateaux reste en embuscade, décalé une dizaine de milles dans son nord. « Ça doit bien papoter à la VHF ! », s’amuse Denis Hugues.

C’est reparti pour Patrick Jaffré !

Après avoir annoncé à la Direction de course son avarie de safran aux environs de minuit la nuit dernière, puis pris la décision de se dérouter vers La Corogne qu’il a finalement rejoint sur les coups de 8 heures ce mercredi matin, Patrick Jaffré espérait être en mesure de pouvoir réparer son appendice bâbord en arrivant en Espagne.
Bonne nouvelle : c’est chose faite ! Le skipper de Projet Pioneer est, en effet, reparti en course vers 13h30 avec un moral regonflé à bloc !

Au gré des empannages…

Si le vent s’est montré un poil plus consistant hier après-midi, permettant à certains bateaux d’afficher, pour la première fois depuis le départ, des vitesses à deux chiffres, il s’est de nouveau affaibli, la nuit dernière.

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Ce mercredi, c’est donc toujours au ralenti que les 54 Ministes progressent au large du cap Finisterre. Un cap que la majorité d’entre eux a manifestement choisi de déborder en passant à l’extérieur du dispositif de séparation de trafic. Seuls Sébastien Liagre (Walaby), Kévin Tritschler (Cubitus) et Mathieu Gobet (Méa Coule Pas) (tous des Pogo 2), semblent se laisser la possibilité de passer entre le DST et la côte mais pour l’heure, comme les autres, ils continuent d’avancer au portant dans 5 à 6 nœuds de vent de secteur est nord-est en multipliant les empannages, et se préparent au renforcement copieux du vent attendu dans la soirée.

De fait, le front annoncé hier est toujours d’actualité et devrait, comme prévu, générer des vents soufflant jusqu’à 35 nœuds dans les rafales sur une mer chaotique la nuit prochaine. « Plus les bateaux seront au nord, plus ce sera fort », note Denis Hugues, le Directeur de course. Dans ce contexte, il faudra faire attention de préserver au mieux le matériel. En attendant, chacun poursuit sa route en essayant de tirer au mieux son épingle du jeu.

Pour le moment, chez les Proto, François Jambou (Team BFR Marée Haute) affiche une position intéressante en ayant opté pour une trajectoire médiane par rapport à Erwan Le Méné (Rousseau Clôtures), le concurrent le plus au sud, et Jörg Riechers (Lilienthal), celui le plus au nord qui a d’ailleurs nettement infléchi sa route depuis le lever du jour. Chez les Série, Ambrogio Beccaria (Geomag) tient toujours la corde mais il convient néanmoins de souligner le joli retour aux avant-postes de Cédric Faron (Quasar) et d’Amélie Grassi (Tyrion).

A noter par ailleurs : Patrick Jaffré est actuellement en escale à La Corogne. Le skipper de Projet Pioneer, confronté à la perte de l’un de ses safrans, tente actuellement de réparer avant de décider de la suite à donner à sa course.
A suivre donc.

Changement radical de situation à venir

Si depuis leur départ des Sables d’Olonne, dimanche après-midi, les 54 Ministes de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables composent avec de petits airs, la situation devrait radicalement changer à partir de demain à la mi-journée.

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Un front est, en effet, prévu de passer sur la flotte. A la clé, des vents soutenus qui pourraient bien souffler jusqu’à 35 nœuds en rafales, dans la nuit de mardi à mercredi. « Les marins poursuivent actuellement leur route dans un flux de nord-ouest pour 5 nœuds mais à partir de demain en milieu de journée, ils devraient commencer à avoir du vent de secteur sud-ouest qu’ils devraient converser une douzaine d’heures avant de récupérer du nord-ouest. Dans cette période, ils vont prendre un peu d’air. Pour l’heure, CEP voit moins de pression que GFS mais ça va malgré tout être tonique », a expliqué Denis Hugues, le Directeur de course. En attendant, ça tactique à tous les étages, et notamment en tête de flotte où les options divergent entre les leaders. Chez les bateaux de Série, Ambrogio Beccaria (Geomag), qui menait les débats depuis le départ, a cédé les commandes de la flotte, cet après-midi, à Valentin Gautier (Shaman / Banque du Léman) et Nicolas D’Estais (Cheminant – Ursuit). Ces deux-là jouent actuellement des coudes sur une trajectoire un peu plus sud que leur adversaire qui leur permet, dans l’immédiat, d’être légèrement plus rapides. Même chose ou presque du côté des Proto, où l’actuel leader au pointage, Erwan Le Méné (Rousseau clôtures) a choisi de plonger au sud et de se rapprocher à moins de 20 milles des côtes espagnoles en espérant profiter de plus de pression. Pour l’heure, il a l’avantage, mais à 15 heures ce mardi, il est toutefois trois nœuds moins rapide que l’Allemand Jörg Riechers (Lilienthal) situé près de 30 milles plus au nord. « Pour l’instant, on a l’impression qu’Erwan Le Méné a décidé de passer entre le DST (disposition de séparation de trafic) du cap Finisterre et la côte. Ce n’est pas stupide car s’il conserve cette option, il est possible qu’il ramasse moins de vent que les autres qui risquent de se prendre une belle cartouche en étant positionnés plus au large », a ajouté Denis dont les derniers routages laissent entrevoir les premières arrivées à Horta à partir du lundi 30 au matin. « Tout cela reste, bien évidemment, à prendre avec des pincettes », a terminé Denis Hugues.

Une entame en douceur

Partis hier en début d’après-midi, les 54 Ministes engagés dans la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables ont profité d’un léger flux de secteur sud-ouest pour s’extraire de la baie des Sables d’Olonne et entamer la première étape de la course à destination d’Horta.

Déjà en tête à la bouée de dégagement, l’Italien Ambrogio Beccaria (Geomag) occupe toujours les commandes de la flotte des bateaux de Série, ce lundi matin, tandis que chez les Proto, l’avantage est donné à l’Allemand Jörg Riechers (Lilienthal), plus proche de la route directe que la plupart de ses concurrents qui ont manifestement choisi de mettre du sud dans leur route en espérant, à terme, bénéficier d’un peu plus de pression en se rapprochant des côtes espagnoles plutôt qu’en restant au milieu du golfe de Gascogne. « Cette première nuit a permis aux marins de se mettre en jambe tranquillement et pour le moment, ça reste plutôt paisible puisqu’ils composent avec un flux de secteur est de 5 à 7 nœuds. Dans les prochaines 24 heures, ça va rester mou et il ne va pas se passer grand-chose », annonce Denis Hugues, le Directeur de course. A noter par ailleurs : le Russe Fedor Druzhinin (Kids 4 Freedom), parti hier aux environs de 16h15 avec un retard à l’allumage en raison d’un problème de pilote automatique, affiche une option radicalement différente de ses adversaires puisqu’il évolue actuellement une vingtaine de milles plus au nord que le concurrent le plus au nord du peloton. Dans l’immédiat, cela lui permet de pointer à la 14e place du classement des prototypes. Reste à voir ce que ça donne dans les jours qui suivent…