Au bout du suspense !

Compliquée mais aussi et surtout complètement folle avec des options radicalement différentes et, pour finir, des écarts relativement faibles : la deuxième étape de la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables restera assurément dans les annales de la course au large. Dans chacune des deux catégories en lice, le suspense aura duré jusque dans les dernières longueurs, rebattant au passage largement les cartes au classement général de l’épreuve. Pour finir, chez les Proto, Pierre Le Roy (1019 – TeamWork) s’est imposé avec panache devant Jacques Delcroix (753 – Actual) et Uros Krasevac (759 – Ashika II) tandis que chez les Série Léo Bothorel (987 – Les Optiministes – Secours Populaire 17) a remporté la mise d’un cheveu devant Jean Marre (991 – Sport dans la Ville – Time for the Planet) et Luca Rosetti (998 – Race = Care).

Le deuxième acte de cette Les Sables – Les Açores – Les Sables s’annonçait très ouvert, avec des options tranchées, la faute à une dorsale plantée au beau milieu du parcours. Une crête barométrique que les solitaires avaient le choix de contourner soit par le sud en acceptant de se retrouver au près pour plusieurs jours et de mettre ainsi à rude épreuve à la fois leurs bateaux et leurs organismes, soit par le nord en assumant de rallonger considérablement la route – pour certains de plus de 400 milles avec une remontée au-delà de la latitude du Fastnet, en mer d’Irlande ! « Très vite, la flotte s’est éparpillée et on ne s’est plus vus les uns et les autres. Pour ma part, j’ai pris l’option nord et une fois que c’était fait, je savais qu’il n’y avait, de toutes les façons, plus vraiment de retour en arrière possible, qu’il fallait aller au bout en espérant que ça finisse par payer », a relaté Uros Krasevac. Comme l’ensemble de ses concurrents, le Slovène a, malgré tout, souvent douté au gré de l’évolution de la situation météo qui donnait tantôt l’avantage aux uns, tantôt aux autres. « Ça a énormément bougé. On a tous eu l’impression à un moment ou à un autre d’être sur une trajectoire pourrie ou, à l’inverse, sur une route gagnante. Pour chacun d’entre nous, cette étape a été un véritable ascenseur émotionnel, tout ça pour que finalement on arrive quasiment tous en même temps ! », a commenté Luca Rosetti de son côté.

Du match jusqu’à la fin
C’est un fait, aussi improbable que cela puisse paraitre après neuf jours de course et un écart ayant dépassé les 450 milles en latéral entre les bateaux les plus extrêmes, les partisans du nord et ceux du sud sont arrivés aux Sables d’Olonne pratiquement dans le même temps. Pour preuve, à peine plus de trois heures ont finalement séparé Pierre Le Roy et Jacques Delcroix sur la ligne malgré des choix de routes complètement opposés. « Pour ma part, j’ai choisi la route nord sans vraiment hésiter. Je ne voulais vraiment pas faire de près. Il y avait toutefois l’incertitude de comment est-ce qu’on allait réussir à passer la dorsale. Je savais que Pierre (Le Roy) était plus au sud mais je ne savais pas de combien. Je pensais qu’il avait pris une route intermédiaire mais je ne pensais pas qu’il était si bas par rapport à moi. Pour finir, je suis très frustré de finir si peu de temps derrière lui mais je suis trop content de ma place et de ma course », a déclaré Jacques Delcroix qui espérait priver le Lillois du sans-faute sur l’épreuve. « Je suis trop content de l’avoir claquée, celle-là ! D’une part, parce qu’elle était dure et, d’autre part, parce que pense que je n’ai pas fait une trajectoire géniale lors des trois premiers jours. Il y a eu du match constamment et le fait de voir la situation s’inverser comme ça à la fin, ça a rendu la course vraiment géniale ! », a souligné Pierre qui, en plus d’avoir réalisé le doublé sur l’épreuve, a établi un nouveau record de la distance parcourue en 24 heures en Mini 6.50 avec un total de 308 milles, mettant ainsi un terme de la plus belle des manières à ses quatre années passées sur le circuit des Mini 6.50.

Pas simple, la position de « chassé »
Si le podium s’est relativement vite dessiné chez les Proto, il a fallu en revanche être nettement plus patient du côté des bateaux de série et attendre notamment l’arrivée de Jean Marre, le vainqueur de la première étape, pour connaître le verdict. Crédité d’une avance de plus de 7 heures sur l’ensemble de ses rivaux à l’issue du premier round, exception faite de Julie Simon (963 – Dynamips), l’ancien rugbyman le savait : ce match retour s’annonçait être pour lui celui de tous les dangers compte-tenu du scénario météo, très ouvert et très incertain. « C’était la première fois que j’étais chassé et pas chasseur. Mentalement, c’était dur d’autant que pour une raison que j’ignore, j’avais zéro sensation sur cette étape. Dans mon groupe, j’étais tout le temps à la rue. Du coup, ça a été un peu compliqué pour moi », a avoué le skipper de Sport dans la Ville – Time for the Planet qui a finalement laissé échapper la victoire pour huit minutes et 05 secondes. Une goutte d’eau à l’échelle de vingt jours de course en cumulé. « Ça reste une deuxième place au classement général et je n’étais pas venu avec des prétentions de résultats particulières mais c’est clair qu’un écart aussi mince, ça fait mal. Je ne peux pas m’empêcher de compter le nombre de fois où je me suis dit « arrête de faire n’imp’ et retrouve des sensations au plus vite sinon tu vas le regretter ! ». Je suis un peu passé par tous les états. J’ai fait et refait des calculs dans ma tête pour savoir si je pouvais encore l’emporter jusque dans les deniers milles. C’est un peu dur mais c’est le jeu », a commenté Jean qui remporte malgré tout, et avec panache, le titre de championnat de France de course au large en solitaire 2022.

Pour huit petites minutes…
Léo Bothorel a, lui aussi, fait des calculs d’apothicaire toute la journée d’hier, suspendu au timing d’arrivée de son adversaire. « Mes potes sont restés les yeux rivés sur les AIS puis accrochés à la cartographie qu’ils ont passé leur temps à réactualiser. Jusqu’au bout on ne savait pas si ça allait le faire ou non. A l’arrivée de Jean dans la baie des Sables, on est allé dans mon bateau et on a allumé la VHF puis on a attendu qu’il s’annonce sur la ligne et que le comité dise « top ». Quand j’ai réalisé que la victoire était pour moi, j’ai à peine réussi à y croire », a expliqué le skipper des Optiministes – Secours Populaire 17 dont le soulagement a eu lieu peu après 23 heures, la nuit dernière. « C’était ma première grande course au large et je ne pouvais pas rêver mieux. C’est vraiment incroyable ! », a souligné le Rochelais. 7h38 : tel était le temps qu’il lui fallait combler pour décrocher la première place. Peu et beaucoup à fois avec un total de 2 540 milles à parcourir. « En arrivant aux Açores, c’est un écart qui me paraissait énorme et irrattrapable. Mon coach m’avait dit qu’il fallait vraiment partir sur la deuxième manche dans l’optique de faire une nouvelle course, sans trop me poser de questions et en occultant la première étape », a noté le marin. « Au final, ça ne se joue à rien et c’est la preuve que rien n’est impossible en course au large. Qu’il peut y avoir des retournements de situations incroyables et qu’il ne faut jamais rien lâcher ». Telle est, en effet, la morale de cette 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables qui a tenu tout le monde en haleine du début à la fin et qui restera définitivement un grand cru !

Frédéric Bach (Team Pokou), 6ème Série aux Sables d’Olonne

Frédéric Bach (895 – Team Pokou), 6ème Série aux Sables d’Olonne a franchi la ligne d’arrivée de la 2ème étape ce dimanche à 20h49’10 ».

Sa réaction à l’arrivée : « J’ai hâte de voir la cartographie ! On a bien réfléchi avec Alessandro (Torresani) et Mickaël (Gendebien) sur le choix du passage de la dorsale et on est allés assez nord. Après, on a fait des suppositions avec les classements et malheureusement sur la descente, avec le talweg, on n’a pas eu de chance par rapport à l’angle du vent. On s’est fait dépasser mais on savait qu’en descendant on allait faire des empannages et qu’on perdrait un peu de terrain. Il y a eu des choix assez tranchés. Moi, je n’avais pas un scénario précis en tête au moment du départ. J’ai vraiment fait ma route en fonction de ce que j’avais et de la météo. Sur cette étape, ma BLU marchait, ce qui n’était pas le cas sur la première. On attendait, on attendait, on attendait pour passer la dorsale et au final, on l’a passée par 51°N et 15°O, un truc comme ça. A un moment donné, on était très près du Fastnet et on s’est dit que ça aurait de la gueule quand même, une SAS avec un point de passage au phare (Rires) ! La dorsale n’a finalement pas été trop compliquée à passer. Ensuite, c’est devenu une course de vitesse. J’arrive bien cramé mais je suis super content car je ne devais pas être là la base. Après avoir longtemps été sur liste d’attente, je suis arrivé le dimanche matin pour un départ le mardi. Donc il y avait plein de choses que je n’avais pas préparées. Je suis très content d’avoir pu faire la course et d’avoir pu me comparer avec des copains avec le même bateau sur du long court. D’avoir pu faire des speed-tests à grande échelle. Il y a encore des choses à travailler bien sûr, mais il y des trucs que je maitrise et qui marchent bien donc c’est positif pour la suite. »

Alessandro Torresani, 4ème Série aux Sables d’Olonne.

Alessandro Torresani (Porco Rosso), 4ème Série aux Sables d’Olonne. Le skipper a franchi la ligne d’arrivée de la 2ème étape de la Les Sables Les Açores Les Sables en 4ème position chez les Séries ce dimanche à 19h26’15 » (heure française). Le skipper a mis 10 jours, 1 heure 26 minutes 15 secondes pour boucler cette 2ème étape. Son temps de course cumulé est de 20 jours 23 heures 54 minutes et 46 secondes

« La météo a rendu complètement folle cette deuxième étape ! Pour ma part, je suis pas mal parti et je suis resté un peu au milieu au début jusqu’à ce que la flotte s’éclate, avec d’un côté les partisans d’une route sud et de l’autre ceux d’une route nord. A l’approche de la dorsale, j’ai décidé de monter très haut en latitude parce que je me suis dit que quitte à avoir pris l’option nord, autant y aller à fond ! Hier soir, après les orages, on a eu pas mal de vent, avec jusqu’à 33 nœuds. J’en ai profité pour essayer de grappiller un maximum de milles et avancer le plus vite possible. C’était vachement cool, avec la lune en prime ! C’était vraiment chouette ! C’est ma première année sur le circuit des Mini 6.50 et j’ai monté mon projet un peu à la dernière minute. Je suis hyper content de mon résultat car, au départ, mon objectif était avant tout de finir la course. J’ai récupéré le bateau en février et j’ai fait pas mal de régates mais j’ai eu peu de temps pour les entraînements. Je suis vraiment content de finir la saison de cette manière et content de la finir aussi car je suis vraiment mort après cette course. C’est génial de terminer sur une 4e place. Ce que j’adore de la classe Mini, c’est qu’il peut y avoir des options complètement différentes et des écarts assez faibles à l’arrivée malgré tout. C’est incroyable ! Incroyable et génial ! »

Anne-Gaël Gourdin (Roll My Chicken), 5ème Proto aux Sables d’Olonne.

Elle a franchi la ligne d’arrivée de la 2ème étape de la Les Sables Les Açores Les Sables en 5ème position chez les protos ce dimanche à 18h35’40 »(heure française). Elle a mis 10 jours, 35 minutes 40 secondes pour boucler cette 2ème étape. Son temps de course cumulé est de 20 jours, 19 heures,24 minutes, 45 secondes.

« C’était long et un peu chiant ! (Rires) J’ai eu des problèmes de pilote dès la fin de la première nuit, en l’occurrence des problèmes de liaison commande-calculateur. J’ai quand même réussi à faire tout repartir mais j’ai considéré qu’il y avait plus de près sur la route du sud et que mes soucis de pilote seraient plus gérables. Je me suis vraiment dit : « ne réfléchis pas, autant être dans les premiers à tourner ». Je savais que Léo (Bothorel) et Arnaud (Rambaud) avaient tourné direct. On a cru à un moment que c’était une option pourrie mais après on a compris qu’on arriverait à se glisser par en-dessous et que dans le golfe de Gascogne, on serait très bien.

J’ai déchiré le point de premier ris de ma grand-voile et je l’ai réparé à la perceuse. J’ai coupé des rabans, j’ai mis du Sika, j’ai collé des deux côtés, j’ai percé, j’ai démonté des vis de la porte, je me suis coupé des petites rondelles en carbone, clac-clac ! Je suis aussi montée deux fois au mât parce que cette nuit j’ai fait une énorme cocotte entre mon spi et mon génois. J’ai déchiré mon spi… l’horreur… En fait, le pilote a complètement cessé de fonctionner il y a deux jours. J’ai ensuite fait départ au tas sur départ au tas. Au bout de 36 heures sans dormir, on n’est pas très alerte ! On fait des micro-sommeils et on se fait embarquer par une vague. Le cul du bateau part et c’est compliqué. A la fin, le match avec Marie (Gendron) a été dingue. C’est fou de terminer avec 18 secondes d’écart ! Après, j’ai un peu les boules, j’ai la place du con, encore une fois. J’espère qu’il est prévu une médaille ou une coupe en chocolat ! Je suis tout le temps 4e avec, en réalité, un bateau qui est le deuxième plus vieux de la flotte, avec mon petit poulet ! »

Luca Rosetti ( Race = Care), 3ème Série aux Sables d’Olonne.

Le skipper a franchi la ligne d’arrivée de la 2ème étape de la Les Sables Les Açores Les Sables en 3ème position chez les Séries ce dimanche à 17h35’43 » (heure française). Le skipper a mis 9 jours, 23 heures 35 minutes pour boucler cette 2ème étape. Son temps de course cumulé est de 20 jours 19 41 minutes et 06 secondes.

« Je suis troisième ? Vraiment ! Génial ! Cette deuxième étape a vraiment été compliquée au niveau de la stratégie. Le jour précédant le départ, c’était clair qu’il fallait aller au nord mais le jour suivant c’était nettement moins vrai. Du coup, j’ai choisi de rester à l’est pour retarder le plus possible le moment de ma décision. J’ai anticipé le fait que la dorsale pouvait monter au nord et j’ai préféré la traverser assez tôt en allant au sud. Il se trouve que c’était la bonne décision et je suis très content. La vie à bord, au près, a vraiment été difficile. Ça a semblé très long jusqu’au cap Finisterre mais à partir de là, il y a eu deux jours vraiment incroyables. Je les ai toutefois passés à la barre et je n’ai dormi qu’une ou deux heures car ce n’était pas facile pour moi en mode compas compte-tenu de mon problème d’aérien. J’ai malgré tout poussé à fond. J’ai fait tout mon possible. A présent, je dois vraiment atterrir et réaliser ce qui se passe. Je suis vraiment cramé et je suis comprendre où je suis, même si je suis super heureux d’arriver ici, aux Sables d’Olonne, et de ne voir que deux autres bateaux de Série dans port. C’est une surprise géniale ! »

Arnaud Rambaud (Permis de construire – OCEIO ), 4ème Proto aux Sables d’Olonne.

Arnaud Rambaud (Permis de Construire – ACEIO ) a franchi la ligne d’arrivée de la 2ème étape de la Les Sables Les Açores Les Sables en 4ème position chez les protos ce dimanche à 16h48’21 » (heure française). Il a mis 9 jours, 22 heures 48 minutes 21 secondes pour boucler cette 2ème étape. Son temps de course cumulé est de 21 jours, 33 minutes, 16 secondes.

« En fait, pour moi, l’option sud s’est décidée toute seule parce qu’une demi-heure avant le départ de l’étape, j’ai perdu mon pilote et mon aérien. Tout de suite, je suis allé à l’intérieur du bateau et j’ai bricolé l’élec. J’ai réussi à récupérer mon pilote mais sans aérien, c’était plus facile de faire du compas au près. C’est comme ça que mon choix a été fait car je savais qu’il y aurait plus de près. Le portant, sur la route nord, ça aurait été plus compliqué. La deuxième nuit, j’ai perdu mon pilote pour de vrai cette fois. J’ai donc fait toute ma course avec un petit vérin pourri et sans aérien. Je suis content d’arriver parce que ce n’était pas facile tout le temps d’autant que j’ai souvent été seul. Sur la route sud, j’ai longtemps été premier et j’ai la haine de m’être fait doubler à la fin (Rires) ! Au cap Ortegal, le vent n’était pas du tout stable et je me suis fait un peu empétolé là-bas. Du coup, c’est à ce moment que les autres m’ont doublé. Quand je voyais les classements, j’étais toujours dans le Top 5. Ça me donnait la niaque. C’est sûr qu’au départ, on ne s’attendait pas à avoir deux étapes de dix jours. Là, il me restait un jour de nourriture. Je commençais déjà à me restreindre un peu car je ne pensais pas avoir autant de vent pour finir. C’était cool. J’ai appris des milliards de trucs. Je suis super content de moi. J’ai réussi à gérer mes soucis comme il fallait mais je l’avoue, heureusement qu’il y a eu les derniers bords sous spi pour retrouver vraiment la notion de plaisir car après six jours de près d’affilée, ça manquait un peu ! »

Léo Bothorel ( Les Optimistes – Secours populaire), 2ème Série aux Sables d’Olonne.

Le skipper a franchi la ligne d’arrivée de la 2ème étape de la Les Sables Les Açores Les Sables en 2ème position chez les Séries ce dimanche à 15h26’27 » (heure française). ⏱Le skipper a mis 9 jours, 21 heures 26 minutes 27 secondes pour boucler cette 2ème étape. Son temps de course cumulé est de 20 jours 16 heures 49 minutes et 48 secondes

« Je ne pensais pas être deuxième ! En fait, le dernier classement que j’ai entendu, j’étais cinquième et les autres avaient pas mal d’avance. Je ne savais pas trop où ils étaient et je savais que Damien (Fleury) était devant moi. Je l’ai découvert en arrivant dans le port ! Je suis vraiment trop content ! Je ne sais pas trop où se trouve Jean (Marre, le vainqueur de la première étape, ndlr). Je sais que Julie (Simon) est loin. Je comprends que la victoire au général peut se jouer à peu de chose pour moi ! Espérons qu’il n’y aura plus de vent ! (Rires) Le sud n’était pas une option évidente. On est parti au près dès le début et ça duré six jours ! Je n’avais jamais fait autant de près de toute ma vie ! Du coup, c’était long et en plus on pensait que ça n’allait pas marcher mais petit à petit, dans les classements, on voyait qu’on était encore devant. On se disait que c’était bizarre puis on a commencé à y croire en arrivant dans le golfe de Gascogne. Dès lors, on a tout donné avec Damien. On est resté ensemble toute la course. On a bien discuté, de navigation et de d’autres choses. C’était vraiment cool. Je suis content d’avoir pris une sorte de petite revanche après la première étape lors de laquelle j’avais un peu manqué de réussite dans la molle des derniers milles. J’ai d’ailleurs pensé que c’était rebelote en arrivant aux Sables parce qu’il n’y avait pas beaucoup d’air. Je me suis dit « non, je ne vais quand même pas rester collé là pendant deux jours ! ». Heureusement, le vent de la Vendée a été clément et m’a porté jusqu’à la ligne. Je suis hyper content parce que j’ai été régulier. J’ai pris plein de plaisir. J’ai appris des tas de trucs et le bateau va bien, à peu près. Je suis trop content de cette course ! »

Damien Fleury (Utopik), 1er Série aux Sables d’Olonne

Damien Fleury (Utopik) a franchi la ligne d’arrivée de la 2ème étape de la Les Sables Les Açores Les Sables en première position chez les Séries ce dimanche à 14h08’30 » (heure française). Le skipper de Utopik a mis 9 jours, 20 heures 08 minutes 30 secondes pour boucler cette 2ème étape. Son temps de course cumulé est de 21 jours 2 heures 55 minutes et 05 secondes.

« Sur ce genre d’étape, rien ne se passe jamais comme prévu. Il faut faire avec ce qu’on a. Là, tout le monde est parti dans tous les sens. Il a fallu poser la tête et assumer d’aller sur une route plutôt que sur une autre, en partant du principe que si les autres ne me suivaient pas, eh bien tant pis. Je ne pensais pas que ça se finirait comme ça du tout. J’étais assez confiant parce qu’il y a 48 heures on m’a annoncé 3e. Je n’ai rien lâché. Ça doit faire quasiment 48 heures que je n’ai pas dormi. Mon réveil ne marchait pas et lors de ma dernière micro-sieste, j’ai rêvé que je tombais à l’eau. Je me suis dit que ce n’était peut-être pas une bonne idée de redormir… A présent, je suis là, intact et c’est cool. Il y a l’adrénaline : ça fait tellement plaisir de remporter cette manche retour !

J’étais un peu passé à côté de la première étape parce qu’après avoir été devant un long moment, j’ai connu une fin un peu dure. Les nerfs ont lâché. Ça fait plusieurs régates où je suis bien mais il y a toujours des îles dans l’affaire. Aux Açores, il y a eu Sao Jorge, à la Mini en Mai, il y a eu Yeu, au Trophée Marie-Agnès Péron il y a eu Groix. Il y a toujours eu une île qui m’a mis dedans mais pas cette fois ! Merci aux Sables d’Olonne de ne pas voir mis des îles juste en face, ça m’a permis de ne pas me crouter dans une molle. Bravo à tous les concurrents. Il y aura de belles histoires à raconter !

Ce que je retiendrai ? On a été au contact longtemps avec Léo (Bothorel) et on s’est vraiment beaucoup soutenu. On a beaucoup discuté. On est du même Pôle à La Rochelle et je pense que c’est ce qui nous a permis de tenir bon. Dans ce genre de course, si on se retrouve tout seul pendant onze jours c’est très dur. A l’aller, c’est ce qui s’est passé. Pendant six jours, je n’ai pas eu de contact radio. Là, ça nous a permis de tenir bon, de se tirer l’un et l’autre vers le haut. C’était comme une micro-compétition dans la compétition. C’est aussi la preuve que la coopération ça marche puisque je finis premier et lui deuxième de cette étape.

Cette option sud, on n’y a pas du tout cru à certains moments. En fait, la personne qui nous a fait la météo nous avait dit « si vous sortez tôt des Açores, il faut aller au sud ». Moi, vu que je ne suis pas très bon en météo, je lui ai fait confiance éperdument, comme les autres Rochelais. On s’est tapé du près, de la molle… On n’a pas avancé pendant deux jours dans la dorsale qui a été hyper dure à passer. Il y a 48 heures, quand on a entendu qu’on était dans les cinq premiers, avec Léo, on s’est dit « là, il a un truc » même si on avait du mal à y croire parce qu’on était à l’arrêt. Après, j’ai passé une nuit au portant où je n’ai pas dû descendre au-dessus de 12 nœuds. Je me suis dit que personne ne devait aller aussi vite et ça m’a motivé à ne rien lâcher. C’était une sacrée expérience ! C’était une course où il fallait vraiment aller chercher loin parce que c’était long et dur. On a quand même fait sept jours de près et en Mini 6.50, c’est horrible ! »

Uros Krasevac (Ashika II), 3ème Proto aux Sables d’Olonne.

Uros Krasevac (Ashika II) a franchi la ligne d’arrivée de la 2ème étape de la Les Sables Les Açores Les Sables en 3ème position chez les protos ce dimanche à 13h23’45 » (heure française). Le skipper de Ashika II a mis 9 jours, 19 heures 23 minutes 45 secondes pour boucler cette 2ème étape. Son temps de course cumulé est de 20 jours 16 heures 09 minutes et 19 secondes à 2 jours 11 heures du premier Pierre Leroy.

Uros Krasevac (759 – Ashika II) : « C’est une sorte de petite revanche pour moi après ma mésaventure lors de l’arrivée de la première étape (alors qu’il était en passe de couper la ligne en 3e position, il s’est fait embarquer par le courant avant de finir 4e, ndlr) mais j’avoue que je n’y ai pas pensé pendant la manche. Je me suis concentré sur ma course, sans me préoccuper des autres, avec l’idée de faire la plus belle trace possible. De toutes façons, très vite, la flotte s’est éparpillée et on ne s’est plus vus les uns et les autres. Pour ma part, j’ai pris l’option nord et je savais que les classements intermédiaires ne voulaient pas dire grand-chose. Je n’avais aucune idée de ce qui se passait réellement mais j’ai rapidement compris que mon choix n’était pas trop mauvais. Avant le départ, le météorologue avec lequel je travaille m’avait dit de partir au nord et j’ai suivi ce plan, c’est finalement aussi simple que ça. C’était la bonne option et ça aurait pu payer encore davantage mais j’ai eu quelques problèmes sur le bateau. Depuis vendredi de la semaine dernière, je n’avais plus de données concernant le vent, je ne savais pas si j’étais rapide ou non… J’ai navigué au feeling et ça m’a plutôt bien réussi. J’ai appris que j’était troisième hier matin mais lors du dernier long bord de portant, j’ignorais si j’allais vite ou non par rapport aux autres. Ça a été une vraie satisfaction lorsque j’ai passé la ligne d’arrivée et que l’on m’a annoncé que j’étais troisième de l’étape mais aussi de l’épreuve. C’est génial parce que je n’avais jamais régaté sur une course au format off-shore comme celle-ci auparavant. C’est une super performance et je suis content de terminer ma première saison sur le circuit des Mini 6.50 de cette manière ». 

Jacques Delcroix (Actual), 2ème Proto aux Sables d’Olonne

Jacques Delcroix (Actual) a franchi la ligne d’arrivée de la 2ème étape de la Les Sables Les Açores Les Sables en 2ème position chez les protos ce dimanche à 10h28’08 » (heure française). ⏱Le skipper de Actual a mis 9 jours, 16 heures 28 minutes 08 secondes pour boucler cette 2ème étape. Il termine à 3h 04’38 » du premier Pierre Le Roy. Son temps de course cumulé est de 19 jours 4 heures 39 minutes et 43 secondes avant jury.

« J’ai choisi la route nord sans vraiment hésiter. Je ne voulais vraiment pas faire de près. Ça ne m’intéressait pas trop. Le portant, c’est quand même plus confortable. Les routages disaient que ça passait pas mal au nord. J’ai fait ça. Il y avait l’incertitude de comment est-ce qu’on allait réussir à passer la dorsale. Tout le monde l’a eue a priori, si j’ai un peu compris l’évolution des positions. Chacun a eu sa journée au ralenti. Après, en étant dans ma position, je comptais sur un bon flux de nord-est pour pouvoir redescendre jusqu’aux Sables mais il n’a pas été si présent que ça. Au final, je m’en sors quand même super bien mais c’était dur. Les dernières 24 heures ont vraiment été difficiles. Je savais que Pierre (Le Roy) était plus au sud mais je ne savais pas de combien. Je pensais qu’il avait pris une route intermédiaire, je ne pensais pas qu’il était si bas par rapport à moi. La vacation de 15 heures, elle est horrible. Ça fait cogiter, stresser pour le classement, pour la météo… Après, pendant deux heures, il est impossible de dormir parce que ça travaille, ça travaille… Le fait de jouer aux avant-postes, ça met une pression de ouf. C’est bon mais c’est super dur. Se faire rattraper, se faire doubler… c’est dur. J’ai eu un beau craquage, il y a trois jours, quand j’ai eu 70 milles d’avance. A ce moment-là, la pression est retombée d’un coup. Lors des dernières heures, j’ai attaqué comme un idiot parce que 20 milles d’écart, ce n’était pas grand-chose. J’ai fait un trou dans mon spi, je l’ai réparé au grey tape pour finalement le renvoyer et le voir éclater. Aujourd’hui, je sais que je peux aller chercher la victoire. J’ai pourtant toujours du mal à me faire à cette idée. Je suis toujours sceptique et je doute toujours de moi. Je ne suis jamais confiant et ça n’a d’ailleurs pas été facile à gérer lors de cette course dans la mesure où il a fallu faire des choix très tranchés. Au final, je suis très frustré de finir seulement trois heures derrière Pierre mais je suis trop content de cette place et de cette course. Terminer deux fois deuxième et signer un podium, c’est trop bien ! »

Pierre Le Roy, premier Proto de la 2ème étape : « Ça clôt de la plus belle des manières mon histoire en Mini 6.50 ! »

Vainqueur de la première étape avec une avance considérable de 20 heures et 27 minutes sur son poursuivant le plus proche le 28 juillet dernier, Pierre Le Roy (1019 – TeamWork) a enfoncé le clou, ce dimanche 14 août, à 7h23, en remportant la manche retour de la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables. Le Lillois, qui a fait le pari d’une route sud, a accepté de manger son pain noir à la mi-parcours, laissant l’avantage au pointage à certains partisans de la route nord, avant de reprendre l’avantage lors des dernières 24 heures de course et de s’imposer avec une vingtaine de milles d’avance, réalisant alors un remarquable sans-faute. Un doublé que seuls Aymeric Chappellier et Ian Lipinski avaient réussi jusqu’alors. Interview à chaud.

Vous réalisez le doublé sur la course. On vous imagine très content ?
« Avant de partir sur cette deuxième étape, je m’étais dit que quoi qu’il arrive, c’était le général qui comptait mais en fait je suis trop content de l’avoir claquée, celle-là ! D’une part, parce qu’elle était dure et, d’autre part, parce que pense que je n’ai pas fait une trajectoire géniale lors des trois premiers jours. Il y a eu du match constamment et le fait de revenir comme ça à la fin, ça a rendu la course vraiment trop géniale. C’était vraiment trop bien ! »

C’est une étape où des choix très tranchés ont été faits. Ça n’a pas dû être toujours facile à assumer ?
« C’est vrai. Avec les pointages, je savais à peu près où était qui. Avec ma position, plutôt au sud, je savais que j’allais ramasser à un certain moment de la course avec l’orientation du vent. En fait, tout s’est joué avec la dernière rotation de vent et des petites dépressions orageuses. Dès lors, pour moi c’était bingo ! J’ai fini plein pot avec le bon angle et c’était top ! »

Il y a-t-il eu des moments de doute ?
« Oui, forcément. J’ai douté parce que très vite, j’ai su que je n’allais pas être bien au pointage pendant trois-quatre jours. Il y a aussi eu des questionnements en lien avec mon problème de quille. Quand j’ai vu que j’allais me taper 20-25 nœuds au près avec 2,5 mètres de houle alors qu’elle bougeait, j’ai hésité à y aller. J’ai regardé où j’étais sur la carte. La terre la plus proche était les Açores et j’en venais. Du coup, je me suis dit « ok, j’y vais et on verra bien ». Ça l’a fait. A l’arrivée, le bateau est nickel. Il y a encore un peu de jeu mais ça va. »

Malgré ce problème d’appendice, on a le sentiment que vous avez navigué pied au plancher en permanence…
« C’est le cas. A partir du moment où j’ai pris la décision d’y aller et de jouer, je n’ai pas retenu le truc. Je n’ai toutefois pas trop pu dormir quand la quille bougeait trop au près. Pareil lors de la dernière nuit, dans du vent un peu plus soutenu, au portant. J’étais un peu trop tendu pour aller faire une sieste. Je comptais profiter et savourer au max de ma dernière course sur ce bateau, mais ça ne s’est donc pas déroulé exactement comme je le voulais ! Cela étant dit, le passage de ligne a été d’autant plus été génial ! »

Le fait d’avoir plus de 20 heures d’avance au classement à l’issue de la première étape a-t-il eu une incidence sur votre manière de naviguer lors de ce second round ?
« J’étais parti dans l’idée de gérer un peu mais une fois dedans, j’ai régaté poignée dans le coin, comme toujours. A aucun moment, je n’ai molli. J’ai réglé le bateau pour que ça aille à la bonne vitesse tout le temps. En somme, je n’ai pas géré, j’y suis allé ! »

Vous aviez 70 milles de retard il y a encore 48 heures sur le premier. Cela a dû bien vous booster pour finir ?
« Quand j’ai reçu le dernier classement, il y avait entre 30 et 40 milles d’écart avec Jacques (Delcroix). Il était devant mais je me doutais qu’il avait un angle de progression pas terrible pour rallier Les Sables, contrairement à moi. Quand le bateau a commencé à accélérer et à planer, j’ai pensé que ça le faisait, que je pouvais aller chercher la première place, surtout que le vent était un tout petit peu plus fort que prévu. »

C’était une étape longue puisqu’elle a duré plus de neuf jours, presque le double d’il y a quatre ans pour vous !
« J’avais pris neuf jours de nourriture, j’avais bien calculé mon coup ! Comme le colis de plats lyophilisés que nous avions commandé collectivement n’est jamais arrivé aux Açores, j’avais à bord du beurre de cacahuète, des boîtes de conserve… En clair, j’ai mangé comme un ado pendant la course ! »

Depuis la création de la course en 2006, seuls Aymeric Chappellier en 2012 et Ian Lipinski en 2016 avaient réussi à remporter les deux étapes. Preuve de la difficulté de cette SAS…
« Cette Les Sables – Les Açores – Les Sables est une course vraiment dure parce que les bateaux ramassent. On affronte des conditions météo qui sont dures. Plus dures que sur la Mini Transat, avec souvent beaucoup de près. C’est une épreuve délicate dans la gestion du bateau notamment. Je suis hyper content de la remporter après avoir gagné les deux manches. Ça clôt deux années de la plus belle des manières. C’est trop bien. Ce bateau-là, c’est une super histoire. Le projet a été lancé dans des conditions compliquées au moment du Covid. Un moment où je pensais que j’allais perdre mes sponsors. Finalement, ça s’est fait mais dans un timing hyper serré pour finalement gagner la Mini Transat. J’avais décidé de refaire une année de plus sur le circuit, avec comme objectif le doublé sur la SAS et dans un coin de la tête le record des 24 heures. Tout s’est bien goupillé. C’est juste trop bien ! C’est incroyable ! Je suis trop content d’avoir fait ces quatre années en Mini, en Série d’abord, en Proto sur ce bateau qui est magique ensuite ! C’est simplement parfait ! »

Quelle est la suite pour vous ?
« Je vais retourner à ce que je faisais avant le départ de la course, c’est-à-dire tenter de trouver des sponsors pour essayer de faire du bateau un peu plus gros. Je pense que vous l’avez remarqué, j’aime faire de la course au large ! J’aime beaucoup, beaucoup, beaucoup ça. Je veux absolument continuer à en faire, d’une manière ou d’une autre. Il faut que j’arrive à convaincre des gens pour raconter une histoire avec moi. Pour faire la Route du Rhum et la Transat Jacques Vabre ensemble. »

Pierre Le Roy (Teamwork), 1er proto de la 2ème étape

Pierre Le Roy (Teamwork) a franchi la ligne d’arrivée de la 2ème étape de la Les Sables Les Açores Les Sables en 1ere position chez les protos ce dimanche à 7h23’30 » (heure française). . Le skipper de Teamwork a mis 9 jours, 13 heures 23 minutes 30 secondes pour boucler cette 2ème étape. Son temps de course cumulé est de 18 jours 5 heures 7 minutes et 25 secondes avant jury.

Effet entonnoir

Alors que les leaders de la deuxième étape de la 9e Les Sables – Les Açores – Les Sables sont désormais passés sous la barre des 200 milles restant à parcourir, le dénouement demeure toujours aussi incertain. Qui de Pierre Le Roy (1019 – TeamWork) ou de Jacques Delcroix (753 – Actual) va finalement s’imposer dans ce second round ? La réponse est attendue demain entre 8 heures et 10 heures.

Selon les derniers routages, le premier pourrait devancer le deuxième d’une grosse heure mais un écart si faible convient évidemment d’être pris avec des pincettes d’autant que la météo pourrait jouer les trouble-fêtes en deuxième partie de nuit prochaine, avec un vent qui est prévu de mollir autour de 5-6 nœuds aux abords des côtes vendéennes. « On ne sait pas trop comment ça se terminer. De plus, il ne faut pas oublier que sur l’eau, les Ministes n’ont que très peu d’infos », rappelle Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve. S’il parait un peu audacieux de parier sur l’un plutôt que sur l’autre, ce qui est certain, en revanche, c’est qu’hormis une avarie, on voit mal aujourd’hui ce qui pourrait priver le météorologue lillois de la première place au classement général. Crédité d’une avance de 20 heures et 27 minutes sur son poursuivant le plus proche à l’issue de la première étape, le skipper de TeamWork fonce en effet tout droit vers la victoire et s’il parvenait à remporter cet acte 2, il deviendrait alors le troisième concurrent en Proto à réaliser le sans-faute sur cette Les Sables – Les Açores – Les Sables après Aymeric Chappellier en 2012, puis Ian Lipinski en 2016. Quid de la troisième place ? Elle devrait se jouer entre Arnaud Rambaud (850 – Permis de Construire – ACIEO) et Uros Krasevac (759 – Ashika II) mais au général, tout dépendra de l’arrivée d’Anne-Gaël Gourdin (679 – Roll my chicken) qui reste en embuscade.

Chez les Série, le jeu est en passe d’être complètement relancé. Les trois leaders après la manche aller, Jean Marre (991 – Sport dans la Ville – Time for the Planet), Julie Simon (963 – Dynamips) et Ulysse David (1025 – L’aventure d’Ulysse), sont tous relégués au-delà de la 18e place avec un retard supérieur à 70 milles sur le premier. Dans ce contexte, ceux qui pourraient réaliser une bonne opération au général sont Alessandro Torresani (1012 – Porco Rosso), Frédéric Bach (895 – Team Pokou) ou encore Léo Borthorel (987 – Les Optiministes – Secours Populaire). Pour eux, le verdict n’est pas attendu avant demain en fin de journée pour ce qui concerne l’étape et dans la nuit suivante pour ce qui concerne le classement final. Avantage au nord ou sud ? Comme chez les Proto, le suspense reste entier. Le jeu est, de fait, extrêmement serré alors que toutes les routes convergent vers Les Sables d’Olonne sous un effet d’entonnoir. Si les plus haut en latitude vont encore devoir négocier quelques zones un peu molles d’ici à l’arrivée, leurs rivaux plus au sud vont, eux, avoir une petite transition à gérer au nord de l’Espagne, histoire d’ajouter encore un peu de piment. Les derniers milles, en revanche, s’annoncent plus clairs, en tous les cas pour le gros du peloton, avec un flux relativement soutenu qui va osciller entre l’ouest et le sud-ouest ou l’ouest et le nord-ouest et qui aura pour effet de resserrer les écarts au sein de la flotte. De quoi promettre des arrivées en rafales à Port Olona entre dimanche soir et mardi matin !

Un coup aux uns, un coup aux autres

Comme attendu, depuis hier, les nordistes profitent de conditions plus favorables que leurs adversaires au centre et au sud. Propulsés par un flux de secteur nord-est soufflant à une douzaine de nœuds, ils cavalent à 7 nœuds de moyenne, soit entre un et trois nœuds plus vite que leurs rivaux. Si le gap peut sembler assez faible, il leur permet cependant de grappiller de précieux milles sur la route et même de reprendre le leadership au pointage, dans une catégorie comme dans l’autre.

Pour preuve, Jacques Delcroix (753 – Actual) et Uros Krasevac (759 – Ashika II) occupent les deux premières places chez les Proto tandis qu’Alessandro Torresani (1012 – Porco Roso) s’est lui, emparé des commandes chez les bateaux de Série. Reste que si ces derniers sont en train de manger leur pain blanc, ils le savent : la tendance va s’inverser à partir de la nuit prochaine ou de demain matin. Et pour cause, ils vont alors devoir négocier une phase de transition. Dès lors, ils vont nettement ralentir alors dans le même temps, les sudistes, qui peinent actuellement à s’extirper d’une zone de calmes, vont retrouver des couleurs, avec un flux de secteur ouest d’une dizaine de nœuds. En résumé, ce que les uns sont en train de gagner, les autres vont le reprendre ensuite. Dans ce contexte, les derniers milles s’annoncent sous haute tension pour les solitaires. C’est d’autant plus vrai que les modèles météo ne sont, pour le moment, pas encore bien calés, ainsi que le confirme Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve. « Le suspense reste entier. Les routages donnent des écarts très faibles entre les différentes routes. Tout dépendra en fait de la direction du vent sur la fin de course. La donne sera forcément différente si le vent s’établit à l’ouest nord-ouest ou au sud-ouest ». Difficile, on l’a compris, de faire des pronostics de résultats. Idem pour ce qui concerne les ETA (estimations d’heures d’arrivée). A la mi-journée, ce vendredi, il reste aux premiers encore 300 milles à parcourir pour rallier la Vendée et pour corser le tout, le vent devrait tamponner à la côte dans la nuit de samedi à dimanche. « Aujourd’hui, il semble vraisemblable de ne pas attendre les premiers sur la ligne avant dimanche dans la matinée », termine le spécialiste.

Chez les Proto, le jeu reste ouvert, chez les Série, les sudistes prennent l’avantage

La fin de la deuxième manche de cette 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables est décidément pleine de suspense ! Malgré les 450 milles qui séparent les concurrents les plus extrêmes au sud et au nord, le jeu reste encore très ouvert en ce septième jour de course. Au pointage, ce jeudi, Pierre Le Roy (1019 – TeamWork), le vainqueur de la première étape avec plus de 20 heures d’avance sur son dauphin, a repris les commandes de la flotte mais, 190 milles dans son nord, Jacques Delcroix (753 – Actual) demeure, pour l’heure, plus rapide en VMG. Alors à qui la victoire d’étape ce week-end ?

En réalité, pas si simple de se prononcer. De fait, même si l’on connait l’aisance en vitesse du météorologue lillois et sa capacité à jouer les bons coups, l’ingénieur du Team Actual d’Yves Le Blévec est, lui aussi, plein de talent, ainsi qu’il l’a déjà prouvé cette saison en remportant la Pornichet Select avec son « pointu ». L’un et l’autre ne lâcheront rien, c’est certain, d’autant qu’une sérieuse menace nommée Arnaud Rambaud (850 – Permis de Construire – ACIEO) pointe son nez au sud. Tout comme l’ensemble de leurs concurrents, il leur faudra donc exploiter au mieux les conditions auxquelles ils vont être confrontés d’ici à l’arrivée et la tâche s’annonce relativement complexe, ainsi que l’explique Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve : « Ceux qui, au nord, ont passé l’axe de l’anticyclone, vont bénéficier de 24 heures avec de bonnes conditions et vont accélérer petit à petit au fil de la journée. Dans le même temps, ceux qui se trouvent au sud, vont devoir tirer des bords, ce qui n’est pas idéal. La tendance va toutefois s’inverser à partir de demain soir. Pour les premiers, la situation sera moins claire avec notamment une zone de molles à traverser au large de la pointe Bretagne. Les seconds seront, eux, les premiers à récupérer du vent portant et termineront la course avec des conditions bien plus favorables ». Ce qu’il faut comprendre, c’est donc qu’à court terme, l’avantage va être aux uns mais qu’à moyen terme, il va changer de camp. Nuance cependant : la donne n’est clairement pas la même pour les Proto et pour les Série. Dans cette dernière catégorie, le match est à présent nettement en faveur des sudistes. La petite bande composée de Luca Rosetti (998 – Race=Care), Damien Fleury (947 – Utupik), Léo Bothorel (987 – Les Optiministes – Secours Populaire 17) mais aussi Benoît Le Guennec (892 – Kalon) et Julie Simon (963 – Dynamips) qui pourrait faire un gros coup au classement général, semblent les mieux positionnés aujourd’hui, en particulier par rapport aux nordistes qui sont, pour la majorité, montés trop haut en latitude et qui ne parviennent plus à redescendre. « Les plus extrêmes sont positionnés par 51°24 Nord, ce qui est plus nord que la latitude du Fastnet (51°20 Nord). Ils sont actuellement hors zone pour la météo diffusée chaque jour par BLU alors même que nous avons élargi le champ compte-tenu du scénario de l’étape », explique Denis Hugues, le Directeur de course dont les routages voient les premières arrivées aux Sables d’Olonne entre 3 heures et 10 heures, ce dimanche 14 août.

Des options tranchées mais des arrivées serrées ?

Ce mercredi, alors que les 70 Ministes toujours en lice dans la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables s’apprêtent à boucler leur sixième jour de mer dans cette deuxième étape, ils s’étalent sur près de 450 milles en latéral, entre la latitude du Fastnet, en Irlande, et celle du cap Finisterre, en Espagne. Ce grand écart génère logiquement des différences significatives sur le plan météo entre les uns et les autres. Ainsi, au nord, les solitaires recroisent actuellement dans la dorsale anticyclonique.

Ainsi, au nord, les solitaires recroisent actuellement dans la dorsale anticyclonique. C’est donc au ralenti qu’ils progressent en ce moment, Uros Krasevac (759 – Ashika II) et Jacques Delcroix (753 – Actual), les deux leaders au pointage, peinant à dépasser les 2,5 nœuds de moyenne, et d’autres étant même carrément à l’arrêt. « Les deux premiers devraient retrouver du vent dans la soirée ou en début de nuit prochaine », assure Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve. Dès, lors, propulsés par un flux de secteur nord-est, ils profiteront d’un angle intéressant de descente vers la Vendée. Bien meilleur, en tous les cas que le reste de leurs adversaires situés au centre et au sud, au moins jusqu’à dans la nuit de vendredi à samedi. Cela suffira-t-il pour faire la différence à l’arrivée ? Difficile à dire. Les routages donnent tantôt l’avantage aux uns, tantôt aux autres. En clair, à ce stade, le jeu reste complètement ouvert malgré des régimes attendus pratiquement opposés. De fait, les premiers vont finir au près ou au reaching et les autres au portant. Ces derniers vont toutefois, auparavant – entre jeudi soir et vendredi matin – devoir négocier une phase de transition et donc composer avec de la molle. « Il devraient garder entre 4 et 5 nœuds de vent mais l’état de la mer ne facilitera pas leurs progressions. Les nordistes, pourraient, eux aussi, avoir quelques heures délicates dans la mesure où cette zone a tendance à remonter. Ils vont devoir bien comprendre ce qu’il se passe et rester près des côtes pour conserver de la pression », détaille Christian Dumard. Bref, on l’a compris, il va encore se passer bien des choses d’ici à l’arrivée. Une arrivée qui risque d’être serrée malgré des options très tranchées. Les ETA ? Dans la soirée de samedi ou dans la nuit suivante. A retenir par ailleurs : en fin de matinée, Hubert Maréchal a percuté un OFNI (objet flottant non-identifié). Le skipper de Osons ici et Maintenant est en relation avec la Direction de course. Il a notamment signalé que sa dérive tribord était endommagée. L’un des bateaux accompagnateurs de l’épreuve se déroute pour aller à sa rencontre et devrait être à ses côtés d’ici une dizaine d’heures.

Hubert Maréchal percute un OFNI

Ce mercredi en fin de matinée, Hubert Maréchal a percuté un OFNI (objet flottant non-identifié). Le skipper de Osons ici et Maintenant, qui évolue en 11e position chez les Proto sur une route intermédiaire, est en relation avec la Direction de course. Il a notamment signalé que sa dérive tribord était endommagée. L’un des bateaux accompagnateurs de l’épreuve se déroute pour aller à sa rencontre et devrait être sur zone d’ici une dizaine d’heures. 

Les nordistes ont l’avantage mais les sudistes n’ont pas dit leur dernier mot

Comme attendu, ces dernières 24 heures, les nordistes ont pris le commandement de la flotte de cette 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables. Chez les Proto, Jacques Delcroix (753 – Actual) et Uros Krasevac (Ashika II) comptent aujourd’hui plus de 50 milles d’avance sur leurs concurrents tandis que chez les Série Arthur Petrucci (973 – H2C), Bruno Lemunier (893 – Kalisto) et Hugo Mahieu (1002 – Emb-I-Pack) mènent la danse avec un bonus de 8 milles sur le reste du peloton.

Ce mardi, ils restent clairement les plus rapides de la flotte, propulsés par un flux de secteur sud-ouest soufflant entre 10 et 12 nœuds, et tous ou presque ont maintenant incurvé leurs trajectoires vers l’est ou le sud. Et pour cause, la plupart évoluent à la latitude de la Bretagne quand les plus extrême sont même montés à celle des Cornouailles Anglaises. Ils doivent donc, à présent, redescendre en direction de la Vendée. Petite difficulté cependant : ils ne vont avoir d’autres choix, entre aujourd’hui et demain, que de recroiser dans la dorsale anticyclonique. En principe, cette « traversée » devrait se faire sans trop de difficultés, mais en principe seulement. Ils vont, en effet, forcément ralentir nettement le rythme à un moment. Pour quelle durée et dans quelle mesure ? Telles sont les questions. S’ils parviennent à ne pas trop s’arrêter – tel est le risque -, il y a fort à parier qu’ils ressortent très bien placés pour la suite. Reste que dans le contexte actuel, les sudistes n’ont assurément pas dit leur dernier mot, bien au contraire. En tous les cas, pour les plus extrêmes d’entres eux, c’est-à-dire Arnaud Rambaud (850 – Permis de Construire – ACIEO), Nicolas Coudrais (900 – Lalou Multi) et Anne-Gaël Gourdin (679 – Roll my Chicken) chez les Proto puis Damien Fleury (974 – Utopik), Léo Bothorel (987 – Les Optiministes – Secours Populaire 17), Benoît Le Guennec (892 – Kalon), Julien Simon -963 – Dynamips), Luca Rosetti (998 – Race=Care), Alexis Rochet 962 – Saint Virgile) ou encore l’Américain Peter Jr Gibbons – Neff (837 – Terminal Leave) chez les Série. Pour eux, la route vers Les Sables d’Olonne est laborieuse, au près, et elle va même être franchement copieuse demain, avec 25-30 nœuds de vent annoncés sur une mer chaotique, mais elle pourrait s’avérer payante. Bien plus, en tous les cas que celle des « centristes » dont font partie Pierre Le Roy (1019 – TeamWork) et Jean Marre (991 – Sport dans ma Ville – Time for the Planet), les vainqueurs de la première étape dans leurs catégories respectives. Pour eux, la situation est actuellement compliquée. D’une part, parce qu’ils bénéficient de moins de pression que tous les autres et, d’autre part, parce qu’ils ont le vent dans le nez et doivent, en prime, tirer des bords. Bien sûr, rien n’est encore joué à ce stade, d’autant que la météo s’annonce assez incertaine sur une des zones de la course pour les journées de jeudi puis de vendredi, la faute à une petite dépression qui se balade le long de l’Espagne. A la clé, des phases de molles. A date, les premières arrivées ne sont pas prévues avant dimanche à Port Olona.

Les nordistes bientôt aux commandes

Ce lundi matin, si l’avantage au pointage est encore donné à Pierre Le Roy (1019 – TeamWork), le vainqueur de la première étape, la tendance devrait s’inverser dans l’après-midi. Jacques Delcroix (753 – Actual) et Uros Krasevac (759 – Ashika II), qui effectuent un retour en force depuis hier après avoir misé sur la route nord, sont en effet en train de récolter les fruits de leur option. Propulsés par un flux de sud sud-ouest soufflant entre 12 et 15 nœuds, ils cavalent à près de 10 nœuds de moyenne quand leur adversaire peine à avancer.

Pour preuve, ces dernières 24 heures, ils ont avalé près de 200 milles quand Pierre et les autres ont seulement parcouru entre 85 et 100 milles. « Ceux du nord vont quand même ralentir un peu eux aussi, demain ou après-demain, lorsqu’ils vont recroiser dans la dorsale anticyclonique, mais rien de très méchant », assure Christian Dumard, le consultant météo de cette Les Sables – Les Açores – Les Sables, qui confirme que l’option nord pourrait bien être le pari gagnant de cette deuxième étape.  Et pour cause, les autres – ceux du centre, qui ne vont maintenant plus avoir d’autre issue que d’aller dans l’est, et les sudistes – vont connaitre trois-quatre jours très inconfortables, au près, notamment lors de la journée de mercredi. « Ils vont se faire secouer un peu, avec jusqu’à 30 nœuds de vent et trois mètres de houle », détaille le spécialiste. En clair, ça va taper et taper fort, ce qui ne sera agréable ni pour les bateaux, ni pour les organismes. Le scénario est strictement identique pour les bateaux de Série où les partisans du nord se sont même, d’ores et déjà, emparé du commandement. Hugues de Premare (1033 – Technip Energies – International), Ulysse David (1025 – L’aventure d’Ulysse) pointent, en effet, actuellement en tête de flotte. La question, les concernant, est toutefois de savoir s’ils ont suffisamment poussé leur option ou si Arthur Petrucci (973 – H2C), Yaël Poupou (1051 – Bihannic – Groupe ASTEN), Hugo Matthieu (1002 – Emb-I-Pack) et Lilian Mercier (1005 – Leucémie Espoir Atlantique Famille), qui continuent de crapahuter vers le nord, vont réussir à leur souffler le leadership. La réponse est attendue à court terme. En attendant, les ETA (estimations d’heures d’arrivées), elles, continuent de se repousser. Les premiers sont, en effet, à présent attendus dans le week-end aux Sables. Samedi ou dimanche ? Pas simple de se prononcer précisément à date.

Tous azimuts !

« On risque d’abord de tous monter vers le nord et de partir ensuite un peu tous azimuts », avait annoncé Julie Simon (963 – Dynamips) avant le départ de cette deuxième étape de la Les Sables – Les Açores – Les Sables. Clairement, on y est ! Depuis hier, la flotte s’est bien éclatée et elle s’étale, ce dimanche, sur plus de 200 milles en latéral, tout en s’étirant sur 125 milles de long. Si certains ont clairement opté pour une route est et d’autres pour une route nord, plusieurs concurrents semblent encore hésiter et s’alignent sur des trajectoires intermédiaires.

Parmi eux, tout un groupe de gros bras en bateaux de série, composé de Jean Marre (991 – Sport dans ma Ville – Time for the Planet), Djemila Tassin (992 – Antistene), Adrien Simon (1038 – Faun) et Félix Oberlé (1028 – Mingulay), mais aussi Pierre Le Roy (1019 – TeamWork), l’actuel leader au classement provisoire chez les Proto. Pour l’heure, ces derniers restent rapides et jouent au mieux avec les constantes variations du vent, tant en force qu’en direction, mais ils devraient être un peu ralentis dans les heures qui viennent, à l’approche du centre de la dorsale qui leur barre la route, tout comme à leurs adersaires. Des adversaires qui, pour certains, ont choisi de tenter les extrêmes, à l’image de Jacques Delcroix (753 – Actual) et plus encore Uros Krasevac (759 – Ashika II). Le Slovène qui, pour mémoire, s’est fait souffler la troisième place à quelques encablures de la ligne d’arrivée lors de la première étape à cause des courants, se démarque en étant, avec Damien Job (819 – Surgoi Cherche Partenaires), le concurrent engagé dans l’ouest. Si, dans l’immédiat, cette position, très écartée de l’orthodromie, le projette en dernière position dans sa catégorie, elle pourrait toutefois lui permettre de réaliser un joli coup d’ici à l’arrivée. Lui et les partisans de la même option vont, en effet, bientôt commencer à lofer tout en restant rapides quand les autres, plus à l’est, vont petit à petit ralentir à l’approche de l’axe anticyclonique et évoluer au près. Que penser de la situation de ceux qui sont entre les deux ?  « Difficile à dire. Ce qui est certain, c’est que tous ne sont pas logés à la même enseigne. Pierre Le Roy peut, lui, se permettre de perdre un peu de temps dans la mesure où il a l’avance et la vitesse », assure Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve. De fait, avec 20 heures et 27 minutes de marge sur son poursuivant le plus proche au classement provisoire, le Lillois peut chercher à minimiser les risques en restant sur une trajectoire intermédiaire par rapport à ses rivaux. « A ce stade, il a encore le choix de passer au nord ou au sud de la dorsale. Une dorsale qui va rester très nord et que ceux qui ont choisi de la contourner par l’ouest vont devoir recouper à un moment puisque le front que l’on attendait n’arrivera finalement pas jusqu’à eux. La bonne nouvelle cependant, c’est qu’elle ne sera pas si marquée que ça et que la traverser ne posera, en principe, pas trop de problème », précise le spécialiste.

A noter par ailleurs : Laure Galley (1048 – DMG Mory Sports Academy 2) a signalé à l’un des bateaux accompagnateurs qu’elle était confrontée à un problème de D3 et qu’elle envisageait de monter dans son mât dans la journée. De leurs côtés, Yannick Deschand (1040 – Voiles sans Frontières), Yaël Poupon (1051 – Bihannic – Groupe Asten) et Anne-Gaël Gourdin (679 – Roll my chicken) ont indiqué connaitre des soucis de pilote automatique tandis que Justin Baradat (Da Gousket) est lui, contrarié par des défaillances de sa VHF et son AIS.

Tous au nord ?

Ce samedi, bien qu’elle s’étale désormais sur plus de 100 milles en latéral, la flotte de la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables continue de progresser globalement vers le nord. Les 70 concurrents toujours en lice persistent, en effet, à s’écarter de la route directe, même si certains se montrent plus modérés ou plus indécis que d’autres. Reste que pour les uns comme pour les autres, le moment de trancher est venu, ainsi que l’explique Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve : « Aujourd’hui, tous vont devoir décider de passer soit au nord, soit au sud de l’anticyclone. Pour ceux qui sont le plus à l’ouest, le choix est déjà fait. Ceux les plus à l’est, qui ont bien abattu ces dernières heures, les deux options sont encore possibles ».

De fait, si une large majorité du peloton a clairement déjà opté pour passer au nord, certains à l’image de Léo Bothorel (787 – Les Optiministes – Secours Populaire 17), Luca Rosetti (998 – Race=Care), Damien Fleury (947 – Utopik), Benoît Le Guennec (892 – Kalon), Alexis Rochet (962 – Saint Virgile), Peter Je Gibbons-Neff (837 – Terminal Leave) chez les Série, mais aussi Arnaud Rambaud (850 – Permis de Construire – ACIEO) chez les Proto pourraient encore opter pour la route sud, synonyme de près pendant plusieurs jours. Pour autant, rien n’est moins sûr car la fameuse dorsale qui leur barre la route semble descendre ou, à tout le moins, ne pas monter plus nord que ce qu’elle est actuellement. Une chose est sûre donc : d’ici à demain, les choses seront nettement plus claires mais en attendant, il y a fort à parier que les solitaires continuent de se gratter méchamment la tête d’autant que le vent, sur leur zone de course, est très instable, à la fois en force et en direction. Quid du classement ? Après un début de course en demi-teinte, Pierre Le Roy (1019 – TeamWork) a passé la surmultipliée hier, effectuant ainsi un retour en force pour s’installer aux commandes avec une avance de plus de dix milles sur Nicolas Coudrais (900 – Lalou Multi) et Marie Gendron (1050 – Léa Nature). Chez les Série, l’avantage est donné à Luca Rosetti et Léo Bothorel, situés plus proches de l’orthodromie que le gros de la meute, mais Jean Marre (991 – Sport dans ma Ville – Time for the Planet), vainqueur de la première étape, a, lui aussi, effectué une belle remontée ces dernières 24 heures, et pointe en troisième position.

Est, nord ou centre ?

Partie hier en fin de journée de Horta, la flotte de la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables évolue aujourd’hui au nord de l’archipel portugais même si, comme prévu, s’extraire des îles n’a pas été une tâche si facile. En cause : de petits airs, des zones de dévents, mais aussi et surtout des grains. « Avec les passages pluvieux, le vent a été très irrégulier », confirme Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve. Dans ce contexte, certains s’en sont évidemment mieux sortis que d’autres et de premiers écarts se sont créés. Déjà plus de 16 milles séparent les leaders des retardataires, ce vendredi à la mi-journée. Pour l’heure, l’avantage au pointage est logiquement donné à ceux positionnés au plus près de la route directe, en l’occurrence Arnaud Rambaud (850 – Permis de construire – ACIEO) et Julie Simon (963 – Dynamips). Difficile, à ce stade de la course, de savoir ce que ces deux-là et ceux qui leur emboîtent le pas, à l’image de Luca Rosetti (998 – Race = Care) et Willy Muller (1029 – Tars), ont vraiment en tête en termes de choix de route. Ce qui est évident, en revanche, c’est que la grande majorité du peloton semble vouloir partir vers le nord, bien décidée à aller chercher du vent portant plutôt que de subir dix jours de près. « Les solitaires commencent doucement à rentrer dans le vent d’est. Ce dernier demeure assez irrégulier mais il est prévu de forcir dans la journée », a ajouté le spécialiste. De fait, dans la soirée, les Ministes devraient passer à la vitesse supérieure, avec entre 15 et 18 nœuds de vent. Un vent qui va en principe s’établir au sud-est dans la journée de dimanche, au nord de l’anticyclone qu’ils cherchent justement à contourner, et qui va les obliger à monter au moins jusqu’à la latitude de la Bretagne. L’enjeu pour les uns et les autres à compter de demain : doser au mieux sa trajectoire en fonction de la vitesse de son bateau mais aussi en fonction de l’évolution de la situation et notamment de celle de la fameuse dorsale qui leur barre la route. « Centré ou très nord, il faudra choisir, sachant que ce ne sera pas facile car dans cinq-six jours, le schéma météo sera complètement différent de ce qui était annoncé avant leur départ de Horta. Les plus expérimentés vont comprendre ce qu’il se passe et s’adapter, d’autres risquent de se retrouver un peu perdus », analyse Christian. Être attentif à l’énoncé des bulletins diffusés chaque jour via la BLU par la Direction de course sera donc essentiel pour les marins qui vont devoir essayer de trouver le meilleur compromis pour rallier Les Sables d’Olonne. Ce qui est certain, c’est que le jeu ne fait que commencer. En ce sens, ce qu’il convient de noter à ce stade, c’est que les leaders aux classements généraux provisoires ne sont pas forcément à la fête. Chez les Proto, Pierre Le Roy (1019 – TeamWork) et Jacques Delcroix (753 – Actual) occupent actuellement les 5e et 6e places à plus de 7 milles du leader. Chez les Série, Jean Marre (991 – Sport dans ma Ville – Time for the Plantet) est, lui, pointé en 8e position à 5,7 milles du meneur du jeu.

Le match retour est lancé !

Comme prévu, ce jeudi 4 août à 18 heures (heure de Paris), les 70 Ministes toujours en course dans la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables se sont élancés –  en tête, Pierre Le Roy (1019 – TeamWork) chez les Proto et Titouan Quiviger (1009 – Biscuit) chez les Série. Propulsés par un flux de secteur ouest sud-ouest soufflant entre 7 et 8 nœuds, ils ont ainsi entamé en douceur les 1 270 milles de la seconde étape (1 270 milles entre l’île de Faial et la Vendée). Une étape qui promet d’être très ouverte, avec des choix de routes très différents. Reste qu’avant de trancher et de s’engager sur une option ou sur une autre, les solitaires vont d’abord devoir réussir à s’extirper au mieux de l’archipel portugais. La tâche ne s’annonce pas facile dans les petits airs instables et irréguliers, avec en prime de forts courants, mais l’enjeu est de taille car ceux qui récupéreront du vent au nord des îles les premiers risquent de prendre un petit avantage pour la suite.

Si la première étape a été riche en suspense, notamment en raison de la pétole des derniers milles, celle qui vient de s’élancer promet, elle aussi, d’être propice aux rebondissements et aux surprises. En cause : une météo pour le moins incertaine, avec des choix de routes très tranchés, voire extrêmes. « La situation a évolué depuis hier. Le nord semble s’imposer. Il va toutefois falloir choisir entre une route très nord qui va considérablement rallonger la route mais se faire plutôt au portant, puis une route intermédiaire qui va se faire avec le vent dans le nez pendant dix jours, ce qui ne sera pas très agréable », note Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve. Le choix s’annonce cornélien. A tout le moins pas évident à date. « Il faudra regarder ce que font les autres et suivre avec attention les informations qui nous seront données dans les bulletins via la BLU car elles seront déterminantes. Ce qui risque de se passer, c’est que l’on parte un peu tous azimuts. Je pense que ça va être assez drôle à suivre mais pas forcément facile à vivre sur l’eau », a commenté Julie Simon (963 – Dynamips), actuellement deuxième au classement général provisoire des bateaux de série, à 30 petites minutes du premier, Jean Marre (991 – Sport dans ma Ville – Time for the Planet). « Mentalement, je pense que cette seconde étape va être vraiment dure parce qu’il va y avoir des options vraiment différentes. Aujourd’hui, elles sont toutes un peu équivalentes en termes de timings, mais pas en termes de risques. Ça ne va pas être simple de ne pas savoir où sont les autres d’autant que les écarts ne sont pas non plus hyper larges au classement après le premier acte. Je pense que je suis dans la plus mauvaise position car certains n’ont vraiment rien à perdre. Ils vont, c’est certain, tenter des trucs dans les coins, à droite et à gauche », a relaté l’actuel leader, conscient qu’effectivement quelques solitaires n’ont aujourd’hui plus rien à perdre après une première manche « ratée » et qu’ils vont forcément chercher à jouer les francs-tireurs. « Je suis à peu près sûr qu’il faut que je fasse ma course sans me préoccuper des autres », a ajouté Jean qui se verrait bien faire coup double : remporter l’épreuve et décrocher le titre de champion de France de course au Large en solitaire 2022 qui lui tend les bras. « On verra à la fin. J’ai un schéma en tête. On va voir comment ça va pouvoir se jouer et aussi comment la situation va évoluer », a terminé l’ancien rugbyman.

Des tirs tous azimuts ?

Même son de cloche ou presque de côté de Pierre Le Roy, leader chez les Proto. « Dans ce genre de situation, c’est toujours particulier parce qu’il y a toujours quelqu’un qui peut prendre une option très tranchée et prendre un avantage assez énorme », a indiqué le Lillois qui possède toutefois une avance plus que conséquente sur ses rivaux : 20 heures et des poussières sur Jacques Delcroix (753 – Actual), plus de deux jours sur le reste du peloton. « Je n’aime pas trop qu’il y ait autant d’incertitudes aussi tôt dans la course. Ce qui me rassure cependant, c’est qu’effectivement je possède un bon matelas, mais aussi le fait qu’on a tous les mêmes informations. Il n’y a pas de raison que les autres interprètent mieux les choses que moi. Je pense que ça va se décanter dans les deux-trois prochains jours. J’espère être au bon endroit à ce moment-là », a expliqué Pierre qui sait qu’il faudra réussir à être dans le bon paquet à la sortie de l’archipel mais aussi assumer ses choix ensuite. « Ce sera important de ne pas prendre de gros retard au début. Ça m’est arrivé lors de l’édition 2018. J’avais pris six milles dans la vue dans les premières 24 heures de course après être tombé dans un dévent », a rappelé le skipper de TeamWork, vainqueur en titre de la Mini Transat. « Le premier dossier sera en effet de réussir à s’extraire des îles. On ne sait pas du tout ce qui va se passer avec cette petite dépression locale. Ça va être vraiment chaud avec les courants et les effets de site. On a déjà bien testé le truc à la première étape. Ça va être costaud », a promis Jean Marre qui devrait en principe, comme ses rivaux, être sorti d’affaire, au nord de Graciosa, en deuxième partie de nuit prochaine.

Ils ont dit :

Adrien Simon (1038 – Faun) : « On a tous bien profité de cette escale aux Açores. En ce qui me concerne, le bateau était plutôt en bon état à l’arrivée de la première étape, ça m’a donc permis de bien couper et de visiter l’île avec tout le monde, de faire un peu de plongée, de découvrir les joies locales. C’était plutôt reposant. Avant-hier soir, j’ai commencé à regarder la météo et depuis hier matin, on est vraiment focalisé sur cette deuxième manche. Ça bouge pas mal. Il y a du près sur certains routages, du travers sur l’autres. C’est à la fois proche et encore assez loin. Il n’y a pas encore de décisions prises. Les derniers briefings météo vont permettre d’affiner un peu. On va essayer de faire au mieux. Le but, ça va être de grappiller des places pour se rapprocher du podium. Je ne suis pas très loin. Je reste complètement dans le match pour le Top 3 et je vais essayer d’aller le chercher. Il va y avoir de quoi attaquer et faire des bons coups. Il y a tellement de routes possibles qu’on peut vraiment considérer que rien n’est encore joué. Je pense que même la première place est encore ouverte. »

Aglaé Ribon (626 – Bindo) : « La première étape était super. L’arrivée dans les îles était magnifique et l’escale tout autant. On a pu en profiter et c’était génial. Les organisateurs sont super sympas, le groupe des skippers est hyper soudé. On s’est vraiment éclaté. On serait bien resté un ou deux jours de plus mais le retour va aussi être une belle bataille donc on est contents de repartir aussi. On se demande à quelle sauce on va être mangés mais ça va être super intéressant parce qu’a priori, il va y avoir de grosses options à jouer en dehors de la route directe. En termes de prise de décision, ça va vraiment être chouette. Après mon résultat sur la première étape, ça me donne encore plus envie de faire marcher mon bateau à fond. Je sais maintenant qu’il y a toujours moyen de revenir au score dans certaines conditions de vent, même avec un vieux Mini. Je vais essayer de profiter des conditions du bateau au maximum et quand ce sera moins le cas, essayer de le faire marcher tant que je peux. Je crois vraiment que l’on peut faire quelque-chose avec ces montures ancienne génération et on est quand même quelques-uns à se tirer la bourre avec des pointus. Sur la première étape, je n’aurais jamais imaginé faire un tel résultat. La course, c’est toutefois le cumul des deux étapes. Il va ne rien falloir lâcher ! »

Djemila Tassin (992 -Antistene) : « En quatre jours d’escale, on a l’impression qu’une demi-vie est passée car on a vécu plein de trucs en peu de temps ! Le groupe est aujourd’hui vraiment bien soudé et c’est cool parce qu’on a enfin mélangé un peu les Pôles. Ça, c’est vraiment chouette ! Pour ce qui concerne la météo, le système météo n’est pas trop compliqué, en revanche, les options vont du tout au tout. Il va falloir décider vite. C’est la dernière course de la saison. Tout le monde est fatigué. Tout le monde va donner ce qu’il lui reste et essayer de se faire plaisir au maximum avant de ranger le bateau pour un petit bout de temps. Lors de la première étape, j’avais un objectif de Top 5 et j’ai fait Top 10. Là, je pars avec un objectif de Top 3 comme ça je ferai Top 5 au classement final ! (Rires) Plus sérieusement, c’est cool. On repart presque un peu tous à zéro car les écarts sont assez faibles, sauf peut-être avec les deux premiers. On sait très bien que ça va se jouer dans la dernière journée. C’est toujours comme ça. En fait, il faudra réussir à tenir le rythme tout du long et envoyer sur la fin ! »

Justin Baradat (1056 – Da Gousket) : « Je ne pensais pas qu’on s’amuserait autant sur cette escale. On a pu visiter un peu Horta, réparer les bateaux et s’amuser avec les copains. C’était chouette car il y a vraiment une bonne ambiance. C’est vraiment l’esprit Mini et c’est trop cool. Maintenant, on part pour le match retour. Ça va être une belle étape, avec peut-être de belles options. On ne pas viser directement les Sables d’Olonne, je pense. Il va y avoir une belle bataille. Ce qui est assez chouette, c’est que ce n’est pas un temps typé pour les Maxi ou les bouts ronds. Tout le monde va pouvoir réussir à tirer son épingle du jeu. Pour ma part, comme le bateau est très récent et que tout n’est pas encore parfaitement fiabilisé et optimisé à bord, le but est de terminer. C’est la priorité. Cela étant, si je pouvais renter dans le Top 10, ce serait top. Je viens de la voile légère alors j’ai évidemment du mal à m’aligner sur une course avec seulement l’ambition de finir. Dès qu’il y a des bateaux autour, l’esprit de compétition reprend vite le dessus ! (Rires) »

Yaël Poupon (1051 – Bihannic – Groupe Asten) : « Pour moi, la première étape a été un peu frustrante dans la mesure où j’ai eu de la casse assez tôt. Du coup, j’ai envie d’essayer de jouer avec les premiers le plus longtemps possible. C’est vraiment ça mon objectif principal. De toutes façons, j’ai pris quand même pas mal d’heures au classement général. On verra si ça optionne beaucoup ou si, en fin de compte, ça reste groupé. Je vais déjà pouvoir mettre un tangon cette fois, et faire de vrais bords de spi. Ça va faire du bien car il ne va pas y avoir que du près. En tous les cas, ça donne envie de repartir, de retourner batailler ! »

Vers une deuxième étape très ouverte !

Si la première étape de la 9e édition des Sables – Les Açores – Les Sables n’a pas franchement été très rapide, la faute notamment à une fin de course épique dans la pétole, la deuxième, dont le départ sera lancé ce jeudi 4 août à 18 heures (heure de Paris), ne s’annonce pas beaucoup moins longue, bien que très différente. C’est, en effet, majoritairement au près que les 70 Ministes toujours en course dans l’épreuve se préparent à effectuer les 1 270 milles entre Horta et Port-Olona. Les uns et les autres vont donc vivre penchés quelques jours, mettant ainsi leurs montures et leurs organismes à rude épreuve. Point positif : le match promet d’être particulièrement ouvert sur le plan stratégique, avec notamment des choix de routes extrêmes qui risquent d’éclater la flotte et, par ricochet, de générer d’importants écarts à l’arrivée. De quoi chambouler en grand la hiérarchie actuelle !

Après quelques jours de halte à Horta, les 70 Ministes toujours en lice dans la 9e Les Sables – Les Açores – Les Sables ont désormais rechargé correctement les batteries et réparé au mieux les petits bobos du bord. « Vu que la première étape a duré entre onze et treize jours pour la majorité d’entre nous, l’escale a forcément semblé un peu courte. Ça a été une espèce de tiraillement entre profiter de l’endroit et des arrivées des copains, puis se reposer et se préparer pour la deuxième manche. Il a fallu essayer de trouver le bon équilibre. Heureusement, comme les conditions n’ont pas été extrêmes sur le premier acte, la plupart des bateaux sont arrivés en bon état et lorsque ce n’était pas le cas, on s’est tous bien entraidés », commente Gaëtan Falc’hun (868 – Philou Cherche Partenaires). De fait, tous les coureurs ont joué la carte de la solidarité et si certains ont encore les mains dans la résine ou la tête dans la boîte à outils aujourd’hui, tout le monde repartira demain sur des bateaux prêts ou, à tout le moins pansés. Certains parfois au prix de quelques pirouettes compliquées, à l’image de Bruno Lemunier (893 – Kalisto) ou Thomas André (929 – Frankiz) qui ont, malgré les obstacles, réussi à faire venir de France un peu in-extremis, un safran et une pile à combustible. « Ça n’a pas été simple. On a essayé de trouver les solutions les plus efficaces en termes de logistique et de coût », relate Thomas, maintenant fin prêt à prendre part au match retour.  « On s’attend tous à une étape un peu musclée, avec de la mer, du vent et deux options assez marquées : soit faire du près dans 20 nœuds pendant longtemps dans trois mètres de vagues avec peu de période, soit partir complètement au nord pour aller chercher un front assez costaud et finir au portant. Dans les deux cas, ça devrait être copieux ! », prévient le navigateur, 36e au classement général provisoire chez les bateaux de Série, bien décidé à grappiller des places après une première étape tronquée par ses soucis techniques. « Ce qui est chouette, c’est que le jeu promet d’être très ouvert. On peut s’attendre à d’importants écarts à l’arrivée surtout que les premiers milles de la course vont se jouer dans la pétole. Je me suis même dit en regardant la météo ce matin que ça pouvait être une possibilité de faire demi-tour juste après le départ pour passer par le sud de l’archipel tellement ça risque d’être la foire. Peut-être que la course va gagner là ! », note le skipper de Frankiz.

Des premiers milles potentiellement très délicats

De fait, l’entame de cette deuxième manche s’annonce délicate, pour ne pas dire complément tordue. « Il va effectivement y avoir très peu de vent au moment du départ car une petite dépression sans vent est plantée sur les Açores. A la clé, un peu de pluie et peu de gradients. On peut s’attendre à ce que ce soit laborieux et complexe, avec entre 1 et 5 nœuds de nord-est », détaille Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve. Pas facile, en l’état, de savoir réellement à quelle sauce les solitaires vont être mangés dans les jours à venir tant les modèles météo pataugent dans la semoule. « Il y a beaucoup d’incertitudes mais pour l’instant, il est à peu près certain qu’il va y avoir beaucoup de près et/ou de bon plein sur la remontée jusqu’aux Sables. Des options très extrêmes vont manifestement s’ouvrir avec, en particulier, une route très nord qui pourrait tenter certains pour aller chercher du portant », ajoute le spécialiste. En clair, si ce scénario se confirme, il est plus que probable que la flotte s’éclate littéralement, avec d’un côté ceux qui choisiront de rester au plus près de la route directe et de l’autre ceux qui décideront de monter très nord en assumant (ou pas) de rallonger considérablement leur chemin. « Pour l’heure, les routages font monter jusqu’à 50° Nord, soit la latitude du Fastnet, en mer d’Irlande », commente Denis Hugues, le Directeur de course. Si le schéma est rare, il n’a toutefois rien d’inédit sur cette Les Sables – Les Açores – Les Sables. En 2014, Nicolas Boidevezi avait en effet fait le grand tour avant de finalement s’imposer sur l’étape devant Giancarlo Pedote, le grand vainqueur de l’épreuve. Alors droite ou gauche ? A priori, il faudra trancher dans les 48 ou 72 premières heures, tout en gardant en tête que la situation a encore largement le temps d’évoluer. A date, en tous les cas, les premiers Proto pourraient ainsi boucler la distance en huit ou neuf jours, tandis que les premiers Série devraient faire de même en dix ou onze jours. Quand on sait que lors de certaines éditions, le retour s’est fait en à peine plus de cinq jours, le décor est ainsi planté.

Ils ont dit :

Bruno Lemunier (893 – Kalisto) : « J’ai eu un problème de pile à combustible à l’aller et mon escale a été beaucoup rythmée par ça. J’ai essayé de la réparer mais je n’ai pas réussi. J’ai dû en trouver une de prêt en France et la faire venir avec quelqu’un par avion. Ça m’a donc bien occupé l’esprit mais au final, c’est quand même trop cool d’avoir solutionné le problème. L’escale m’a, de ce fait, parue un peu courte. J’espérais avoir un peu plus de temps ici pour profiter des gens. J’ai vraiment apprécié que la communauté se resserre. On commence à bien se connaître et il y a une belle solidarité entre nous tous. Pour la deuxième étape, j’avoue que je ne me suis pas encore trop projeté. Je ne voulais pas trop me stresser avec les routages anticipés. Je n’avais pas envie de me faire plein de plans et de me rajouter de la charge mentale avec des informations incertaines. Cela étant, je suis assez content de rentrer quand même. Je suis content aussi d’être en P3 (Pogo 3, ndlr) pour le retour. Ce qui est chouette, c’est que j’ai beaucoup navigué avec le bateau, et dans des conditions assez dures, même si je ne l’ai que depuis janvier. J’ai donc hyper confiance en lui. A cause de mes soucis d’énergie sur la première étape, j’avais mis un peu la performance entre parenthèses même si j’ai quand même globalement fait une super course. Là, j’ai le bateau à 100% et je vais essayer d’être un peu plus dans la perf que ce que j’ai fait jusqu’à maintenant, mais sans me mettre la pression pour autant. »

Hubert Maréchal (787 – Osons ici et maintenant) : « J’étais très content d’arriver, surtout après la pétole, mais à présent j’ai hâte de repartir, même si l’escale était géniale. On a été accueillis comme des rois, on a fait la fête, on a profité et c’était top, avec une super ambiance et un vrai esprit de camaraderie. Pour le reste, je suis un peu frustré de la première étape. J’ai craqué à la fin mentalement dans la pétole. J’ai laissé passer des trains et là je suis un peu revanchard. J’ai réparé ce qu’il fallait réparer. Ce qui nous attend s’annonce intéressant. Ça bouge tout le temps. L’important sera de bien faire marcher le bateau, surtout au début. Je pense qu’au-delà des options qu’il faudra prendre à un moment, il sera essentiel de réussir à sortir dans les premiers des îles. Moi, je mise vraiment là-dessus. Je commence à regarder les courants, les dévents, les orages éventuels…  Pour la suite, de toutes façons, dans cinq jours la météo aura évolué. On sait qu’on va faire du près et qu’il faudra d’adapter. Je ne me prends pas trop la tête maintenant. Je vise un Top 5 à l’arrivée aux Sables d’Olonne. C’était mon objectif toute la saison. Je l’ai tout le temps respecté sauf lors de cette première étape. »

Willy Muller (1029 – Tars) : « J’ai énormément de chance parce que mes parents sont venus à l’escale et ça m’a mis un gros coup de fouet pour finir le plus vite possible la première manche. J’ai super profité de Faial. J’ai visité l’île à fond et c’était vraiment trop bien ! C’étaient mes premières vacances depuis quasiment deux ans, donc ça a vraiment été top ! La prochaine étape s’annonce compliquée, avec beaucoup de près ou alors une option très extrême au nord avec du portant mais des distances assez folles. On parle de quasiment 2000 milles au lieu des 1 270 en route directe. Il va y avoir un choix très compliqué à faire dès le début. On va voir mais l’option raisonnable serait plutôt d’aller au près pendant dix jours et ce n’est pas l’option fun. Mon bateau n’est pas très bien aménagé pour cette allure. Il n’est pas très confortable, mais je sais que ce ne sera plaisant pour personne. Cela étant, avec un bout pointu, je peux avoir une chance de sortir des îles un peu plus vite que les autres. Peut-être que les vieux bateaux vont bien marcher cette fois-ci ! En tous les cas, on espérer. Sur la première étape, Aglaé (Ribon) et Brieuc (Le Mouillour) ont fait une super régate et si j’arrive à finir devant cette fois, je serais super content. Dans tous les cas, on va bien se tirer la bourre ! »

Gaëtan Falc’hun (868 – Philou Cherche Partenaires) : « Ce qui nous attend est assez compliqué. On va faire beaucoup de près, ça c’est sûr. On va avoir des choix de routes assez extrêmes à faire. Il y a une option nord qui parait assez cool mais qui reste hyper incertaine. En tous les cas, je suis assez confiant dans mon bateau et dans ma capacité à être rapide au près. Le départ va avoir lieu dans la pétole et je pense qu’il va falloir bien se donner au début pour essayer d’être parmi les premiers à retoucher la pression au nord de l’archipel. Ensuite, au près, je pense que les écarts de vitesse ne seront pas si importants que ça, même si, pour les Maxi 6.50, si ça tape, ça va être horrible. Pour les pointus, ça va être mieux et moi, en Pogo 3, je vais être entre les deux. Au classement, les écarts de temps sont relativement serrés donc ça va être intéressant. »

Markus Burkhardt (833 – Zoe4Life) : « A l’issue de la première étape, je suis arrivé avec un bateau en bon état et pas trop fatigué car j’ai quand même réussi à dormir. Du coup, tout va bien. Je suis prêt depuis deux jours, même si je serais bien resté un peu plus longtemps ici, aux Açores, parce que c’est magnifique. Je n’ai pas encore trop regardé la météo mais je sais que l’anticyclone est un peu trop au nord. Dans ce contexte, pour moi ce sera certainement l’option de rester au sud de l’anticyclone et au sud de la dorsale pour être sûr de garder du vent. Ce ne sera pas très agréable car ce sera beaucoup de près, mais je pense qu’il n’y a pas d’autres options pour moi. Ce sera plus dur qu’au portant mais ça va avancer quand même. Ça ne va pas être très confortable mais je ne m’inquiète pas trop. »

Christophe Noguet (1057 – Vignoble Marchais) : « J’ai été assez sage sur la première étape. Je suis donc arrivé à Horta avec un bateau plutôt en bon état et avec assez peu de bricoles à faire. Je ne connaissais pas les Açores. Tout le monde m’avait dit qu’il fallait absolument faire cette course parce qu’elle est très belle et je ne regrette pas ! L’île est magnifique et les gens très accueillants. Ça a aussi fait bien plaisir de retrouver tous les copains et de partager des moments festifs avec eux durant ces derniers jours. Concernant la suite, on est toujours un peu dans l’attente de routages plus précis. Deux options se dessinent. Les deux ont l’air compliquées. On va voir. Il va falloir trancher à un moment donné et assez vite en plus. Si on choisit celle au nord, il va falloir être fort dans sa tête car on va s’éloigner considérablement de la route. Si on choisit l’autre, il va falloir faire beaucoup de près et en Mini, spécialement avec un bateau à nez rond, ce n’est pas ce qu’il y a de plus rigolo ! L’amour n’est pas dans le près ! (Rires) Je vais essayer de gratter quelques places. Ça va se jouer à pas grand-chose car les écarts sont assez faibles au classement après la première manche. »

Edouard Blanchier (423 – La Maison des Plus Petits) : « Je suis prêt à repartir. Je n’ai plus que de petites courses à faire de fruits et de légumes et aller plonger pour nettoyer un peu le bateau mais sinon, tout est ok. On va visiblement faire pas mal de près. Moi, j’ai un bateau à bout pointu. Les conditions annoncées me vont donc plutôt bien car je vais être moins « perdant » par rapport aux bateaux à nez ronds sur cette allure qu’à certaines autres. Ça m’arrange un peu même si ça risque de ne pas être très agréable, ni très confortable. J’ai hâte d’y être, vraiment hâte ! J’ai vu que je n’avais pas trop mal marché par rapport aux autres bateaux de la même génération que le mien lors de la première étape. Je vais dont essayer d’y aller à fond. C’est une régate donc il faut essayer de faire au mieux et je vais tout donner. J’espère arriver au bout et prendre un maximum de plaisir aussi, car on est quand même là pour ça ! »

Tous arrivés à Horta !

Ce lundi 1er août à 16h07, Alexandra Lucas (989 – Région Ile de France) a franchi la ligne d’arrivée de la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables. L’ensemble des concurrents – exception faite des deux solitaires ayant abandonné cette première étape – a donc désormais rallié Horta. Horta d’où le départ de la seconde manche sera, pour mémoire, donné ce jeudi 4 août, à 18 heures (heure de Paris).

Alexandra Lucas (989 Région Ile de France) : « C’est dingue ! C’est juste complètement dingue ! Un jour, un ami m’a dit : « il y a trois places intéressantes dans une course au large : celle du premier, celle de celui qui démâte et celle du dernier. Moi, je suis la dernière, du coup c’est trop cool. Enfin, c’est très nul mais je suis très contente d’être arrivée là et de bénéficier d’un tel accueil de la part de tous les autres concurrents. Ce n’est pas n’importe quoi, ce qu’on vient de faire. C’est vraiment exceptionnel. On est juste des gros barjots ! C’est juste dingue, c’est juste chouette et les gens de la classe sont vraiment géniaux ! Je suis hyper contente d’être arrivée. Sur un parcours qui, sur le papier, est une belle ligne droite, une belle diagonale, on a eu énormément de pétole et j’ai beaucoup râlé. Beaucoup, beaucoup, beaucoup. C’étaient les montagnes russes émotionnelles mais c’était trop bien ! C’était résilience un peu plus-plus quand même. Râlage plus-plus aussi. En fait, c’est peut-être ridicule mais à un moment donné, je me suis dit « ok, je suis la dernière et ce n’est pas grave car ça ne fait que deux ans que je fais de la voile. J’espère ne pas être hors-temps ». Je redoutais de franchir la ligne trop tard et de ne pas être classée. Ça a été une source de stress. L’autre, c’est que ma famille ne fait pas du tout de voile et j’avais peur qu’elle s’inquiète pour moi. Tout est oublié déjà. C’est dingue, c’est dingue, c’est dingue, on est aux Açores ! »

Paroles de skippers

Pierre-Emmanuel Dubois (1014 – Kir au cassis recherche partenaires) : « L’arrivée dans la baie de Horta a été super difficile parce qu’il n’y avait plus de vent et beaucoup de courant. Ce n’était pas l’arrivée la plus facile surtout que la dernière nuit on était une dizaine à essayer de s’accrocher et je pense que personne n’a dormi du tout. La distance au but était de 10 milles mais à 0,5 nœud, ça fait 20 heures ! En tous les cas, je suis super content de cette première étape. Je me suis bien mis dedans dans le premier front. Au cap Finisterre, j’étais vraiment super bien sur le bateau. J’étais bien toilé et rapide et j’ai rattrapé un peu le paquet de tête. Le passage de la dorsale a été un peu particulier. Je suis parti dedans tout seul. J’ai fait le choix de ne pas suivre ceux qui étaient autour de moi et de prendre mes propres décisions. En ressortant, j’ai compris que je n’étais pas si mal que ça. Ensuite, il a juste fallu que je m’accroche et j’ai essayé de le faire au maximum. Je suis content. Finir dans le Top 10, c’était l’objectif maximal que je pouvais atteindre, je pense, avec mon début de course. Je suis super content d’avoir terminé 9e surtout quand je vois ceux qu’il y a devant. Certains ont fait de supers résultats cette saison. »

Quentin Debois (879 – Les Poupoules) : « Ce qui était très chouette, c’est que c’était vraiment ma première course au large. Les premières courses de la saison ont été plus côtières, avec différentes marques de parcours obligatoires. Sur cette Les Sables – Les Açores – Les Sables, il y a un point A, un point B et un plan d’eau énorme. Au final, on prend tous un peu les mêmes décisions mais quand on est sur l’eau, on ne le sait pas. On est à 15-20 bornes les uns des autres et on ne se voit pas à l’AIS. En tous les cas, c’était génial, j’ai adoré et je sais que c’est ça que je veux continuer à faire longtemps ! J’ai pris vraiment beaucoup de plaisir. Dans la pétole, à la fin, j’aurais préféré que ça aille plus vite, comme tout le monde, mais ça ne m’a pas pesé plus que ça. J’ai considéré que ça faisait partie de l’expérience. Ce qui m’a particulièrement plu, c’est le fait de devoir prendre des décisions sur les différents systèmes météo qui étaient annoncés. Sur l’eau, on a des informations assez vagues et du coup, il fait essayer de deviner, faire des recoupements…. Celui qui maîtrise bien la météo possède une arme redoutable pour prendre un avantage complètement dingue. Ça donne envie de progresser, d’apprendre plein de trucs, d’être capable de comprendre les nuances météo… Il y a de vrais choix qui peuvent être faits et c’est passionnant ! »

Hugues Bouffard (774 – Grain de Folie) : « C’était vraiment super ! Je n’ai jamais passé autant de temps en mer de toute ma vie. C’était trop bien, ça s’est super bien passé. Sur la fin, il fallait rester calme, c’est sûr, parce qu’on voulait tous arriver et ça n’avançait pas. Heureusement, il y a eu des petites risées à droite et à gauche et on a pu avancer petit à petit. C’était trop cool d’autant que j’ai recroisé des gens dans les derniers milles et que j’ai réussi à capter la radio portugaise à la BLU. C’était une super aventure. Il y a eu des conditions hyper variées. C’est aussi la première fois que je jouais avec des systèmes météo macros, que je recevais une météo en mer et que j’ai dû faire ma stratégie en mer. C’était hyper intéressant. Ça a vraiment ajouté autre chose par rapport aux autres courses de la saison. Douze jours de mer, ce n’est pas rien en solitaire. J’avais mis neuf jours pour faire ma qualification mais ça m’avait paru plus long car je n’étais pas en course. Lorsque c’est le cas, le temps passe beaucoup plus vite. J’ai déjà hâte de faire la deuxième étape ! »

Witlod Malecki (1071 – Prodata) : « Il y a eu beaucoup de pétole lors de cette première étape et ça, c’est une chose que je n’aime pas. Ça met les nerfs à vif et ça prend beaucoup d’énergie. On essaie de faire ce que l’on peut pour avancer – souvent pour rien – au lieu de dormir et c’est frustrant. C’est comme ça, mais ce n’est pas franchement amusant. En tous les cas, j’ai appris beaucoup de choses. Je fais mes débuts en Mini 6.50. J’ai déjà fait beaucoup de courses en Pologne sur d’autres types de bateaux mais j’ai encore beaucoup à apprendre sur le plan technique car je ne connais pas encore mon bateau. Quand je vois certains de mes concurrents naviguer, tout est très fluide. Ce n’est pas encore mon cas. Tout me prend beaucoup de temps. Trop de temps. Je dois apprendre, encore et encore. Je suis toutefois content de ma course. Pour la deuxième étape j’ai un peu d’appréhension. Pas en ce qui concerne la navigation mais plutôt en ce qui concerne les efforts à fournir. Quoi qu’il en soit, j’ai hâte. »

Hugo Cardon (889 – Hugo Sarth’Atlantique) : « Au début, c’était cool. On était avec les copains les deux-trois premiers jours. Ça bourrinait bien, ça glissait à fond, c’était trop cool. Après, j’ai eu des problèmes d’énergie à bord. Il y avait 20 nœuds à peu près, j’étais sous spi max et mon pilote a décroché. J’ai fait un gros vrac. Le bateau s’est couché et il ne s’est pas relevé. J’ai dû couper l’amure. J’ai cassé deux-trois trucs à ce moment-là. Le pilote a relâché une deuxième puis une troisième fois. J’ai compris que j’étais en black-out, que je n’avais plus rien. J’ai quand même réussi à garder ma VHF et mon AIS allumé, mais sans le pilote. C’est devenu compliqué de me reposer et j’ai eu du mal à réfléchir. Je n’ai plus vu les copains à l’AIS car après avoir perdu mon spi, je suis parti sous gennak pour ne pas trop perdre en vitesse et j’ai lofé. C’est un peu comme ça que je suis parti sur l’option nord. Après, je me suis retrouvé empétolé pendant trois jours. Je suis bien content d’arriver là. Je suis content aussi d’avoir réussi à retrouver mon pilote avant la fin de l’étape car l’objectif, c’était d’être quand même en forme pour la prochaine étape. Je ne suis pas trop fatigué je pense, donc c’est cool. J’avais déjà fait deux fois neuf jours en solitaire, du coup en course c’était encore différent. Comme je termine dans les derniers, ce qui n’était pas vraiment mon objectif, moralement, ça n’a pas toujours été simple mais j’ai réussi à switcher et à prendre du plaisir autrement. J’ai aussi eu des petits problèmes de nourriture à la fin : il me restait des pâtes bolo et du couscous, mais plus de pains au chocolat ni de brioche ! (Rires) »

Damien Doyotte (985 – Babouchka Cherche Sponsors) : « Ça a été juste génial, le départ. Je suis super mal parti, tout au fond, mais après j’ai tout remonté et je suis arrivé pas loin du Top 10 aux abords des Açores. Je ne me suis pas beaucoup entraîné cette année et je ne pensais pas jouer ces places-là alors ça m’a refait. J’étais super content et hyper fier de moi. Après, l’arrivée dans la pétole, ça a été une épreuve mentale comme jamais j’en avais vécu avant. Le fait de voir tout le monde revenir, d’avoir le bateau qui n’avance pas, de devoir s’y reprendre à trois fois pour passer la pointe de Sao Jorge, de voir tout le monde revenir avec un nuage et les places fondre au classement tout en étant impuissant… tout ça a été super dur mais sinon, c’était magnifique. J’ai beaucoup stressé de ne pas arriver le 30 parce que c’était l’anniversaire de mon fils. Au final, je suis arrivé juste à temps et j’ai pu l’appeler, c’est trop cool. Ça a été vraiment une super course. Fatigante mais super. On a eu toutes les conditions. En termes de stratégie, c’était vraiment génial. J’ai appris mille trucs sur mes voiles, sur comment faire marcher le bateau, sur la météo… On va voir comment ça se passe sur la deuxième. Pour l’instant, la météo n’est pas très favorable pour les bateaux à bouts ronds mais ça va être cool. En attendant, je vais profiter au maximum des Açores. »

Brieuc Le Mouillour (527 – Maison le Roux) : « J’ai été bien tout du long de cette première étape. J’avais vraiment le mojo à vouloir faire avancer le bateau tout le temps. J’ai plutôt toujours été dans des bons groupes. Dans les classements, ça allait et j’étais motivé… franchement, c’était trop bien. Je n’ai pas eu de problème le bateau, j’ai bien dormi et j’ai bien mangé. Je me suis vraiment senti comme à la maison. Au cap Finisterre, ça bombardait comme jamais. Avec mon vieux bateau, je ne suis jamais allé aussi vite. Franchement, je ne pensais pas pouvoir aller aussi vite avec lui et c’était trop cool. Dans la grosse pétole, ensuite, je ne m’en suis pas sorti de manière terrible. Certains s’en sont sortis encore moins bien que moi et d’autres ont fait de vrais hold-up, mais c’est comme ça. Dans ma tête, la course s’est un peu arrêtée à Graciosa car ensuite c’est devenu la loterie. J’ai un peu lâché j’avoue, et c’est un peu con. Maintenant, je vais profiter d’être à Horta. C’est vraiment magnifique. En arrivant dans les îles, j’ai pris une claque tellement c’est beau. L’arrivée avec tout le monde en même temps (un groupe de 25 bateaux est arrivée en l’espace de 45 minutes, ndlr), c’était la folie. Ça a rajouté du piment et les deux jours de pétole ont été oubliés à ce moment-là. »

Damien Job (819 – Sugoi Cherche Partenaires) : « Cette première étape a été longue et je suis un peu déçu parce que j’ai eu de la casse. Je me suis retrouvé seul tout du long à cause de mes problèmes de safran (l’un de ses appendices ne tenait plus que par une vis, ndlr). Je m’en suis rendu-compte le lendemain du passage du cap Finisterre. Si ça avait pété, j’étais à 10 nœuds, dans la nuit. Dans mon malheur, je m’en sors bien. Dès le départ, une de mes drisses a lâché et j’ai dû monter jusqu’au premier étage de barre de flèche lors du parcours de dégagement. C’était trop galère. Lors de la première nuit, je me suis aussi pris un casier à Rochebonne. Ensuite j’ai perdu une drisse en tête de mât. J’ai eu pas mal de petits pépins et je suis sûr que j’en oublie plein ! Sinon, c’était trop beau. J’ai vu plein de dauphins et ils sont jolis ici car ils sont mouchetés. Hier, dans la pétole, à un moment, j’ai entendu un gros plouf et en fait c’était un gros requin ! Je suis content d’arriver et puis il y aura une deuxième manche ! »

Xavier Condroyer (848 – Kampai Seaside Tech’) : « C’était que la première étape ça ? (Rires) Douze jours ! On a fait quoi ? Un front, deux fronts, une dorsale… On a vu des dauphins, des baleines, un petit requin… Il y a plein de choses à voir ici, c’est incroyable ! Ce qui est sûr, c’est que j’ai plein de choses à apprendre sur le plan de la navigation. J’ai bien découvert mon bateau. Lui et moi, on a bien approfondi notre relation ! J’ai optimisé les prises de ris : une minute 08, c’est mon record pour cette manoeuvre ! (Rires) J’ai découvert la course au large et ça m’a plu à fond ! Je ne me suis jamais senti seul ou quoi que ce soit. Je suis super content. Je suis un homme heureux, c’est magnifique ! Et cet accueil de fou ! Sur les derniers milles, Olivier (Le Goff) m’a mis la pression. On est les deux seuls de la flotte à être passé entre Sao Jorge et Pico. On s’est paumé cette nuit. On n’a pas dû prendre la même option et, finalement, je suis ressorti devant ! On arrive un petit paquet avec 30 minutes d’écart, c’est « chantmé » ! A présent, j’ai hâte de découvrir Horta ! »

Martin Oudet (871 – Archimed 23-25 – Vaincre le Melanome) : « Pour moi, c’est un petit peu le début de l’aventure Mini. J’ai eu mon bateau il y a seulement six mois et je découvre vraiment car cette SAS est seulement ma deuxième course en solitaire. C’était une grande aventure où il a vraiment fallu aller puiser loin au fond de soi, éprouver ses limites, sa patience et sa pugnacité. J’ai appris tout ça. Je suis resté bloqué deux jours au même endroit devant l’île de Terceira. Pendant pas mal de temps sur la course, je n’ai pas vu grand monde. J’ai souvent été entre plusieurs paquets et donc j’ai eu souvent l’impression d’être seul au monde. C’était un peu étrange mais c’était une super aventure et une expérience incroyable. Le premier tiers a été difficile. C’était dur de larguer les amarres, de laisser tous les gens qu’on aime à terre. J’ai mis du temps à me mettre dans la course. Après le cap Finisterre, là j’ai pris mon rythme et j’ai bien aimé la partie portant avec un peu de vent. C’était chouette. Ensuite, c’était dur la pétole, un jour ou deux après le cap. De se retrouver au milieu de l’océan, presque à l’arrêt, avec personne à qui parler autour, ça m’a pesé un peu. J’avoue que les deux-trois derniers jours dans la pétole, c’était long et j’ai dû faire un peu gaffe à la nourriture. Je n’avais pas une grosse marge. J’ai appris mille trucs, même sur les réglages. Je n’avais jamais fait de bords aussi longs. J’ai appris vraiment à rester stoïque et à garder le moral même quand c’était très long. Sur ce type de course, on vit un cocktail d’émotions complètement dingue. On passe par tous les états. C’est très intense et avec la fatigue, on est vraiment à fleur de peau. Il faut vraiment apprendre à se tempérer, à rester un peu neutre et ce n’est pas facile ! »

Peter Jr Gibbons-Neff (837 – Terminal Leave) : « Les derniers mètres ont été longs. J’ai cru que je n’arriverai jamais à passer la ligne mais je suis là ! Je suis vraiment content d’être ici ! C’est la première fois que je viens aux Açores et c’est très excitant d’arriver dans un tel endroit. C’était une super course, très complexe. A la fin, il y a peu de vent. Ça n’a pas toujours été facile à gérer d’autant que c’était fluctuant en fonction des moments de la journée. Au début, en revanche, il y a eu trois jours sous spi vraiment incroyables. J’ai atteint des vitesses auxquelles je n’avais encore jamais été en Mini et ça a été vraiment super plaisant ! En termes de résultat, j’aurais bien aimé terminer en milieu de tableau mais qu’importe, j’ai beaucoup appris à différents niveaux et notamment sur le plan de la navigation, de la météo mais aussi de la préparation. C’est une course assez longue qui demande une autre organisation que celle des autres épreuves auxquelles j’avais participé jusqu’ici. C’est d’ailleurs la première fois que je passais autant de mer. Je suis très content d’arriver aussi pour cette raison : je n’ai vu personne ou presque pendant la course et je suis heureux de revoir des gens. J’ai hâte de pouvoir partager des moments à Horta avec les autres concurrents. »

François Letissier (427 – Birvidik) : « C’est une grosse déception parce que mon objectif sur cette saison, c’est d’essayer de ne pas être dernier et de ne pas abandonner. Je n’ai pas abandonné mais je suis quand même dernier. Ça ne m’était pas arrivé depuis le début de l’année mais j’ai cassé le deuxième jour. J’ai perdu un outrigger et j’ai eu des problèmes électriques, deux problèmes qui ne sont, à date, pas expliqués. Je ne suis pas entraîné pour réparer et me remettre d’un black-out. Je suis resté au moins trois heures comme assommé lorsque c’est arrivé. En trois secondes, on se retrouve avec plus rien, plus de radio, plus d’AIS, plus de feux de navigation… Quelqu’un d’entraîné sait quoi faire, quelqu’un qui ne l’est pas reste un moment à se demander quoi faire. J’ai été embêté trois fois. Le dernier, ça a été dur car je suis tombé en black-out avant minuit et le lendemain, c’était nuageux. L’énergie n’est donc revenue qu’en début d’après-midi. J’ai alors commis une erreur : j’ai essayé de barrer en permanence alors que j’aurais dû, à un moment, arrêter le bateau car de toutes façons, je m’endormais sans arrêt. C’est l’une des nuits où j’ai perdu le plus. Après, il y a la prime au vainqueur et je suis tenté de dire l’assommoir sur les vaincus : la météo est terrible ! Elle ne fait pas de cadeaux ! On s’est payé des calmes incroyables ! Il a fallu essayer de rester calme. A certains moments, je me suis demandé si je serais arrivé avant que les autres soient repartis. On ne sait tellement pas combien de temps ça va durer quand on est empétolé ! Je crois qu’une fois j’ai fait 15 milles en 24 heures ! Après tout ça, je suis super content d’arriver, ça c’est sûr ! »

Olivier Le Goff (599 – Valérie – Oliv’au Large) : « Au départ, je ne pensais pas qu’on partait pour autant de temps ! Je me suis rendu-compte que je n’étais pas trop prêt. Psychologiquement, je ne m’étais pas mis en tête que je resterais autant de jours en mer. J’ai mis un peu de temps à rentrer dans la course et je me suis étonné de me retrouver si vite tout seul. C’était un peu ce que j’appréhendais le plus et au bout de deux jours, j’étais complètement seul ! Au large de l’Espagne, j’ai cru que j’allais démâter avec mon spi max. Du coup, j’ai dû couper ma drisse. Le lendemain, j’ai envoyé mon spi médium et il s’est déchiré en deux. Ça a été un peu la galère. J’ai profité des phases de pétole pour tout réparer et le bateau est nickel à l’arrivée ! Il faut juste que je monte en tête de mât pour remettre une drisse ! (Rires) J’ai tenté l’option entre Sao Jorge et Pico dans l’archipel et moralement ça m’a fait super du bien de croiser Xavier (Condroyer). J’ai d’abord pensé que c’était une hallu, que je le voyais parce que j’avais envie de voir un bateau ! Quand il m’a répondu à la VHF, j’étais trop content ! Je suis content d’être arrivé. Il y a des moments où je me suis un peu demandé ce que je faisais là mais au bout du compte, quand on se rend compte du chemin qu’on a fait, on se dit que c’est un truc de fou quand même ! »

Les podiums Proto et Série désormais au complet !

Si à chaque édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables, l’atterrissage sur l’archipel portugais réserve toujours bien des surprises, les 40 derniers milles de ce cru 2022 ont littéralement mis à vif les nerfs des concurrents mais aussi et surtout largement chamboulé la hiérarchie établie sur le reste de la course. Si cela a naturellement fait les affaires des uns, cela a également copieusement contrariés les plans de certains, à commencer par ceux du Slovène Uros Krasevac (759 – Ashika II). Ce dernier s’est trouvé embarqué par le courant à quelques mètres de la ligne d’arrivée, laissant ainsi filer la 3e place qui lui tendait les bras chez les Proto au profit d’Anne-Gaël Gourdin (679 – Roll my chicken) qui complète donc le podium derrière Pierre Le Roy (1019 – TeamWork) et Jacques Delcroix (753 – Actual). Chez les bateaux de Série, le classement a, lui aussi, été bien remué après le passage de Terceira, dans la pétole. Pour finir, le tiercé gagnant de cette première manche est Jean Marre (991 – Sport dans ma ville – Time for the Planet) – Julie Simon (963 – Dynamips) – Ulysse David (1025 – L’aventure d’Ulysse).

« Le coach avait dit qu’en arrivant aux Açores l’épreuve serait loin d’être finie, qu’il y aurait, dès lors, une autre course dans la course. Je m’y attendais, mais pas à ce point ! », a commenté Jean Marre, le vainqueur en Série de la première étape de cette Les Sables – Les Açores – Les Sables à son arrivée à Horta au terme d’un fin de course pour le moins rocambolesque, la faute à une situation météorologique totalement aléatoire, l’anticyclone des Açores étant actuellement centré sur l’archipel du même nom. « J’ai fait partie des premiers à arriver dans les îles il y a deux jours, avec un peu d’avance sur le gros du peloton mais le vent a littéralement déserté le terrain et ça n’a fait que revenir, revenir et revenir. Toute la flotte s’est resserrée. Pour ma part, je m’en suis bien sorti mais j’avoue qu’il y a eu un petit soulagement à l’arrivée », a avoué le skipper de Sport dans ma Ville – Time for the Planet qui est parvenu à s’échapper avec une petite risée à l’ouest de Sao-Jorge quand ses copains de cordée, Léo Bothorel (987 – Les Optiministes – Secours Populaire 17), Adrien Simon (1038 – Faun) mais aussi Hugues de Premare (1033 – Technip Energies – International) sont restés plantés plus longtemps encore, laissant ainsi la porte ouverte à leurs rivaux situés plus au nord, Julie Simon, Ulysse David puis Félix Oberlé (1028 – Mingulay), revenus doucement mais sûrement aux avant-postes pour finir par truster les 2e, 3e et 4e places à l’arrivée. « La fin de course a été dure. C’était hyper compliqué et hyper long. On a eu une pétole comme on a rarement près des côtes Atlantiques où il passe toujours des trucs. Aux Açores, quand il n’y a pas de vent, il n’y a pas de vent. Je ne comprends d’ailleurs toujours pas trop ce qui s’est passé à partir du moment où on a passé la dorsale. Il y a eu une grosse part de de réussite dans tout ça », a expliqué Julie Simon qui est, pour sa part, remontée de la 8e et à 2e place lors des dernières 24 heures, terminant à seulement 30 minutes et 6 secondes du gagnant. « Ça promet du match sur la manche retour et j’espère que ce sera bien bourrin. J’attends ça avec impatience ! », a commenté Jean Marre qui a signé ce samedi 30 juillet, peu après 1 heure du matin, sa première victoire sur le circuit Mini 6.50. « La laisser échapper, ça aurait compliqué à encaisser. J’ai commis quelques erreurs mais j’ai toujours été plutôt devant. Ça m’aurait donc fait un peu mal de finir par me faire doubler, mais si ça avait été le cas, je n’aurais pas eu d’autres choix que de l’accepter, tout en sachant qu’en course au large, ça fait aussi partie du truc. »

Des écarts monstres chez les Proto

S’il est toujours plus facile de faire preuve de philosophie dans ce type de situation quand le dénouement a pris une tournure favorable, c’est en revanche nettement plus compliqué dans le cas inverse. Le Slovène Uros Kraserac fait partie de ceux qui ont perdu gros sur la fin du parcours. En effet, alors que la troisième place lui semblait acquise et qu’il se trouvait à quelques centaines de mètres de l’arrivée, le skipper d’Ashika II a voulu prendre un peu de marge pour contourner un cargo. « Dès lors, je me suis retrouvé embarqué par le courant le long du port. Je n’ai rien pu faire. J’ai passé quatre heures à batailler pour enfin réussir à couper la ligne. Je termine 4e et ce n’était pas mon but mais finalement, plus que de passer à côté du podium, c’est le fait d’avoir anéanti de manière aussi improbable une partie des efforts et du travail fournis lors des 9/10e de la course », a indiqué Uros qui termine donc 1h56 derrière Anne-Gaël Gourdin. Cette dernière a ainsi eu la surprise de s’emparer d’une belle troisième place, conjurant, en quelque-sorte, le sort après trois 4e places cette saison.  « Franchement, ça fait du bien. Une nouvelle fois, j’ai pensé que le podium était complètement foutu pour moi. Je n’ai compris mon résultat qu’après l’arrivée. C’est génial, je suis trop contente ! », a indiqué la skipper de Roll my chicken. Pour elle, rien d’acquis cependant. La seconde étape sera évidemment déterminante pour le classement général. Une chose est sûre cependant, les deux premières places seront difficiles à aller chercher. Pierre le Roy, le grand vainqueur de ce premier round, possède une avance considérable de 20h27 sur Jacques Delcroix quand ce dernier compte lui-même un matelas de un jour et 6 heures sur sa poursuivante la plus proche. De fait, le scénario de cette première étape a généré des écarts monstres au sein de la flotte et c’est d’ailleurs loin d’être fini car si les arrivées se succèdent, depuis ce matin à Horta, les derniers ne sont pas attendus sur place avant lundi, voire mardi. Juste à temps pour s’aligner au départ du deuxième volet de l’épreuve, le jeudi 4 août à 18 heures (heure de Paris).  

Laure Galley (1048 – DMG Mori Sailing Academy 2 ), 5éme bateau Proto à Horta !

La skipper a franchi la ligne d’arrivée de la première étape ce samedi 30 juillet à 11h35’19’´( heure française ). Il a mis 10 jours 22 heures 17 minutes et 19 secondes pour boucler cette première partie de course. « C’était plus long que ce que j’avais anticipé. Heureusement, j’avais les lyophilisés de la deuxième avec moi donc j’ai pu taper dedans sinon je n’aurais pas eu assez à manger. Autrement, ce que je retiens de cette première étape, c’est que ça a plutôt bien marché pour moi dans le petit temps et dans le vent médium où je savais que j’étais assez à l’aise. Après, dans du vent un peu plus soutenu, je n’avais jamais navigué. Je n’avais jamais envoyé le spi en solo dans plus de 15 nœuds et je ne l’avais jamais fait tout court dans plus de 20 nœuds. C’était donc le baptême du feu. J’ai commis des erreurs, je me suis fait un petit peu peur mais j’ai levé le pied. J’ai perdu pas mal de places à ce moment-là, mais en connaissance de cause. Je savais que je n’avais pas de spi et que tous les autres étaient pleine balle sous cette voile. Forcément, ça m’a fait un peu mal au classement. Je suis super contente d’être bien revenue sur la fin et de finir 5e Proto. Je ne pensais pas que j’étais à cette place en arrivant. Ça a été un peu la bonne surprise ce matin en passant la ligne et ça fait toujours plaisir.»

Uros Krasevac (759 – Ashika II), 4éme bateau Proto à Horta !

Le skipper a franchi la ligne d’arrivée de la première étape ce samedi 30 juillet à 10h03’34’´ ( heure française ). Il a mis 10 jours 20 heures 45 minutes et 34 secondes pour boucler cette première partie de course à une moyenne de 4,88 noeuds.

Sa réaction à l’arrivée : « Je me suis retrouvé embarqué par le courant le long du port. Je n’ai rien pu faire. J’ai passé quatre heures à batailler pour enfin réussir à couper la ligne. Je termine 4e et ce n’était pas mon but mais finalement, plus que de passer à côté du podium, c’est le fait d’avoir anéanti de manière aussi improbable une partie des efforts et du travail fournis lors des 9/10e de la course »

Léo Bothorel (987 – Les Optimistes), 5ème bateau Série à Horta !

Le skipper a franchi la ligne d’arrivée de la première étape ce samedi 30 juillet à 08h41’21’´ ( heure française ). Il a mis 10 jours 19 heures 23 minutes et 21 secondes pour boucler cette première partie de course à une moyenne de 4,90 noeuds.

« C’était trop bien jusqu’à l’arrivée à Terceira. On y est arrivé avec Jean (Marre) en premier. On pensait qu’on était 2e et 3e et que Damien (Fleury) était encore devant. Derrière, il y avait Adrien (Simon) et Hugues (de Premare) qui nous ont bien mis la pression. On a essayé de s’en sortir. On pensait que ça allait passer puis le ventilateur s’est arrêté et on est restés 24 heures bloqués avec vraiment zéro vent. C’était très long et au regard des prévisions, on s’est dit qu’on pouvait rester tanqués pendant trois jours. Finalement, petit à petit, ça s’est décanté. Je suis trop content d’être arrivé, trop content d’être là et trop content de découvrir Horta au petit matin. Dans ma tête, la course s’est finie à Terceira. Je suis très content de ce que j’ai fait avant. On ne peut pas tout maîtriser dans la pétole et si j’ai laissé filer le podium, ce n’est pas ça qui va gâcher mon plaisir d’être ici, d’autant qu’il reste la deuxième étape pour se donner à fond.

C’était vraiment ma première course autant au large, avec autant de possibilités de trajectoires. J’ai trouvé que c’était infini. Sur un tel tracé, on peut vraiment faire n’importe quoi, finalement, mais c’est dur de savoir si on fait la bonne route ou non.  C’est ça que j’ai trouvé le plus dur et en même temps le plus excitant. J’avais clairement sous-estimé l’arrivée. On m’avait toujours dit : « aux Açores, quand tu vois les premières îles, tu n’es pas arrivé ». Je le savais mais quand même ! C’est long d’arriver à Horta ! »

Félix Oberle (1028 – Mingulay), 4ème bateau Série à Horta !

Le skipper a franchi la ligne d’arrivée de la première étape ce samedi 30 juillet à 08h22’48’´ ( heure française ). Il a mis 10 jours 19 heures 15 secondes pour boucler cette première partie de course à une moyenne de 4,91 noeuds.

« C’est cool de terminer à la 4e place. Je n’y croyais plus trop à un moment mais cette nuit, les choses se sont mieux passées pour moi. Peu de temps avant, j’étais bien parti, avec quelques autres concurrents, mais ensuite on s’est littéralement arrêtés entre les îles et tous les autres sont revenus. J’ai réussi à me remobiliser pour me rebattre avec eux et franchement, c’était cool, c’était une belle bataille. C’était dur dans la pétole des derniers milles, mais j’ai trouvé que c’était surtout dur dans la dorsale au début. Certains m’ont mis presque 50 milles dans la vue en plus ou moins 24 heures. Je n’avais plus personne autour de moi. Quand on a des concurrents autour de soi, c’est toujours plus facile de rester motivé. On peut se comparer. En tous les cas, venir aux Açores depuis la Vendée, c’est vraiment un joli voyage. C’était la première fois que je faisais un truc aussi long. C’était chouette de vraiment avoir le temps de savourer le fait d’être en mer et aussi de se retrouver sans personne à portée VHF. Ça a été plein de nouvelles expériences et c’est cool. C’est particulier de se retrouver loin de tout. J’ai eu de la chance, je n’ai pas trop eu de casse mais dans la tête, il se passe des choses au bout d’un moment. Au final, je suis un peu « out », mais je suis très content. »

Ulysse David (1025 – l’aventure d’Ulysse ), 3ème bateau Série à Horta !

Le skipper a franchi la ligne d’arrivée de la première étape ce samedi 30 juillet à 08h18’15’´ ( heure française ). Il a mis 10 jours 19 heures 11 secondes pour boucler cette première partie de course à une moyenne de 4,91 noeuds.

 » Franchement, la troisième place, je n’y croyais pas beaucoup. J’étais bien parti au début et ensuite je me suis endormi. J’ai mal branché le réveil et du coup je suis parti dans le nord. J’ai ainsi fait quatre milles à contre-sens quand les autres avançaient sur la route. Ça m’a fait mal au classement mais je me suis remotivé et ça a déroulé tout seul. J’ai remonté des places au fur et à mesure. Il y a eu beaucoup de pétole. C’était dur pourtant, à la Mini Fastnet, on s’était bien entraîné dans ce type de conditions. En tous les cas, je suis trop content de cette troisième place. Je n’en espérais pas autant, je suis donc hyper ravi.

On a eu pas mal de vent au cap Finisterre. Je n’ai pas voulu faire l’intérieur du DST (dispositif de séparation de trafic) car je pense que ça représentait plus de risque que de gain. Après, on quand même enchaîné avec deux passages de fronts, deux dorsales… A chaque fois, il a fallu faire du nord pour aller les chercher et donc s’écarter de la route, ce qui n’a pas toujours été facile à accepter. Pour finir, on a bataillé dans l’anticyclone des Açores qui porte bien son nom. C’était globalement une course de ouf et je suis super content. On m’avait dit que cette Les Sables – Les Açores – Les Sables était plus dure que la transat. Moi, c’était ma première vraie course au large, on va dire. Le rythme était donc très différent de ce que je connaissais jusqu’ici. Il a fallu que j’arrive à avoir une vision sur du plus long terme.

Onze jours de course, ça commence à être long. Il faut tenir dans la longueur et il ne faut surtout pas faire de petites erreurs qui peuvent coûter très cher mais aussi ne jamais se dire que c’est perdu, surtout quand on arrive dans un anticyclone car tout peut arriver à la fin. La 3e place, j’ai commencé à y croire hier soir puis tout d’un coup le vent est tombé et je me suis dit « on va oublier les histoires de places ». Je suis allé dormir parce que j’étais vraiment fatigué puis quand je me suis réveillé, j’ai vu que ça bougeait autour de moi. Je me suis retrouvé bord à bord avec Félix Oberlé. Je l’ai doublé et ça l’a fait. Dans ces situations un peu aléatoires, il faut aussi avoir un peu de chance ! ».

Anne-Gael Gourdin (679 – Roll my chicken), 3éme bateau Proto à Horta !

La skipper a franchi la ligne d’arrivée de la première étape ce samedi 30 juillet à 08h07’05’´ ( heure française ). Elle a mis 10 jours 18 heures 49 minutes et 05 secondes pour boucler cette première partie de course à une moyenne de 4,91 noeuds.

Anne-Gaël Gourdin (679 – Roll my chicken) : « Franchement, ça fait du bien d’être troisième après avoir couru tout le temps derrière le podium cette saison. Au Trophée Marie-Agnès Péron, j’avais moyen de gagner et j’ai finalement terminé 4e. Je fais aussi 4e de la Select Pornichet et 4e de la Mini Fastnet. J’étais un peu abonnée à la 4e place et j’espérais conjuguer le sort. Hier, quand j’ai vu Uros (Kraševac) passer à la côte, il était quatre milles devant et j’ai pensé que le podium était, cette fois encore, complètement foutu pour moi. Pour finir, c’est trop bien. J’avoue que je n’ai pas compris ce qui se passait pour lui. Je n’ai pas compris qu’il était allé s’empétoler sous le vent de la ligne. Elle n’a pas été facile cette première étape. Il y a eu beaucoup de molle mais aussi deux passages de front. J’ai découvert le bateau dans le vent fort. Il marche super bien. Malgré un doigt tordu, sous pilote, j’allais aussi vite que les autres. Le bateau était à 17 nœuds alors que je ne faisais rien ! Franchement, il est magique ! J’ai cassé plein de trucs – dont mon bas-étai – que maintenant il va falloir réparer, mais ce ne sont pas des gros trucs et je devrais m’en sortir. Il y a deux-trois coups où je m’en veux, comme dans le dernier front où j’ai viré trop tôt. Mon entorse du majeur m’a pas mal embêtée. En fait, on ne se rend pas compte mais dès qu’on attrape un objet, on est bien handicapé avec ce type de blessure. Je ne sais vraiment pas comment Marie (Gendron) a fini la course, il y a quatre ans, avec deux phalanges cassées. Je suis contente d’être enfin aux Açores. C’est idiot d’aller dans un endroit où il y a un anticyclone mais je suis trop contente de ma course ! (Rires) »

Julie Simon (963- Dynamips ), 2e bateau Série à Horta

La skipper a franchi la ligne d’arrivée de la première étape ce samedi 30 juillet à 01h32’29’´(heure française ). Elle a mis 10 jours 12 heures 14 minutes et 29 secondes pour boucler cette première partie de course à une moyenne de 5,04 noeuds.

Julie Simon (963 – Dynamips) : « La fin de course a été dure. C’était hyper compliqué et hyper long. On ne savait pas d’où ça allait revenir. On a eu une pétole comme on a rarement près des côtes Atlantiques où il se passe toujours des trucs. Là, on est au milieu de nulle part et quand il n’y a pas de vent, il n’y a pas de vent. Je suis contente de cette deuxième place car je n’étais pas du tout en maîtrise de la météo. Les routages n’étaient pas hyper fiables et les routeurs n’étaient pas hyper à l’aise avec les prévisions. En plus, j’ai eu des problèmes avec ma BLU. J’ai donc compté sur deux-trois copains pour me donner juste les situations générales et j’ai fait avec ça parce que je n’avais pas le choix. Dans tous les cas, je m’étais mis en tête que ça m’avait porté préjudice pendant la Mini Transat d’écouter la météo par zone. Ça ne m’avait pas plu et je m’étais dit que je ferai ma stratégie sur la situation générale. C’est ce que j’ai fait. Je n’ai pas été tentée d’écouter d’autres informations ou les classements.

Je ne comprends toujours pas trop ce qui s’est passé à partir du moment où on a passé la dorsale. Il y a eu beaucoup de réussite là-dedans. On a tous subi les oscillations de vent parce qu’on a tous fait les bords rapprochant. Je pense qu’il y avait des couloirs de vent et d’autres sans vent. On a eu l’audace de partir assez loin dans l’ouest avec deux-trois autres concurrents. Après, dans la pétole, on a eu de la chance que ça passe de notre côté alors qu’on était plus proches du centre de l’anticyclone. Ça aurait pu être la cata or ça a payé.

J’ai effectivement cru que je pouvais aller chercher la première place. A un moment, le vent a tourné de 180° et j’ai pensé que je serais la première à le toucher. En fait non. Toute la zone de vent s’est déplacée sur Jean (Marre). J’ai voulu être agressive et j’ai tenté de passer près de l’île mais il m’a mis un mille en passant plus à l’extérieur. Ça a vraiment été compliqué de savoir comment rejoindre la ligne.

Trente minutes d’écart, ça promet pour la deuxième étape. Je lui ai dit « je te laisse gagner celle-là et tu me laisses gagner la deuxième avec un peu plus d’avance ». Dans tous les cas, c’est cool. On verra dans combien de temps arrivent les autres mais ça risque d’être long. J’ai hâte de visiter les Açores et Horta. C’est quand même assez mythique comme escale. Je suis trop contente d’être là. »

Jean Marre, premier bateau Série à Horta : « Un petit soulagement à l’arrivée »

S’il a constamment évolué aux avant-postes lors de la première étape de la 9e Les Sables – Les Açores – Les Sables, confirmant ainsi son bon début de saison, Jean Marre s’est toutefois fait quelques frayeurs dans les derniers milles avant l’arrivée en raison de conditions météo pour le moins aléatoires au cœur de l’archipel portugais. S’il est parvenu à prendre l’avantage sur le petit groupe dans lequel il évoluait au nord de Sao Jorge, il a, en effet, vu Julie Simon revenir comme une balle par le nord dans les dernières heures de course. Finalement, le skipper de Sport dans ma Ville – Time for the Planet est, malgré tout, parvenu à s’imposer ce 30 juillet, aux environs de 1 heure (heure de Paris), avec une avance de 30 petites minutes sur sa dauphine. Un écart infime au terme de dix jours et onze heures de course qui lui permet cependant de signer sa première victoire après trois années sur le circuit, même si tout reste à faire dans la deuxième manche.

Quelle fin de course ! On imagine que jusqu’au bout, compte-tenu de la pétole, vous avez douté ?

« J’avoue qu’il y a eu un petit soulagement à l’arrivée. Je ne m’attendais pas à ce que les 40 derniers milles soient aussi compliqués. J’ai été l’un des premiers à arriver dans l’archipel il y a deux jours, avec un peu d’avance sur le gros du peloton mais le vent a littéralement déserté le terrain et ça n’a fait que revenir, revenir et revenir. Toute la flotte s’est resserrée. Heureusement, ce matin (vendredi, ndlr), j’ai réussi à m’échapper en prenant une petite risée car j’ai bien bossé. J’ai fait tout pour rester devant et je n’ai pas dormi ou presque. Je suis passé par tous les états sur le plan émotionnel alors que j’étais assez serein en entrant dans les îles. Le coach avait dit qu’en arrivant aux Açores l’épreuve n’était pas finie, qu’il y avait une autre course dans la course. Je ne m’y attendais pas à ce point mais je m’en sors bien, tant mieux. Je suis bien content d’être arrivé. »

Dès le départ, vous avez évolué dans le groupe de tête. Laisser échapper la première place dans les vingt derniers milles aurait été dur…

« Ça aurait compliqué à encaisser. J’ai commis quelques erreurs mais j’ai, effectivement, toujours été plutôt devant. Ça m’aurait donc fait un peu mal de finir par me faire doubler, mais si ça avait été le cas, je n’aurais pas eu d’autres choix que de l’accepter, tout en sachant qu’en course au large, ça fait aussi partie du truc. »

Cette saison, vous avez déjà signé trois podiums sur la Pornichet Select, la Mini en Mai et le Trophée Marie-Agnès Péron. C’est toutefois votre première victoire en Mini. Que ressentez-vous ?

« Mon début saison a été surprenant et ce qui se passe aujourd’hui est toujours aussi surprenant. Je viens surtout pour le plaisir. Le fait de voyager comme ça, d’arriver dans les îles, c’est incroyable. Pour moi, c’est toujours un étonnement d’enfant, surtout après dix ou douze jours de mer. C’est pour vivre ce genre de chose et ce type de moments que je fais du bateau. Le résultat, c’est juste le travail qui paie mais j’avoue que c’est cool. »

Il y a deux ans, vous aviez déjà participé à l’épreuve mais avec le Covid-19, c’est votre première fois aux Açores. Est-ce conforme à ce à quoi vous vous attendiez ?

« Cette Les Sables – Les Açores – Les Sables est une course mythique. Beaucoup disent que c’est leur meilleur souvenir en Mini, plus encore que la Mini Transat. J’avais vraiment envie de la faire en allant jusqu’à Horta. On a traversé plein de systèmes : des dorsales, des fronts… On a fait un passage de cap Finisterre dont je me souviendrai toute ma vie, dans 25 nœuds, sous le soleil avec des nuages gris… il y a vraiment eu des images magnifiques mais aussi de belles figures de style, avec des départs à l’abattée incroyables. On a vécu plein de trucs différents et intenses. J’ai fait plein d’erreurs et j’ai donc encore appris plein de choses. »

Votre écart avec Julie Simon, qui termine 2e de ce premier acte, est de seulement 30 minutes et 06 secondes. Cela promet de la belle bagarre lors du match retour !

« C’est clair et c’est avec Julie, encore elle ! Depuis le début de la saison, on est souvent proches à l’arrivée. Donc c’est cool, ça va faire du match entre Faial et la Vendée, et j’espère que ce sera bien bourrin. J’attends ça avec impatience ! »

Pas simple, l’atterrissage sur les Açores !

Alors que les deux premiers Proto ont désormais rallié le port de Horta, c’est maintenant au tour des premiers Série de boucler les 1 270 milles de la première étape de la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables. Petit hic, la situation météo ne leur facilite pas la tâche, bien au contraire. Un axe anticyclonique qui part des Açores et se déplace vers le nord-est génère, sur leur zone de course, une zone avec peu de gradients. En clair, une zone avec très peu de vent qui va s’éterniser jusqu’à dimanche et qu’ils n’ont pas d’autres choix que de traverser puisqu’ils convergent vers Horta. Dans ce contexte, les vitesses des concurrents oscillent ainsi laborieusement entre 0 et 2 nœuds depuis hier. Le gros du peloton a à peine avalé 30 milles ces dernières 24 heures. Rien ou presque sur la route, donc. Il va sans dire que le moindre pouillème de mille grappillé dans le bon sens est précieux, et que le moindre petit différentiel de vitesse pèse lourd dans la balance. Pour preuve, si la petite bande composée de Jean Marre (991 – Sport dans la Ville – Time for the Planet), Adrien Simon (1038 – Faun), Léo Bothorel (987 – Les Optiministes – Secours Populaire 17) et Hugues de Premare (1033 – Technip Energies – International), qui mene la danse depuis le départ, progresse entre 0,7 et 1,2 nœud, plus au nord, Julie Simon (963 – Dynamips) parvient à avancer entre 1,6 et 2,2 nœuds depuis la nuit dernière. Résultat des courses, doucement mais sûrement, elle est en train de faire une jolie « remontada » au classement. Huitième hier à 8 milles du premier, elle est à présent deuxième au pointage et complètement en capacité de signer la victoire d’étape. Si oui, reste à savoir quand. Telle est, en effet, la question à laquelle il est impossible de répondre aujourd’hui. S’il n’y a pas de pression sur l’archipel portugais en ce moment, on l’a compris, quelques effets locaux peuvent toutefois complètement changer la donne en fonction de la topographie des îles et des heures de la journée, notamment lorsque la terre chauffe. Pour résumer, il se peut tout aussi bien que la flotte se mette à accélérer d’un coup à 4 ou 5 nœuds et se présente sur la ligne d’arrivée dans la soirée ou qu’elle galère à rejoindre celle-ci à ses moyennes actuelles et n’arrive pas avant demain matin. La patience est donc de mise, sur l’eau comme à terre…

Jacques Delcroix (753 – Actual), 2e Proto à Horta

Le skipper d’Actual a franchi la ligne d’arrivée de la première étape ce vendredi 29 juillet à 01h29’35 ». Il a mis 9 jours 12 heures 11 minutes et 35 secondes à une moyenne de 5,57 nœuds pour boucler cette première étape.

« La fin, c’était long mais franchement, ce qui se passe avant d’arriver ici, ça s’oublie. Les paysages sont juste incroyables ! Au départ, je ne réalisais pas du tout qu’on allait si loin mais là je réalise vraiment qu’on est aux Açores et c’est trop bien ! Il y a eu tellement de moments géniaux sur l’eau ! Certains ont été longs, certains ont été chouettes… Il y a une époque lors de laquelle j’ai voyagé un peu aux Fidji et dans d’autres endroits comme celui-là, avec des eaux bleues, chaudes et tout… ça me les a rappelés. A un moment, il y a eu un petit calamar qui a sauté… c’était vraiment trop cool.

Au niveau course, cette SAS est vraiment dure. Je pense que la transat sera plus simple sur le plan météo parce que le chemin est un peu plus tracé. Pour venir ici, il faut se frayer des chemins parmi les anticyclones et les dépressions. Au cap Finisterre, il faut choisir tout de suite de faire une route nord ou une route sud et c’est super dur. Au bout de trois jours, j’ai pensé que je n’avais pas dû faire la bonne route et que je n’avançais pas et en fait ça allait. C’était souvent très dur de comprendre la météo. Il y a eu pleins de moments trop cool mais parfois, dans la pétole, ça a été compliqué à gérer. En dessous de deux nœuds de vent, c’était hyper compliqué de faire avancer le bateau. Quand c’était le cas, je me mettais à l’intérieur avec des réveils toutes les 20 ou 30 minutes et parallèlement j’avais une tablette avec des livres. Ça a d’ailleurs été un peu le piège. Mieux vaut prendre des bouquins qu’on n’aime pas à bord, comme ça on ne les lit pas trop ! (Rires) J’avoue que là, j’en ai dévoré pas mal !

Cette deuxième place, c’est trop bien. C’est top. Je suis content d’avoir tous les autres – exception faite de Pierre (Le Roy) – derrière, parmi lesquels des personnes expérimentées ou dotées de bateaux récents. J’ai eu le stress de voir Marie Gendron revenir pleine balle dans les classements hier. Elle était revenue à 30 milles de moi et cet instant n’a pas été simple à gérer. Emotionnellement, si ma place avait bougé, ça n’aurait pas été facile à encaisser. Cette Les Sables – Les Açores- Les Sables ne ressemble en rien aux autres courses de la saison. Je me suis parfois un peu énervé dans la pétole, mais gentiment par rapport à ce que peuvent faire d’autres que je connais (rires) ! J’avais marqué « moral stable » sur le bateau et je n’ai pas trop besoin de me le redire.

Le premier jour, un truc m’a mis un peu dans le jus psychologiquement, après le petit parcours de dégagement en baie : j’ai pris mon éponge pour nettoyer mes panneaux solaires et elle m’a glissé des mains pour tomber à la flotte. C’était celle qui m’aurait servi à éponger le fond du bateau pendant la course et ça m’a mis un coup au moral de même que mes panneaux solaires n’ont pas toujours tous marché. Tout au long de la course je suis resté attentif au sujet de l’énergie. J’ai pas mal barré, peut-être quatre heures par jour. Au final, ça l’a très bien fait et je n’ai eu aucun black-out, seulement des petites bricoles que je vais pouvoir facilement réparer avant la deuxième étape. »

Panne de tracker pour Uros Krasevac

Le tracker d’Uros Krasevac (759 – Ashika II) est tombé en panne de batterie ce jeudi, aux environs de 19 heures. La position du Slovène n’apparait donc plus sur la cartographie et la situation va malheureusement rester inchangée jusqu’à son arrivée à Horta, mais il poursuit sa course normalement.

Arrivées en rafales à venir !

Ce jeudi, alors que le premier concurrent de la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables, Pierre Le Roy, a désormais rallié Horta, les arrivées vont désormais se succéder à partir de la fin d’après-midi, sur l’île de Faial. Prochain concurrent attendu sur la ligne : Jacques Delcroix (753 – Actual). Ce dernier, actuellement empétolé sur le vent de l’île de Graciosa, est attendu entre 17 et 20 heures, heure de Paris, et devrait ainsi boucler les 1 270 milles du parcours de cette première étape en deuxième position chez les Proto. La troisième place, elle, devrait se jouer entre Hubert Maréchal (787 – Osons ici et maintenant) puis Anne-Gaël Gourdin (679 – Roll my chicken) qui jouent actuellement des coudes, mais entre-temps, en milieu de nuit prochaine, les premiers Série auront normalement, à leur tour, terminé leur course. Pour l’heure, Jean Marre (991 – Sport dans ma ville – Time for the planet) tient la corde avec, dans son axe, ses plus proches poursuivants, Léo Bothorel (987 – Les Optiministes – Secours Populaire 17), Adrien Simon (1038 – Faun) et Hugues de Premare (1033 – Technip Energies – International) qu’ils va naturellement tenter de contrôler jusqu’au bout. Il ne pourra toutefois pas en faire de même avec Julie Simon (963 – Dynamips), décalée une trentaine de milles dans son nord. La skipper pourrait ainsi jouer les trouble-fêtes dans les derniers milles d’autant qu’elle bénéficie de davantage de pression grâce à son positionnement. « Le groupe de tête devrait conserver du vent jusqu’à l’arrivée malgré les dévents des îles. En revanche, ceux qui seront toujours en mer demain à la mi-journée vont connaître une fin de course délicate, avec une nouvelle fois assez peu de vent, l’anticyclone étant prévu de se positionner dans leur axe », explique Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve dont les fichiers prévoient que le vent tourne au secteur nord-ouest demain, puis au secteur sud-est dans la journée de samedi. Dans ce contexte, les derniers concurrents ne sont pas attendus avant la nuit de samedi à dimanche à Horta. Petite consolation toutefois, si le vent va mollir et peiner à dépasser les 4-5 nœuds, il va leur permettre d’évoluer au vent de travers et donc, en principe, de ne jamais complètement s’arrêter.

Pierre Le Roy : « Je me suis dit que quitte à être là, autant y aller pied au plancher »

Ce jeudi 28 juillet à 5h01, Pierre Le Roy a bouclé les 1 270 milles de la première étape de la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables au terme de 8 jours et 15 heures de mer. Le skipper de TeamWork, vainqueur en titre de la Mini Transat, s’est ainsi magistralement imposé avec une avance de plus de 70 milles sur son poursuivant le plus proche au terme d’une course parfaitement maîtrisée de bout en bout et lors de laquelle il a, au passage, battu le record de la distance parcourue en 24 heures à bord d’un Mini 6.50, invaincu depuis douze ans ! Interview. 

Vous avez mené ce premier acte du début à la fin. La course n’a pourtant pas été facile, avec des conditions très variées et aussi très aléatoires sur les derniers milles…

« On a, effectivement, eu un peu tout. Ça n’a pas toujours été facile surtout que je ne savais pas trop comment me situer par rapport aux autres dans la mesure où cette saison, j’ai très peu navigué contre les nouveaux bateaux. Le fait de me retrouver assez rapidement seul, ça m’a un peu rassuré. Je ne savais pas trop comment doser dans le vent fort puis je me suis dit que quitte à être là, autant y aller pied au plancher. C’était plutôt une bonne idée je pense. J’ai l’impression que c’est là que j’ai fait la différence parce qu’ensuite, on a tous joué avec la molle pour essayer de se rapprocher des îles et ça n’a plus changé tellement la donne. »

C’est, de fait, le moment où vous avez fait le break sur la concurrence, et c’est aussi le moment où vous avez fait tomber le record des 24 heures établit par Bertrand Delesne lors de cette même épreuve en 2010, le passant de 304,9 à 308 milles…

« C’est top. Ce qui est trop cool, c’est qu’il y a toujours une histoire de transmission dans la classe Mini et que Bertrand, justement, a été l’un de premiers à me faire une formation sur comment gérer sa caisse à outils et ce genre de chose, quand je suis arrivé à Lorient. Il fait partie des gens qui m’ont appris le Mini et c’est important pour moi de le rappeler. Améliorer son record, ça me fait forcément quelque-chose. C’est vrai que la course s’est plutôt bien déroulée pour moi. Le bateau a quand même un petit peu ramassé parce que je n’ai pas été très tendre. Je vais m’atteler à réparer tout ça pour la deuxième étape. »

Avez-vous compris que vous étiez dans les clous pour le record lorsque vous étiez en mer ?

« Je ne m’en suis pas rendu-compte. Je l’ai su à la vacation radio. J’ai rapidement compris que c’était, de fait, un bon créneau car j’ai vraiment pu faire un tout droit dans les alizés portugais mais au moment où j’y étais, je n’y ai pas du tout pensé. J’étais davantage en train d’essayer de gérer la mer qui n’était vraiment pas facile et je naviguais même avec un peu moins de toile que d’habitude. »

Finir la première étape avec autant d’avance, on imagine que ça met en confiance pour la seconde ?

« Je suis clairement très content pour le classement général. Je vais maintenant vouloir gagner la deuxième manche, c’est sûr. Je ne vais pas y aller avec le frein à main ! Je suis toutefois assez curieux de rejouer ma course et de voir surtout ce que j’ai fait lors des deux-trois derniers jours. Je ne suis pas très sûr de ma trajectoire et en particulier la manière dont j’ai négocié le dernier front. Je ne suis pas persuadé que c’était super intelligent mais c’était un peu compliqué. Autant la météo, sur le début de l’étape, correspondait bien à ce quoi on s’attendait, autant sur la fin, c’était difficile de voir comment aborder les petits fronts qui trainaient autour des Açores. »

Avez-vous douté à un moment dans les derniers milles ?

« Bizarrement, je suis toujours resté assez serein car je comprenais qu’on était tous à peu près dans du vent mou. Je ne voyais pas par où les autres pourraient passer pour reprendre autant de milles dans une situation telle que celle-ci. C’était un peu différent de la Mini Transat où, effectivement, ça pouvait passer par la droite et par la gauche. Pour finir, je suis très vraiment suis content. »

Problème de tracker pour Damien Job

Le cap de Damien Job (819 – Sugoi Cherche Partenaires) sur le dernier relevé de cartographie a de quoi surprendre. Pas d’inquiétudes cependant. Il s’agit simplement d’un problème de tracker. Lors de la réactualisation des positions à 18 heures, le marin affichera de nouveau une trajectoire normale.

Moins de 24 heures avant l’arrivée du premier !

Ce mercredi 27 juillet, après 24 heures au ralenti, les Ministes de la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables ont retrouvé un peu de pression. Certains, à l’image de Jacques Delcroix (753 – Actual) chez les Proto, mais aussi de Julie Simon (963 – Dynamips), Félix Oberlé (1028 – Mingulay) ou encore Luca Rosetti (968 – Race = Care) chez les Série, qui se trouvent dans un petit front, au nord de la flotte, affichent même des vitesses à deux chiffres. Ce différentiel de vitesse avec le reste du peloton leur permet de grappiller de précieux milles au pointage mais ils le savent, ça ne va pas durer. Tout ce qui est pris maintenant ne sera donc plus à prendre ensuite d’autant que la suite, justement, promet d’être complexe, voire même franchement laborieuse. La raison ? L’anticyclone est en train de venir se caler sur les Açores. En conséquence, le vent va mollir sérieusement sur l’archipel portugais à partir de demain à la mi-journée. Si les marins risquent, une nouvelle fois, de s’arracher quelques cheveux pour réussir à gagner vers le but, les observateurs peuvent, eux, s’attendre à se régaler, avec de possibles gros retournements de situation, notamment du côté des bateaux de Série dans la mesure où certains concurrents ont fait des choix de routes très nord et d’autres très sud (plus de 230 milles séparent les plus extrême en latéral à 220 milles de l’arrivée !). « Les cartes peuvent être bien redistribuées d’ici à l’arrivée », confirme Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve. « Le vent devrait tourner au nord nord-ouest à partir du début d’après-midi, dans un premier temps pour les bateaux situés dans la moitié nord de la flotte, puis dans un second temps pour les autres. Reste que si ça va adonner pour tous, ça va aussi beaucoup mollir sur la fin du parcours, en particulier à partir de demain à la mi-journée », détaille le spécialiste. Cela signifie que hormis Pierre Le Roy (1019 – TeamWork), qui, sauf avarie ou énorme coup de Trafalgar, est attendu en vainqueur de cette première étape tôt demain matin à Horta, quelques surprises ne sont pas à exclure aux abords des îles. Des îles qui, pour certaines, culminent à plus de 2350 mètres d’altitude, comme Pico, et qui génèrent naturellement d’importantes zones de dévents. Réussir à trouver le parfait trou de souris ne sera pas facile. Terceira, Graciosa, Sao Jorge et Pico seront autant d’obstacles qu’il faudra réussir à négocier au mieux avec, d’une part, peu d’informations météo et, d’autre part, une fatigue qui s’est largement accumulée après déjà huit jours de mer.

Après des records de vitesse, des records de lenteur

« Sur la fin de cette première étape, on verra ceux qui arrivent à garder leur sang-froid et ceux qui pètent les câbles », avait déclaré Nicolas Coudrais (900 – Lalou Multi) avant le départ. Le skipper de l’unique foiler de la flotte de cette 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables, comme ses concurrents, savait que les derniers milles de cet acte 1, entre la Vendée et l’île de Faial, seraient à la fois délicats et compliqués pour les nerfs. Pas facile, en effet, de rester calme quand le vent est faible et instable. Quand le petit copain décalé de quelques milles, au vent ou sous le vent, parvient à attraper un petit filet d’air alors que de son côté on est littéralement scotché, avec parfois un bateau qui tourne sur lui-même sans même que l’on puisse le contrôler. Car c’est bien de cela dont il s’agit. Ces dernières 24 heures ont, de fait, été franchement laborieuses pour les Ministes, la faute à un flux de sud-ouest irrégulier qui n’a jamais dépassé les 5 nœuds. Aussi, si Pierre Le Roy a battu, il y a tout juste quatre jours, le record de la distance parcourue en 24 heures à bord d’un Mini 6.50 (308 milles), cette fois ce sont des records de lenteur que les uns et les autres ont enregistré. Pour preuve, tous ont avalé entre 58 et 101 milles en une journée (soit des vitesses moyennes comprises entre 2,4 et 4,2 nœuds), en fonction de leur positionnement sur le plan d’eau, avec un avantage pour les bateaux les plus au sud qui sont parvenus à conserver le – léger – flux de sud-ouest plus longtemps. Résultat des courses : quelques chamboulements au pointage, et en particulier chez les Série. La preuve, si Jean Marre (991 – Sport dans ma ville – Time for the plantet) et Léo Botorel (987 – Les Optiministes – Secours Populaire) occupaient les commandes de la flotte avec un matelas de cinq milles sur leurs poursuivants dimanche soir, ce mardi, Damien Fleury (947 – Utopik) a pris le leadership avec près de 30 milles d’avance. Une avance qu’il n’est toutefois pas certain de conserver car ses rivaux, placés plus au nord, vont attraper en premiers le vent de sud sud-ouest à venir. « Ce flux va rentrer dans la journée autour de 7-8 nœuds puis se renforcer légèrement pour atteindre 10 nœuds dans la soirée pour la première moitié du peloton, et dans la nuit pour le reste de la flotte. Celui-ci devrait tourner au nord-ouest dans la journée de demain avant de mollir de nouveau dans la journée de vendredi », explique Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve. En clair, cela signifie que ça va continuer de tourner au ralenti ou, à tout le moins, pas très vite, mais aussi et surtout que l’élastique va se tendre à nouveau et que les premiers vont continuent de creuser l’écart, même s’ils vont évoluer au près. Quid des ETA (estimations d’heures d’arrivées) ? Jeudi matin pour Pierre Le Roy qui vient tout juste de passer sous la barre des 200 milles restant à parcourir, une vingtaine d’heure plus tard pour son plus proche poursuivant, Jacques Delcroix (753 – Actual), puis entre vendredi et samedi pour la grosse majorité de la bande.

De l’instabilité dans l’air

Alors qu’ils sont en passe de boucler leur sixième jour de mer, les 70 Ministes toujours en lice dans la première étape de la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables ont, ce lundi à la mi-journée, tous ou presque passé le petit front qui se trouvait sur leur route, exception faite de quelques concurrents situés les plus au sud, à l’image de Damien Job (819 – Sujoi cherche partenaires) ou de Peter Jr Gibbons-Neff (837 – Terminal Leave). Aussi, si ces derniers composent encore avec un flux de sud-ouest, les autres évoluent maintenant dans un vent de secteur nord nord-ouest. Un vent qui reste toutefois faible puisqu’il peine à dépasser les 6-7 nœuds, mais aussi et surtout qui souffle de manière très irrégulière. Les solitaires doivent donc s’adapter à ces différences de pression et rester concentrés sur leurs réglages pour grappiller ce qui peut l’être et se rapprocher du but. « Comme attendu, la journée va être délicate dans ce vent mou et mal établi », explique Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve. Selon les derniers fichiers, à partir de la nuit prochaine, la situation devrait heureusement s’améliorer doucement, en tous les cas dans un premier temps pour le leader, Pierre Le Roy (1019 – TeamWork). Ce dernier devrait, en effet, retoucher davantage de pression dans les 150 milles avant l’arrivée. Petit bémol, il se retrouvera au près. A date, son arrivée est ainsi estimée en en fin de journée de mercredi avec, a minima, une avance d’une quinzaine d’heures sur son dauphin. « Un nouveau front – pas très actif toutefois -, est prévu de passer sur le reste de la flotte dans la journée du 27. Pour le gros du peloton, l’étape va se finir avec du vent de nord-ouest pas très fort et qui pourrait avoir pour effet de resserrer la flotte aux abords de l’archipel », note Christian. De quoi rajouter un peu de piment, notamment chez les bateaux de Série où le match est ultra serré entre les deux leaders, Léo Bortorel (987 – Les Optiminites – Secours Populaire 17) et Jean Marre (991 – Sport dans ma ville – Time for the planet), mais aussi à tous les étages. A noter par ailleurs : Anne-Gaël Gourdin (679 – Roll my chicken) a indiqué à la Direction de course s’être brulée avec son Jet-boil. La navigatrice, qui pointe actuellement en 3e position chez les Protos, poursuit malgré tout sa course avec une vitesse et un cap normaux.

Prendre son mal en patience

Ce dimanche 24 juillet, alors qu’ils s’apprêtent à entamer leur sixième jour de mer dans le cadre de la première étape, les concurrents de la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables ont désormais tous ou presque retrouvé du vent de sud-ouest à l’arrière de la dorsale qu’ils ont été contraints de traverser, pour la plupart dans la journée d’hier. Reste que s’ils ont retrouvé un nouveau vent, ce dernier reste mollasson.

Leurs vitesses de progression ne dépassent guère les 5 nœuds et ça ne va pas s’arranger des masses avant la journée de mardi. En effet, même si un vieux front est prévu de passer sur la flotte à partir de cet après-midi, générant des vents autour de 15 nœuds, le flux de nord-ouest que récupèreront les Ministes ensuite s’annonce très faible. En cause : une zone anticyclonique qui se met en place. Dans ce contexte, les solitaires n’auront pas d’autre choix que de faire preuve de patience lors de la journée de demain qui promet d’être à la fois longue et un peu pénible pour les nerfs. La bonne nouvelle, cependant, c’est que dans la journée de mardi, une petite dépression est prévue de se creuser au nord de l’archipel des Açores avec, à la clé, un vent de secteur sud-ouest soufflant entre 10 et 15 nœuds. De quoi garantir, d’une part, des derniers milles moins complexes qu’annoncé au départ même si les dévents des îles, avec notamment le volcan de Pico qui s’élève à 2 351 mètres d’altitude, risquent, comme toujours, de jouer les trouble-fêtes et, d’autre part, des écarts peut-être moins considérables que dans un scénario plus aléatoire. Dans ce contexte, le gros du peloton devrait avoir rallié Horta entre le 27 au soir et le 29. Rappelons toutefois qu’à date, plus de 300 milles séparent le premier du dernier. Plus encore si on prend en compte l’Italien Matteo Bandiera (455 – Anywave Ocean) qui a rejoint le port de Nazaré, au nord de Lisbonne, aux environs de 3 heures la nuit dernière. Pour l’heure, la Direction de course ne connait toujours pas le motif de son escale ni ses intentions pour la suite de la course.

Au ralenti

Après une journée rapide, hier, lors de laquelle Pierre Le Roy (1019 – TeamWork), le leader de la flotte de cette 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables, a battu le record de distance en 24 heures à bord d’un Mini 6.50 en parcourant 308 milles entre le 21 juillet à 16h30 et le 22 juillet à la même heure, améliorant ainsi la performance réalisée par Bertrand Delesne lors de cette même épreuve en 2010, le changement de rythme est assez radical ce samedi. Et pour cause, les Ministes buttent actuellement dans la dorsale qui leur barre la route de Horta. Finies les vitesses à deux chiffres. C’est au ralenti, entre 2 et 6 nœuds, que les uns et les autres progressent en ce moment. Le programme du jour est donc clair, il s’agit de réussir à s’extirper au plus vite de cette zone de vents faibles. D’ores et déjà, quelques concurrents, situés parmi les plus au nord, semblent tirés d’affaire, à l’image de Marc Claramunt (709 – Sponsor wanted) ou d’Anne-Gaël Gourdin (679 – Roll my chicken) chez les Protos, mais aussi d’Ulysse David, (1025 – L’aventure d’Ulysse), de Hugo Mathieu, de Luca Rosetti 998 – Race = Care), de Christophe Noguet (1057 – Vignoble Marchais) et de quelques autres chez les Série. Ceux-là composent désormais avec un flux de secteur sud-ouest et évoluent, par conséquent, au près. Dans les heures qui viennent, ils vont rapidement être imités par l’ensemble du peloton. Un peloton qui s’étire aujourd’hui sur plus de 300 milles de long et sur près de 180 milles en latéral. Des écarts considérables à ce stade de la course qui n’ont certainement pas fini de se creuser d’ici à l’arrivée car la situation pour les prochains jours n’a rien de simple. Après le passage de ce qui reste d’un front dans la journée de demain ou dans la nuit de dimanche à lundi, l’anticyclone se remet en place sur les Açores, avec assez peu de vent. De quoi rendre compliqué et même franchement aléatoire l’atterrissage sur l’archipel portugais d’autant qu’à part subir, les solitaires n’auront pas grand-chose d’autre à faire ou à tenter. Quid des ETA dans ce contexte ? Pas de changement notable. Le leader devrait boucler les 1 270 milles de cette première étape dans la matinée du mercredi 27. A retenir par ailleurs : ce samedi matin, aux alentours de 8h30, l’Italien Matteo Bandiera (455 – Anywave Ocean) a signifié à la Direction de course qu’il se déroutait vers le port de Nazaré, au nord de Lisbonne, sans donner plus de précisions pour le moment. Thomas André (929 – Frankiz)a, pour sa part, indiqué à l’un des bateaux suiveurs qu’il avait perdu un safran à la suite d’une collision avec un OFNI (objet flottant non identifié). Il poursuit cependant sa route en direction de Faial malgré son handicap.

Perte d’un safran pour Thomas André

Depuis quelques heures, ceux qui suivent la cartographie avaient remarqué que la vitesse de Thomas André (929 – Frankiz) avait chuté. Et pour cause : le navigateur a indiqué ce 23 juillet à l’un des bateaux suiveurs qu’il avait perdu un safran à la suite d’une collision avec un OFNI (objet flottant non identifié). Il poursuit cependant sa route en direction des Açores malgré son handicap.

Record des 24 heures battu par Pierre Le Roy

Le record de distance à bord d’un Mini 6.50 vient d’être battu par Pierre Le Roy, ce 22 juillet 2022. Le skipper du plan Raison aux couleurs de TeamWork a, en effet, parcouru 308 milles entre hier 16h30 et aujourd’hui à la même heure, alors qu’il est en course – et en tête – dans la première étape de la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables. Le Lillois a ainsi fait tomber la performance réalisée par Bertrand Delesne qui avait avalé 304,9 milles lors de la seconde étape de la même épreuve, en 2010.

Un axe… dans l’axe

Ce vendredi 22 juillet, la quasi-totalité de la flotte de la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables a débordé le cap Finisterre. Un cap où, comme on s’y attendait, la flotte s’est scindée, avec d’un côté le gros du peloton emmené par Jacques Delcroix (753 – Actual) ayant choisi de contourner le dispositif de séparation de trafic éponyme par l’extérieur, et de l’autre un petit groupe composé d’une dizaine de skippers dont Pierre Le Roy (1019 – Team Work), l’actuel leader de la bande. Ce dernier n’a toutefois pas gagné beaucoup avec son option, au contraire même. S’il affiche toujours une belle avance de 23 milles sur son plus proche poursuivant, le Lillois n’a, en effet, pas accentué son avance sur ce coup-là, sans doute en raison d’un contre-bord en bordure de DST pas forcément optimal, même s’il a affiché des moyennes de vitesse comprises entre 15 et 17 nœuds entre deux relevés au pointage. A l’inverse, les concurrents en bateaux de série qui ont emprunté le même chemin, mais en poussant plus près de la côte, ont, eux, grappillé un peu de terrain sur leurs adversaires.

La suite ? Il se trouve que la prochaine difficulté pointe déjà son nez et elle se concrétise par un axe anticyclonique planté pile poil sur la route des solitaires. Ce dernier se déplace doucement vers eux, pour finir par s’étirer entre le cap Ortegal et Punta Delgada dans la journée de demain. Tous ne vont donc pas avoir d’autre choix que de le couper à un moment ou à un autre. Aussi, si pour l’instant, ils cavalent bon train, propulsés par un flux de nord-est soufflant entre 15 et 20 nœuds, ils vont petit à petit ralentir. C’est d’ailleurs déjà le cas pour certains, à l’image de Mathilde de la Giclais (951 – Williwaw), la concurrente la plus au nord. « Cette dorsale n’est pas si large mais elle va générer des vents très mous sur une cinquantaine de milles pour les Ministes. Les nordistes vont effectivement ralentir avant les sudistes, mais ce sont eux aussi qui vont récupérer en premier le flux de sud-ouest à l’arrière. Il est également très probable qu’ils aient moins de difficultés à traverser cet axe en bénéficiant d’un peu plus de pression », commente Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve.

Les Solitaires ne sont donc pas au vent des surprises d’autant que d’ici à l’arrivée – prévue dans la matinée du mercredi 27 juillet pour les leaders -, le passage d’un front avec des vents jusqu’à 25 nœuds est annoncé et que de la molle les attend aux abords de l’archipel portugais. A noter par ailleurs : François Letissier (427 – Birvidik), le doyen de l’épreuve mais aussi le skipper doté du plus vieux bateau de la flotte, a indiqué à la Direction de course la casse de l’un de ses outriggers. Il poursuit cependant sa route en direction de Horta.

Scission des troupes au cap Finisterre

Alors qu’ils entament leur troisième jour de course, les concurrents de la 9e Les Sables – Les Açores – Les Sables poursuivent leur descente en direction de la pointe nord-ouest de l’Espagne, toujours propulsés depuis hier par un flux de secteur nord-ouest soufflant entre 15 et 20 nœuds. En milieu de matinée, comme on s’y attendait, les choix de routes ont commencé à diverger entre les uns et les autres, certains, à l’image de Pierre Le Roy (1019 – TeamWork), ayant choisi de piquer franchement au sud pour ainsi passer entre la côte et le DST (dispositif de séparation de trafic) du cap Finisterre, et d’autres, à l’instar de Jacques Delcroix (753 – Actual) puis du gros du peloton, ayant clairement opté pour passer à l’extérieur. « Ceux qui vont passer à l’intérieur vont devoir composer avec jusqu’à 35 nœuds en raison de l’accélération du vent à cet endroit. Les autres vont avoir un peu moins de pression mais aussi un peu moins de mer. Pour eux, ce sera dur un peu moins longtemps », a indiqué Christian Dumard, le consultant météo de la course. Tous, en tous les cas, vont continuer de cavaler bon train ces prochaines 48 heures – leurs vitesses actuelles oscillent entre 8 et 14 nœuds. Soigner la conduite et les réglages, mais aussi et surtout limiter les sorties de pistes pour éviter la casse matérielle vont donc faire partie du programme aux abords du fameux cap et au large des côtes portugaises. Reste que placer le curseur au bon endroit entre vitesse et sécurité ne sera pas le seul enjeu des deux prochains jours pour les Ministes. Ces derniers vont, en effet, devoir prendre une vraie décision stratégique pour traverser au mieux l’axe anticyclonique qui descend vers le sud et va littéralement leur barrer la route dans la journée de samedi. En clair, si le passage du cap Finisterre va scinder la flotte aujourd’hui, il y a fort à parier que la meute s’éclate plus largement en fin de semaine. En clair, il est très probable que les 80 milles qui séparent le premier du dernier et les 55 milles qui éloignent les concurrents les plus extrême en latéral soient exponentiels, à moins qu’à l’inverse, le ralentissement des troupes relance complètement la donne et, par ricochet, la hiérarchie actuelle. Seule certitude : il va y avoir du jeu et les marins n’ont pas fini de passer du temps à la table à cartes dans les heures qui viennent !

Abandon de Fabrice Sorin

Contrarié par des soucis électroniques, et notamment par un problème d’aérien, depuis hier, Fabrice Sorin a signifié à la Direction de course son abandon dans cette 9e Les Sables – Les Açores – Les Sables, ce jeudi en fin de matinée. Le skipper du Maxi 968 – Cartoffset, qui avait terminé à la 4e place lors de la dernière édition en 2020 et ambitionnait d’aller chercher un podium cette année dans la catégorie des bateaux de série, devrait rallier le port de Lorient.

Des choix importants à opérer lors des prochaines 48 heures

Partis hier en tout début d’après-midi pour la première étape de l’épreuve (1 270 milles à destination de Horta), les 72 Ministes en lice dans la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables ont, comme prévu, composé avec le passage d’un petit front la nuit dernière. « Le début de course a globalement été paisible même si les bateaux accompagnateurs ont indiqué que le vent avait soufflé à 20-25 nœuds et même jusqu’à 30 en rafales. Pour l’instant donc, rien à signaler au sein de la flotte hormis des soucis d’énergie rapporté par deux concurrents, Bruno Lemunier (893 – Kalisto) et Fabrice Sorin (968 – Cartoffset) », a indiqué Denis Hugues, le Directeur de course, ce mercredi à la mi-journée. De fait, à ce stade de la course, pas d’abandon ni de retour au port. Tous les solitaires, qui ont dans un premier temps tiré des bords au près dans un flux d’ouest, évoluent à présent au travers, propulsés par un vent de secteur ouest nord-ouest soufflant à une quinzaine de nœuds. Dans ce contexte, les vitesses des uns et des autres oscillent entre 7 et 11 nœuds, avec un net avantage pour Pierre Le Roy (1019 – TeamWork) qui a, non seulement parfaitement négocié la bascule du vent, mais qui se trouve aussi être le plus rapide du peloton. « Pierre creuse le trou sur le reste du groupe. Il navigue vite et propre mais la course n’est pas finie, loin de là », assure Denis. De fait, le météorologue Lillois, vainqueur en titre de la Mini Transat, régate un cran au-dessus du lot et compte déjà une avance de plus de 15 milles sur Marie Gendron (1050 – Léa Nature) et Jacques Delcroix (753 – Actual) au pointage des Protos, mais le jeu ne fait que commencer. Même chose du côté des bateaux de série où le match est, pour l’heure, bien plus serré puisqu’Ulysse David (1025 – L’aventure d’Ulysse), Thomas André (929 – Frankiz) et Jean Marre (991 – Sport dans la ville – Time for the planet) se tiennent en moins de 2,5 milles et que leurs vingt poursuivants les plus proches restent accrochés à leurs basques, même s’il convient de noter que le paquet s’étale sur plus de 50 milles en latéral. « Cet écart s’explique par le fait que, ces dernières heures, certains ont préféré glisser un peu sous la route pour éviter de faire du près serré », souligne le Directeur de course. La suite ? Elle s’annonce cruciale sur le plan stratégique. Dans un premier temps, les Ministes vont en effet devoir choisir de passer à l’intérieur ou à l’extérieur du DST (dispositif de séparation de trafic) du cap Finisterre. Ensuite, ils devront également trancher concernant le meilleur moment pour traverser l’axe anticyclonique qui va leur barrer la route des Açores pour aller chercher un nouveau front. En clair, deux décisions importantes vont devoir être prises dans les prochaines 48 heures et ces dernières risquent bien d’être déterminantes pour la suite de la course. Autrement dit, les marins vont devoir se gratter la tête mais ils vont aussi devoir être vigilants pour éviter les sorties de pistes car demain, au large de la pointe nord-ouest espagnole, et notamment dans la partie sud du DST, le vent, qui doit adonner d’ici à ce soir et permettre aux Ministes d’envoyer les gennakers puis les spis, va aussi se renforcer pour atteindre les 35 nœuds.

En route pour Horta !

Comme prévu, ce mardi 19 juillet à 13H18, le coup d’envoi de la 9e édition des Sables – Les Açores – Les Sables a été donné dans un flux de secteur ouest soufflant entre 10 et 15 nœuds. Les 72 Ministes en lice se sont ainsi élancés pour la première étape de l’épreuve, un morceau de 1 240 milles à destination d’Horta. Si Léo Botorel (987 – Les Optiministes – Secours Populaire) a pris le meilleur départ, Yaël Poupon (1051 – Bihannic – Groupe Asten) a rapidement pris le commandement de la flotte, passant en tête la première marque et bouclant le petit parcours de dégagement mouillé en baie des Sables d’Olonne toujours dans la même position, après un peu plus d’une heure de course avec, à ses trousses, Damien Fleury (947 – Utopik) et Jacques Delcroix (753 – Actual), le premier Proto. Reste que les dés étaient évidemment loin d’être jetés surtout que ce qui attend maintenant les solitaires n’a rien de simple. En effet, si le scénario semble assez clair pour les quatre prochains jours, l’atterrissage sur l’archipel portugais demeure très incertain. De quoi garantir quelques surprises !

« C’est une chouette première étape qui nous attend. Il va y avoir pas mal de choix à faire compte-tenu de la météo. Je suis content parce que je vais passer du temps à la table à carte mais je suis aussi un peu stressé parce que ce n’est pas très clair et je ne suis pas sûr que ça s’éclaircisse très vite », a commenté Pierre Le Roy, ce mardi, peu avant de quitter Port Olona. De fait, si le scénario des premiers jours de course est relativement limpide, avec le passage d’un petit front peu actif la nuit prochaine puis, à l’arrière, la bascule du vent au nord-ouest, ce qui permettra aux solitaires de descendre au portant plein gaz jusqu’au cap Finisterre puis le long des côtes portugaises, la suite, à partir du 22 au soir, s’annonce plus complexe. Pour l’heure, en tous les cas, elle demeure très incertaine, ainsi que le confirme Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve : « A partir de vendredi, les Ministes vont devoir gérer deux obstacles avec, d’une part, un grand axe anticyclonique qu’ils vont devoir contourner, soit par le nord, soit par le sud, et, d’autre part, un petit front pas très actif à l’arrière duquel il risque d’y avoir très très peu de vent ».

Une course en deux temps

Dans ce contexte, le plan d’action des uns et des autres est clair : il va s’agir de grappiller tout ce qu’il est possible avant de potentiellement voir la situation devenir très aléatoire, et donc propices aux retournements de situations. « On va tout miser sur les premiers jours avec du vent pour bien se placer par rapport aux petits copains et essayer de prendre un peu d’avance car on sait que sur la fin, il va falloir slalomer entre différents systèmes et que ça risque d’être un peu le bazar. Sur les derniers 150 milles, on va voir ceux qui pètent des câbles dans la pétole et ceux qui arrivent à garder leur sang-froid. Pour ma part, après avoir fait la Mini Fastnet et avoir vécu six jours d’affilée de molle cette année, je suis prêt à tout ! (Rires) », a indiqué Nicolas Coudrais (900 – Lalou Multi) qui espère exploiter tout le potentiel de son foileur dans ses conditions de prédilections. Même son de cloche ou presque du côté du skipper de TeamWork, vainqueur en titre de la Mini Transat. « Tout ce qui sera pris lors des quatre premiers jours ne sera plus à prendre ensuite, notamment au large de l’Espagne et du Portugal. Au large du cap Finisterre, il va falloir tartiner dans le vent fort sur une mer chaotique mais placer le curseur au bon endroit pour ne rien casser. C’est généralement quelque-chose qui me réussit bien », a commenté le météorologue lillois annoncé comme le grand favori de l’épreuve chez les Proto, qui reste cependant prudent.

Savoir faire preuve de patience… et d’opportunisme

« Plus encore que d’aller chercher la victoire, j’ai vraiment envie de bien faire, de me faire plaisir et de réussir à prendre les bonnes décisions. Si j’y arrive, je pense que je peux gagner mais c’est toujours pareil, il peut se passer plein de trucs : une casse matérielle, une erreur stratégique… rien n’est à exclure », a commenté Pierre qui garde en mémoire une fin de première étape épique dans la pétole lors de sa première participation à la course en 2018 (il avait terminé 6e en bateau de série). C’est un fait, pour rallier Horta, la route est longue et les chausse-trappes nombreuses. « Les conditions vont être un peu particulières parce qu’on va avoir des temps d’arrêt, des temps de reprise… il va falloir négocier au mieux tous les aléas météorologiques. Il va y avoir du match, il va y avoir du jeu et il va falloir être dessus. La régate va prendre le dessus quoi qu’il arrive. Il va falloir être opportuniste et bien écouter la lecture des bulletins météo quotidiens, notamment à partir du 21 ou du 22. C’est à partir de là que ça va se compliquer car aujourd’hui les modèles sont encore un peu aléatoires. Il va falloir être tout le temps sur les réglages et opportuniste sur l’évolution des systèmes, mais ça va être une course magnifique », a concluFabrice Sorin (968 – Cartoffset) qui, pour mémoire, avait terminé 4e de la dernière édition qui s’était jouée entre Les Sables d’Olonne et la baie de Morlaix en raison de la pandémie de Covid-19, et qui se réjouit de faire « enfin » ce joli voyage à destination de Faial. Faial où les premiers sont attendus entre mardi et mercredi prochain.

Ils ont dit :

Arnaud Rambaud (850 – Permis de construire – Acieo) : « Je suis un peu stressé, on ne va pas se mentir. C’est la première course où on va se retrouver vraiment au large et pas bloqué entre quatre bouées et trois côtes. Cela étant, on est préparé pour ça aussi, donc normalement ça devrait bien se passer. Ce que j’appréhende surtout, c’est la panne électronique. J’en ai eu pas mal pendant la saison et c’est un peu ma bête noire. C’est vraiment le truc qui me fait peur sinon, le reste, ça va. Ça va être sympa. On a une super météo donc si l’électronique tient, ça va être une course géniale. Au début, ce qui va être important, c’est d’être parmi les premiers à toucher le flux de nord-ouest à l’arrière du front pour prendre le tapis roulant ensuite. Parallèlement, il faudra être vigilant concernant la météo sur les Açores car elle est assez instable pour l’instant. Il va y avoir de grosses options qui vont se dessiner et la course va se jouer à ce moment-là. Je ne me mets pas trop de pression avec des objectifs de résultat. Terminer cette première étape avec un bateau en bon état, ce sera déjà super. En Proto, on est que douze alors si je pouvais éviter de ramasser les bouées, ce serait quand même mieux. Je sais qu’il y a du gros niveau donc il va falloir se battre. »

Anne Liardet (903 – Cancer@work) : « Je suis très contente de retourner aux Açores. J’y suis allée plusieurs fois en convoyage puis une fois en escale lors de la Route du Rhum en 1990, mais jamais en course. C’est un endroit super mais il faut y arriver. La route est longue, il y a presque 1 300 milles, et ça va être un peu tordu au niveau météo. Ça ne va pas être trop compliqué au départ mais l’atterrissage sur les îles s’annonce délicat. On a beaucoup d’incertitudes mais on s’attend à de la pétole avec une dorsale à traverser. Il faudra bien négocier tout ça mais c’est le jeu de la course. Il faudra être bien attentif lors des bulletins météo journaliers. C’est vraiment génial de partir avec une bande de petits jeunes et de revenir sur le circuit Mini. Depuis ma Mini Transat en 1985, je m’étais promis que je la referai et je m’éclate depuis que j’ai le bateau, c’est-à-dire depuis fin 2020. La classe est super. »

Julie Simon (963 – Dynamips) : « Je suis trop contente d’être au départ de cette Les Sables – Les Açores – Les Sables. La boucle est bouclée parce que ma toute première course en solitaire était cette même course il y a deux ans, mais avec une escale en baie de Morlaix en raison du Covid. J’avais eu plein de soucis techniques et j’avais dû abandonner la dernière étape. A l’époque, ce n’était pas la même en termes d’expérience, etc… Maintenant, le bateau est fiabilisé et je le connais sur le bout des doigts. Aller jusqu’aux Açores pour de vrai, c’est vraiment bien surtout que c’est ma dernière course en Mini avec mon bateau. J’aimerais bien faire un podium même si je reste plus confiante sur des plus petites courses où je sais que je peux gagner du temps dans les manœuvres et bien jouer sur le plan tactique. Là, je sais que je suis un peu moins à l’aise pour l’analyse des fichiers météo mais ça va être hyper intéressant. Je pense que la flotte va s’éclater à un moment et que ce sera sympa à suivre sur la carto. »

Victoire Martinet (1031 – Chilowe) : « Ça me fait un peu flipper parce que c’est loin les Açores. Le but, c’est vraiment d’arriver de l’autre côté en n’ayant rien cassé et en n’ayant pas fait trop de bêtises. Je pars avant tout pour l’aventure. Je suis super motivée parce que je connais Horta. J’ai trop hâte d’y retourner et de passer une super semaine de vacances sur place si j’arrive à ne pas la passer à réparer mon bateau ! (Rires) Je vais être prudente sur l’eau pour arriver sans m’être trop fait peur sur la première étape et avoir envie de repartir sur la deuxième. On sait que côté météo, on ne va pas se faire trop mal. On va partir dans des conditions assez « light », plutôt au près, donc ça ne va pas être trop musclé tout de suite. Le reste de la course est plus incertain. Il va falloir comprendre la météo. Ça va être un super entraînement pour la Mini Transat. Il se peut que ça dure un peu plus longtemps que d’autres années. Pour ma part, j’ai pris plein de bouffe. Je préfère avoir trop que pas assez et j’ai pris beaucoup de choses différentes parce que je suis un peu malade en mer et que je n’ai pas toujours envie de la même chose. Ça va aller, même si je ne réalise pas trop. »

Peter Cools (1034 – Providenti’elles) : « Ça fait longtemps qu’on prépare cette course alors c’est chouette d’y être enfin. Prendre le départ, ce sont toutefois des émotions partagées (son premier enfant est né ce samedi, ndlr) mais on a travaillé dur pour être là. Ça va être une belle course. On va avoir du beau temps, du vent, pas de vent… bref, on va bien s’amuser et la route va être très rapide au début. Ce qui est intéressant, c’est que de partir sur une ligne droite aussi longue sans savoir ce qui va nous arriver. Je pense que ça va se jouer sur notre capacité à récupérer les infos de la météo, à comprendre et à analyser la situation, puis à tirer notre épingle du jeu sur la fin. Pour moi, les deux moments forts de la course vont être le vent fort au large du cap Finisterre et les derniers milles dans la pétole. On va voir ceux qui maîtrisent leur bateau et qui savent le ménager quand il faut, et ceux qui savent faire leur météo et leur stratégie. »

Philippe Berquin (1039 – Audilab) : « J’ai traversé six fois l’Atlantique mais il n’empêche qu’à chaque fois, c’est le stress. J’ai toujours l’impression d’avoir oublié un truc. Le départ est toujours un moment chaud, surtout à 72 bateaux. Ça peut mal se passer et se terminer très vite. Il faut être présent tout en faisant attention car c’est quand même une course. On n’a pas envie de partir dernier. Bref, il y a un peu de tension. On va partir au près mais très vite on va retrouver des conditions portantes. Passée l’Espagne, on va devoir gérer une dépression qui ne devrait pas être là à cette époque de l’année et qui va venir un peu brouiller les cartes. L’appréhension reste cependant la casse et je n’ai pas très envie non plus de me faire attaquer par les orques. Le reste, ça devrait se gérer. »

Prêts à prendre le large !

Après plusieurs jours consacrés aux divers contrôles de sécurité et de jauge, puis aux ultimes détails de leur préparation, les 72 Ministes en lice dans la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables sont désormais dans les starting-blocks. C’est, en effet, demain à 13 heures qu’ils s’élanceront pour la première étape de l’épreuve, avec un total de 1 240 milles pour rallier Horta. Sur le papier, ce premier acte s’annonce rapide, en tous les cas lors des quatre premiers jours. La suite, et en particulier l’atterrissage sur l’archipel portugais, s’annonce bien plus incertaine. Aussi, les routages qui faisaient arriver les premiers en moins de six jours hier encore, les voient désormais boucler la distance en sept ou huit jours.

« On ne se rend pas encore trop compte qu’on va aux Açores, que c’est loin, qu’on ne va pas simplement naviguer entre Belle-Ile et Groix. Pour ma part, je ne sais pas trop à quel moment je vais réaliser cette dimension-là, mais en tous les cas, c’est super excitant d’aller à Horta. Il y a de la belle concurrence et une belle météo annoncée, même si ça ne va pas forcément être simple à l’arrivée », relate Jacques Delcroix (753 – Actual) qui, comme l’ensemble de ses concurrents, est impatient de rentrer dans le vif du sujet, avec toutefois une pointe d’appréhension. « Pour moi, comme pour la majorité des autres Ministes au départ, c’est une première expérience du vrai large car jusqu’ici on a essentiellement fait des régates côtières. Pour ma part, ce que je vais aller chercher sur cette course, c’est de comprendre un peu comment je fonctionne, de voir si je tiens le choc dans la durée, de découvrir le large et sans doute des phénomènes météo qu’on n’a pas du tout proche des côtes. Ça, c’est un peu le truc qui me stresse. J’espère avant tout terminer la course. Je suis à un moment dans mon projet et à un niveau qui font que si je finis et que je termine avec un bateau en entier, ce sera déjà très bien », commente de son côtéHermine Le Mintier (1022 – Vitamine), qui se réjouit à la fois de l’exercice et du voyage à venir. « J’ai le sentiment d’être très chanceuse d’être au départ parce que je suis restée assez longtemps dans la liste d’attente et j’ai même eu le temps de bien désespérer de prendre part à la course », précise la navigatrice.

Une entame rapide, des derniers milles incertains

Quid du menu pour ce premier volet de la compétition ? « Les Ministes vont partir au près dans un flux de secteur ouest soufflant entre 12 et 17 nœuds », assure Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve. Les premiers milles vont donc se jouer dans des conditions idéales mais la vraie bonne nouvelle, surtout pour les skippers les moins aguerris, c’est que le front qui va passer sur la flotte dans la nuit de mardi à mercredi est en train de se désagréger et qu’il ne sera donc vraiment pas très violent. « A l’arrière, le vent va tourner à l’ouest puis au nord-ouest. Après un début au près, les concurrents vont donc poursuivre leur route au portant jusqu’au 22 au soir. La situation, ensuite, est nettement plus incertaine. A date, plusieurs scénarii sont possibles », note Christian Dumard. En clair, si les quatre premiers jours promettent d’être relativement rapides, la suite risque de donner un peu de fil à retordre aux marins, notamment aux abords des Açores, à 100-150 milles des premières îles. « Une dépression pourrait bien semer la pagaille mais tous les fichiers ne la voient pas. On en saura plus d’ici quelques jours », termine le consultant. Si des questions restent en suspens, la certitude, dans ce contexte, c’est que les premiers ne boucleront pas ce premier round aussi vite qu’annoncé encore hier mais que le jeu va à la fois faire la part belle à la vitesse et à la stratégie, pour le plus grand bonheur des marins et des observateurs !

Ils ont dit :

Olivier Le Goff (599 – Valérie – Oliv’au Large) : « Réussir à me qualifier pour cette SAS, c’était vraiment le gros objectif de la saison. Aujourd’hui, la pression a rebaissé un peu parce que ça y est, je suis au départ mais c’est quand même un gros parcours qui nous attend. Pour ma part, je n’ai jamais passé autant de temps en mer. Ça fait rêver d’aller aux Açores et d’aller dans un autre pays en bateau. C’est vraiment une superbe aventure. J’espère qu’on ne va pas avoir un gros front au cap Finisterre. Si c’est le cas, j’essayerai de passer où c’est un peu plus calme. La crainte que j’ai, c’est d’être confronté à une avarie technique. C’est pour ça que je passe pas mal de temps, cette semaine, à préparer le bateau et à étudier des plans B en cas de problème. J’ai du matériel de spare à bord et j’essaie de penser à tout. De tout vérifier. J’ai un bateau de Série d’ancienne génération et je ne suis pas sûr d’aller aussi vite que les bouts ronds, mais ce qui est cool, c’est qu’on est quand même une petite dizaine de pointus et qu’il y a un petit challenge entre nous. On va essayer d’être parmi les premiers pointus et si on arrive à mettre quelques bouts ronds derrière, ce sera chouette. »

Marie Gendron (1050 – Léa Nature) : « Ma première participation, en 2018, avait déjà été une sacrée aventure, avec un premier bateau que j’avais construit. Ça avait été une grande découverte du solitaire en allant aussi loin après six mois seulement de navigation en solo. Là, je reviens après quatre ans de Mini durant lesquels j’ai bouclé une transat et une SAS, puis signé un ou deux petits podiums aussi, donc c’est chouette, surtout que je reviens avec un nouveau bateau de dingue. Je reviens clairement pour une revanche (elle avait terminé la course avec une main cassée il y a quatre ans, ndlr). Je suis toutefois encore en phase de découverte du bateau. Le fait de connaitre déjà la course et le milieu, c’est sûr que ça aide mais ça reste une nouvelle expérience avec un bateau qui va très vite et qui est très exigeant physiquement. Je pense qu’il va falloir le ménager et me ménager aussi. Il va falloir que je sois très à l’écoute et que je navigue en bon marin. Si le résultat est bon ce sera du bonus et de bon augure pour la suite. J’aimerais bien rentrer dans le Top 5 mais il y a de la belle concurrence. Il va y avoir un beau match. »

Pierre-Emmanuel Dubois (Kir au cassis recherche partenaires) : « Pour moi, c’est une première avec autant de temps seul en mer. Pas en mer, mais seul en mer. C’est une course pour laquelle j’ai eu beaucoup de mal à me qualifier. Ça a été énormément d’efforts donc rien que d’être au départ, je suis content et je serais encore plus content si j’arrive à aller au bout. Je ne suis jamais allé aux Açores alors je suis super content de découvrir cet endroit. On part sur une grande traversée, avec des endroits assez techniques comme le golfe de Gascogne, le plateau Continental, le cap Finisterre… L’exercice est d’autant plus intéressant que la météo a l’air de se prêter à un jeu de vitesse assez important. On a hâte de voir les nouveaux fichiers. On va rentrer très vite dans le vif du sujet. Dès la sortie du port, ça va remuer. Je ne connais pas bien Les Sables d’Olonne mais la houle ici est assez légendaire par vents d’ouest. On va découvrir ça tout d’un coup. Il y a bien sûr l’objectif d’aller vite et de faire les choses propres. Le résultat, on verra à l’arrivée. Si déjà il n’y a pas trop de casse et que j’arrive en étant content de ma navigation, je serais satisfait. »

Jacques Delcroix (753 – Actual) : « Le bateau est prêt et moi aussi. C’est sûr qu’on ne se rend pas encore trop compte qu’on va aux Açores, que c’est loin, qu’on ne va pas simplement naviguer entre Belle-Ile et Groix. Je ne sais pas trop à quel moment je vais réaliser cette dimension-là, mais en tous les cas, c’est super excitant d’aller à Horta avec 71 autres concurrents. Il y a de la belle concurrence. La météo va être bien. Pas forcément simple à l’arrivée aux Açores avec l’anticyclone et la dorsale. Le positif, c’est qu’il va y avoir du jeu jusqu’au bout. La journée du départ devrait être plutôt tranquille et ça rassure. Lors de la première nuit, on aura un petit front à passer. On va peut-être se faire secouer un peu mais ça reste un front d’été. J’espère qu’au cap Finisterre, on ne va pas se faire défoncer par les « scows » qui risquent d’accélérer fort dès que le vent va monter. Pour nous, avec des bateaux pointus, il va falloir cravacher dur pour tenir le rythme. Rien ne sera jamais fait. Il va vraiment falloir s’arracher, s’arracher, s’arracher ! »

Une parade pour le spectacle!

Copyright : Vincent Olivaud / SAS 2022

Ce samedi 16 juillet, après plusieurs jours consacrés aux divers contrôles de sécurité et de jauge puis à la chaîne des inscriptions, les 72 concurrents de la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables avaient rendez-vous pour une grande parade en baie des Sables d’Olonne. Profitant d’un flux de secteur est nord-est soufflant entre 12 et 15 nœuds, les marins et leurs invités, parmi lesquels des enfants des clubs de voile locaux puis une quinzaine de soignantes de l’Institut de Cancérologie de l’Ouest, ont effectué un parcours sous forme de triangle d’environ 8 milles, assurant ainsi le spectacle pour le public massé sur la grande plage en cette période estivale. La suite ? Après une journée off demain, les coureurs se retrouveront pour un ultime briefing lundi soir avant de larguer les amarres mardi, à partir de 10 heures, puis s’aligner au départ de la première étape dans la foulée, à 13 heures.

Le compte à rebours de la 9e édition est lancé !

Si la dernière édition de l’épreuve, en 2020, avait été contrariée en raison du contexte sanitaire, obligeant les organisateurs à renoncer à l’escale à Horta puis à revisiter le parcours, la 9e Les Sables – Les Açores – Les Sables – dont le coup d’envoi sera donné ce mardi 19 juillet, à 13 heures -, va permettre aux 72 Ministes en lice de renouer avec le tracé initial et ainsi de faire le voyage jusqu’à l’île de Faial, avec un total de 2 540 milles à parcourir, sous forme de deux étapes. Deux manches exigeantes qui promettent d’ores et déjà d’ouvrir le jeu en grand, avec une multitude de choix stratégiques et autant des routes possibles !

Organisée par Les Sables d’Olonne Vendée Course au Large en partenariat avec la Classe Mini avec le soutien des Sables d’Olonne Agglomération, de la ville de Horta, du Conseil Régional des Pays de la Loire et du Conseil Départemental de la Vendée, la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables s’élancera le 19 juillet prochain. « Pas moins de 152 coureurs ont manifesté leur intention de participer à l’épreuve. Le nombre d’inscrits est toutefois limité au nombre de 72. L’épreuve se joue donc une nouvelle fois cette année à guichets fermés », note Marc Chopin, représentant de l’association Les Sables d’Olonne Vendée Course au Large qui chapeaute l’épreuve pour la quatrième fois consécutive et qui se réjouit d’accueillir à la fois des novices et des vieux routards du circuit Mini. « La Les Sables-Les Açores-Les Sables propose un véritable parcours hauturier, exigeant et particulièrement formateur pour tout marin qui souhaite s’élancer dans l’aventure d’une traversée de l’Atlantique ». De fait, le format de la course est un parfait galop d’essai pour la Mini-Transat dont il est également qualificatif. « Le parcours est très complet dans la mesure où il peut offrir tous les types de temps, et notamment des phases de transitions parfois très complexes à gérer en cette période estivale », relate Denis Hugues, le Directeur de la Course qui scrute avec attention l’évolution des fichiers météo depuis plusieurs jours déjà, et voit une première tendance se dessiner. « Le passage d’un front semble se confirmer pour la première nuit. Ensuite, les solitaires devraient profiter d’un flux de nord-ouest quasiment jusqu’à l’arrivée ce qui promet une étape rapide, les premiers étant susceptibles de rallier l’archipel portugais en moins de six jours selon les derniers routages ».

Un parcours complet

Les principales difficultés ? « Assurément la traversée du Golfe de Gascogne et le passage du cap Finisterre, toujours un peu chaud pour des petits bateaux de 6.50 mètres avec l’accélération du vent, même si, à cet endroit, en fonction de la météo, les coureurs ont le choix de raser la côte ou de partir plus au large en passant à l’extérieur du DST (dispositif de séparation de trafic). Dans les points durs, il y a aussi l’incertitude d’un atterrissage sur les Açores, avec de nombreuses zones sans vent que les solitaires vont devoir anticiper au mieux en passant soit par le nord, soit par le sud », détaille Denis Hugues concernant la première étape, avant de détailler la seconde. « Au retour, tout dépendra de s’ils remontent avec une dépression ou pas. Si oui, il leur faudra faire attention pour garder l’intégrité de leur bateau. Dans le cas où l’anticyclone décide de bloquer le passage, il leur faudra faire le tour de la paroisse et remonter quasiment jusqu’à Brest ».

Des têtes de séries à la pelle

Bref, on l’aura compris, ce qui attend les 72 marins de cette 9e Les Sables – Les Açores – Les Sables s’annonce à la fois complexe et intéressant et s’il semble bien difficile de faire des pronostics, on peut néanmoins d’ores et déjà annoncer quelques favoris. Chez les Proto, on peut ainsi citer Pierre Le Roy. Ce dernier, tenant du titre de la Mini Transat et déjà vainqueur cette année de la Mini en Mai à bord de TeamWork, compte bien frapper un nouveau grand coup pour sa toute dernière compétition en solitaire à bord de son plan raison. Face à lui, des clients comme Jacques Delcroix (753 – Actual), vainqueur de la Pornichet Select et 2e de la Mini en Mai, Marie Gendron (1050 – Léa Nature), récente vainqueur de la Calvados Cup, ou encore Nicolas Coudrais (900 – Lalou Multi) qui pourrait tirer son épingle du jeu dans des conditions portantes un peu toniques, propices à son « foiler » – le seul de la flotte. Du côté des Série, on peut compter sur des solitaires expérimentés comme Jean Marre (991 – Sport dans ma ville – Time for the plantet), auteur de trois podiums sur ses trois dernières courses (Trophée Marie-Agnès Péron, Mini en Mai et Pornichet Select), ou Julie Simon (963 – Dynamips) pour faire l’animation aux avant-postes, mais aussi sur des marins comme Hugues de Premare (1033 – Pequod), vainqueur de la Mini en Mai. Bref, le match promet d’être ouvert dans les deux catégories et certains coureurs pourraient se révéler au large, mais il faudra patienter jusqu’à la mi-août pour connaitre les successeurs de Tanguy Bouroullec et de Léo Debiesse.

Ils ont dit :

Jean Marre (991 – Sport dans la ville – Time for the planet) : « Sur une grande course comme celle-ci, tout comme sur la Mini Transat, il peut se passer tellement de choses ! On va quand même traverser une grosse partie de l’Atlantique. C’est le voyage en premier qui est important, mais il faut aussi être capable de répondre à tout ce qui va arriver pendant la course. Pour ma part, c’est sûr que j’ai envie de bien faire et de continuer sur la lignée de mon début de saison et lors duquel j’ai pris énormément de plaisir à naviguer. Cette Les Sables – Les Açores – Les Sables est le gros objectif de la saison. J’ai hâte de repartir au milieu de l’océan. Je suis très excité et si le sportif vient derrière, tant mieux. Le fait d’avoir déjà fait une Mini est un atout. Ça se voit, même dans la préparation. Je suis tellement serein. J’ai presque l’impression que ce n’est pas un gros morceau qui arrive, alors que c’en est un énorme ! Ça va être vraiment une super course et le fait d’avoir déjà fait une transat me permet de savoir comment préparer la météo, comment vivre la solitude, comment réfléchir avec le peu d’infos qu’on va avoir… On verra bien ce que j’arrive à faire. »

Hugo Cardon (889 – Hugo Sarth’Atlantique) : « Cette Les Sables – Les Açores – Les Sables, on l’aborde tous différemment des courses d’avant-saison. On n’a pas les mêmes objectifs non plus. Pour la plupart, on a pour but principal de terminer pour se qualifier pour la Mini Transat 2023. Pour ma part, j’ai aussi et surtout l’objectif de prendre du plaisir sur l’eau, d’aller aux Açores et de profiter avec les copains là-bas. Ça va être une belle aventure et c’est précisément ce qu’on vient chercher dans ce type de projet. Gérer la météo avec la BLU et soigner ses trajectoires pour ne pas faire de hors-cadre et arriver une semaine après les autres font partie des choses que j’espère bien faire. Dans tous les cas, ça va être cool. »

Thomas André (929 – Frankiz) : « Chacun aborde la course à sa façon. On fait tous un peu comme on peut. Moi, je viens du dériveur et j’arrive ici avec ce que je sais faire. On a tous eu écho des éditions précédentes. On fait un mix des quelques infos dont on dispose mais on va être vite fixé pendant la course et notamment après la première étape. On a déjà été un peu fixé pendant la qualif – 1000 milles en solitaire. Je pense qu’au départ de la deuxième, on aura déjà des astuces. Je ne crois pas que le sommeil soit un sujet difficile pour moi. Ce que j’appréhende le plus, c’est la gestion de la météo sur le long terme. Quand on part deux-trois jours, on a vraiment une idée de comment ça va se passer et évoluer. Là, on va avoir peu d’infos et les recevoir par BLU. Il y a donc une grosse part d’inconnu. C’est ce qui me fait peur d’un point de vue stratégie / performance, mais aussi d’un point de vue sécurité. C’est important pour moi de naviguer propre. Je sais que lorsque c’est le cas, souvent le résultat suit. »

Le plateau de l’édition 2022 en quelques chiffres

2 540 milles à parcourir au total (deux fois 1 270 milles)

74 inscrits

60 bateaux de Série

12 Prototypes

15 marins étrangers

10 nations représentées (France, Allemagne, Suisse, Belgique, Grande-Bretagne, Slovénie, Autriche, Italie, Pologne et Espagne)

16 femmes

Bienvenue en 2022

SAS-BDM 2020 @Belou Breschi

Comme il est de coutume maintenant les années paires, la SAS, course convoitée car qualificative à la Mini Transat, se courra en solitaire sur les Mini 6.50, pendant l’été. Les concurrents n’ayant aucun moyen de communication  avec la Terre pendant toute leur navigation, les bateaux accompagnateurs seront leur relais.

En 2020, le programme avait été largement bousculé à cause de l’épidémie de COVID-19, obligeant les organisateurs à modifier le parcours qui finalement emmenaient les 72 concurrents des Sables d’Olonne à Roscoff, en Baie de Morlaix (29).

Cette année la course se déroulera du 11 juillet au 16 août. Le départ de la première étape sera donné le 19 juillet après un prologue en baie des Sables le 16. Les premiers bateaux devraient pointer leur étrave à Horta (archipel des Açores) autour du 27 juillet.

La seconde étape partira de l’île de Faïal le 4 août, pour de premières arrivées envisagées aux Sables aux alentours du 12.

La remise des prix, publique, est prévue le 16 août (date à confirmer) sur la place du Vendée Globe.

Tanguy Bouroullec signe un sans-faute en Proto, Léo Debiesse s’impose en Série

Tanguy Bouroullec signe un sans-faute en Proto, Léo Debiesse s’impose en Série

On l’avait annoncé avant même le départ, dimanche dernier à Roscoff : la troisième étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix était susceptible de créer d’importants écarts au sein de flotte, avec notamment trois points cruciaux : la remontée au près jusqu’en mer Celtique, le passage du deuxième way-point au sud-ouest du DST d’Ouessant et les tous derniers milles entre l’île d’Yeu et Les Sables d’Olonne. On ne s’attendait toutefois pas à ce qu’ils soient aussi monstrueux. Jugez plutôt : Tanguy Bouroullec, seul concurrent à avoir réussir à éviter la pétole sur la dernière section du parcours, a bouclé les 500 milles de cet ultime round en fin de matinée mercredi quand ses poursuivants les plus proches n’ont réussi à faire de même que ce jeudi, aux premières lueurs du jour. Un écart abyssal de 19 heures et des poussières sur une manche qui n’aura duré que trois jours. Le skipper de Cerfrance, déjà vainqueur des deux premières étapes a donc littéralement survolé l’épreuve chez les Proto, devenant au passage le premier marin à inscrire l’épreuve pour la deuxième fois à son palmarès. Au classement général, il devance finalement Irina Gracheva (800 – Canopus), et Fabio Muzzolini (945 – Tartine) qui peut également se satisfaire d’une belle deuxième place dans le dernier acte. Chez les bateaux de Série, Léo Debiesse (966 – Kelyfos), qui menait la danse à l’issue des deux premiers rounds, a enfoncé le clou en s’imposant devant Jean-Marie Jézéquel (951 – Branchet  / KPL) et Michel Sastre (903 – Shaman). Au final, il monte donc logiquement sur la première marche du podium. Un podium complété, au bout du suspense, par Jean-Marie Jézéquel et Lennart Bürke (943 – Vorpommern).

« Bravo à Tanguy ! Il a été impérial sur les trois étapes ! Tant sur les départs que sur sa navigation, il a vraiment été un cran au-dessus ! Ça aurait été chouette de l’avoir en lièvre mais il a galopé un peu trop vite », a commenté Fabio Muzzolini à son arrivée à Port-Olona, ce jeudi matin. C’est un fait, le skipper de Cerfrance a dominé de la tête et des épaules cette Les Sables – Les Açores revisitée, avec une escale en baie de Morlaix en cette période de crise sanitaire liée au Covid-19. Le navigateur, déjà vainqueur de la course en 2016 en bateaux de Série, s’est cette fois imposé dans la catégorie des Proto, réalisant alors un doublé inédit. « Trois sur trois, c’est top surtout que la dernière étape a quand même été costaude, mine de rien. On a quasiment tout fait au près, sous la pluie et dans du vent fort pendant trois jours ! On était trempé en permanence, il faisait froid… Franchement, j’ai trouvé que c’était dur », a assuré le navigateur. Un avis partagé unanimement par ses adversaires, à commencer par Irina Gracheva. Victime d’un black-out total d’énergie dès la première nuit, la Russe n’a jamais cessé de se battre, quitte à finir à bouts de forces. « Franchement, c’était tellement dur ! J’ai fait toute l’étape sans instrument, sans radio, sans pilote, sans rien… Je me suis posé la question d’abandonner et de me dérouter sur Camaret mais j’ai finalement fait le choix de continuer, même en sachant que les conditions météo à venir ne seraient pas faciles avec le passage d’un front froid sur notre zone de course. Ça a très été dur car on a eu jusqu’à 40 nœuds de vent et je n’avais aucun repères, aucun moments possibles de répit… Je termine extrêmement fatiguée. J’avoue que je n’en reviens pas de terminer 3e de l’étape, et encore moins 2e du général. C’est fantastique ! », a commenté la skipper de Canopus, avec forcément une petite pensée pour Antoine Perrin avec qui elle a livré une superbe bagarre sur les deux premières manches avant que celui-ci ne soit contraint à l’abandon, la faute à un choc avec un OFNI (objet flottant non-identifié) ayant provoqué l’arrachement de son tableau arrière et, par ricochet, une voie d’eau. « C’est super frustrant de ne pas pouvoir défendre ses chances jusqu’au boutsurtout après avoir été parfaitement dans le match », a concédé le skipper d’Hydroprocess qui laisse ainsi filer le podium qui lui tendait les bras au profit de Fabio Muzzolini. Le skipper de Tartine, qui a navigué pied au plancher et fait preuve d’une belle maîtrise dans les conditions musclées lors de cette ultime manche, est assurément celui qui a payé le plus cher la pétole sur la fin du parcours. Littéralement englué dans la molle, le solitaire aura mis plus de douze heures pour parcourir les 25 petits milles entre l’île d’Yeu et les Sables d’Olonne. Une « véritable punition » pour rependre ses mots, qui ne le prive toutefois pas du podium au général, même s’il a eu chaud aux fesses. Il ne devance, en effet, Romain Bigot que de 43 minuscules secondes au temps cumulé des trois étapes. « Un écart si faible, c’est un peu dur à encaisser », a déclaré le skipper de la Vie est Belt. Mais comme le dit l’adage : le malheur des uns fait le bonheur des autres.

Des leaders solides, des podiums âprement disputés

Ce proverbe est d’ailleurs transposable chez les bateaux de Série également où, la encore, la troisième place du classement général s’est jouée au bout du suspense entre Fabrice Sorin et Lennart Bürke. Le premier aura dû patienter de longues minutes pour savoir s’il monterait ou non sur le podium, lors de la remise des prix prévue demain. Le verdict est malheureusement tombé pour le skipper de Jules qui a, certes, devancé son adversaire sur ce dernier acte, mais pas suffisamment pour combler son retard au classement après deux étapes. Au final, il ne lui aura manqué que seize petites minutes au temps cumulé pour rejoindre Léo Debiesse et Jean-Marie Jézéquel dans le tiercé gagnant de cette Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix. « C’est le jeu », a-t-il-commenté avec fair-play, tandis que son concurrent n’a pas feint de cacher sa joie. « Je suis super content ! J’ai bien tiré mon épingle du jeu sur la remontée jusqu’à la pointe Bretagne et j’ai ainsi passé le premier way-point en deuxième position. Sur le long bord entre le DST d’Ouessant et l’estuaire de la Gironde, j’ai cravaché mais j’ai eu du mal à lutter contre les Maxi 6.50, toutefois, je n’ai rien lâché. J’ai gardé le maximum de toile possible dans 35 nœuds et c’était complétement fou ! A la fin, je savais que Fabrice était devant moi mais j’étais sûr que je pouvais grappiller un peu de terrain sur lui dans la pétole à la fin. Je me suis battu jusqu’au bout pour limiter l’écart entre nous avec constamment un œil sur ma montre ! », a commenté l’Allemand auteur, pour finir, d’une 8e place dans cette dernière étape. « J’avoue que j’étais persuadé que je n’arriverais pas à garder ma place dans le Top 3 de l’épreuve. Ce classement est presque inespéré pour moi. Je n’en attendais pas tant pour ma première course en Mini, même si je sais que j’en encore énormément à apprendre, surtout à seulement 21 ans ! », a ajouté Lennart, soulignant par ailleurs la remarquable régularité de Léo Debiesse, le grand vainqueur de cette édition 2020 de la course en bateaux de Série. Avec deux victoires d’étape et une 4e place, le skipper de Kelyfos s’est, en effet, montré solide pour sa première course sur le circuit des Mini 6.50. Redoutable dans les petits airs mais aussi tout à fait à l’aise dans le vent fort. Sûr que celui-là non plus n’a pas fini parler de lui…

Ils ont dit :

Michel Sastre (903 – Shaman), 3e Série de l’étape 3 : « Je suis super content d’autant qu’on a vraiment eu une étape très complète. Du portant dans du vent fort, je n’en avais jamais trop fait avec ce bateau et c’est assez grisant. Ça donne une idée des transats. Je suis bien parti. A la première marque, j’étais deuxième et tout content, mais ça s’est dégradé jusqu’au premier way-point où toute la flotte m’est passée devant. Je suis parti tout seul d’un côté à Ouessant en étant sûr que j’en rattraperais pas mal et cela a été le cas. Au deuxième way-point, j’ai ainsi rejoint le groupe de tête. Après, je me suis appliqué et je n’ai fait que rattraper et j’avoue que j’ai trouvé ça assez amusant. Finalement, le près, ce n’est pas si fatigant. Ça fait mal au bateau surtout. La dernière nuit, comme c’était vraiment une pétole glassy, on pouvait aller dormir parce qu’on savait que dans le quart d’heure, il n’allait rien se passer. J’ai donc pu me reposer un peu, mais pas suffisamment quand même (rires) ! Ça a été une belle étape. Ça me fait plaisir de terminer par une 3e place d’étape. Je savais que je n’en étais pas loin. Je me suis étonné de certaines vitesses que j’avais au portant. A cette allure, j’ai rattrapé 6 milles ce qui est beaucoup car devant, ce ne sont pas des amateurs. Ça vient du dériveur je pense… »

Erratum

Fabio Muzzolini troisième au classement général des Proto

Le Président du comité de course de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix a publié ce vendredi les classements généraux de l’épreuve après jury. Un changement est à noter. Le podium de la catégorie des Proto est finalement composé, dans l’ordre, de Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance), d’Irina Gracheva (800 – Canopus) et Fabio Muzzolini (945 – Tartine). Ce dernier, annoncé 4e hier, termine finalement sur la troisième marche du podium, devançant alors Romain Bigot (802 – La Vie est Belt) de 43 minuscules secondes au temps cumulé des trois étapes.

Fabio Muzzolini : « Cette troisième place au final, c’est super, ça fait plaisir ! Ça paie l’investissement qui, je pense, était physiquement plus engageant sur la troisième étape que sur les deux premières. Je suis content parce que j’ai vraiment attaqué et c’est super que ce soit récompensé au classement, même si ça n’efface pas la déception des deux premières manches où je suis complètement passé à côté dans la pétole. Ça efface en tous les cas un coup de malchance, et ça redonne confiance. Quarante-trois secondes, ce n’est vraiment rien et j’espère quand même réussir à mettre plus de secondes au suivant sur les prochaines courses. J’avoue que j’aurais préféré avoir 43 secondes d’écart seulement avec Chafoil (le Pogo à foils de Tanguy Bouroullec, vainqueur de cette Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix). Irina (Gracheva) m’a bluffé par sa prise en main rapide du bateau. Je ne pensais pas qu’elle serait à ce niveau-là tout de suite. Antoine (Perrin) est toujours au top et il a un super bateau. Sur les prochaines courses, on retrouvera Ambrogio Beccaria à la barre de Chafoil et ce sera encore une fois passionnant à suivre. « 

Jean-Marie Jézéquel, 2e Série de la troisième étape

Ce jeudi 27 août à 8h03’19″ Jean-Marie Jézéquel (951 – Branchet / KPL) a franchi la ligne d’arrivée de la troisième étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix bouclant ainsi les 500 milles du parcours en deuxième position chez les Série après 3 jours 21 heures 22 minutes et 19 secondes de mer. Son écart au premier, Léo Debiesse, est de 1 heure 20 minutes et 10 secondes.

« Toute la partie en Manche a été super technique et Léo a fait le trou dès le début en faisant un bord à droite quand nous, on a tous tricoté à gauche. On s’est ainsi tous alignés derrière lui et au passage du DST d’Ouessant, il avait déjà trois milles d’avance. Après, les conditions se sont renforcées. C’est monté à 20 nœuds, puis à 25, 30, 35… J’ai même eu des claques à 38 nœuds mais le vent a adonné au fur et à mesure et ça nous a permis de pouvoir tirer la barre. Dans ces conditions, comme mon bateau s’envole littéralement et va tout seul, je sentais que je rattrapais devant et je pense que j’ai passé 15 heures à la barre. Je n’ai rien lâché. A la fin, sous gennak, je ne m’arrêtais plus : j’étais à 15, 16, 17, 18 nœuds, mais j’ai tapé trois poissons lune : le premier dans la quille, ce qui m’a obligé à faire une marche-arrière, le deuxième et le troisième dans le même safran… A ce moment-là, je me suis dit que c’était terminé…. Au final, je pense que la mèche est un peu voilée et que j’ai peut-être quelques petits problèmes structurels. Je n’ai toutefois rien lâché. Ensuite, j’avoue que je ne sais pas trop ce qui s’est passé. Au niveau de la bouée BXA, je pensais être peinard car j’avais compté 8 milles d’avance à un moment, mais j’ai vu Léo croiser juste devant moi. J’étais évidemment déçu d’autant que je ne comprenais pas ce que j’avais mal fait. Sans doute trop lofé, je ne sais pas… C’était donc reparti pour un tour et tout le bord de près, où on est resté bord à bord, un va-et-vient de virements s’est enchaîné pour aller chercher les Chiens Perrins. Là, on pensait que c’était bon, qu’on pouvait envoyer les spis mais non. Léo avait alors un petit mille d’avance sur moi, et ce dernier s’est transformé en deux, puis trois, puis quatre … Je pense simplement que j’avais moins de vent. A un moment, je n’en ai plus eu du tout et c’est devenu l’horreur. Au général, ce sera toutefois une bonne opération même si j’avais vraiment envie de la gagner celle-là ! Je suis tombé sur plus fort que moi ! Quoi qu’il en soit je suis content. J’ai par ailleurs une grosse pensée pour mon copain Antoine Perrin. Il a tapé un truc et il a dû abandonner. Je suis super déçu pour lui car il faisait une super course, il allait faire deuxième en Proto vraisemblablement. »

Fabio Muzzolini, 2e Proto de la troisième étape

Ce mercredi 27 août à 6h43’49″ Fabio Muzzolini (945 – Tartine) a franchi la ligne d’arrivée de la troisième étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, bouclant ainsi les 500 milles du parcours en deuxième position chez les Proto après 3 jours 20 heures 02 minutes et 09 secondes de mer. Son écart au premier, Tanguy Bouroullec, est de 19 heures 40 minutes et 25 secondes.

« Bravo à Tanguy ! Il a été impérial sur les trois étapes ! Tant sur les départs que sur sa navigation, il a vraiment été un cran au-dessus ! Ça aurait été chouette de l’avoir en lièvre mais il a galopé un peu trop vite. Du coup, je ne l’ai pas trop vu et je n’ai pas assez régaté avec lui. Je suis content malgré tout car sur cette dernière étape, j’ai enfin pu exploiter la vitesse du bateau. Il y avait plus de vent et c’était plus facile pour moi d’être à l’aise que dans la pétole que je déteste. C’était chouette, mais j’ai quand même eu un peu peur car j’ai failli démâter. J’ai cassé une bastaque mais heureusement qu’Axel (Tréhin) a très bien construit le bateau et a prévu des sécurités partout. Ce sont elles qui ont tenu le mât. Je lui dis donc merci et j’espère que ma deuxième place sur ce troisième acte fait honneur à son beau bateau. C’était dingue d’avoir des conditions comme ça en été ! On a eu deux jours vraiment très humides ! En Proto, on ne s’imagine peut-être pas, mais on tape tellement fort les vagues que c’est vraiment invivable dès qu’il y a de la houle ! C’était vraiment dur physiquement et finir par 24 heures de pétole, c’était carrément une punition ! Je sais que si j’avais été plus rapide sur le premier bord pour rejoindre la pointe Bretagne, j’aurais pu coller plus Chafoil (Cerfrance) et éviter cette molle. C’est ma sanction pour avoir été un peu trop lent en plus de celle de me faire dépasser par Léo (Debiesse, le premier Série, ndlr) sur la fin. Ce n’est pas grave. Je vais retenir seulement le positif : ma vitesse et mon début de parcours où j’étais plutôt en forme ! »

Léo Debiesse s’adjuge l’étape et le général en Série

Ce jeudi 27 août à 06h33’09″, Léo Debiesse a franchi la ligne d’arrivée de la troisième étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix bouclant ainsi les 500 milles du parcours en première position chez les bateaux de Série après 3 jours 19 heures 52 minutes et 09 secondes de mer. Déjà leader au classement général provisoire de l’épreuve avec une avance de 1h34 sur son dauphin à l’issue des deux premières manches, le skipper de Kelyfos remporte donc l’épreuve (sous réserve de réclamation du jury). Interview à chaud.

Vous signez une deuxième victoire d’étape et la victoire au général. On vous imagine très satisfait ?

« Clairement oui ! La victoire au classement général est encore plus belle, justement parce qu’il y a la victoire d’étape qui va avec. En quittant Roscoff, mon objectif était clairement d’aller chercher un podium pour réussir à remporter l’épreuve. La première place, je ne pouvais pas rêver mieux ! »

Vous avez fait preuve d’une très belle régularité sur les trois étapes (1er,4e, 1er). Elles ont pourtant été très différentes…

« On a effectivement eu tous les types de conditions sur l’ensemble de ces trois manches. Sur les deux premières, je m’en étais super bien sorti dans le petit temps. Le fait de gagner la troisième, qui a été plutôt musclée, montre qu’il n’y a pas que dans les petits airs que je m’en sors bien donc c’est cool. »

Tanguy Bouroullec, le vainqueur en Proto a trouvé dur cet ultime round. Vous aussi ?

« Quand même oui. On a quand même eu un coup de vent au milieu, entre la pointe Bretagne et l’estuaire de la Gironde, et nos bateaux sont hyper inconfortables. Il a donc fallu se faire violence pour attaquer tout du long, sans être tenté de tomber dans un mode plus tranquille. C’est comme ça que des écarts significatifs se sont créés au sein de la flotte. Le début de la course a été très serré même si, assez rapidement après le départ, il y a eu une option le long de l’île de Batz, avec le courant. J’avais précisément en tête ce que je voulais faire et tout le groupe est finalement parti très loin dans cette option mais derrière, des rotations de vent n’ont pas forcément eu lieu comme c’était prévu. Du coup, ça s’est avéré beaucoup moins payant que certains l’imaginaient. De mon côté, j’ai bataillé pour garder le peu d’avance que j’avais. Je l’ai accentuée dans le vent fort et je suis content de ça car dans le gros temps, ce n’est plus uniquement la performance du bateau qui fait la différence. Le mental devient essentiel pour continuer de naviguer pied au plancher. »

Sur cette portion justement, vous avez bien bataillé avec Jean-Marie Jézéquel mais vous avez fini par creuser de nouveau l’écart sur la fin de parcours dans la pétole où vous semblez, définitivement, très à l’aise…

« Dans le gros temps, Jean-Marie allait effectivement très vite. Je savais qu’il avait à la fois le bateau et le mental pour me donner du fil à retordre. Dans le petit temps, et notamment au portant, je savais en revanche que si j’arrivais à être un tout petit peu devant lui, normalement, il aurait du mal à me doubler. Il l’a compris je crois car il n’a pas vraiment baissé les bras, mais il a vu l’écart se créer petit à petit et la pétole arriver en plus, ce qui ne l’a sans doute pas aidé. D’ailleurs, j’avoue que ça n’a pas été facile, dans la tête, de terminer par une nuit complète de pétole. On savait qu’on aurait du nord-ouest qui virerait sud-ouest aux alentours de 2 heures du matin. On espérait arriver avant, mais cela s’est passé différemment et ça a été très long… »

Pour un coup d’essai sur le circuit Mini 6.50, on peut dire que c’est plutôt réussi ?

« Plutôt oui ! (Rires) »

Tanguy Bouroullec impérial !

Ce mercredi 26 août à 11h03’24, Tanguy Bouroullec a franchi la ligne d’arrivée de la troisième étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix bouclant ainsi les 500 milles du parcours en première position chez les Proto après 3 jours 00 heure 22 minutes et 24 secondes de mer. Déjà leader au classement général provisoire de l’épreuve avec une avance de 2h34 sur son dauphin à l’issue des deux premières manches, le skipper du Pogo à foils aux couleurs de Cerfrance enfonce le clou. Sous réserve de réclamation du jury, il devrait donc remporter la course et devenir ainsi le premier double vainqueur de l’épreuve. Ses premières déclarations à chaud.

Vous remportez aujourd’hui la troisième et dernière étape de la course. C’est un sans-faute. Le contrat est donc plus que rempli pour vous…

« Oui et c’est cool ! Trois sur trois, c’est top ! Cette dernière étape était quand même assez difficile. Mine de rien, elle a été costaude. J’avoue que je me suis demandé si on était en été ou en hiver. On a quasiment tout fait au près, sous la pluie et dans du vent fort pendant trois jours ! On était trempé en permanence, il faisait froid… Franchement, j’ai trouvé que c’était dur. On a fait énormément de près et cette allure, en Mini, ce n’est jamais marrant. Ça tape, c’est inconfortable… Bref, c’est dur. »

Vous l’aviez dit avant le départ, les premières 24 heures seraient cruciales. Cela s’est vérifié or vous n’avez pas toujours été en tête…

« C’est vrai que je suis passé en deuxième position derrière Irina (Gracheva) au premier way-point. Sur le premier tronçon entre Roscoff et la pointe Bretagne, c’était essentiellement du jeu de placements mais le plus important était le passage du deuxième way-point, au sud-ouest du DST d’Ouessant. On savait tous que celui qui passerait en tête ce point de passage prendrait une bonne longueur d’avance pour la suite. Je me suis bien débrouillé au près, avec les bascules, et une fois que j’ai abattu, je suis parti et je n’ai plus jamais revu les copains à l’AIS. J’ai pourtant eu des soucis aussi. J’ai d’ailleurs pensé que j’allais me faire rattraper et j’ai eu un peu peur. Hier, au reaching, j’ai dû taper quelque-chose et j’ai cassé tous les bouts du système de safran. Rien de grave, seulement du Spectra, cependant, je n’ai pas pu réparer en mer. Du coup, j’ai fait toute une journée sur le mauvais safran et je me suis retrouvé un peu au ralenti, même si j’ai réussi à conserver une vitesse correcte je pense. J’ai régulièrement regardé l’AIS sans jamais voir personne, ce qui m’a rassuré. Après le contournement de BXA, j’ai de nouveau été sur le bon safran et je suis revenu à la normale. Au final, je termine avec pas mal d’avance et je suis content. »

Vous aviez déjà inscrit la Les Sables – Les Açores – Les Sables à votre palmarès en 2016. Vous réalisez donc un doublé dans cette édition revisitée. Une double victoire inédite !

« C’est chouette ! Gagner en Série et en Proto, c’est vraiment sympa et ça fait plaisir. Cette édition 2020 de la course a été très complète. Pour ceux qui n’avaient encore jamais fait de large, c’est certain qu’ils ont appris autant que si on était allé aux Açores. On a eu vraiment de tout. Surtout sur cette dernière étape qui a été très compliquée. »

Julie Simon tente de réparer puis de repartir

Julie Simon, qui avait indiqué ce matin à l’un des bateaux accompagnateurs qu’elle rencontrait des problèmes d’énergie et de pilote automatique, et qu’elle se déroutait vers un port dans le Morbihan, a finalement rejoint Lorient en fin d’après-midi, ce mardi. Arrivée sur place, elle a précisé à la direction de course qu’elle avait une voie d’eau importante et que c’est cette dernière qui a provoqué ses soucis électroniques. La skipper de DynaMIPS (963) tente tout son possible pour réparer et essayer de repartir en course mais sa décision dépendra également de la météo.

Abandon de Thomas Watine

Arrivé au port de Camaret en début d’après-midi ce mardi, Thomas Watine (905 – Endurance) a signalé à la direction de course son abandon dans cette troisième étape de la Les Sables – Les Açores en baie de Morlaix. Le skipper Parisien a indiqué avoir déchiré son solent puis avoir été confronté à des problèmes d’outrigger (espar latéral).

A plein badin !

Ce mardi, alors qu’elle s’étale sur près de 150 milles, la flotte de la troisième étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix cavale à vitesse grand V entre la pointe Bretagne et l’estuaire de la Gironde. Pour preuve, les Ministes sont flashés à près de 12 nœuds pour les premiers et à plus de 8 nœuds pour les retardataires. Et pour cause, le flux d’ouest sud-ouest qui devait souffler entre 10 et 18 nœuds selon les fichiers d’hier, est finalement monté bien plus fort que prévu. Depuis la deuxième partie de la nuit dernière, les solitaires composent en effet avec entre 30 et 35 nœuds de vent. Dans ces conditions, l’heure est évidemment à la concentration et au pilotage, que ce soit au reaching pour la queue de peloton ou au près débridé pour la tête de meute. Ce mauvais temps est toutefois synonyme de galères pour certains qui se retrouvent privés d’énergie faute de pouvoir charger leurs batteries avec leurs panneaux solaires.

Des problèmes d’énergie en pagaille

C’est notamment le cas de Pierre Meilhat (485 – Le Goût de la Vie) qui se déroute vers Lorient, de Julie Simon (963 – DynaMIPS) qui fait route vers un port Morbihannais encore non-défini, mais aussi d’Irina Gracheva (800 – Canopus) qui continue malgré tout sa course, bien décidée à sauver sa place sur le podium dans la catégorie des Proto. Les Proto où un autre favori est, lui aussi, en proie à des problèmes matériels. Victime de l’enfoncement de son tableau arrière, Antoine Perrin (850 – Hydroprocess) a mis le clignotant à gauche pour rejoindre les Sables d’Olonne, ruinant ainsi ses chances de conserver sa deuxième place au classement provisoire. Dans ce contexte, il va sans dire que les dés sont donc complètement relancés dans cette catégorie où, pour l’heure, Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance) continue de faire une véritable démonstration de force. Le vainqueur des deux premières étapes mène en effet la danse avec 35 milles d’avance sur son dauphin, Fabio Muzzolini (945 – Tartine) et plus de 50 sur le troisième, Romain Tellier (865 – Guénifey). Il n’est toutefois pas à l’abri d’un pépin lui non plus, même si le vent est prévu de mollir à l’approche de la bouée BXA. Une marque qu’il devrait franchir aux alentours de 17 heures ce mardi avant d’entamer, au près, la remontée jusqu’à l’île d’Yeu.

Dénouement demain matin pour les premiers

Du côté des bateaux de Série, le match est bien plus indécis même si Jean-Marie Jézéquel (951 – Branchet / KPL) est en train de réaliser un léger break. Le Carantécois, qui s’est emparé des commandes de la flotte en fin de matinée, possède respectivement deux et quatre milles d’avance sur Léo Debiesse (966 – Kelyfos) et Fabrice Sorin (968 – Jules) qui avancent un nœud moins vite que lui aux derniers pointages. Régler, barrer et attaquer pied au plancher : tel est donc le programme du moment pour ceux-là qui devraient, pour leurs parts, déborder BXA en début de nuit. Restera ensuite une petite centaine de milles à avaler pour rejoindre la ligne d’arrivée, mais aussi quelques pièges à déjouer, notamment sur la dernière portion du parcours, entre Yeu et Les Sables d’Olonne. Sur ces vingt derniers milles, le vent s’annonce mou, spécialement pour les retardataires. Les dernières ETA laissent imaginer une arrivée des premiers Proto entre 7h et 12h demain matin, puis en fin d’après-midi pour les premiers Série. A suivre donc.

Problèmes d’énergie et de pilote pour Irina Gracheva


Irina Gracheva (800 – Canopus) est confrontée à des problèmes d’énergie et de pilote automatique ce qui explique sa trajectoire un peu particulière ces dernières heures. La navigatrice russe poursuit néanmoins sa course. Pour l’heure, les conditions sont musclées sur zone puisque le vent établi au secteur ouest sud-ouest souffle entre 30 et 35 noeuds. 

Tous les trackers de nouveau en marche


Bonne nouvelle: les dix-sept trackers de la flotte qui ne fonctionnaient plus ce matin émettent des nouveau, Yellow Brick Tracking ayant résolu le problème. Tous les concurrents de la course sont donc de nouveau localisés sur la cartographie. Cette dernière sera exceptionnellement réactualisée à 8h30. 

Dix-sept trackers en panne

Ce mardi, plusieurs trackers de la flotte m’émettent plus de signal. Dix-sept concurrents ne sont donc plus localisés sur la cartographie, la faute à un problème du dispositif Yellow Brick Tracking. En attendant de voir si le fournisseur peut solutionner cette panne ou non avant l’arrivée, pas d’inquiétude pour ces solitaires qui n’apparaissent pas sur vos écrans.

Du près et encore du près

Partie hier en fin de matinée de Roscoff, la flotte des Mini 6.50 de la troisième et dernière étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix a, comme on s’y attendait, louvoyé au près pour rejoindre la pointe Bretagne dans des conditions de mer et de vent toniques. Si les bonshommes et les machines ont été mis à rude épreuve, l’ensemble des solitaires a néanmoins réussi à rejoindre le premier way-point du parcours situé au nord du dispositif de séparation de trafic d’Ouessant sans encombre, peu avant le lever du jour. Quelques milles plus tard cependant, un abordage a eu lieu entre les bateaux de Nicolas Cousi (533 – Telerys) et de Valentin Foucher (990 – mini chorus). Ce dernier, victime de la casse de plusieurs varangues, a finalement fait demi-tour afin de rejoindre le port du Bloscon et d’évaluer plus justement les dégâts. En tête de flotte, comme à tous les étages du peloton, la bagarre continue toutefois de battre son plein. Chez les Proto, si Irina Gracheva (800 – Canopus) a mené un temps les débats malgré un départ catastrophique, Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance) est parvenu à reprendre le leadership lors du contournement du DST, et même à creuser des premiers écarts significatifs sur ses poursuivants les plus proches – plus de 9 milles sur le deuxième, Antoine Perrin (850 – Hydroprocess) et plus de 11 milles sur le troisième, Fabio Muzzolini (945 – Tartine).

Tout schuss jusqu’à l’entrée de l’estuaire de la Gironde

En tête au passage du deuxième way-point qu’il a franchi en fin de matinée, le vainqueur des deux premières étapes a donc été le premier à attaquer la longue descente pour rejoindre Rochebonne puis l’entrée de l’estuaire de la Gironde. Un bord un peu tout droit qui s’annonçait au reaching mais qui devrait plutôt se jouer au près débridé, le vent ayant finalement décidé de s’établir au secteur sud sud-ouest. Un bord qui devrait néanmoins rester rapide, laissant ainsi envisager un atterrissage sur la bouée BXA aux alentours de 16 heures demain après-midi pour le skipper de Cerfrance qui devrait, sauf avarie, continuer d’accentuer son avance. Chez les bateaux de Série, le match demeure, à l’inverse, particulièrement serré. Les cinq premiers se tiennent en effet dans un mouchoir de cinq milles. Mieux, les 34 premiers en moins de dix milles ! Pour l’heure, en tous les cas, c’est Léo Debiesse (966 – Kelyfos), l’actuel leader au classement général provisoire, qui tient la corde, suivi comme son ombre par l’Allemand Lennart Bürke (943 – Vorpmmern) décidément très régulier, puis Jean-Marie Jézéquel (951 – Branchet / KPL), Loïc Blin (871 – Mini Moi cherche sponsors) et Brieuc Lebec (914 – A Race for Chance). Cette hiérarchie reste malgré tout fragile et c’est d’autant plus vrai que la fin de parcours entre Yeu et les Sables d’Olonne reste très incertaine, avec des vents très faibles et très instables en direction. En attendant, c’est surtout la vitesse qui va primer. Quid des ETA ? Selon les derniers routages, les premiers sont attendus à Port Olona mercredi aux alentours de 5 heures mais des écarts importants sont à prévoir puisque les retardataires, qui devraient en prime composer avec 20-25 nœuds de vent et jusqu’à 32 dans les rafales dans la journée de mardi, devraient boucler les 500 du parcours de cette troisième étape jeudi soir.

Après un abordage, Valentin Foucher se déroute vers Camaret

Tôt ce lundi 24 août, peu après le passage du way-point situé au nord du DST d’Ouessant, un abordage a eu lieu entre les bateaux de Nicolas Cousi (533 – Telerys) et Valentin Foucher (990 – mini chorus). Ce dernier, qui déplore la casse de plusieurs varangues, se déroute et devrait emprunter le chenal du Four pour rejoindre le port de Camaret.

The last but not the least !

Reporté de quatre jours en raison du passage de deux fronts successifs en Manche et en mer d’Iroise, le départ de la troisième étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix initialement prévu mercredi dernier a été donné ce dimanche, au large de Roscoff. Les 65 Ministes toujours en lice se sont en effet élancés à 10h41, propulsés par un flux d’ouest nord-ouest soufflant entre 10 et 12 nœuds. Un vent qui ne doit faire que se renforcer sur la route de la pointe Bretagne, pour atteindre une vingtaine de nœuds. De quoi garantir un début de course assez tonique aux solitaires qui vont devoir, en prime, tirer des bords au près sur une mer courte et hachée. D’emblée, les organismes et les machines vont donc être mis à rude épreuve mais il ne va pas falloir trainer à trouver le bon rythme car les 15-20 premières heures, jusqu’au débordement complet du DST (dispositif de séparation de trafic) d’Ouessant, vont être cruciales. Et pour cause, la suite s’annonce un peu moins tactique, même si les tous derniers milles de ce dernier volet de 500 milles à destination des Sables d’Olonne via l’estuaire de la Gironde et l’île d’Yeu, conservent, pour l’heure, une part d’incertitude. Dans ce contexte, Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance) en Proto et Léo Debiesse (966 – Kelyfos) en Série parviendront-ils à conserver leurs premières places au général ? Les paris sont ouverts. Le dénouement final, lui, est attendu à partir de mercredi matin.

Après une semaine de pause au port du Bloscon, les 65 marins toujours en course dans la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix ont donc repris du service, ce dimanche. Partis à 10h41, avec un léger retard sur l’horaire prévu, le temps que le vent s’établisse, les solitaires ont donc entamé ce troisième et dernier acte de l’épreuve dans des conditions quasi idéales. Des conditions dans lesquelles Victor d’Ersu (985 – Babouchka), qui s’était fait souffler la première place dans la deuxième manche après l’avoir pourtant dominée, a pris l’avantage dès le départ. Le Malouin, manifestement bien décidé à prendre sa revanche, a ainsi été le premier à déborder la bouée de dégagement, s’offrant même le luxe de griller la priorité au premier Proto, Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance). Tout reste à faire cependant. Et les prochaines heures s’annoncent tactiques. Inconfortables aussi. De fait, elles vont se jouer au près dans un vent qui va continuer de prendre des tours graduellement pour atteindre 20 nœuds (jusqu’à 25 dans les rafales), sur une mer dure, avec un courant de face dans un premier temps, puis un petit passage de front et donc une bascule du vent à négocier en deuxième partie de nuit. « Ce début de course va mettre les estomacs à rude épreuve mais l’avantage, c’est qu’il va y avoir des petits coups à jouer avec les courants et les petits effets de côte », s’est réjouit Loïc Blin (871 – Mini Moi cherche sponsors). Actuellement 13e au classement des bateaux de Série, cet habitué de la régate au contact espère réussir à se hisser dans le Top 10 au général à l’issue de ce dernier round. Une ultime étape qui promet également d’être stratégique entre les deux way-points imposés par la direction de course pour le contournement du DST d’Ouessant, avec de vrais choix à faire… et très probablement des écarts importants à se créer entre la tête de flotte et les retardataires.

Un début de course décisif

« Si on n’est pas dans le bon wagon à ce moment-là, on risque de louper le tapis roulant et de rester derrière jusqu’à la fin avec des écarts qui ne vont faire qu’augmenter. Quinze, vingt, trente milles… il est possible que ce soit terrible », a estimé Thomas Watine (905 – Endurance) qui sait que la queue de peloton risque là, non seulement d’essuyer des vents plus musclés que les premiers, la faute à l’arrivée d’une dépression qui doit toucher l’Irlande mardi, mais aussi d’avoir ensuite peu d’opportunités pour revenir au score. Et pour cause, la longue descente jusqu’à la bouée BXA située à l’entrée de l’estuaire de la Gironde doit normalement se faire au reaching, sur un seul et même bord assez rapide, dans un vent variable soufflant entre 10 et 18 nœuds. « On va avoir droit à de belles glissades mais il va falloir soigner ses trajectoires. Suivant les angles et les voiles que l’on va choisir, on va quand même pouvoir faire quelques petites différences », a assuré Loïc Blin, bien conscient cependant qu’il n’y aura, dès lors, plus de passages à niveaux ni de coups tordus comme on a pu en voir lors des deux premières étape, sauf, peut-être, sur les vingt derniers milles entre l’île d’Yeu et Les Sables d’Olonne. Le scénario est donc assez clair, ce qui n’est évidemment pas pour déplaire aux actuels leaders aux classements, Tanguy Bouroullec et Léo Debiesse.

Un schéma météo plutôt clair

« Le schéma météo est effectivement sans grosses surprises a priori. On va avoir moins de transitions que lors des deux premiers actes. Ce sera donc moins dans ces phases que les différences vont se faire mais davantage sur les options stratégiques. La vitesse pure sera aussi importante. Pour ma part, je sais parfaitement ce que j’ai envie de faire. Maintenant, on est nombreux à avoir bien travaillé la météo et à avoir envie de bons résultats. Rien ne va être facile », a commenté le leader en bateaux de Série qui, pour mémoire, compte une avance d’une heure et trente-quatre minutes sur son dauphin. « Je vais faire ma course. On verra plutôt sur la fin de la course si je dois contrôler en fonction des positions et des placements de mes principaux concurrents », a ajouté le skipper de Kelyfos. Même son de cloche du côté de Tanguy, premier chez les Proto avec une marge de deux heures et trente-quatre minutes sur son plus proche poursuivant. « J’ai effectivement un peu d’avance au classement mais je vais malgré tout garder un petit œil sur la concurrence, et notamment sur Antoine (Perrin) et Irina (Gracheva). Pour moi, l’idée c’est d’essayer de décrocher une troisième victoire d’étape d’affilée. Je vais faire de mon mieux. Il sera en effet important d’arriver assez bien positionné au DST d’Ouessant. Ensuite, sur le grand bord de reaching, je devrais normalement aller assez vite », a expliqué le skipper de Cerfrance qui devrait alors, en effet, tirer toute la quintessence de son Pogo à foils. Les verdicts sont attendus mercredi matin tôt pour les premiers Proto et le même jour en tout début d’après-midi pour les premiers Série.

Ils ont dit :

Léandre de Schrynmakers (906 – ULYC) : « Pour moi, sur cette troisième étape, le but reste d’aller chercher mes milles de qualification pour la Mini Transat, mais aussi d’en profiter parce qu’a priori, je ne vais pas beaucoup naviguer cet hiver. Je veux vraiment arriver au bout, être satisfait de ma trace et de la manière dont j’aurais géré le bateau. Je suis content que de l’air soit annoncé sur ce dernier acte car je préfère quand il y a un peu plus de vent. J’espère réussir à rester accroché au bon wagon et bien négocier les passages à niveau. Les transitions, c’est hyper important. C’est déjà assez dur mentalement alors si on est en queue de peloton… En tous les cas, j’ai très envie de partir car cette escale roscovite, même si elle a été agréable, a duré longtemps. Très vite, on a réparé les deux-trois bricoles qu’il y avait à faire et on a rechargé les batteries. On n’attendait plus que de connaître le parcours et la date de départ exacte avec impatience. Cette fois, on y est. Ça va être bien ! »

Joris Corbin (590 – Yoyo 3) : « Ça n’a pas été facile de me remobiliser pour repartir en course après mon abandon dans la deuxième étape en raison d’un problème de ferrure d’étai. Ça a évidemment été une grosse déception pour moi. A présent, mon but c’est de terminer la course pour cumuler les milles pour la Mini Transat. Je regrette évidemment que le parcours ait dû être réduit de 870 à 500 milles mais bien sûr, je suis content de ne pas monter jusqu’à Wolf Rock car sinon ça aurait été très costaud. C’est le jeu ! On va quand même partir avec de la baston et ça va bien secouer jusqu’à Penmarch. Ensuite, heureusement, c’est prévu de se calmer normalement. Ça devrait être une étape bien complète ! »

David Prono (928 – Association surrénales) : « Elle a fait du bien cette longue escale car elle a permis de bien se reposer. Pour ma part, j’avoue que j’étais bien cramé après les deux premières étapes. On devrait avoir un peu de vent sur cette dernière manche et ça, c’est bien. Je préfère ça que la molle. Entre les étapes 1 et 2, à ce niveau, ça a été terrible ! A priori, cette fois, il y a moins de risque de molle. Les schémas météo sont plus clairs. Ça va être intéressant de voir ce qui va se passer. L’objectif pour moi est de réussir à gagner encore quelques places au classement. Actuellement, je suis 16e au général et le 10e est à moins d’une heure. Même en une demie heure, il y a moyen de grappiller plusieurs places. L’idée c’est donc de naviguer proprement et de ne pas trop se concentrer sur les autres afin d’avoir un peu plus de latitude pour tenter des choses. Ceux de devant vont peut-être se marquer. Si tel est le cas, cela laissera peut-être des portes ouvertes… »

Marie Lefort (1008 – Otimo) : « Cette Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix est ma première course en Mini 6.50. J’ai récupéré le bateau il y a deux mois seulement donc c’est tout nouveau. Les conditions des deux premières étapes ont été top pour débuter. La pétole, ça n’a pas forcément été facile mentalement mais c’était bien pour se mettre en jambes. J’ai réussi à faire un peu mieux à la deuxième manche qu’à la première en terminant 30e et là, du coup, je suis motivée pour continuer d’élever mon niveau de jeu et grappiller des places. C’est trop bien parce que ça va être encore de nouvelles conditions. C’est génial de régater à 70 bateaux. Cela permet de pouvoir se comparer en permanence et ça motive beaucoup pour se tirer la bourre. Là, peut-être qu’il va y avoir des écarts importants, je ne sais pas. En tous les cas, le positif, c’est que je ne suis pas malade en mer. J’ai fait beaucoup de large et c’est cool pour moi car ça va me permettre d’attaquer dès le début. De plus, comme ça fait longtemps qu’on attend, j’ai vraiment très envie de repartir ! »

Ediz Onen (918 – Turkuaz) : « Mon objectif de départ, sur cette course, c’était de me qualifier pour la Mini Transat. Sur la deuxième étape, malheureusement, j’ai eu des problèmes d’énergie et j’ai dû prendre une décision difficile : celle d’abandonner alors que j’étais 9e et bien dans le match. Mentalement, ça n’a pas été facile à gérer. Désormais, j’ai récupéré et le bateau est de nouveau en ordre de marche, même si j’ai un budget limité et que je fais un peu comme je peux. Dans tous les cas, mon but reste de faire les choses au mieux, de me donner au maximum. Je garde cependant en tête qu’il est important pour moi de finir la course, et finalement peu importe dans quelles conditions. »

Thomas Watine (905 – Endurance) : « Les 24 premières heures vont être décisives. Il va falloir rester à la barre d’autant plus qu’il y aura certainement un peu de couverture nuageuse et que la gestion de l’énergie sera importante. Je pense qu’il va falloir peu dormir dans un premier temps et être agressif sur le départ – ce qui n’est pas mon fort. Après, ça va dérouler. Aujourd’hui, je n’ai que 5-6 sorties en Mini au compteur. Je ne suis pas super bien classé mais ce n’est pas surprenant car je gère mon projet en parallèle avec ma vie de famille et un boulot à plein temps à Paris. Je suis là pour prendre des milles pour la qualification pour la Mini Transat, prendre un maximum de plaisir et prendre en main les manettes du bateau. Pas plus, pas moins. En bref, je suis là pour être heureux en mer ! »

Gauthier Verdon (879 – TGS France) : « Il est temps de partir. En ce qui me concerne, je suis allé faire un petit tour pour aller voir ma famille et c’était un peu dur de revenir, mais là, avec ce beau temps, je suis content de partir. On sait qu’il va y avoir des conditions un peu toniques et on va en profiter pour aller vite. Mon objectif, tout modestement, c’est de rester dans le paquet, de passer le DST d’Ouessant dans la journée de lundi et de pouvoir faire ma route tranquillement ensuite. L’important pour moi, c’est de rentrer dans les délais parce que sur les deux premières courses ça a été l’enjeu. J’espère réussir à rester dans le peloton car tant qu’il y a du monde autour de moi, ça ne m’inquiète pas. En revanche, si je suis tout seul, je sais qu’il va falloir que je puise dans mes ressources. Quoi qu’il en soit, je sais que ça va être génial. Ce sont mes premières courses au large et je suis super content car ça se passe bien. Une fois qu’on aura terminé cette troisième étape, ce sera une belle marche de franchie ! »

Relancer la machine

Après une semaine d’escale au port du Bloscon, les marins de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix se préparent désormais à entamer la troisième et dernière étape de l’épreuve. Initialement prévu mercredi et reporté en raison deux passages de front successifs ayant généré des rafales de vent supérieures à 50 nœuds en Manche et au large de la pointe Bretagne, le départ cet ultime volet doit en effet être donné ce dimanche 23 août, à 10 heures. Les 65 solitaires toujours en lice quitteront alors Roscoff pour rejoindre Les Sables d’Olonne, via Rochebonne, la bouée BXA située à l’entrée de l’estuaire de la Gironde puis l’île d’Yeu, pour un total de 500 milles à parcourir. Si c’est moins que les 870 milles qui les attendaient au départ afin de tenir les plannings de la course malgré le changement de programme, cela reste un joli morceau. C’est d’autant plus vrai que la météo s’annonce assez complète, avec différents passages à niveaux à négocier. Des barrières susceptibles de créer d’importants écarts. Pour preuve, si on s’en tient aux derniers routages, les arrivées des Mini 6.50 à Port Olona pourraient s’étaler du mercredi 26 à la mi-journée jusqu’au jeudi 27 tard dans la nuit.

« Après une semaine d’arrêt, c’est finalement un peu compliqué de se remettre dans le match. Plus, en tous les cas, que ce que je pouvais imaginer », relateMarie-Pierre Séris (250 – Marie prend le large). Avec cette phrase, la navigatrice Girondine résume l’état d’esprit général des troupes de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix. Et pour cause, leur escale roscovite a duré un peu plus longtemps que prévu. Quatre jours pour être précis. En cause, la mauvaise météo qui a balayé la Manche et la mer d’Iroise ces derniers jours. « Evidemment qu’on était mieux à terre qu’en mer au vu des conditions. Cela étant dit, c’est vrai que le fait de s’être arrêté si longtemps nous a fait un peu quitter le mode course. Pour ma part, clairement, je me suis un peu senti en vacances mais je m’y remets. J’ai vraiment hâte de partir, d’aller retrouver la mer ! », avance Rémi Lamouret (880 – Rémini), néanmoins ravi de cette halte Léonarde, remarquablement organisée avec l’aide précieuse d’Yves Le Goff et toute son équipe de bénévoles de l’association Voile Baie de Morlaix.

Ecarts monstres à prévoir ?

Ce qui les attend, lui et ses concurrents, risque pourtant bien de les cueillir un peu à froid. Les premiers milles de course, jusqu’à la pointe Bretagne que les premiers devraient atteindre dans la nuit de dimanche à lundi aux alentours d’une heure, devraient en effet se jouer au près, avec entre 15 et 22 nœuds de vent contre-courant, sur une mer encore cabossée. « Comme entrée en matière, ça va être un peu difficile. Je suis sensible au mal de mer et je risque bien d’être malade mais c’est le jeu », note Marie-Pierre Séris, qui se prépare donc à un début de course fort inconfortable. Elle le sait cependant, ce louvoyage le long de la côte nord Finistérienne sera très certainement l’une des phases les plus importantes de la course. Une phase où des premiers écarts significatifs pourraient rapidement se créer et ne faire que s’accentuer ensuite puisque les plus rapides devraient réussir à contourner le DST (dispositif de séparation de trafic) d’Ouessant sur un seul et même bord, à l’inverse des retardataires. Embêtant quand on sait que pour l’heure, les fichiers météo laissent envisager peu ou pas de véritables options stratégiques pour descendre jusqu’à l’entrée de l’estuaire de la Gironde. 

Sept abandons officiels

« Sur cette portion du parcours, il ne devrait effectivement pas y avoir de difficulté majeure. En revanche, après le passage de la bouée BXA, le vent va devenir très changeant et faiblir progressivement pour atteindre moins de dix nœuds», détaille Denis Hugues, le Directeur de course qui estime aujourd’hui les premières arrivées aux Sables d’Olonne mercredi en milieu de journée. « Il va y avoir de nombreux passages à niveaux et vraisemblablement des écarts importants au bout du compte », précise-t-il, rappelant par ailleurs qu’après Philippe Chevereau (962 – Abardast) à l’issue de la première manche, six coureurs se sont déclarés non-partants pour ce troisième acte. Thomas Racoupeau (995 – Team Vendée Formation), Basile Bourgnon (975 – Edenred), Gaby Bucau (984 – Mex), Timothée Douin (959 – Neptune) en Série puis Paul Gauchet (709 – Barra) en Proto, qui avaient déjà dû jeter l’éponge sur le deuxième acte pour des raisons diverses (problèmes d’énergie, coup de bôme dans la tête et démâtage), ont signifié leur abandon officiel dans l’épreuve. De même que l’Estonien Ular Mark (996 – Elukas) contraint, pour sa part, de rentrer dans son pays où une période de quarantaine vient d’être décrétée pour les personnes de retour de France.  

Ils ont dit : 

Thomas Grandin (138 – Poch’trot) : « Cette troisième étape ne va pas du tout être adaptée à mon bateau, le plus vieux de la flotte. Clairement, ça va être compliqué pour moi de tirer mon épingle du jeu car on va faire pas mal de reaching et de près. Il y aura moins d’air sur la fin, alors peut-être que j’aurai des occasions de me refaire… Dans tous les cas, il faudra faire avec. Au niveau classement, je ne pensais pas être aussi bien classé après les deux premières étapes (11e Proto, ndlr). Je pense que j’ai assez bien exploité le potentiel de mon Mini. On verra ce que ça donne sur la troisième mais je préfère ne pas me prononcer sur un objectif. En tous les cas, je suis super content d’avoir reçu le prix de la meilleure performance que m’a remis Tanguy Bouroullec lors de la remise des prix de la manche 2. Ça fait plaisir et ça donne envie de se battre. »

Hugo Lauras (512 – Hugo au Large) : « Il y aura moins d’incertitudes et moins de pétole que lors des deux premières étapes mais je pense que l’on part sur une course intense. Une course de quatre ou cinq jours qui s’apparente, pour moi, un peu à un sprint. On va direct partir au près sur une mer encore formée pour rejoindre la pointe Bretagne. Là, on va traverser le rail montant puis le rail descendant, puis refaire la même chose dans les douze heures suivantes. Je serai content une fois que tout ça sera passé d’autant qu’ensuite, on entamera une phase de la course avec des angles plus ouverts pour rentrer dans le golfe de Gascogne, ce qui reposera un peu nos estomacs. J’aimerais bien finir. Je suis 28e au général pour le moment. Il y a un petit paquet, devant moi, assez serré en temps. A l’inverse, derrière, il y a un peu d’écart. J’ai donc plus à gagner qu’à perdre. »

Hugo Picard (1014) : « On a perdu un peu le rythme de la course ces derniers jours. Sur cette troisième étape, on va faire du près, puis du près puis encore un peu de près…  Dans le golfe de Gascogne, on verra ce que l’on a comme type de météo en espérant qu’il y ait finalement des options et que le match change. Le but sera d’essayer de rester devant et de bien regarder ce qui se passe dans le ciel. Aujourd’hui, le jeu est grand ouvert et le classement loin d’être encore fait. Avant la deuxième étape, je visais un Top 10 et j’ai fini 15e. Je repars donc avec ce même objectif en espérant y parvenir cette fois. Ce sont mes premières courses et j’ai le bateau depuis peu de temps. Je cherche encore un peu les manettes alors c’est bien qu’on ait des conditions assez différentes. On va voir comment ça se déroule. Il faut juste espérer que ce ne soit pas trop pénible de sortir de la Manche. »

Nicolas Cousi (533) : « On va se faire un peu secouer mais finalement, ce que l’on recherche quand on fait de la course au large, c’est quand même des conditions un peu musclées. On a eu deux premières étapes un peu molles avec seulement un court passage au niveau du DST d’Ouessant où ça a cogné un peu. On va cette fois se retrouver dans une configuration de course un peu plus musclée où, du coup, les écarts risquent de se marquer un peu plus vite parce que la qualité des skippers risque de se révéler beaucoup plus que dans le petit temps. Les capacités à endurer, à mettre de la toile, à trouver les bonnes trajectoires seront importantes. Mon objectif, c’est de finir bien. Je navigue sur un vieux bateau et je n’ai pas de prétention de podium mais je voudrais terminer avec le sentiment du travail bien fait. A l’arrivée de la première étape, j’étais hyper satisfait de ma course. Elle avait pourtant mal commencé mais j’avais réussi à faire des trucs pas trop mal, même si j’avais fini par me faire bouffer dans le dernier bord. La deuxième, je l’ai beaucoup moins bien gérée. J’ai eu quelques problèmes d’énergie mais, honnêtement, ce n’est pas ce qui m’a vraiment embêté. Je n’ai pas d’objectif au classement d’autant que j’ai changé mes batteries et mon système électronique, ce qui fait que j’encaisse 24 heures de pénalité avant même le départ. Pour le général c’est clairement mort. Je veux toutefois réussir à naviguer au plus proche des meilleurs. »

Le départ de la troisième étape reporté au dimanche 23 août à 10 heures

Initialement prévu le mercredi 19 août à 16 heures, le coup d’envoi de la troisième et dernière étape de la Les Sables – Les Açores en baie de Morlaix aura finalement lieu ce dimanche 23 août à 10 heures. La Direction de course, qui avait dans un premier temps annoncé le report du départ de ce dernier acte à une date ultérieure sans la préciser, a confirmé aujourd’hui cette nouvelle date. Les derniers fichiers météo ne permettent en effet pas de lancer la flotte des Ministes avant, la faute à un nouveau passage de front annoncé à partir de ce soir. Ce dernier est prévu de générer des rafales supérieures à 50 nœuds, avec 4,5 mètres de vagues en Manche et jusqu’à 6.5 mètres au large de la pointe Bretagne. Si le vent doit faiblir dans la journée de samedi, l’état de la mer ne doit, lui, pas s’améliorer dans la journée de dimanche, ce qui ne permet pas d’envisager raisonnablement de lancer la course, surtout en cette période de forts coefficients de marée (entre 100 et 91 ce week-end).

Le départ de l’étape 3 reporté à une date ultérieure

Le départ de la troisième et dernière étape de la Les Sables – Les Açores en baie de Morlaix, initialement prévu le mercredi 19 août à 16 heures, est reporté à une date ultérieure. En cause, des conditions météo difficiles annoncées pour le milieu de semaine. Une dépression générant des vents de sud-ouest entre 25 et 28 nœuds (jusqu’à 40 dans les rafales) et plus de trois mètres de vagues doit, en effet, balayer la Manche. Une amélioration est attendue à partir de samedi avec le retour à une situation plus anticyclonique. Une nouvelle information sur le programme sera donnée le jeudi 20 août 2020 à 12 heures.

Par ailleurs, la parade est, elle, avancée au mardi 18 août à 14 heures. Les Ministes, accompagnés des jeunes de la section compétition « Voile Baie de Morlaix », effectueront alors une boucle au départ et à l’arrivée du port du Bloscon via le château du Taureau.

Bouroullec double la mise en Proto, Riché signe sa première victoire en Série

Depuis 19h20 hier, les arrivées de la deuxième étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix se succèdent au Port du Bloscon. Et si elles vont continuer de s’égrainer tout au long de cette journée de samedi, les podiums de l’étape ainsi que ceux des classements généraux provisoires sont désormais connus. Ainsi, chez les Proto, le trio Tanguy Bouroullec (696 – Cerfrance), Antoine Perrin (850 – Hydroprocess) et Irina Gracheva (800 – Canopus) est à la fois le tiercé gagnant de la manche et celui, dans le même ordre, du classement général provisoire. Chez les Série, la hiérarchie est en revanche plus fragile et ce n’est pas Victor d’Ersu (985 – Babouchka) qui soutiendra le contraire après la fin de course épique qu’il a vécue aujourd’hui. Privé de tout système électronique, le skipper a galéré à trouver la ligne d’arrivée dans la nuit noire. Durant près de deux heures, il a tourné dans la baie de Morlaix perdant alors un temps précieux et permettant à Quentin Riché (947 – Eliott) puis à Jean-Marie Jézéquel (951 – Branchet / KPL) de le griller sur le fil après avoir pourtant mené les débats pendant une grande moitié de la course. Au général, Léo Debiesse (966 – Kelyfos), 4e de ce second round, conserve néanmoins le leadership devant Riché qui se hisse sur le podium juste devant l’Allemand Lennart Bürke (943 – Vorpommen).

Cette deuxième étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, qui a mené les Ministes des Sables d’Olonne jusqu’à Roscoff en passant par l’île de Ré et Wolf Rock, s’annonçait assez tonique. Or elle a plutôt été marquée par de petits airs, même si pendant un court moment, au large du DST d’Ouessant, le vent est monté jusqu’à 28 nœuds. Résultat, comme la première manche, elle s’est avérée « usante » à la fois mentalement et physiquement pour les marins qui ont ainsi passé plus de quatre jours en mer. Quatre jours durant lesquels les coups d’élastiques et les retournements de situation ont été pléthores ainsi que l’a expliqué Tanguy Bouroullec (cf son interview réalisée hier après son arrivée), et ainsi que l’a confirmé son dauphin, Antoine Perrin. « La course n’a pas été facile. Il y a eu de nombreux passages à niveau et autant de rebondissements. Les écarts se sont régulièrement faits puis défaits », a commenté le skipper d’Hydroprocess qui s’était incliné sur fil lors de la première manche face à Irina Gracheva et qui, cette fois, est parvenu à la laisser 26 minutes dans son tableau arrière après un nouveau duel acharné du début à la fin. « Les écarts sont faibles mais je réalise une bonne opération au général puisque je remonte de la troisième à la deuxième place au classement provisoire », s’est satisfait le Carantécois, évidemment ravi de finir en bonne place sur son terrain de jeu de prédilection et de reprendre l’avantage au général pour 25 minutes sur sa concurrente directe, même s’il concède désormais 2h34 à Tanguy Bouroullec, et sait que ce temps ne sera pas facile à combler, même avec une étape de 870 milles à venir.

Une fin de course totalement improbable

Chez les bateaux de Série, la hiérarchie est nettement moins figée et l’incroyable finish de cette deuxième étape en est la preuve la plus parfaite. Jugez plutôt : alors qu’il occupait les commandes de flotte depuis le passage du dispositif de séparation de trafic d’Ouessant jeudi en fin de journée, et se dirigeait tout droit vers la victoire d’étape avec une confortable avance de cinq milles sur ses adversaires, Victor d’Ersu a connu une mésaventure aussi improbable qu’impitoyable. Entré dans la baie de Morlaix aux environs de 1h30, il a tourné puis tourné encore à quelques mètres seulement de la ligne d’arrivée sans la voir, perdant alors deux longues heures. Un scénario en réalité complètement lié à un black-out subit depuis le débordement de la pointe Bretagne deux jours auparavant. « Je me suis retrouvé privé d’électronique, c’est-à-dire de GPS, de pilote automatique, d’aérien… ça a été super compliqué et j’ai tout fait à l’ancienne. Ça a été un peu fatigant parce que j’ai dû barrer tout le temps. Je n’ai pas mangé ni dormi du tout pendant 60 heures », a relaté le skipper de Babouchka qui, malgré cela, a réalisé une très belle course, menant un temps les débats avec plus de 8 milles d’avance sur le reste de la flotte. « Aujourd’hui, je sais que je peux jouer devant, mais évidemment je suis un peu déçu de ne pas avoir accroché la victoire d’étape. Il m’est passé tellement de choses par la tête tout ce temps où je ne parvenais pas à trouver la ligne d’arrivée ! On m’avait dit qu’il y avait un petit gyrophare sur le bateau comité mais impossible de le voir ! Je me suis même dit que j’allais mouiller jusqu’à ce qu’il fasse jour et puis tant pis… Au final, on est arrivé à trois bateaux quasi en même temps ! Incroyable ! », a commenté le Malouin, pas mécontent de signer malgré tout une belle troisième place, peu après 3h30 du matin ce samedi, à seulement 1 minutes et 20 secondes du vainqueur, Quentin Riché.

Tout reste à faire

« Quel finish de malades ! Je pensais que Victor était arrivé depuis un moment. Quand je l’ai vu sans feu et sans AIS, j’ai compris qu’il avait des problèmes d’énergie et la pression est encore montée d’un cran. On est arrivé à trois, à quelques longueurs d’intervalle seulement ! » a commenté le skipper d’Eliott, auteur d’un joli début de course mais aussi et surtout d’une belle fin d’étape grâce notamment à un joli coup dans les contre-courants de la baie. « Gagner une étape, c’est fou !  Au départ, j’étais ici pour me qualifier pour la Mini Transat. C’est seulement ma deuxième course en solitaire et je ne m’attendais pas du tout à ça, mais clairement je me prends au jeu de la performance ! », a ajouté le Grenoblois qui se hisse de la quatrième à la deuxième place au classement général provisoire derrière Léo Debiesse. Quatrième de cette manche, ce dernier conserve en effet l’avantage au général. « J’avais 1h42 d’avance après ma victoire sur la première course. A présent, il me reste 1h34 de marge. Au final, cette deuxième étape ne change pas grand-chose pour moi en termes de temps mais je suis très content de terminer dans le Top 5. Un podium aurait été encore mieux mais je ne m’en sors pas si mal surtout après un début de course un peu laborieux », a commenté le skipper de Kelyfos qui va profiter d’un peu de répit bien mérité avant le troisième et dernier volet de l’épreuve dont le départ est programmé, pour l’heure, mercredi prochain à 16 heures.

Ils ont dit :

Antoine Perrin (850 – Hydroprocess), 2e Proto de l’étape 2 et deuxième au classement général provisoire : « Cette fois-ci, j’ai réussi à finir devant Irina (Gracheva). J’ai réussi à la passer dans la nuit de jeudi à vendredi, près de Wolf Rock. J’ai chopé du vent tout à droite et elle, elle est restée collée à gauche. Elle avait 5 ou 6 milles d’avance à un moment mais je n’ai rien lâché. La course n’a pas été facile, au début surtout. Si on a du près dans 25 nœuds et du portant dans 15-20 nœuds sur le dernier bord, on a aussi eu beaucoup de moments sans vent. J’étais parti avec 20 litres d’eau mais c’était un peu short. J’ai tout bu car il a fait très chaud les deux premiers jours mais heureusement, en Angleterre, il a fait froid et humide. Je remonte à la deuxième place au classement provisoire : ça, c’est la bonne affaire du jour. J’ai la chance d’avoir un groupe électrogène qui fonctionne, ce qui m’a permis de pouvoir mettre sereinement le pilote automatique dans les moments où j’étais fatigué. Certains, toujours sur l’eau, sont confrontés à des problèmes d’énergie et ça doit être compliqué pour eux. En tous les cas, je suis hyper content de ma place et hyper content aussi de terminer cette étape à la maison, moi qui suis licencié à Carantec ! »

Irina Gracheva (800 – Canopus), 3e de l’étape 2 et troisième au classement général provisoire : « Je suis super contente ! C’est de nouveau une place dans le Top 3 après ma deuxième place dans la première étape. Je suis bien dans le coup et forcément, ça me fait plaisir car comme je l’ai déjà dit, avant le début de la course, je ne savais pas trop à quoi m’attendre en termes de résultat avec ce bateau que j’ai récupéré il y a peu. J’ai globalement bien navigué, même si j’ai commis quelques erreurs. Ça a, une nouvelle fois, été une super bagarre avec Antoine (Perrin). C’est génial de batailler à deux comme ça car ça permet de s’étalonner en vitesse, de vite savoir si on a gagné ou perdu du terrain… Au final, il me reprend la deuxième place au classement général provisoire mais ça reste très serré. Tellement que sur la troisième étape, plus que le temps, c’est la place qui comptera : celui qui terminera devant l’autre sera celui qui finira devant ! »

Jean Marie Jézéquel (Branchet /KPL), 2e Série de l’étape 2 : « Je suis désolé pour Victor (d’Ersu) car je pensais qu’il était arrivé depuis un moment. Je l’ai vu sur la ligne mais je ne savais pas qu’il était encore en course ! Ça a clairement été une étape de fou. Il y a eu de tout : beaucoup de petit temps, des rebondissements dans tous les sens et ce super finish, presque incroyable. C’était vraiment chouette. J’ai pris beaucoup de plaisir en mer même si on n’a pas beaucoup dormi car on était toujours en bataille les uns contre les autres, toujours groupés. Sur cette deuxième étape, j’ai essayé de bien faire surtout qu’elle arrivait à la maison pour moi. J’ai navigué un peu plus libéré que sur la première étape. J’ai tenté des choses qui me paraissaient plus pertinentes et moins désespérées. J’ai aussi réussi à être un peu plus conservateur, peut-être un peu trop par moment, mais au final je suis super content. »

Romain Bigot (802 – La Vie est Belt), 4e Proto de l’étape 2 : « Je visais un Top 5 sur une des étapes : c’est mission accomplie ! Je suis super content ! J’ai appris que j’étais deuxième hier soir et je me suis fait fumé dans le courant avant Wolf Rock car j’étais un peu fatigué, mais une place de 4e, c’est top ! Ça a été une belle étape. Une étape où on a eu de tout : de la pétole mais aussi du vent. J’ai pris des claques à 28 nœuds au près ! Cet après-midi, c’était super, pleine balle au portant, à 16 nœuds ! J’ai hâte de découvrir la carto pour voir ce qui s’est passé pendant la course et notamment à niveau du DST d’Ouessant. J’ai suivi ce que nous avait dit Christian Dumard et ça a très bien marché. C’était génial, vraiment génial ! Vraiment intéressant ! Je suis super remonté pour la troisième étape ! »

Et de deux pour Tanguy Bouroullec !

Ce vendredi 14 août à 19h20’37, Tanguy Bouroullec a franchi la ligne d’arrivée de la deuxième étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix bouclant ainsi les 470 milles du parcours en première position chez les Proto après 4 jours 04 heures 06 minutes et 37 secondes de course. Déjà leader au classement général provisoire de l’épreuve avec une avance de 48 minutes sur son dauphin à l’issue de la première manche, le skipper de Cerfrance consolide donc son leadership. Ses premières déclarations à chaud.

Vous signez une nouvelle victoire d’étape. Une étape finalement peu ventée…

« En effet, contrairement à ce qu’on attendait, ça n’a pas été une étape musclée du tout. Heureusement qu’il y a eu les six dernières heures pour oublier le reste ! Franchement, ç’a été galère. Il n’y a vraiment pas eu de vent. On a fait trois jours dans les petits airs, sous la pluie… C’était compliqué car ça bougeait dans tous les sens. En tous les cas, il y a eu des rebondissements et ça, ça a maintenu bien éveillé ! Antoine (Perrin) s’est retrouvé en tête pendant un moment donc il a fallu que je me batte pour repasser devant, mais c’est resté piégeur. La nuit dernière, en arrivant en Angleterre, je pensais que le break était fait mais je me suis arrêté juste avant Wolf Rock et j’ai vu tout le monde revenir. Ça a été un peu dur mais heureusement, le dernier bord s’est joué sous le soleil avec 13-14 nœuds de vent et c’était parfait. J’ai enfin pu utiliser mes foils qui, jusqu’à présent, n’avaient servi à rien ! »

Vous terminez avec une avance de plus de 13 milles sur votre poursuivant le plus proche. Vous consolidez ainsi votre place de leader au général. On vous imagine content ?

« Oui, clairement ! Quand j’ai vu que le vent montait et que ça rentrait ouest sud-ouest pour la deuxième traversée de la Manche, j’ai su que je pouvais aller vite et que je pouvais grappiller des milles. En fait, j’ai su que ceux de derrière ne pourraient pas me rattraper. On va voir ce que ça va faire en temps mais c’est sûr que c’est bien… »

Cette deuxième étape a-t-elle été très différente de la première ?

« Elle a été différente mais usante également. Les trois premiers jours, vraiment, ont été délicats car on n’avançait pas. On se demandait si on allait réussir à finir le parcours un jour ! Quand on est arrivé à Penmarch et qu’on n’avait toujours pas eu plus de cinq nœuds de vent, pfff… ça a été compliqué. Ça n’avançait pas du tout et il y avait constamment des passages à niveau. Ça s’arrêtait, ça revenait… ça partait à droite, à gauche. A un moment, Antoine (Perrin) était trois milles derrière moi, et avec juste une rotation, il est repassé devant… ça bougeait tout le temps. J’ai vraiment hâte de voir la carto et de refaire la course. A la pointe Bretagne, au passage du DST, quand j’ai vu Irina (Gracheva) revenir à l’AIS, j’ai compris que j’avais foiré un truc. Je pensais avoir bien fait mais je pense que ceux qui sont allés virer carrément à l’ouest ont fait mieux. Avec le vent que j’avais à ce moment-là, je n’y croyais pas trop j’avoue… Le pire a quand même été la nuit dernière à l’arrivée sur Land’s End. Il n’y avait vraiment pas d’air. C’est revenu encore une fois par l’arrière mais ça a été ça toute la course. Il ne fallait rien lâcher à aucun de ces passages à niveaux mais rester à fond. »

Vous doublez donc la mise. Difficile de faire mieux !

« C’est vrai. Maintenant j’espère aller chercher la troisième ! J’espère qu’il y aura un peu plus de vent sur la dernière étape car sinon ça risque d’être très long si c’est comme ça ! »

Les petits aléas de la météo

La météo n’est pas une science exacte et le scénario de la deuxième étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix le montre bien car si les fichiers d’hier laissaient envisager un passage à Wolf Rock entre 1h et 4h la nuit dernière, puis des premières arrivées à Roscoff en fin de matinée ce vendredi, force est de constater que le vent a globalement été moins fort que prévu sur l’ensemble de la Manche, et en particulier dans sa partie nord. C’est ainsi au ralenti que les Ministes ont effectué leur première traversée de la Manche. Résultat des courses, Tanguy Bouroullec, leader chez les Proto n’a pas débordé le fameux phare anglais avant 7h04 tandis que Victor d’Ersu (985 – Babouchka), premier en bateau de Série, ne l’a pas passé avant 8h35.

Quid de la deuxième transmanche ? Elle ne s’annonce plus très rapide non plus, la faute à un flux de secteur ouest sud-ouest très instable, à la fois en force et en direction. « Ça va rester très irrégulier, avec entre 3 et 10 nœuds de vent. Ce vent va continuer de mollir dans la journée de demain puis passer au sud. Une large partie de la flotte va donc devoir finir la course au près, sur un seul et même bord cependant », annonce Christian Dumard, le météorologue de l’épreuve qui reste très prudent concernant les ETA (estimations d’heures d’arrivées) des premiers. « Compte-tenu de la situation, il est difficile d’être précis mais on peut estimer un passage de ligne ce soir entre 20 heures et minuit pour les leaders ».

A retenir par ailleurs :

-Peu avant 3 heures ce vendredi, Ediz Onen (918 – Turkuaz) a indiqué qu’il était confronté à un black-out d’énergie à bord de son bateau. Privé de l’ensemble de ses instruments électronique, le skipper Turque se déroute actuellement sur Brest qu’il devrait atteindre en fin de matinée.

-Confronté à des soucis de ferrure d’étai, Joris Corbin (590 – Yoyo 3) est parvenu à effectuer un brêlage pour sécuriser son mât. Il fait actuellement route en direction de Camaret.

-Timothée Douin (959 – Neptune) se déroute vers le port de Concarneau.

Tanguy Bouroullec en tête à Wolf Rock

Après avoir débordé le DST (dispositif de séparation de trafic) d’Ouessant dans la soirée d’hier, les Ministes de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix ont connu une nuit plutôt mollassonne. Résultat des courses, c’est au ralenti qu’ils ont effectué leur première traversée de la Manche. Pour preuve, alors qu’on attendait les leaders entre 1h et 4h aux abords de Land’s End, Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance), le leader de la flotte (premier Proto) a seulement débordé le fameux phare de Wolf Rock à 7h03 ce matin, avec une avance de près de dix milles sur son poursuivant direct. Il est attendu sur la ligne d’arrivée à Roscoff aux alentours de 21 heures.

Démâtage du Proto de Paul Gauchet

Ce jeudi, peu après 18h30, alors qu’il pointait en 5e position chez les Proto et évoluait au près dans 20-25 nœuds de vent à une vingtaine de milles au large de l’île d’Ouessant, au sud du DST qu’il s’apprêtait à contourner par l’ouest, Paul Gauchet (709 – Barra) a démâté. Le skipper va bien. Il a été rejoint par l’un des bateaux suiveurs de la course, OC 23. Ce dernier l’a pris en remorque et doit passer, d’ici deux heures, le relais à la vedette SNSM d’Ouessant qui l’accompagnera jusqu’au port de Camaret.

Renforcement des règles de sécurité sanitaire sur le site de la course

En raison de la crise sanitaire , les pontons seront fermés au public. Nous sommes désolés de ne pouvoir partager cette fête avec le plus grand nombre, mais il faut savoir se protéger et protéger les autres. Il est hors de question de faire prendre des risques à qui que ce soit. Il ne sera malheureusement pas possible de rencontrer les skippers. La course se déroulera à huis clos et nous la partagerons via les réseaux sociaux. Je comprends la déception de certains, mais il en va de la sécurité et la pérennité de l’épreuve. Je suis sûr que tout le monde comprendra et acceptera de ne pas venir sur le site. Merci à tous

Marc Chopin, président de l’organisation.

Changements de leaders à la pointe Bretagne ?

Ce jeudi, la flotte de la deuxième étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix continue doucement mais sûrement sa route, toujours au près, dans un vent de nord-ouest toujours instable.  Un flux qui devrait néanmoins graduellement se renforcer à l’approche de la pointe sud-ouest du dispositif de séparation de trafic d’Ouessant. Un DST que les premiers devraient commencer à déborder aux environs de 16-17 heures. Côté classements, pour l’heure, Tanguy Bouroullec (696 – Cerfrance) et Loïc Blin (871 – Mini Moi Cherche Sponsors) mènent la danse respectivement chez les Proto et les Série, mais Romain Bigot (802 – La Vie est Belt) et Hugo Lauras (512 – Hugo au Large) pourraient bien tirer avantage de leur positionnement une dizaine de milles plus à l’ouest que leurs adversaires. Et pour cause, non seulement ils vont pouvoir passer le DST sur un bord quand leurs rivaux vont, eux, tirer des bords pour pouvoir le laisser à tribord, mais en plus ils profitent d’ores et déjà de davantage de pression, ce qui leur permet d’être logiquement plus rapides.

La suite ? Une fois cette fameuse zone interdite dans leurs sillages, les solitaires vont attaquer leur première traversée de la Manche au reaching, propulsés par un flux d’une douzaine de nœuds qui pourrait atteindre les 15 nœuds rapidement, et ainsi leur permettre de rejoindre le phare de Wolf Rock en milieu de nuit (vers 1h du matin pour les leaders). Là, les uns et les autres devront toutefois se montrer vigilants puisqu’en plus des courants jamais neutres aux abords de Land’s End, ils vont aussi devoir composer avec une visibilité réduite le long de la côte Anglaise, la faute à une brume épaisse. Bonne nouvelle cependant, la seconde transmanche s’annonce plutôt sympathique et relativement rapide, au portant. De quoi envisager raisonnablement les arrivées des premiers Proto entre 7 et 8 heures du matin ce vendredi à Roscoff, et environ quatre heures plus tard, soit aux alentours de 12 heures, pour les premiers Série.

A noter par ailleurs : Gaby Bucau (984 – Mex), dans l’incapacité de charger ses batteries en raison d’un problème de groupe électrogène, se déroute sur Lorient. Nicolas Cousi (533 – Telerys), victime lui aussi de soucis d’énergie, poursuit sa route néanmoins. Enfin, Thomas Racoupeau (995 – Team Vendée Formation), qui espérait être au départ de troisième étape après avoir résolu ses problèmes de pilote automatique, a finalement annoncé son retrait de l’épreuve.

A coups de petits décalages

La flotte de la seconde étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix poursuit sa route à petite vitesse en direction de la pointe Bretagne. Une pointe qu’elle ne devrait pas déborder avant demain, en première partie de matinée. En termes de stratégie, pas de grandes options à jouer pour les 70 Ministes toujours en course (victime d’un coup de bôme à la tête, Basile Bourgnon (975 – Edenred) est actuellement en route pour La Trinité-sur-Mer, son port d’attache, remorqué par l’un des bateaux suiveurs de la course). Chacun tente donc des petits décalages et force est de constater que certains sont plus payants que d’autres. Celui, d’Antoine Perrin (850 – Hydroprocess) trois milles à l’Est de son principal rival Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance), lui a permis de s’emparer des commandes chez les Proto aux environs d’une heure la nuit dernière. Même chose chez les bateaux de Série où Hugo Picard (1014 – Kiraucassis) a, lui aussi, tiré parti de son positionnement plus à l’Est que ses concurrents directs, remontant ainsi de la cinquième à la première place au pointage. Un pointage où les écarts restent malgré tout infimes, en particulier chez les Série où les sept premiers se tiennent en moins de deux milles. L’heure est donc au pilotage et aux réglages pour l’ensemble des solitaires, d’autant que le vent reste très instable, à la fois en force et en direction. Ce n’est, en effet, qu’aux abords du DST (dispositif de séparation de trafic) d’Ouessant que le vent va commencer à se stabiliser puis à se renforcer pour atteindre 12-16 nœuds en moyenne. De quoi envisager une première traversée de Manche relativement rapide, sans grandes options stratégiques à jouer cependant, avec une arrivée du côté de Wolf Rock en début de soirée ce jeudi. Idem pour la seconde transmanche qui s’annonce, elle aussi un peu « tout droit ». Pas de changement donc concernant les ETA (estimations d’heures d’arrivées) à Roscoff. Les premiers sont en effet toujours attendus tôt vendredi matin, au port de Bloscon.

Toujours de l’instabilité dans l’air

Partie hier en milieu d’après-midi des Sables d’Olonne, la flotte des 71 Mini 6.50 de la deuxième étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix a, comme on s’y attendait, bataillé dans de tous petits airs lors de ces premières 24 heures de course. Pour preuve, elle a à peine avalé 100 milles entre 16 heures hier et la même heure ce mardi. Bonne nouvelle cependant : elle est parvenue à conserver un minimum de vitesse et ainsi à ne jamais s’arrêter. Ainsi, si on pouvait s’attendre à ce que certains prennent la poudre d’escampette et d’autres restent scotchés, du côté de l’île de Ré notamment, avec des options assez différentes, tous sont finalement restés sur une trajectoire assez similaire et, par conséquent, plutôt groupés. Pour preuve, à peine plus de 20 milles séparent les premiers des derniers, que ce soit chez les Proto ou chez les Série, exception faite de Marine Legendre (902 – EY) reléguée à 50 milles du leader. Victime d’un problème de pilote automatique, cette dernière n’a, pour mémoire, quitté les Sables d’Olonne que sur les coups de 18h30 hier après effectué un retour au port pour réparer. Depuis, elle cravache autant que possible pour revenir au score – à noter que pour sa part, Thomas Racoupeau (995 – Team Vendée Formation), confronté à un souci identique, fait tout son possible pour trouver une solution et rejoindre Roscoff au plus vite afin de s’aligner au départ de la troisième étape programmé le 19 août prochain.

Du vent plus stable et plus fort à venir

Côté classement, chez les Proto, le trio gagnant de la première manche confirme son rang. Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance), Irina Gracheva (800 – Canopus) et Antoine Perrin (850 – Hydroprocess), dans l’ordre, mènent en effet la danse et se rendent coup pour coup. Chez les bateaux de Série, Quentin Riché (947 – Eliott), quatrième du premier acte à 1h43 du premier, emmène la flotte devant l’Allemand Lennart Bürke (943 – Vorpommern), décidément très régulier et très à l’aise dans le petit temps à bord de l’ancien Mini 6.50 d’Ambrogio Beccaria, puis Michel Sastre (903 – Shaman). Reste à voir dans quelle mesure cette première hiérarchie va se trouver chamboulée (ou non) avec le changement de conditions à venir, à l’approche du DST d’Ouessant que les concurrents devraient commencer à contourner (par l’ouest) demain matin, aux environs de 9 heures. A partir de là, le vent devrait en effet commencer à se stabiliser puis à s’établir au secteur nord tout en se renforçant graduellement pour atteindre entre 12 et 16 nœuds (jusqu’à 20 dans les rafales). « Les premiers vont réaliser cette première traversée de la Manche au près et les retardataires plutôt au reaching. Cela aura pour effet de ne finalement pas générer trop d’écarts au sein de la flotte », assure Christian Dumard, météorologue de la course qui prévoit une arrivée des premiers à Land’s End (Cornouailles anglaises), jeudi en début de soirée, chose que confirme Denis Hugues, le Directeur de course. « Selon les derniers routages, on envisage un passage au phare de Wolf Rock des premiers aux alentours de 19 heures le 13, mais ceci ne reste toutefois qu’une estimation car la situation ne cesse d’évoluer. On s’attend ensuite à une fin de course plutôt rapide, et donc des premières arrivées à Roscoff dans la journée de vendredi ».

Les marins de la baie de Morlaix pressés d’arriver « à la maison »

Après trois jours de repos bien mérités à la suite d’une première étape de petit temps, ce lundi les 71 solitaires toujours en lice dans la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix ont quitté Port Olona pour rallier Roscoff où sera jugée l’arrivée de la deuxième manche. A 15h14, après deux rappels généraux, les Ministes ont en effet entamé les 470 milles du parcours qui les mènera d’abord du côté de l’île de Ré puis à Wolf Rock ensuite, poussés par un vent d’ouest nord-ouest soufflant entre 5 et 8 nœuds. Dans ces conditions, Antoine Perrin (850 – Hydroprocess) et Jean-Marie-Jézéquel (951 – Branchet /LPL), les deux Carantécois de la course, manifestement pressés de rejoindre leurs terres, ont pris les commandes de leurs flottes respectives (Proto et Série). Les dés étaient néanmoins loin d’être jetés. De fait, si la grosse cellule orageuse que redoutaient les marins s’est finalement évacuée dans la matinée, les uns et les autres se préparent toutefois à batailler dans de petits airs erratiques sur la première moitié de parcours. De quoi rendre délicate la remontée jusqu’à Ouessant. Ouessant où le vent est prévu de s’établir au secteur nord mais aussi et surtout de prendre des tours pour atteindre 15-22 nœuds. De quoi garantir une seconde moitié de course relativement tonique. Dans ce contexte général, les arrivées pourraient être bien étalées puisque si l’on en croit les derniers routages, les premiers Protos sont attendus au port du Bloscon jeudi en milieu d’après-midi, et les premiers Séries vendredi en tout début de matinée.

Initialement prévu à 13 heures ce lundi, le départ du deuxième acte de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix a, dans un premier temps, été retardé à 14h30 afin de laisser passer une cellule orageuse, puis finalement lancé à 15h14, après deux rappels généraux. Antoine Perrin, troisième de la première étape dans la catégorie des Proto, a parfaitement négocié les premiers milles de la course, enroulant en tête la bouée de dégagement avec à ses trousses un certain Tanguy Bouroullec, vainqueur du premier round. Ces deux-là, qui ne s’étaient presque pas lâchés d’une semelle sur la boucle de 197 milles disputée la semaine dernière, sont donc bien partis pour se rendre coup pour coup à nouveau. Son avance de 48 minutes et 59 secondes sera-t-elle suffisante au skipper de Cerfrance pour conserver sa place de leader au classement général ? Difficile de se prononcer vu le contexte météo actuel, pour le moins instable. « Pour l’instant je ne compte pas les minutes. Je vais essayer de faire au mieux et de faire avancer le bateau au maximum de son potentiel. On fera les comptes à la fin même si, évidemment, accrocher une deuxième victoire de manche reste un objectif pour moi. Ce que je redoute le plus sur cette deuxième étape, c’est clairement le passage de Ré. Si on est à contre-courant et qu’on doit longer l’île, ça risque d’être la loterie. Ma hantise est de me faire bloquer dans une zone sans vent et de voir les autres passer à côté… », a commenté Tanguy Bouroullec. Ce dernier compte bien réussir à tirer toute la quintessence de son Pogo foiler lors des deux traversées de la Manche dans le vent soutenu, bien conscient cependant que ses adversaires ne lui faciliteront pas la tâche, à commencer par Antoine Perrin qui a, on l’a dit, d’ores et déjà donné le ton sur ce début d’étape, bien décidé à briller sur son territoire, la baie de Morlaix.

Nouvelles conditions, nouvelles têtes d’affiche ?

Même topo ou presque pour le Carantécois Jean-Marie Jézéquel (951 – Branchet / KPL) qui espère lui aussi finir en bonne place sur son terrain de jeu favori et ainsi oublier sa « décevante » 15e place lors du premier acte. « Sur la première étape, je me suis mis un peu trop la pression et j’ai fait pas mal de bêtises. J’ai aussi manqué un peu de rythme. Cette fois, je vais donc essayer de ne pas trop me prendre la tête, de faire ce que je sais faire et puis on verra », a commenté le Finistérien qui s’attend à une course aussi complète que complexe. « Ça va être intensif ! On s’était pourtant dit qu’on pouvait difficilement faire plus compliqué que la première étape mais vraisemblablement celle-ci va être aussi délicate, voire plus encore. Pour commencer, il est clair que les 24 premières heures vont être très longues et que, comme d’habitude, ça va partir par devant. Il va donc falloir s’accrocher dès le début et ne rien lâcher », a ajouté Jean-Marie Jézéquel qui a donc débordé la bouée de dégagement en tête chez les Série, devançant alors Ronan Jézégou (692 – Diaoulic) puis l’Autrichien Christian Kargl (980 – All Hands on Deck). Si ces deux marins n’ont pas non plus spécialement bien tiré leur épingle du jeu lors de la première étape, il se pourrait bien qu’ils se montrent plus à l’aise dans des conditions différentes, ce que redoute naturellement Léo Debiesse (966 – Kelyfos), l’actuel leader au classement Série.« Certains de mes concurrents sont effectivement susceptibles de se replacer complètement dans le match. Clairement, mon avantage d’une heure et sept minutes d’avance sur le deuxième au classement général peut sembler beaucoup à l’échelle d’une étape, mais il est en réalité peu de choses à l’échelle d’une course en trois temps. Options stratégiques différentes, écarts de vitesse… tout fait que ça peut disparaitre en un rien de temps », a commenté le navigateur originaire des Cévennes qui s’attend, lui aussi, à une épreuve sollicitante, aussi bien pour les organismes que pour les machines. « Le rythme va être soutenu et j’espère qu’on va tous arriver à Roscoff. J’ai très confiance en mon bateau, notamment dans le vent fort car je le sais solide. Reste le bonhomme. Ça va être des conditions favorables au mal de mer notamment. J’ai de la chance, je n’y suis pas trop sensible, mais cela va être dur physiquement. Gérer le sommeil, bien s’alimenter et être présent aux bons moments sur les nombreuses transitions météo seront des points essentiels », assure Léo Debiesse. A noter par ailleurs : le retour à terre, peu avant le coup d’envoi de la manche, de Thomas Racoupeau (995 – Team Vendée Formation) et de Marine Legendre (902 – EY). L’un et l’autre, victimes de soucis de pilote automatique, tentent de réparer puis de partir en course.

Ils ont dit :

Louis Mayaud (916 – Youkounkoun) : « Il demeure pas mal d’incertitudes. J’aborde donc cette deuxième étape avec beaucoup d’anticipation pour parer à toutes les éventualités. Ce que l’on sait, c’est que l’on va avoir à la fois de la pétole et du gros temps, un peu dans tous les sens, avec pas mal de transitions. Côté classement, j’ai terminé 12e de la première étape. Je vais donc essayer de viser une place entre 8 et 10 cette fois, mais plus que des objectifs de résultats, j’ai des objectifs de travail. On est nombreux à découvrir le support, en particulier dans ces conditions-là. Après, ça reste la moitié de la distance de la qualif’ alors on ne part pas complètement dans l’inconnu. Pour ma part, je ne sais toutefois pas comment je vais gérer en mode course mais ça va être une belle étape. Une étape très complète et forcément instructive. »

Julien Hatin (869 – Les entreprises du paysage – Normandie) : « Ce qui est sûr, c’est qu’on va débuter la course dans un temps assez orageux, avec un coup pas de vent, un coup 30 nœuds. Dans ce contexte, sans doute que l’on va se faire mouiller et se faire un peu peur sur le premier tronçon du parcours ! Après, on va devoir aller chercher une petite bascule à l’ouest puis composer avec un vent qui va monter tout progressivement jusqu’à 25 nœuds, voire plus dans les rafales. Ça risque d’être assez désagréable surtout qu’on sera au près. Il faudra être dessus en permanence. Une fois que l’on aura débordé Wolf Rock, en revanche, ce sera beaucoup plus cool avec un ciel de traine, un peu de soleil et une descente rapide vers Roscoff. J’ai hâte d’y être parce que la Manche, c’est un peu mon jardin, même s’il y a toujours un peu de stress un jour de départ. J’ai vraiment beaucoup d’envie car sur cette deuxième manche, on va commencer à allonger un peu les distances. Je reste un peu amateur et le fait d’avoir des étapes un peu plus longues permet de gommer un peu les différences entre les vitesses d’exécution des manœuvres et ça, c’est assez cool. Ça va peut-être me permettre de faire un peu mieux en termes de résultat que lors du premier acte (32e). On verra. Le but c’est de me faire plaisir. Si tel est le cas, normalement, tout ira ! »

Romain Le Gall (987 – Les Optiministes cherchent partenaires) : « J’ai vraiment hâte de retourner sur l’eau ! La première étape était trop bien. C’est super addictif comme truc ! Les conditions, cette fois, vont être très différentes. On ne sait pas trop à quelle sauce on va être mangé. Globalement, on sait que le vent va être incertain sur la première partie et qu’on risque d’avoir un peu de vent sur la deuxième. Moi ça me va car ce sont des conditions qui vont bien au bateau. L’objectif reste encore une fois de ne rien casser, de finir et de se qualifier pour la Mini Transat. »

Tim Darni (432 – Diabol’O sailing solutions) : « Ça va être orageux sur la première partie donc on ne sait pas trop à quelle sauce on va être mangé mais il n’y aura pas beaucoup d’air. L’idée sera avant tout de ne pas casser s’il y a des gros grains, mais essayer aussi de se reposer au maximum, ce qui ne sera pas facile puisqu’on va devoir négocier de nombreuses phases de transition. Sur la deuxième partie, il y a davantage de vent. Ce sera important d’aborder ce dernier tronçon en forme pour rester performant car ça va être très sollicitant. Mon but, c’est clairement de terminer pour décrocher la qualif’ pour la Mini Transat. Je n’ai pas vraiment d’objectifs sportifs, même s’il est vrai que lorsque l’on est sur l’eau, on se prend toujours au jeu ! »

Emmanuel Renaud (753 – Aventures Oceans) : « Sur certaines sections du parcours, les fichiers météo d’aujourd’hui sont très différents de ceux d’hier. Ce sera donc un peu la surprise sur l’eau et il faudra s’adapter. De plus, ça va être une étape deux fois plus longue que la première donc il faudra gérer différemment pour les organismes, d’autant plus qu’il y aura davantage de vent, qui plus est de face. La remontée de l’Angleterre risque de tirer un peu sur les bonshommes, beaucoup plus que lors du premier acte. En tous les cas, on part pour une belle aventure et j’espère réussir à bien faire marcher le bateau, voir si, ou non, j’ai progressé à l’entraînement, puis arriver à Roscoff en étant content de ma nav. En clair, j’espère ne pas avoir de regrets. »

Entre impatience et appréhensions

Après une première étape marquée par les petits airs, les Ministes de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix se préparent à un deuxième acte globalement plus tonique mais certainement pas moins complexe. Les premières 24-36 heures de course, notamment, s’annoncent bien incertaines, avec de forts risques orageux, tandis que la suite pourrait mettre à rude épreuve les bateaux et les organismes. Et pour cause, c’est au près, dans du vent relativement soutenu avec des rafales pouvant atteindre 25 nœuds, que les solitaires vont rejoindre Wolf Rock avant de finir au portant. Dans ce contexte, bien qu’il soit difficile d’estimer avec précision une heure d’arrivée, les premiers pourraient boucler les 470 milles du parcours entre Les Sables d’Olonne et Roscoff en trois jours et demi, soit dans la soirée de jeudi. La gestion du sommeil sera donc l’un des facteurs clés de la réussite et elle représente naturellement l’une des plus grosses appréhensions pour les skippers qui, pour les trois quarts, n’ont encore jamais passé plus de deux nuits en mer.

Près de 500 milles entre Les Sables d’Olonne et Roscoff, via l’île de Ré puis Wolf Rock : tel est donc le programme de la deuxième étape des Sables – Les Açores en Baie de Morlaix dont le coup d’envoi est prévu ce lundi à 13 heures. « Ce parcours présente plusieurs difficultés avec notamment le contournement de l’île de Ré souvent délicat, le passage du DST d’Ouessant toujours un peu chaud, deux traversées de la Manche, d’importants courants potentiels aux abords de Land’s End puis un atterrissage subtil en Finistère nord », assure Denis Hugues, le directeur de course de l’épreuve qui a choisi d’imposer aux coureurs de laisser Yeu, Belle-Ile et le fameux dispositif de séparation de trafic d’Ouessant à tribord. Outre des difficultés techniques, les 71 Ministes qualifiés pour cet acte 2 de la compétition vont devoir composer avec une météo complexe. « Le départ devrait être donné dans peu de vent, c’est-à-dire moins de dix nœuds. Cette prévision reste cependant hypothétique car une dépression orageuse n’est pas encore bien calée selon les modèles », explique Christian Dumard, le météorologue de la course, qui présage de 24 à 36 premières heures de course très incertaines. « C’est vraiment compliqué de faire des estimations. On ne peut pas exclure que le vent rentre en cas d’orages et que le flotte avance plus vite que prévu, ni qu’elle bataille dans les petits airs et mette 48 heures pour rejoindre la pointe de Penmarch », détaille Christian, plus précis concernant la suite : « Après cette première journée et demi complexe, le vent est prévu de s’orienter au nord-est puis au nord-ouest pour 12 à 17 nœuds avec des rafales à 25 ». Dans ce contexte, c’est donc au près que les concurrents vont évoluer pour rejoindre Wolf Rock. « Les conditions seront complètement différentes de celles rencontrées lors de la première étape, avec plus de vent et plus de mer. Les bateaux vont être davantage maltraités. Il faudra être très attentif pour éviter la casse matérielle, rester très à l’écoute de sa monture quand elle commencera à souffrir », note Loïc Blin (871 – Mini Moi cherche sponsors), cinquième de la première manche chez les Série.

Les interrogations en suspens

L’autre enjeu de ce nouveau round sera assurément la gestion du sommeil. « C’est un vrai sujet pour la majorité d’entre nous. On a pu voir, lors de la première étape, que 48 heures de mer c’était déjà fatigant mais là, avec trois ou quatre jours au large, on va clairement rentrer dans l’inconnu. Pour ma part, je ne sais pas comment je vais réagir psychologiquement. C’est ce qui me fait un peu peur ou, disons plus justement que c’est ce qui m’interroge », avoue Benjamin Doyen (618 – On the road again). Un sentiment partagé par Brieuc Lebec : « A l’arrivée de la première étape, j’étais déjà bien cramé, alors je me dis qu’il va falloir que je sois super discipliné pour faire de vraies siestes et de vrais breaks sur cette nouvelle course ». Car oui, pour tirer son épingle du jeu sur ce deuxième volet de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, il faudra prendre le bon wagon d’entrée de jeu, préserver autant que possible son bateau pour éviter une avarie rédhibitoire, gérer au mieux sa fatigue et son potentiel mal de mer. « On va clairement découvrir des choses sur nous », termine le skipper de Maitri – A race for chance qui espère terminer une nouvelle fois dans le Top 10 (il a fini 9e Série de la première étape), mais qui sait que les marins plus expérimentés auront l’avantage de mieux savoir où placer les curseurs.

Ils ont dit :

Grégoire Chéron (887 – King Julian 3) : « Sur cette deuxième étape, on va faire beaucoup de près. Cela va être complexe à l’intérieur du bateau car il va falloir se tenir aux parois, réussir à bien s’alimenter… La vie à bord ne sera pas confort. J’espère, en tous les cas, avoir moins de chances de me faire piéger dans des zones sans vent que lors de la première manche. En ce sens, je redoute surtout la première partie du parcours où, potentiellement, des gens vont pouvoir s’échapper. Pour ma part, je suis débutant. C’est ma première course au large et je ne sais pas encore bien faire naviguer ce type de bateau. Je pense néanmoins que je peux être dans le match car je ne pense pas être pas là par hasard. Ce que j’appréhende ? Le passage du DST mais pas tellement le trafic des cargos, contrairement à ma mère (Rires) ! Ça va être intéressant de traverser deux fois la Manche. Quatre jours en mer, je ne l’ai encore jamais fait. Je serai heureux d’arriver à Roscoff dans les temps. J’ai à cœur de mieux gérer les phases de transition, de réussir à moins dormir et de me reposer de manière fractionnée pour être plus présent sur le pont. J’espère finir content de ce que j’aurais fait. Pour moi, c’est plein de petites étapes qui passent : préparation du bateau, passage des contrôles sécu, premier départ, première arrivée… Ce sont des cases que je coche au fur et à mesure. Petit à petit je vais y arriver !»

Loïc Blin (871 – Mini Moi cherche sponsors) : « J’ai beaucoup aimé la première étape. C’était chouette car je viens du lac Léman et la pétole, j’adore ça. En plus de ça, on a eu de belles couleurs, de beaux levers de lunes… C’était magnifique ! Ma 5e place au classement provisoire, c’est du bonus car l’objectif premier pour moi sur cette Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, c’est vraiment de valider des milles en course et d’aller jusqu’au bout. Lors de cette deuxième manche, les conditions seront complètement différentes avec plus de vent et de mer, ce qui va davantage maltraiter les bateaux. Il faudra faire très attention au matériel. Pour ma part, quand je sens que le bateau commence à souffrir, je reste très à l’écoute et je ménage ma monture. Je souhaite continuer à naviguer comme je sais faire et ne surtout pas me mettre la pression du résultat, même si, évidemment, j’aimerais bien de nouveau terminer dans les dix premiers Série et batailler correctement avec les autres Pogo 3. »

Benjamin Doyen (618 – On the road again) : « Lors de la première, mes principaux objectifs étaient de ne pas casser et de finir. Au final, j’ai terminé 4e en Proto et 9e au scratch et je me rends compte que depuis, je ne pense plus qu’à être devant ! Je suis en train de me découvrir un gros esprit de compétition et du coup, j’aborde cette deuxième étape avec le stress de garder un classement un peu sympa. On ne fait pas un rallye, on est là pour jouer, mais j’avoue que je ne pensais pas me faire autant prendre au jeu ! Pour canaliser un peu la pression, je vais quand même essayer de rester dans la même philosophie qu’au début. Cette fois, les inconnues vont concerner l’organisme et la partie psychologique. Ce n’est pas forcément la météo qui m’angoisse. A la limite je lève le pied et ce n’est pas très grave. Là, je ne sais vraiment pas comment je vais réagir mentalement. »

Romain Tellier (865 – Guénifey) : « Le premier acte a été un peu galérien pour moi. J’ai eu pas mal de taf à faire la veille du départ car j’ai eu un gros souci électronique. A 22 heures, j’étais encore en haut de mon mât en train de faire de la soudure. Je n’ai pas eu le temps de me mettre dans la météo et les routages. J’ai commencé la course avec les cartes météo sur les genoux et du coup je me suis retrouvé en retard à Rochebonne. Là, j’ai subi une grosse molle. La girouette s’est mise à faire des 360 et moi j’ai dérivé pendant quatre heures en attendant que le courant s’inverse ou que le vent remonte. Ça a été dur-dur. Sur cette deuxième manche, je vais partir un peu plus sereinement car j’ai eu plus le temps de me préparer et de regarder les fichiers. Les conditions vont être un peu plus musclées et on va faire beaucoup de près. J’espère ne pas être trop malade et faire mieux qu’à la première étape. »

Tous à bon port

Depuis les arrivées victorieuses de Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance) chez les Proto puis de Léo Debiesse (966 – Kelyfos) chez les Série, hier après-midi, les Ministes se sont succédé à Port-Olona ces dernières 20 heures. Tous les concurrents de la première étape de cette Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix ont désormais bouclé les 197 milles du parcours. Un parcours rendu complexe, on l’a dit, par des conditions de vent très légères mais aussi très piégeuses qui n’ont pas permis à quatre concurrents de terminer dans les temps, à savoir 18 heures après l’arrivée du troisième de leurs catégories respectives, ainsi que le stipulent les instructions de course. Piers Copham (719 – Voiles des Anges), Gautier Verdon (879 – TGS France), Timothée Douin (959 – Neptune) et Grégoire Chéron (887 – King Julian 3) sont donc classés hors-temps sur ce premier acte.

Quid de la suite ? Après un briefing programmé ce dimanche à 18 heures, les concurrents s’aligneront ce lundi 10 août à 13 heures au départ de la deuxième étape. Au menu : 470 milles entre Les Sables et Roscoff, via Wolf Rock situé au sud-ouest de Land’s End, dans les Cornouailles anglaises. Côté météo, ce nouveau round devrait être assez radicalement différent du premier avec, au programme, du vent soufflant entre 15 et 25 nœuds sur l’ensemble du tracé, beaucoup de près et du reaching. Selon les premiers routages, les premiers pourraient faire leur entrée en baie de Morlaix le jeudi 13 au matin. A suivre donc.

Première étape : victoires de Tanguy Bouroullec en Proto et de Léo Debiesse en Série

Cette première étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix (197 milles au départ et à l’arrivée des Sables d’Olonne, via Rochebonne et Les Birvideaux) s’annonçait délicate, la faute à un vaste anticyclone planté au milieu du golfe de Gascogne. Le fait est qu’elle a mis les nerfs des concurrents à vif. Ces derniers ont, en effet, dû composer au mieux avec des petits airs erratiques mais aussi des grosses zones de pétole lors des phases de transition. A la clé : d’importants passages à niveau mais aussi de nombreux coups d’élastiques qui ont eu, pour avantage ou inconvénient selon les points de vue, de maintenir sous tension les Ministes jusque dans les derniers milles. Pour preuve, si Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance) et Léo Debiesse (966 – Kelyfos) vainqueurs dans leur catégorie respective, ont réussi à faire un petit break sur la concurrence, derrière, le suspense est resté entier jusqu’au passage de ligne. Au final, chez les Proto, la Russe Irina Gracheva (800 – Canopus) a grillé sur le fil Antoine Perrin (850 – Hydroprocess), le devançant alors de 47 minuscules secondes, tandis que chez les bateaux de Série, Lennart Bürke (943 – Vorpommern) a pris l’avantage sur Fabrice Sorin (968 – Jules) peu après le passage de l’île d’Yeu pour finir avec une marge de dix minutes sur son adversaire. De quoi garantir de la belle bagarre à nouveau sur les étapes 2 et 3 à venir !

« Cette première course a été dure nerveusement, surtout cette nuit après Belle-Ile où le vent s’est littéralement arrêté. Je ne sais pas combien de temps on est resté planté. Il y avait à peine un nœud de vent et du clapot. Ça a été une phase compliquée parce qu’on ne pouvait même pas aller dormir. Le vent était très irrégulier en pression et en direction. Il fallait rester hyper concentré et être sur les réglages en permanence », a commenté Tanguy Bouroullec qui a impeccablement tiré son épingle du jeu lors de ce premier round de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, menant pratiquement de bout en bout les débats. « Cette première place, je n’ai l’ai pas volée. A plusieurs reprises, c’est revenu par derrière. Au final, ça l’a fait et c’est cool », a détaillé le skipper de Cerfrance qui a prouvé que son Pogo foiler était étonnamment à l’aise dans les petits airs. « On a réussi à faire un bateau polyvalent et on arrive, par conséquent, à quand même gagner des courses dans le petit temps. C’était ce qu’on voulait et c’est une satisfaction », a ajouté le Concarnois qui signe aujourd’hui sa première victoire sur le circuit avec ce bateau, et qui ne compte évidemment pas s’arrêter là. En ce sens, il va sans dire que son avance de 48 minutes au classement ce soir sera un atout non négligeable pour la suite de l’épreuve, même si ses concurrents n’ont assurément pas dit leur dernier mot, à commencer par la Russe Irina Gracheva (800 – Canopus). Cette dernière n’a jamais rien lâché, et Antoine Perrin (850 – Hydroprocess) en a fait les frais dans les derniers milles, laissant ainsi échapper la deuxième place pour 47 petites secondes après 2 jours et 4 heures de course. « Entre Yeu et l’arrivée, Irina (Gracheva) m’a repris mille par mille. C’était hyper dur. En fait, j’avais des algues dans la quille, mais je m’en suis rendu compte trop tard. C’est évidemment frustrant de se faire doubler de cette manière, juste à la fin, mais bon, je vais digérer et relativiser car c’est quand même une troisième place à l’arrivée. C’est déjà super de finir sur le podium » a commenté le skipper, 14e de la dernière Mini Transat dans cette même catégorie des Proto. De son côté, la navigatrice Russe ne boudait visiblement pas son plaisir en arrivant au ponton Vendée Globe, en fin d’après-midi. « J’ai compris à peu près dix milles avant l’arrivée que je pouvais aller chercher la deuxième place. Je voyais que j’étais constamment un peu plus rapide qu’Antoine dans cette phase alors j’ai cravaché et ça a payé », a expliqué Irina qui confirme les capacités qu’elle avait déjà montré à la barre de son ancien (au propre comme au figuré) Mini 6.50 en bateaux de Série. « J’ai quand même fait de nombreuses erreurs mais mon but premier sur cette Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix et plus encore sur cette première étape, était d’apprendre et de découvrir le bateau. Ma saison, l’an dernier avec mon bateau Tip-Top, s’était terminée par un abandon dans la Mini Transat après la casse de mon mât. Aujourd’hui, c’est une sorte de revanche et ça me fait plaisir. Cela étant dit, je ne veux pas être trop optimiste car c’est la première des trois étapes, et celle-ci s’est déroulée dans des conditions de vents très légères, plutôt inhabituelles ».

Déjà les étapes deux et trois en ligne de mire

Chez les bateaux de Série, à l’image de Tanguy Bouroullec, Léo Debiesse (966 – Kelyfos) a parfaitement joué son jeu dans le petit temps, signant une victoire avec une avance de plus d’une heure sur son poursuivant le plus proche. « Ce bonus sera un bel avantage pour la suite mais je ne perds pas de vue que ce n’était que la première étape et qu’en plus, c’était la plus courte des trois. Rien n’est fait encore. En tous les cas, c’était une super course. J’ai pris les commandes au début mais je ne les ai pas gardées tout le temps. Je me suis fait doubler à un moment par Fabrice (Sorin, ndlr) qui va très vite, mais j’ai réussi à repasser devant. J’ai tout donné jusqu’au bout parce que je savais que les distances en milles, dans le petit temps, font beaucoup de minutes. Je savais aussi que c’était une phase où c’était tentant d’aller dormir mais qu’il y avait beaucoup à perdre en allant de reposer et beaucoup à gagner en se donnant à fond », a souligné le marin qui ne s’attendait pas à un tel résultat. « J’avais des attentes de performance mais pas de victoire, j’avoue. Je m’étais fixé pour objectif de finir dans le Top 10 de toutes les courses de l’année. Terminer dans le Top 5, ça aurait déjà été inespéré. Je ne pouvais pas rêver mieux ! », a détaillé le navigateur, anciennement moniteur à l’école de voile des Glénans, que l’on avait aperçu déjà la saison dernière sur le circuit Mini 6.50 à l’occasion des courses d’avant-saison. Même satisfaction ou presque pour Lennart Bürke (943 – Vorpommern) qui signe, pour sa part, une prometteuse deuxième place sur sa première course en Mini à la barre de l’ex bateau d’Ambrogio Beccaria, vainqueur de la dernière Mini Transat. « Franchement, ça a été dur nerveusement mais je suis super content de terminer deuxième de ma première course en Mini 6.50. Je ne pouvais pas imaginer un tel résultat pour une première. J’espérais raisonnablement terminer dans le Top 10 alors monter sur le podium, pour moi, c’est une vraie satisfaction. Ça a été une très belle bagarre. A certains endroits, on a bataillé sur une mer d’huile mais c’était impossible de profiter de ces phases pour aller dormir car il fallait rester focus sur les réglages pour tenter de grappiller le moindre mille et surtout éviter de faire des tours sur soi-même », a relaté l’Allemand qui a doublé Fabrice Sorin juste après le passage de l’île d’Yeu, sans doute légèrement avantagé, dans les conditions légères, par la carène de son Pogo 3 par rapport à celle de type scow de son adversaire. « Je savais dès le départ que je ne serai pas avantagé dans le petit temps avec mon Maxi 6.50. J’ai essayé de faire du mieux possible mais Lennart allait peut-être 0,10 nœud plus vite que moi. Je ne pouvais vraiment rien faire A présent, je prie pour que sur les prochaines étapes, il y ait beaucoup de vent pour que je puisse faire décoller cette carène et rattraper le temps perdu », termine le skipper de Jules qui s’alignera, comme les autres, au départ du deuxième acte de la course lundi prochain, à 13 heures.

Léo Debiesse, premier Série de la première étape

Léo Debiesse (966 – Kelyfos) a franchi la ligne d’arrivée de la première étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix ce jeudi à 17h43’49 bouclant ainsi les 197 milles du parcours en première position chez les bateaux de Série après 2 jours 04 heures 39 minutes et 41 secondes de course. Ses premières déclarations à chaud.

Vous signez aujourd’hui votre première victoire sur le circuit Mini. Que ressentez-vous ?

« J’avais des attentes de résultats et de performance mais pas de victoire, j’avoue. Je m’étais fixé pour objectif de finir dans le Top 10 de toutes les courses de l’année. Terminer dans le Top 5, ça aurait déjà été inespéré donc là, je ne pouvais pas rêver mieux. Ça a été dur de gérer la pression du leader car ça ne n’était jamais arrivé. Ça a été compliqué, par moments, de voir mon avance fondre et les autres me rattraper. Ce matin, ça a encore été le cas à l’île d’Yeu. J’ai cru que j’allais me faire doubler. »

Au final, vous terminez avec plus d’une heure d’avance sur votre dauphin. De bon augure pour la suite…

« Mon avance sera un bel avantage pour la seconde étape mais je ne perds pas de vue que ce n’était qu’une étape et qu’en plus, c’était la plus courte des trois. Rien n’est fait encore. En tous les cas, c’était une super course. J’ai pris les commandes au début mais je ne les ai pas gardées tout le temps. Je me suis fait doubler à un moment par un certain Fabrice (Sorin, ndlr) qui va très vite, mais j’ai réussi à repasser devant. J’ai tout donné jusqu’au bout parce que je savais que les distances en milles, dans le petit temps, font beaucoup de minutes, et je savais qu’il y avait du temps à gagner pour la suite. »

Vous avez réellement fait le break au niveau de Belle-Ile…

« Oui. Je savais que c’était une phase où c’était tentant d’aller dormir mais qu’il y avait beaucoup à perdre en allant de reposer et beaucoup à gagner en se donnant à fond. Je me suis accroché jusqu’au bout et ça a payé, c’est plutôt cool ! La course était super. On a eu des conditions magnifiques : du soleil, de vent pas très fort mais du vent quand même, et la nuit c’était magique avec des étoiles filantes et des levers de lune incroyables. Vivement la suite ! « 

Tanguy Bouroullec, premier Proto de la première étape

Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance) a franchi la ligne d’arrivée de la première étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix ce jeudi à 16h24’35 bouclant ainsi les 197 milles du parcours en première position chez les Proto après 2 jours 03 heures 12 minutes et 35 secondes de course. Ses premières déclarations à chaud.

Vous avez mené les débats du début à la fin ou presque. Que ressentez-vous ?

« Je venais pour gagner alors je suis content. Ça a été une course compliquée, une course de pétole. Je crois que le plus que j’ai vu l’anémo, c’est 10 nœuds. Cette première place, je n’ai l’ai pas volée, ça c’est clair. Il ne fallait rien lâcher. Tonio (Antoine Perrin, ndlr), derrière, a bien tenu mine de rien. Il y a deux ou trois fois où j’ai réussi à prendre à peu de distance mais c’est régulièrement revenu par derrière, comme à Belle-Ile où je suis resté scotché. Au final, ça l’a fait et c’est cool. »

Vous terminez avec une 48 minutes d’avance sur le deuxième. C’est une belle opération pour la suite également…

« Oui, c’est bien. J’espère néanmoins que sur les deux prochaines étapes, il y aura un peu plus de vent pour voler un peu avec nos foils, mais c’est cool parce qu’on a réussi à faire un bateau polyvalent et on arrive, par conséquent, à quand même à gagner des courses dans le petit temps. C’était ce qu’on voulait et c’est une satisfaction. C’est la première victoire de ce bateau et j’espère qu’il y en aura d’autres ! »

La patience a, semble-t-il, été un élément important lors de cette première manche…

« C’est clair que ça a été dur nerveusement, surtout cette nuit après Belle-Ile où le vent s’est littéralement arrêté pendant plusieurs heures. Je ne sais pas combien de temps on est resté planté. Il y avait à peine un nœud de vent et du clapot. On ne pouvait pas avancer. Ça a été une phase compliquée parce qu’on ne pouvait même pas aller dormir. Il a fallu rester zen et essayer de grappiller ce qui était possible. »

Qu’avez-vous trouvé le plus dur ? Le fait que ça tamponne régulièrement ?

« Ça, c’est quelque-chose qui a été dur c’est vrai. Chaque fois que j’arrivais à m’échapper un peu, ça revenait par derrière. Mais surtout, le vent était très irrégulier en pression et en direction. Il fallait rester hyper concentré car ça tournait dans tous les sens et il fallait être sur les réglages en permanence. Ça a été assez fatiguant. »

Tamponnages à répétition

Partis hier en tout début d’après-midi, les 72 concurrents de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, ont, comme on s’y attendait, bataillé dans les petits airs erratiques sur le premier tronçon du parcours (197 milles au départ et à l’arrivée de Port Olona via Rochebonne et Belle-Ile). Pour preuve, les leaders n’ont avalé que 80 milles en 24 heures, entre 13h15 hier et la même heure ce mercredi. « La nuit a été laborieuse, la faute à une zone de molle. Cette dernière a provoqué de vrais passages à niveaux, notamment à Rochebonne où trois groupes se sont créés. Les premiers ne s’en sont pas trop mal sortis, les suivants sont restés scotchés un moment et les derniers se sont littéralement faits coincés dans la pétole », relate Philippe Chevereau (962 – Abardast), le seul abandon officiel à ce jour de cette première étape. Au classement, en tous les cas, Tanguy Bouroullec et Léo Debiesse, qui s’étaient installés en tête de la flotte chez les Proto et les Série peu après le départ, n’ont pas cédé les commandes de leurs flottes respectives. Ce mercredi, les skippers de Cerfrance et de Kelyfos mènent en effet toujours les débats à hauteur des Birvideaux. Les Birvideaux qu’ils ont laissé dans leur sillage peu après 17h15. Côté météo, si, pour l’heure, les Ministes sont toujours propulsés par un flux de sud sud-ouest d’une petite dizaine de nœuds, ils devraient voir le vent s’évanouir dans la soirée avant que celui-ci fasse son retour en fin de nuit par le nord-est, puis s’effondre de nouveau dans les derniers milles. Dans ce contexte, les premières arrivées ne sont pas prévues avant demain après-midi et les coups d’élastique vont continuer de se répéter, faisant alors les affaires des uns et le malheur des autres.

Un premier acte sous le signe du petit temps

Ce mardi, à 13h12, avec un très léger retard sur l’horaire prévu, la flotte des 72 Mini 6.50 de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix s’est élancée pour la première étape de l’épreuve. Un premier acte de 197 milles, au départ et à l’arrivée des Sables d’Olonne, via Belle-Ile et le plateau de Rochebonne qui pourrait bien donner du fil à retordre aux marins et traîner en longueur. Et pour cause, un vaste système anticyclonique à l’évolution très incertaine s’étale au milieu du golfe de Gascogne et va générer de tous petits airs erratiques pendant les premières 36 heures de course. Dans ce contexte, les solitaires vont devoir faire preuve d’adaptation et d’opportunisme, mais aussi de patience car selon les derniers routages, les arrivées sont désormais estimées entre jeudi midi pour les premiers Proto et jeudi soir pour les premiers bateaux de Série.

« La situation est instable et complexe. Pour preuve, ce matin, les informations météo n’étaient pas les mêmes que celles d’hier soir, qui n’étaient pas les mêmes que celles d’hier matin… Clairement, sur cette première étape, il va falloir s’adapter et suivre l’évolution du vent. Psychologiquement, ça risque d’être un peu difficile. Il va falloir réussir à relativiser », a assuré Timothée Douin(959 – Neptune) peu avant de quitter le ponton Vendée Globe de Port Olona. De fait, cette première étape de 197 milles, la plus petite de cette Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, qui aurait pu être avalée en 24 heures chrono dans des conditions soutenues, s’annonçait déjà plutôt « longuette » hier, et il se trouve qu’elle pourrait même durer encore un peu plus longtemps que prévu au regard des derniers fichiers météo, ainsi que l’explique Christian Dumard, météorologue de l’épreuve. « Si hier on évoquait des premières arrivées en 1 jour et 18 heures pour les Proto puis en 48 heures pour les Série, on estime maintenant celles-ci entre jeudi midi et jeudi soir ». La raison ? Encore moins de vent que prévu sur les deux premiers tiers du parcours. « Plusieurs cellules dont on n’évalue pas très bien le déplacement évoluent sur la zone de course, ce qui rend très incertaines les 36 premières heures de mer pour les Ministes qui devront globalement composer avec un range de vent entre 2 et 8 nœuds avant de retrouver un flux un peu plus consistant jeudi matin », détaille Christian qui envisage des arrivées assez groupées mais aussi de belles surprises au classement de la part de certains bateaux à « bouts pointus ».

Surprises à prévoir

En attendant, c’est bien un Mini dernière génération qui s’est installé aux commandes de la flotte. Auteur d’un bon départ ce mardi après-midi dans un flux de sud-est soufflant entre 3 et 5 nœuds, Tanguy Bouroullec, sur son Pogo à foils aux couleurs de Cerfrance, a en effet été le premier à enrouler la bouée de dégagement peu avant 14 heures, puis le premier encore à déborder la marque « Armando » et à mettre le cap au large, une demi-heure plus tard. Du côté des Série, Léo Debiesse, sur son Pogo 3 Kelyfos menait les débats devant Quentin Riché (947 – Eliott) et Thomas de Dinechin (909 – Adameo – TF) mais cet ordre avait déjà évolué à plusieurs reprises à la sortie de la baie des Sables d’Olonne avec l’arrivée aux avant-postes de l’Allemand Lennart Bürke (943 – Vorpommern) notamment. Cette première hiérarchie n’a assurément pas fini d’évoluer au gré des évolutions de la météo ces deux prochains jours. « Clairement, sur cette première étape, il va falloir être prêt à s’adapter en permanence, être en mesure d’ajuster son plan d’action rapidement et bien observer les autres sans toutefois se laisser influencer. En somme : il va falloir faire preuve d’opportunisme », a commenté Pierre-Olivier Grand (824 – Kalaona). De quoi ouvrir en grand le champ des possibles et créer quelques surprises, ce que redoutent naturellement toujours les favoris, ainsi qu’en témoigne Fabio Muzzolini (945 – Tartine) : « C’est sûr que mentalement, c’est plus facile de partir dans des conditions clémentes pour se remettre en jambes que de partir dans de la baston. Cela étant dit, dans les petits airs, il y a toujours une part d’aléatoire et on a toujours peur que des concurrents partent à droite puis d’autres à gauche, et qu’ils aient un peu plus de vent que nous. Heureusement, avec l’expérience, on identifie davantage les coups à jouer et on sait dans quelles phases il faut rester éveillé, précis et concentré ». Un avis partagé par Michel Sastre (903 – Shaman). « Le sujet de cette première étape, ce sera avant tout la gestion de la fatigue car comme toujours, on aura tendance à vouloir aller à fond et à peu dormir. L’idée sera à la fois de ne pas se cramer et de ne pas se faire larguer », a souligné l’Aixois qui pourrait bien tirer avantage de son expérience en Méditerranée. « Chez nous, on est quand même un peu habitué à la pétole. Cela ne veut cependant pas dire qu’on est bon, mais on en a tellement fait, qu’on a appris à être un peu patient ». Sûr que savoir faire preuve d’un peu de philosophie sur cette première étape s’avèrera être un atout.

Ils ont dit :

Julie Simon (963 – DynaMIPS) : « C’est ma première course donc effectivement, je n’ai pas trop l’expérience pour le moment mais ce qui est marrant, c’est que je n’ai pas eu le temps de stresser car j’ai été très occupée entre les briefings, les contrôles sécurité et la préparation du bateau. Ça va toutefois forcément monter au dernier moment et ce sera alors un mélange entre excitation et tension. Je suis contente d’avoir du petit temps d’autant que je n’ai pas navigué depuis un mois car mon Mini était en chantier. Je vais bien me concentrer sur mes réglages et puis ça va bien se passer. Ce que j’appréhende le plus, comme on est nombreux, c’est de me retrouver piégée, de ne pas pouvoir faire ce que je veux, et de voir ma route un peu dictée par les autres. En tous les cas, j’ai un bon bateau car j’ai un Maxi qui a déjà fait une transat et qui est donc déjà un peu éprouvé. »

Lilian Geolle (616 – Vida Pura) : « Cette première étape s’annonce assez molle en termes de vent. On va devoir la jouer fine mais j’avoue que c’est assez rassurant de partir dans du petit temps. C’est ma première au large en Atlantique, je ne connais donc pas le coin. Je ne sais pas comment je vais gérer le courant, je ne sais pas si c’est très différent de naviguer ici par rapport à la Méditerranée, et je ne sais pas non plus ce que ça fait de naviguer en flotte en solitaire. Ça va être un peu l’aventure et la découverte, mais c’est pour ça aussi que je suis là. Je suis un peu stressé, forcément, mais le bateau est prêt et moi aussi. L’idée c’est de finir, de ne pas faire de trop grosses erreurs et de ne pas arriver trop cramé pour avoir encore de l’énergie pour les deux étapes suivantes. »

Philippe Chevereau (962 – Abardast) : « C’est la première étape, la première course de la saison et, pour moi, la première course en Mini 6.50, ce qui fait beaucoup de premières pour aujourd’hui, mais je suis content d’être là. Le temps est un peu calme, ce qui est bien pour commencer. Soixante-douze bateaux sur une même ligne de départ, ça fait beaucoup, surtout qu’on a exactement la même vitesse ! Le parcours est plus simple que les deux prochains et comme je suis basé à La Rochelle, je vais régater dans mon jardin, ce qui me va bien. Ce que je redoute le plus, c’est une collision la nuit. Même si la flotte va s’étaler, il n’est pas exclu qu’un concurrent s’endorme… Sur le plan météo, il y a plusieurs aspects délicats, mais la difficulté sera de négocier le passage de la bulle. Est-ce que celle-ci va rester plutôt stationnaire ou se développer plutôt nord-ouest ? Est-ce qu’on va la passer à l’Est ou à l’Ouest ? A mon avis, ce seront les questions clé et aux Birvideaux, les jeux seront faits, si ce n’est pas dès Rochebonne. »

Henry de Malet (1002 – Maÿmax 2) : « Cette première étape s’annonce longue et pas forcément facile pour les nerfs, mais je suis assez détendu malgré tout. Je vais essayer de bien gérer le bonhomme et de dormir au maximum lorsque cela sera possible. J’ai déjà quelques milles derrière moi puisque j’ai fait quelques courses en 2018, et je sais que c’est toujours compliqué lorsque l’on pense à la course tout le temps. Ce qui est sympa, c’est qu’on a tous les copains autour de nous et qu’on peut discuter. Au final, on n’est jamais tout seul. Je navigue avec un nouveau bateau et je ne vais sans doute pas sortir la serviette de plage à l’avant, mais j’ai néanmoins envie de profiter. Le but sera évidemment de terminer cette première étape car ensuite il faudra aller sur les deuxième et troisième. »

Pierre-Olivier Grand (824 – Kalaona) : « C’est ma première course sur le circuit Mini et on va dire que c’est plutôt pas mal de commencer par une étape de petit temps car ça va permettre de prendre ses marques, de jouer un peu et de se placer correctement sur la ligne. Ça enlève aussi un peu de stress. Je pars un petit peu plus relâché. Mine de rien, ces trois derniers jours, on a eu le temps de préparer le bateau, d’essayer d’éliminer les petits points noirs et de faire en sorte que tout soit prêt pour aujourd’hui dans les meilleures conditions. Globalement, on a essayé de faire au mieux. On est bien accompagné avec notre coach (Julien Pulvé, ndlr) qui est monté pour nous aider pour les routages. Ça fait vraiment plaisir parce qu’on est douze Rochelais et on se serre les coudes. L’esprit de groupe aide énormément, notamment lorsque l’on est un bizuth. »

Timothée Douin (959 – Neptune) : « Le parcours pour arriver jusqu’ici a été relativement long. Ça fait en effet deux ans que j’ai le bateau et je n’ai encore pas accompli grand-chose avec depuis. Cela a d’ailleurs toujours été une déception donc je suis super content de pouvoir prendre le départ de cette course. J’ai été appelé jeudi car quelqu’un s’est désisté au dernier moment. La préparation a donc été rapide. Techniquement, je pense que le bateau est plutôt prêt. J’ai eu un petit problème de pilote pendant le convoyage mais a priori, ça ne devrait pas trop me poser de problème pour cette étape. Personnellement, je ne suis pas forcément le coureur le plus serein du monde. Je pense avoir quelques difficultés à faire un bon résultat mais j’ai vraiment envie de finir cette étape et cette course. Une dorsale anticyclonique s’installe dans le golfe de Gascogne et sa position est relativement incertaine. Pour preuve, les dernières informations météo n’étaient pas les mêmes que celles d’hier soir, qui n’étaient pas les mêmes que celles d’avant-hier… Il va falloir s’adapter et suivre l’évolution du vent. Psychologiquement, je pense que ce sera un peu difficile mais pour ma part, j’arrive à relativiser pas mal. Je n’ai pas de musique car je n’ai pas de chargeur d’Ipod et je sais que ça va me manquer, mais j’embarque ma petite flûte pour passer le temps. »

Ordre de passage à la bouée Armando :
1. 969 Tanguy Bouroullec Cerfrance *
2. 966 Léo Debiesse Kelyfos
3. 943 Lennart Burke Vorpommern
4. 618 Benjamin Doyen On the road again *
5. 947 Quentin Riché Eliott
6. 985 Victor d’Ersu Babouchka
7. 968 Fabrice Sorin Jules
8. 709 Paul Gauchet Barra *
9. 1000 Giovanni Mengucci Alpha Lyrae
10. 871 Loic Blin Mini moi chercher sponsors

* Proto

Des incertitudes à tous les étages

Les pontons de Port Olona sont en effervescence. Et pour cause, à la veille du coup d’envoi de la première étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, les 72 Ministes en lice s’affairent pour peaufiner les derniers détails à bord de leurs bateaux avant d’entamer, demain à 13 heures, le premier acte de l’épreuve : une boucle de 197 milles au départ et à l’arrivée des Sables d’Olonne via Belle-Ile et le plateau de Rochebonne. Si tous se réjouissent de débuter les débats dans des conditions anticycloniques et par conséquent clémentes, tous sont aussi conscients que la molle annoncée sur le parcours risque bien de créer quelques surprises et de mettre leurs nerfs à vif. Mais que ce soient les « bizuths » qui s’apprêtent à faire leurs premiers pas en solo et donc à trouver des premières réponses à toutes les questions qui se bousculent aujourd’hui dans leurs têtes, ou pour les « récidivistes » qui n’ont aucune idée précise de la nouvelle concurrence, le but est clairement défini : il s’agit d’aller au bout et ainsi de se qualifier pour les deux étapes suivantes.

Si cette première étape de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix n’affiche « que » 197 milles sur le papier, elle s’annonce plutôt longuette, la faute à des conditions anticycloniques prévues cette semaine sur la façade Atlantique. « On attend, en effet, des vents faibles sur la zone de course puisqu’on est sur un range entre 4 et 10 nœuds. De plus, ces vents seront assez variables en direction puisqu’on va avoir à peu près tout entre le nord et le sud, en passant par l’ouest », explique Christian Dumard, météorologue de l’épreuve. « De nombreux effets diurnes sont à prévoir. Les concurrents vont devoir tenter de se positionner au mieux aux différentes heures de la journée afin d’éviter les zones de calmes et de profiter d’éventuelles brises thermiques », ajoute le Morbihannais dont les routages laissent envisager une arrivée des premiers ce jeudi en milieu de matinée. « Ce premier round sera un bel apprentissage, mais il va falloir faire preuve de patience. Pour ceux qui aiment le gros temps, comme moi, il va falloir se canaliser un peu. La météo risque d’être un vrai casse-tête. En premier lieu, il faudra donc réussir à faire avancer le bateau », relate Basile Bourgnon (975 – Edenred). Un avis partagé par Pierre Legendre (994 – Akka): « Ça s’annonce effectivement mou et on ne va assurément pas beaucoup dormir car on va passer beaucoup de temps sur le pont pour régler le bateau et essayer de choper le moindre filet d’air, tout en faisant attention aux courants, notamment du côté de Belle-Ile. Il faudra essayer de garder un moral stable du début à la fin. En somme, éviter de péter un câble ».

Des réponses à trouver

Si certains redoutent de voir leurs nerfs mis à vif, d’autres en revanche semblent plus philosophes, à l’image de Marine Legendre (902 – EY), dont c’est la première course en Mini 6.50. « Je n’appréhende pas le fait qu’il n’y ait pas beaucoup de vent. Je pense au contraire que ce sera pas mal pour se mettre en jambes. Clairement, je préfère ça que de commencer avec 30 nœuds ! », commente la navigatrice qui espère avant tout boucler le parcours et ainsi se qualifier pour les étapes 2 et 3 dont les départs sont respectivement programmés les 10 et 19 août prochains. « Je vais y aller tranquille je pense, et j’imagine que je vais apprendre plein de choses sur moi et sur le bateau », relate la jeune femme qui a, comme l’ensemble des autres bizuths de cette Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, une foule de questions sans réponse en tête. « Ce que je me demande avant tout, c’est si je vais réussir à être à fond tout le temps. Si je vais pouvoir garder la niaque jusqu’au bout », ajoute Marine qui ne sait absolument pas non plus ce à quoi elle peut prétendre en termes de classement. Et pour cause, 45 rookies font partie des rangs, soit près des deux tiers de la flotte. Difficile, en conséquence, d’établir des pronostics. Cependant, quelques noms peuvent être évoqués sans trop se tromper. Du côté des Proto, on peut ainsi citer Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance), déjà vainqueur de la Les Sables – Les Açores – Les Sables en 2016 en bateau de Série, ou Fabio Muzzolini (945 – Tartine) à la barre de l’ancien Mini 6.50 d’Axel Tréhin qui a déjà fait ses preuves. Chez les Série, Jean-Marie Jézéquel (951 – Branchet/KPL) sera assurément un client, surtout sur les étapes 2 et 3 qui se joueront en partie dans son jardin, la baie de Morlaix. Basile Bourgnon, Loïc Blin (871 – Mini moi cherche sponsors), Michel Sastre (903 – Shaman), Romain Le Gall (987 – Les Optimistes cherchent des partenaires), Quentin Riché (947 – Eliott) ou encore Pierre Blanchot (890 – Soley) pourraient également truster les premières places. Les paris sont ouverts !

Ils ont dit :

Pierre Meilhat (485 – Le Goût de la Vie) : « Sur ce format 2020 de la SAS, on est sur du côtier. Cela implique des zones où il faut rester en veille et moi, à mon âge (65 ans, ndlr), j’ai sans conteste besoin d’un peu plus de temps de récupération que les autres. Dans ce contexte, mes objectifs sont d’abord de terminer puis d’avoir des vitesses qui se rapprochent des 100% des polaires. Je sais que je perds toujours un peu de temps dans les manœuvres car je sécurise toujours un peu plus que les autres, ce qui me fait perdre du terrain dans les transitions. Cela étant dit, dans la molle annoncée, avec nos vieux bateaux, il ne sera pas impossible de réussir à être un peu plus dans le match que d’habitude. »

Gaby Bucau (984 – Mex) : « Cette Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix est ma deuxième course sur le circuit Mini. J’avais, en effet, fait une BSM en 2016 que j’avais toutefois dû abandonner après la casse de ma dérive. C’est malgré tout ma première en solo et je suis impatient de prendre le départ. Mes objectifs ? Naviguer le plus proprement possible, faire de belles manœuvres et essayer de rester concentré dans la molle. Après, le reste en découlera ou pas, mais c’est sûr que pour être devant, il ne va pas falloir beaucoup dormir et rester attentif aux réglages. Essayer d’être au bon endroit en étant bien réglé sera, c’est certain, un facteur clé lors de cette première étape. »

Valentin Foucher (990 – Mini Chorus) : « J’ai récupéré mon bateau il y a quelques temps mais j’ai eu pas mal de soucis de préparation et là, j’ai enfin un bateau prêt à naviguer. C’est un soulagement d’être prêt à temps pour cette première étape. Sur l’eau, ce sera beaucoup de plaisir. Ce sera intéressant de pouvoir se jauger, même dans le petit temps. J’ai hâte de me tirer la bourre sur l’eau avec les copains. »

Pierre Blanchot (Soley – 890) : « L’idée ce sera d’être devant tous les copains du Pôle de La Rochelle. Une fois que j’aurais échoué à cette mission, ce sera de laisser un maximum de concurrents derrière, tout en sachant qu’il faudra terminer les trois étapes pour valider la qualification pour la Mini Transat 2021. Les étapes seront agréables et compliquées à la fois. On va passer proche des cailloux, une chose que je n’affectionne pas particulièrement, puis on va traverser la Manche dans tous les sens, et aller du côté de l’Espagne où, malheureusement, on n’aura pas le droit de s’arrêter, ce qui est dommage parce qu’il y a un super bar à Gin’to (Rires) ! Je pense qu’on va passer un mois de vacances super cool. On attend ça depuis longtemps ! »

Les Sables – Les Açores en baie de Morlaix : un exercice complet pour les « petits nouveaux » comme pour les « récidivistes »

Le coup d’envoi de la Les Sables – Les Açores en baie de Morlaix sera donné dans moins d’une semaine désormais. Le 4 août prochain, les 72 Ministes en lice s’attaqueront en effet au premier des trois volets de l’épreuve. Une épreuve revisitée cette année en raison de la crise sanitaire liée au Covid19 avec, au programme, un morceau de 197 milles (une boucle au départ et à l’arrivée des Sables d’Olonne via Belle-Ile et le plateau de Rochebonne) qualificatif pour un second de 470 milles (Les Sables d’Olonne – Roscoff en passant par l’île de Ré puis Land’s Ends), lui-même qualificatif pour un troisième de 870 milles (Roscoff – Les Sables d’Olonne via Wolf Rock au sud-ouest de la Grande-Bretagne puis le cap de la Estaca de Bares, au large de l’Espagne,). Les enjeux seront multiples, notamment pour ceux qui effectuent cette saison leurs premiers pas sur le circuit des Mini 6.50. Engranger des milles sur le support, se jauger au large, se frotter à la concurrence seront des objectifs essentiels, de même que de réussir à décrocher un ticket d’entrée pour la prochaine édition de la fameuse Mini Transat programmée à l’automne 2021.

Décalée du 4 au 28 août en raison de la crise épidémique, la 8e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables qui devait initialement se dérouler en deux étapes entre Port Olona et Horta renommée les Sables-Les Açores en baie de Morlaix se jouera donc en trois temps entre la baie des Sables d’Olonne puis celle de Morlaix. Un changement de parcours qui transforme naturellement la physionomie de la course mais qui n’enlève rien à son niveau d’engagement et à ses spécificités techniques, ainsi que le confirme Tanguy Bouroullec, le skipper de Cerfrance, vainqueur de la Les Sables – les Açores – Les Sables 2016 en bateaux de série : « C’est vraiment super que les organisateurs aient réussi à tout réorganiser malgré le contexte. C’est évidemment dommage de ne pas pouvoir aller aux Açores mais ce qui nous attend est tout aussi complexe, et ressemblerait presque à une Solitaire du Figaro avec plusieurs traversées de la Manche et du golfe de Gascogne puis du jeu le long des côtes françaises et anglaises ». Un avis partagé par Gaël Ledoux qui, malgré des participations en double à des courses telles que la Mini Fastnet, L’Open Demi-Clé, Marseille – Alger – Marseille, la Mini en Mai ou encore la Plastimo Lorient Mini entre 2008 et 2013, s’apprête à en découdre pour la première fois au large en solitaire. « Il est vrai que le fait de faire un aller et retour entre Les Sables d’Olonne et les Açores aurait été un très bon galop d’essai avant la Mini Transat mais le format de cette SAS en baie de Morlaix a de quoi séduire lui aussi. On va régater constamment près des côtes et ainsi devoir gérer des effets de pointes, des brises de terre, des courants, des cailloux… ce sera assurément très formateur », explique le skipper de Stinkfoot qui a fait ses armes en 470, en Formule 18 mais aussi en Tornado avant de multiplier les expériences en tant qu’équipier et/ou préparateur sur une foule de supports différents.

Un galop d’essai parfait

Même son de cloche encore du côté de Basile Bourgnon, le fils du double vainqueur de la Route du Rhum, Laurent Bourgnon, disparu en mer en 2015 qui, pour sa part, découvre actuellement la classe Mini 6.50. « Après une première transat l’an passé (il a bouclé la Jacques Vabre à la 12e place dans la catégorie des Class40 en duo avec Emmanuel Le Roch, ndlr), il me paraissait important de me lancer en solo et de le faire en Mini car je crois qu’il n’existe pas de meilleur support pour apprendre, comprendre la météo et se découvrir au large avec, en prime, un cadre et des concurrents sympas », explique le jeune skipper de 18 ans qui ne souhaite pas griller les étapes mais bien y aller step by step. « Je veux prendre le temps de faire les choses dans le bon ordre. Le fait que cette Les Sables – Les Açores en baie de Morlaix se joue en trois manches qui vont monter crescendo est plutôt rassurant pour prendre ses marques », ajoute le skipper qui a récupéré son bateau (un Maxi 6.50 aux couleurs d’Aelig) il y a trois semaines seulement et qui, par conséquent, n’a aucune idée de ce à quoi il peut prétendre en termes de classement. « Mon but sera avant tout de finir l’ensemble des étapes et ainsi de me qualifier pour la Mini Transat », annonce donc Basile Bourgnon qui partage l’objectif d’une large majorité de ses concurrents, pour la plupart des bizuths, curieux eux aussi, de découvrir les joies du large, d’en apprendre plus sur eux-mêmes et sur leurs montures à l’inverse de quelques rare marins qui évoluent depuis une ou plusieurs saisons sur le circuit. « On est finalement assez peu nombreux à connaître déjà le support. C’est même assez fou le renouvellement qu’il y a dans la classe cette année », souligne Tanguy Bouroullec qui se réjouit de la confrontation à venir avec 16 autres Proto, et qui vise clairement la victoire sur l’épreuve.  « J’ai commencé à découvrir mon bateau l’année dernière mais aujourd’hui je suis plus prêt et mon projet est davantage abouti même si Cerfrance est une machine (un scow à foils sur plan Verdier, ndlr) hallucinante et que j’en apprends encore à chaque navigation », poursuit marin, 4e de la dernière Mini Transat dans la catégorie des prototypes. Bref, on l’aura compris, qu’ils soient des « petits nouveaux » ou des « récidivistes », tous comptent bien profiter de cette Les Sables – Les Açores en baie de Morlaix pour engranger des milles et consolider leur expérience.

Le plateau en bref

– 72 participants

– 55 bateaux de Série et 17 Proto

– 9 femmes

– 9 nations représentées (France, Italie, Belgique, Allemagne, Angleterre, Russie, Estonie, Turquie et Etats-Unis)

– Des marins âgés de 18 à 66 ans

Programme prévisionnel

Samedi 1er août

12h Tous les bateaux présents à Port Olona 

Mardi 4 août

9h30 Sortie des bateaux

13h Départ en baie des Sables d’Olonne 

Mercredi 5 août

Arrivées en baie des Sables d’Olonne 

Lundi 10 août

9h30 Sortie des bateaux

13h Départ en baie des Sables d’Olonne 

Jeudi 13 août

Arrivées des bateaux à Roscoff 

Samedi 15 août

Régates traditionnelles en baie de Morlaix 

Mercredi 19 août

10h Sortie des bateaux de Roscoff

13h Départ en baie de Morlaix

Du 24 au 27 août

Arrivée en baie des Sables d’Olonne 

Vendredi 28 août

11h30 Remise des prix (à huis clos)

Précision concernant le parcours

Le parcours de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix, épreuve réservée aux Mini 6.50 programmée du 1er au 28 août prochain, se déroulera en trois temps, dans l’ordre suivant :

-une première boucle de 197 milles au départ et à l’arrivée des Sables d’Olonne via Belle-Ile et le plateau de Rochebonne.

-une manche de 470 milles ralliant Les Sables d’Olonne et Roscoff en passant par Land’s End.

-un dernier round de 866 milles au départ de Roscoff à destination des Sables d’Olonne via Bishop Rock situé à l’extrémité occidentale des îles Sorlingues (Grande-Bretagne) et le cap de la Estaca de Bares, au large d’Oviedo (Espagne).

Valse de Mini entre les baies des Sables d’Olonne et de Morlaix

Compte tenu de la situation épidémique, le calendrier sportif de cette année 2020 a largement été chamboulé. Les organisateurs de la 8e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables ont, par conséquent, dû s’adapter au contexte. Aussi, la course – réservée aux Mini 6.50 et qualificative pour la Mini Transat 2021 – qui devait initialement se tenir du 20 juillet au 15 août, se déroulera finalement du 1er au 28 août prochain. Mais au-delà des dates légèrement modifiées, c’est le parcours qui a dû être redessiné, le contexte actuel ne permettant pas d’envisager d’escale dans l’archipel Portugais. Exit donc les deux étapes de 1 270 milles entre les Sables d’Olonne et Horta, sur l’île de Faial. Cet été, les 80 solitaires attendus pour l’occasion régateront en trois temps, entre la baie des Sables d’Olonne puis celle de Morlaix qui se réjouit d’accueillir l’évènement pour la première fois. Au menu donc : une première boucle de 197 milles au départ et à l’arrivée des Sables d’Olonne via Belle-Ile et le plateau de Rochebonne, une manche de 866 milles au départ de Port-Olona à destination de Roscoff via le cap de la Estaca de Bares, au large d’Oviedo (Espagne), puis de Bishop Rock situé à l’extrémité occidentale des îles Sorlingues (Grande-Bretagne), puis un dernier round de 470 milles ralliant Roscoff et Les Sables d’Olonne en passant par Land’s End puis l’île de Ré. Au total, les Ministes qui auront ainsi successivement validé les trois courses, auront cumulé plus de 1 500 milles, le minimum requis pour se qualifier pour la Mini Transat. En somme : tous les ingrédients seront réunis afin de pimenter le jeu un maximum, avec une multitude de choix stratégiques et autant des routes possibles entre la Vendée et le Finistère. A la clé, la promesse de belles bagarres et du spectacle !

Ils ont dit :

Jean-Paul ChapalainPrésident de la CCI Métropolitaine Bretagne Ouest-Morlaix : 

« En août 2020, la Baie de Morlaix recevra à nouveau une étape d’une grande course au large : Les Sables – Les Açores – Baie de Morlaix au port de plaisance de Roscoff. Nous sommes fiers d’accueillir cet événement majeur en Baie de Morlaix ! La chambre de commerce et d’industrie, gestionnaire des ports de Roscoff et de Morlaix et ses partenaires, collectivités territoriales et acteurs du nautisme, œuvrent de concert au développement de leur territoire. Cette course prestigieuse est un événement populaire qui va permettre de valoriser notre magnifique Baie de Morlaix, sur les plans sportif, économique et touristique. L’accueil de ce grand rendez-vous de la course au large est en effet une occasion unique de valoriser notre destination sur le plan national, de renforcer son attractivité et de créer un événement nautique et touristique d’importance, mais aussi de mettre en lumière nos compétences en matière de nautisme, de recherche en biologie marine et nos richesses en produits de la mer et de la terre.Je vous donne rendez-vous en août prochain pour vivre avec nous cet événement majeur et découvrir la côte de la Baie de Morlaix qui foisonne de sites naturels et patrimoniaux remarquables. »

Yannick Moreau, Maire des Sables d’Olonne et Président des Sables d’Olonne Agglomération : 

« L’organisation de cette édition Les Sables – Les Açores – Baie de Morlaix est une excellente nouvelle pour Les Sables d’Olonne. La crise sanitaire que nous connaissons n’a, certes, pas permis de maintenir la traditionnelle étape chez nos amis Açoriens, mais l’équipe des Sables d’Olonne Vendée Course au Large a su s’adapter remarquablement pour réinventer cette course. En ces temps inhabituels, nous avions besoin de nous projeter vers des horizons plus positifs : c’est chose faite avec le maintien de cette compétition sportive ! La ville et l’agglomération des Sables d’Olonne s’associent donc avec le plus grand enthousiasme à la Région Bretagne et à la Baie de Morlaix pour accueillir cet évènement auquel nous souhaitons le plus vif succès. Que le meilleur gagne ! »

Yves Le Goff, Président Voile Baie de Morlaix : 

« La Baie de Morlaix reçoit régulièrement des étapes de grandes courses au large. En août prochain, ce sont les Ministes de la Les Sables – Les Açores – Baie de Morlaix qui feront escale au port de plaisance de Roscoff. Voile Baie de Morlaix, la structure associative dont la vocation est de développer la pratique de la voile en compétition auprès des plus jeunes que je représente, est très heureuse de participer à l’évènement. L’équipe des Sables d’Olonne Vendée Course au Large, emmenée par Marc Chopin, nous a donné sa confiance et nous allons mettre en œuvre tout notre savoir-faire et notre professionnalisme pour l’aider dans la réussite de la manifestation sur l’eau. »

Marc Chopin, Président du club Les Sables d’Olonne Vendée Course au Large :

 « La situation épidémique nous a tous contraints à nous adapter. Aussi, dès que cela a été possible, nous avons repris contact avec la Fédération et les autorités compétentes pour savoir comment et sous quelle forme nous pouvions organiser la course. Nous avons travaillé de concert la classe Mini, la ville des Sables d’Olonne, la CCI Bretagne – Ouest, l’association Voile Baie de Morlaix et l’ensemble nos partenaires pour adapter la compétition au contexte actuel. C’est évidemment avec regret que nous ne ferons pas escale aux Açores lors de cette 8e édition, mais il était important pour nous de rendre hommage à nos amis de Horta et en particulier à Armando Castro, responsable du cabinet des opérations nautiques des ports des Açores, en conservant le nom des Açores dans le nom de l’épreuve notamment. Plus personnellement, je suis très heureux de lier, au travers de cette course, Les Sables d’Olonne et la Baie de Morlaix, deux lieux chers à mon cœur, mes deux ports d’attache. »

Programme prévisionnel

Samedi 1er août

12h Tous les bateaux présents à Port-Olona 

Dimanche 2 août

9h – 18h Contrôles sécu & chaine inscription 

Lundi 3 août

9h – 18h Contrôles sécu & chaine inscription

18h Briefing 

Mardi 4 août

9h30 Sortie des bateaux

13h Départ en baie des Sables d’Olonne 

Mercredi 5 août

Arrivées 

Dimanche 9 août

9h30 Sortie des bateaux

13h Départ en baie des Sables d’Olonne 

Jeudi 13 août

Arrivées des bateaux Roscoff 

Samedi 15 août

Régates traditionnelles en baie de Morlaix 

Mardi 18 août

10h Sortie des bateaux

13h Départ 

Du 25 au 27 août

Arrivée aux Sables 

Samedi 28 août

11h30 Remise des prix

SAS 2020 vs Coronavirus

Après de longs échanges avec la Classe Mini, Armando Castro, notre hôte aux Açores, la FFVoile et la ville des Sables d’Olonne, la décision de ne pas aller à Horta s’est imposée. Toute compétition étant interdite jusqu’au 31 juillet, nous avons demandé à la FFVoile de décaler la SAS du 1er au 30 août 2020.

Nous travaillons sur un nouveau format exceptionnel, qui pourrait être de 3 étapes. Une première correspondant à une course de catégorie C, la deuxième correspondant à une course de catégorie B, et la troisième à une course de catégorie A. Les parcours seront adaptés en fonction des réglementations en vigueur, en privilégiant la protection de tous et de chacun.

On vous donnera des infos plus précises dès qu’on les aura…

En attendant de se revoir très vite, prenez soin de vous.

Edition 2020

Attention : en raison du coronavirus, il est possible que la course parte des Sables le mardi 28 au lieu du mardi 21 juillet.

Des précisions à venir dans les prochains jours.

Une 7e édition exceptionnelle !

Une première étape marquée par trois passages de fronts qui a mis à rude épreuve à la fois les bateaux et le mental des marins, un deuxième round qui s’est joué pour l’essentiel au portant à des vitesses supersoniques, des belles bagarres à tous les étages mais aussi des écarts monstres et des rebondissements en pagaille : tout a été réuni pour faire de cette 7e Les Sables – Les Açores – Les Sables une édition exceptionnelle. Une édition difficile, certes, mais aussi et surtout forte en émotions, qui a finalement sacré François Jambou (Team BFR Marée Haute) en Proto et Ambrogio Beccaria (Geomag) en Série.

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Frédéric Bazin (504 – Manu Poki), 27e Série de la 2e étape

« Ça a été une belle étape. J’ai un peu été en difficulté dans le portant lourd et j’ai eu un peu de mal à rentrer dans la course parce que je n’ai pas l’habitude de ne pas avoir le contrôle. Ne pas pouvoir abattre, avoir un spi trop gros devant… ça a été compliqué à gérer pour moi alors qu’avec les Pogo 2, il fallait vraiment envoyer. C’est comme ça que je me suis fait dépasser en fait.

CLASSE MINI : LES SABLES-ACORES-LES SABLES 2018

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Albert Lagneux (882 – Plumeke), 26e Série de la 2e étape

« C’est difficile de parler brièvement de cette étape parce qu’elle a été très riche. Une vraie encyclopédie ! Ça a commencé par une idylle avec ces îles Açoriennes, ces couleurs, ces oiseaux, ces dauphins, tous ces bateaux sous spi… Malheureusement, ça n’a pas duré parce qu’à un moment donné, je me suis réveillé avec le bateau couché sous spi.

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Matthieu Vincent (947 – L’Occitane en Provence), 24e Série de la 2e étape

« J’ai eu deux jours de régate on va dire. Au départ, la sortie de la baie a été un peu compliquée mais j’ai malgré tout réussi à me remettre dedans. C’était sympa mais au moment où il aurait fallu ne rien lâcher et rester le couteau entre les dents, ma centrale de navigation a lâché.

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Mathieu Gobet (455 – Méa Coule Pas), 23e Série de la 2e étape

« C’était cool. Il y a eu différentes étapes. La première dans du vent fort a été intéressante. Je n’avais jamais eu du vent fort comme ça, mis à part pendant 3-4 heures. C’est totalement différent quand ça dure 3-4 jours. Tout devient un peu une mission : se faire à manger, aller sous le vent, prendre ou réduire…

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Michel Sastre (835 – Dame Argo), 21e Série de la 2e étape

« Juste après l’empannage pour suivre un peu le front chaud, j’ai cassé un safran qui avait déjà été réparé. A ce moment-là, le bateau allait bien en plus j’étais toilé assez « safe » (deux ris dans la GV et médium) mais il y a eu un petit vrac. Le pilote a poussé d’un coup et ça a cédé. Sur le coup, j’étais vraiment dépité.

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Matthieu Perraut (825 – Groupe Bâtisseur d’Avenir), 17e Série de la 2e étape

« Je suis content parce qu’à Horta, j’avais dit que j’espérais qu’on se fasse défoncer au portant dans la baston sur cette étape retour. D’ailleurs, tout le monde m’avait pris au mot et j’avais un peu peur de flipper mais en fait non. Au contraire même, j’ai adoré aller aussi vite dans le vent fort.

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Marie Gendron (930 – Cassiopée SNCF), 11e Proto de la 2e étape

« J’en ai vraiment bavé sur cette étape. J’ai notamment vraiment connu un dimanche de merde. Le matin, le bateau partait tout le temps au loff, je ne comprenais pas pourquoi mais à un moment, j’ai vu que j’avais un safran explosé. Heureusement, j’en avais un de spare. Je l’ai changé et je suis repartie.

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Vincent Busnel (621 – Quéguiner – Leucémie Espoir), 10e Proto de la 2e étape

« J’ai commencé cette 2e étape fatigué. Du coup, la première nuit, j’ai dû dormir 6 heures en faisant des siestes de 2 heures d’affilée. Ça allait parce que je ne tirais pas non plus sur le bateau. Quand ça a commencé à rentrer vraiment fort, dans le front, c’est devenu sympa. Malheureusement, pour moi, ça n’a pas duré longtemps… peut-être deux ou trois heures. Je suis passé de sous médium à code 5 et je suis resté un moment sur le pont pour voir comment ça se passait et pour régler le pilote. Quand j’ai vu que tout était ok, je suis parti faire une sieste. Le hic, c’est que ce n’est pas l’alarme qui m’a réveillé mais le « clac » du matériel qui casse. En sortant, j’ai vu mon tangon sous le vent et j’ai pensé que c’était le bras qui avait pété, mais très vite, je me suis rendu-compte que c’était la sous-barbe. Directement, j’ai compris que la course était finie pour moi et que j’allais me faire chier pendant une semaine. Vraiment, j’aurais préféré vivre tout ça différemment. C’est dur parce que je passe mon temps sur le bateau à tout préparer et j’ai des pépins. C’est frustrant parce que le bateau est prêt. Sportivement, c’est rageant parce que j’espérais jouer avec les petits copains du Top 5 après ce que j’avais vu sur les courses d’avant-saison. Forcément, je suis déçu. »

Julien Letissier (869 – Kerno.bzh – JULE course au large), 9e Série de la 2e étape

« C’était cool cette étape. On a fait de la luge pendant trois jours. Je me suis bien amusé et j’ai la chance de ne rien avoir cassé de vital. Vraiment, c’était top, surtout si l’on compare par rapport aux douze jours à l’aller. On a gravi une montagne laborieusement pour finir par la descendre plein pot. C’était formateur. J’ai appris plein de trucs sur le bateau. En plus, je suis qualifié pour la transat a priori, et ça c’est vraiment cool. »

Amélie Grassi (944 – Tyrion), 7e Série de la 2e étape

« Franchement, cette étape a été assez décevante parce que j’étais dans le match et je pouvais réussir à me battre pour garder ma place sur le podium. J’ai bien tartiné, je me suis arrachée… C’était des conditions que je n’avais jamais rencontrées mais j’étais super contente que ça marche bien, que je me sente bien à bord, alors quand le safran a lâché, ça a vraiment été la défaite. Au départ, je me suis même dit que j’allais déclencher ma balise pour qu’on vienne me chercher parce que j’en ai marre, et puis je me suis rappelé que l’objectif de base c’était quand même de franchir la ligne et de valider ma qualif’ pour la Mini Transat. En début d’année, c’était inespéré de faire des résultats comme ça donc c’était important que je me recentre sur les objectifs de base. Après, j’ai repris ma petite vie à bord et j’ai fait en sorte que ce soit le plus agréable possible jusqu’à la fin. Je suis contente d’être arrivée même si je suis déçue. C’est le métier qui rentre. La voile est un sport mécanique. C’est dur mais c’est comme ça. Au final, j’ai pu ramener mon bateau et puis il y a énormément de positif à tirer de cette course. »

Pierre Le Roy (925 – Arthur Loyd), 6e Série de la 2e étape

« Je suis content de terminer 6e parce que ça avait mal démarré. J’ai eu quelques problèmes dans les îles mais ensuite, j’ai bien bataillé avec les copains avec qui je me bats d’habitude. Ça a juste été un peu dur le dernier jour d’apprendre que j’avais perdu deux places mais c’est le jeu. Au global, je fais deux étapes dans mes objectifs. Même les trois jours où c’était un peu « poney », comme on dit, ça l’a fait. Le bateau mouillait, c’était une piscine, mais ça allait. Ça avançait bien et c’était cool. Comme d’hab, en arrivant, j’ai eu droit à un super comité d’accueil. Je suis trop content ! »

François Champion (950 – Ino Rope), 8e Proto de la 2e étape

« Cette deuxième étape a été l’inverse de la première puisqu’on a eu du portant assez fort quasiment du début à la fin. Je n’avais jamais navigué dans ce type de conditions en Proto et c’est autre chose qu’en Pogo 1. C’est le jour et la nuit. Ça n’a vraiment rien à voir. Je suis content que le bateau ait fait l’aller-retour. Il y avait une houle de merde et tu n’avais même pas le temps d’en profiter que tu étais déjà planté, sans échappatoire possible. Tu rebondissais dans tous les sens : c’était n’importe quoi. Ce qui est énorme, c’est que tout a tenu. Cette étape, c’était top mais c’est difficile de tout résumer. Il faut que je me pose et que je repense un peu à tout. Il y a eu des gros moments difficiles mais ils sont déjà presque oubliés. C’est toujours comme ça de toutes façons : tu en chies 80% du temps mais tu es content à l’arrivée ! »

Sébastien Guého (909 – Seb Guého – Mini Transat 2019 #dlbsls), 4e Série de la 2e étape

« A l’aller, j’avais oublié l’objectif de l’année qui était d’arriver aux Açores en course et d’avoir mes milles pour me qualifier pour la Mini Transat tellement c’était dur. Le but, sur celle-là, c’était donc de trouver de la sérénité et du plaisir. Pour le plaisir, ça n’a pas encore été tout à fait ça car j’avais peur de tout péter. Mon métier, c’est de calculer des bateaux de course et quand ça tape trop fort, ça me fait peur (rires) ! Mais bon, j’ai fait mon truc. J’étais loin des autres par moments mais j’étais bien sur le bateau. Même si j’ai matossé dix fois par jour et que je me suis cogné partout, je suis content. J’avais vraiment peur, après l’étape aller, de ne pas être capable d’aller en mer et je l’ai fait. Ça m’a redonné grave de la confiance. Je n’ai plus qu’à trouver des sous et à être prêt pour l’année prochaine. La 4eplace au général, c’est la cerise sur le gâteau. »

Paul Cloarec (951 – Williwaw), 7e Proto de la 2e étape

« Je ne suis pas très bien parti. Je suis resté dans les dévents des îles mais pour moi le but, c’était avant tout de finir la course. Du coup, dans le vent, j’attaquais la journée et je calmais le jeu la nuit. Je temporisais pour consommer le moins possible car une nouvelle fois j’ai été confronté à des problèmes d’énergie. L’étape a été assez stressante. Il n’y a pas eu tant de vent que ça mais la mer était démontée. Ça tapait fort et comme la nuit, il n’y avait pas de lune, c’était assez impressionnant. Je ne savais jamais où le bateau allait atterrir et je me disais que c’était un coup à tout péter. Au final, je suis content. Il y a encore beaucoup de boulot mais au portant, le bateau marche, c’est sûr. Il allume bien. Je suis content pour l’archi. Pour le chantier aussi car il y a trois mois, quand j’ai pris mon congé sans solde, j’avais déjà du mal à croire que j’arriverais à être au départ de la course parce qu’il était encore dans le moule. Aujourd’hui, je monte crescendo, c’est cool. »

Nicolas d’Estais (905 – Cheminant – Ursuit), 3e, de la 2e étape et 3e au général

« Cette étape, c’était un truc de poney, de marcassin, de punk… c’est quelque-chose qui a favorisé les marins expérimentés. Je pense, en effet, que j’étais plus à l’aise que les nouveaux qui ont débarqués cette année, mis à part Félix (de Navacelle), qui a vraiment fait fort. J’avoue que j’étais content qu’il y ait plus de vent que prévu sur l’étape car on a eu 4-5 jours avec, en permanence, des vents supérieurs à 20-25 nœuds au portant. J’avais la voile qu’il fallait. Mentalement, je m’étais préparé à ça. J’étais accroché à la barre. J’ai tout donné. Bien sûr, ce n’était pas confort, mais le bateau allait super vite. Les milles défilaient et comme je voyais que j’allais un peu plus vite que les autres, c’était assez grisant. C’est la première course de l’année où on a des conditions comme ça et je me suis senti bien. Après la première étape, j’étais très déçu parce que j’aurais voulu faire mieux que 13e, évidemment. Pour le retour, je partais donc avec l’objectif de faire un podium mais sans imaginer que je pouvais faire mieux que 5e au général. Au final, je termine 3e au général, c’est une super surprise ! »

Patrick Jaffré (814 – Projet Pioneer), 6e Proto de la 2e étape

 « Le début de cette étape était cool mais ensuite c’est devenu assez tonique. A ce moment-là, Félix (de Navacelle) et Nicolas (d’Estais) se sont mis à tartiner comme des porcs mais moi j’ai freiné un petit peu car j’avais peur que le mât tombe. Je ne sais pas combien de temps ça a duré… quatre jours je pense… Ça a été rude mais ensuite ça s’est calmé et l’arrivée s’est jouée, comme d’hab, dans la molle (rires) ! Mais bon, on n’a pas mis 15 jours pour revenir alors c’est cool ! La SAS, c’est toujours sympa de la faire même si, parfois, quand on est dedans, on se jure qu’on ne le fera plus jamais. Sur cette édition, cette deuxième étape a rattrapé un peu la première. Il y a eu plus de plaisir. »

Magistral Ambrogio Beccaria !

Déjà vainqueur de la première étape avec 12 heures d’avance sur son dauphin, Ambrogio Beccaria qui n’avait qu’à assurer pour s’emparer de la victoire finale, a enfoncé le clou sur cette deuxième manche. Le skipper de Geomag, qui a bouclé les 1 270 milles du parcours ce mardi à 22h23 (heure de Paris) après 6 jours 03 heures 21 minutes et 43 secondes de mer, a, comme lors du premier round, terminé premier chez les bateaux de Série avec une avance conséquente (environ 8 heures cette fois) sur son poursuivant le plus proche. Avec ce sans-faute, le navigateur italien remporte logiquement haut la main cette 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables et s’offre, en prime, le titre de champion de France de Course au Large après cinq victoires sur cinq courses disputées cette saison !

Ambrogio Beccaria (943 – Geomag), 1er de la 2e étape et 1er au général : « C’est trop bien ! J’ai eu peur après le front car j’ai pété le medium et j’étais sûr que tout le monde allait me défoncer mais en fait non ! J’ai découvert que sous gennak, dans le genre de conditions qu’on a eues, ça marche très bien. Franchement, j’étais sûr que sans médium, c’était fini mais il se trouve que ça allait super vite même si j’avoue que le bateau (un Pogo 3, ndlr) est un peu dur. J’ai fait quatre jours avec la combi sèche et si je ne l’avais pas eue, je pense que ça aurait été très compliqué ! Je suis content de finir juste derrière Camille (Taque, 5e Proto). Hier, quand j’ai entendu à la vacation qu’elle était 3e, j’étais trop content pour elle. Je me rappelle qu’au Trophée MAP, j’avais fini 10 secondes devant elle est qu’elle m’avait dit qu’elle aimerait bien finir devant tous les Série. Cette-fois, c’est fait ! De mon côté, c’est la 5e course que je gagne cette saison, c’est top ! Et le titre de champion de France de Course au Large en prime, c’est trop bien ! »

Jörg Riechers vainqueur de la deuxième étape

Ce mardi à 13h51’23 (heure de Paris), Jörg Riechers a franchi en vainqueur la ligne d’arrivée de la deuxième étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables. Le skipper de Lilienthal, qui a avalé les 1 270 milles du parcours entre Horta et Port-Olona en 5 jours 18 heures 51 minutes et 23 secondes à la vitesse moyenne de 9,15 nœuds, a imprimé une cadence infernale du début à la fin et finalement fait la différence avec Erwan Le Mené (Rousseau Clôture) dans les dernières 24 heures. Le skipper Allemand réalise, du même coup, une bonne opération puisqu’il remonte de la 4e à la 3e place au classement général de l’épreuve et s’offre un podium pour sa dernière course sur le circuit des Mini 6.50.
 
 

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Les 45 Ministes font route vers Les Sables d’Olonne !

Comme prévu, les 45 concurrents engagés sur Les Sables – Les Acores – Les Sables se sont élancés sur la 2e étape de cet aller-retour sur l’Atlantique à 19h, heure française, ce mercredi 8 août.

DEPART ETAPE 2

Dans un flux d’Est Sud-Est, la flotte sous spi a pris la direction des Sables d’Olonne que les Mini 6.50 devraient rapidement atteindre puisque les premiers bateaux sont attendus à partir du 14 août. Un départ à l’anglaise avant une traversée retour qui s’annonce d’après les routages à vitesse grand V  et la possibilité pour les skippers de battre le record des 24 heures. Verdict sur la ligne d’arrivé en baie des Sables.

Etape 2 : les déclarations d’avant départ

Julien Letissier (869 – Kerno.bzh – Jule Course au Large) : « L’escale a été courte mais pour moi ça va encore par rapport à certains. Je ne me plains pas. Mon objectif pour cette deuxième étape reste le même que lors de la première car je ne suis toujours pas qualifié pour la Mini Transat en termes de milles. Je dois donc absolument finir. A l’aller, je m’étais dit que je n’attaquerais pas mais comme je me suis retrouvé deuxième pendant un moment, je me suis pris au jeu. Maintenant, il y a beaucoup de choses à faire avec les premiers parce qu’on se tient dans un mouchoir de poche, hormis Ambrogio (Beccaria) qui a un petit matelas d’avance. Dans ce contexte, il y a des chances que j’attaque aussi un peu au retour même si je vais faire très attention de préserver le bateau. A priori, ça va être assez rapide ce qui signifie que sur les Pogo 3, ça ne va pas être très confortable mais au moins ça va aller vite et ça, c’est bien. Comme ça, on aura vraiment eu de tout sur cette édition des Sables – Les Açores – Les Sables. »

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Vers une deuxième étape à record(s) ?

Si la première étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables s’est jouée pour l’essentiel au près, dans des conditions qui ont mis à rude épreuve les bateaux mais aussi les marins, la deuxième, dont le départ sera lancé ce mercredi à 19 heures (heure de Paris), s’annonce bien différente. C’est, en effet, majoritairement au portant que les 45 Ministes toujours en course dans la compétition devraient avaler les 1 270 milles entre Horta et Port-Olona. Et si l’on en croit les derniers fichiers météo, c’est même à vitesse grand V qu’ils pourraient absorber la distance. Aussi, s’ils ont battu des records de lenteur (en termes de durée) à l’aller, il se pourrait bien qu’ils fassent de même au retour, mais à l’inverse. Et pour cause, les routages laissent envisager un temps de course de 5 jours et 06 heures pour les premiers prototypes, soit 7 heures de moins que le temps de référence établi par Bertrand Delesne lors de l’édition 2010. De quoi, une nouvelle fois, assurer le spectacle et garantir le suspense.

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Georges Kick (514 – Black Mamba), 32e Série à Horta

« C’était long mais c’était extraordinaire même si d’un point de vue sportif, ce n’était pas tout à fait ça mais bon, à mon âge je ne vais de toutes les façons pas commencer une carrière en solitaire (rires) ! Pour moi, c’était plutôt l’aventure et là, ça a été complet. Les temps forts ? Ça a été de se retrouver sans batteries. Ça a un peu compliqué la chose mais comme il y a eu beaucoup de près, j’ai pu mettre le vérin électrique non-branché. Il me bloquait bien la barre et ça allait tout droit, ce qui m’a permis de dormir. En revanche, au portant, c’était plus embêtant. Après, j’ai rencontré quelques cargos, quelques dauphins mais personne, pas de gens (rires). Sinon, c’était très bien, vraiment très bien. L’arrivée ici c’est fantastique bien que ce matin je sois resté tanqué entre Graciosa et Sao Jorge. Le bateau allait un peu où il voulait alors je n’ai pas dormi la nuit dernière mais à présent je suis arrivé, c’est bien ».

CLASSE MINI : LES SABLES-ACORES-LES SABLES 2018

Marie Robert (587 – Pepen), 31e Série à Horta

« J’ai été confronté à des soucis d’énergie et ça m’a bien embêtée. J’ai longtemps navigué à portée VHF de Simon Tranvouez et Matthieu Perraut mais une fois que je les ai quitté tous les deux, je me suis retrouvée toute seule et ça n’a plus trop été une course à cause des problèmes à gérer. Après, heureusement, c’est redevenu cool quand j’ai croisé des gens en arrivant vers les Açores mais il y a eu quatre ou cinq jours de solitude qui n’ont pas été faciles avec mon NKE qui faisait du temps partiel. Je ne sais pas combien de kilos j’ai perdu, mais beaucoup. Je n’avais pas pété de câble avant ce matin, mais derrière l’île de Sao Jorge, j’étais collée et j’ai pensé que je n’arriverai même pas à arriver ce soir. La perspective d’une nuit en mer de plus était presque insupportable. Pour une première expérience sur une course de ce type, j’aurais bien aimé rencontrer un peu moins de difficultés techniques mais ça fait partie du jeu. Quoi qu’il en soit, je suis contente d’arriver car je suis rincée. Complètement. »

Anne Baugé (890 – ellesaimentlamer), 30e Série à Horta

« Très vite j’ai eu des problèmes d’énergie. En longeant l’Espagne, je me suis dit « je m’arrête, ce n’est pas sérieux de faire 800 milles dans ces conditions ». Ne pas dormir est quelque chose qui me fait trop peur. Du coup, j’ai utilisé mon vérin de spare qui, au près, ne marche assez bien, mais qui, au portant, n’a tenu que deux heures. J’ai dormi 5 minutes et mon grand spi a fait un vrac monumental dans l’étai. L’un des trucs que je ne voulais pas avoir à faire sur cette course, c’est précisément monter au mât mais j’y suis allée. Ça a été assez intéressant en fait, surtout que le bateau a empanné quand j’étais en haut (rires) ! Je voulais abandonner mais j’avais aussi peur d’aller toute seule en Espagne que de traverser avec la flotte (rires) ! Et puis j’ai réfléchi et je me suis dit qu’après être montée au mât, il ne pouvait plus m’arriver grand-chose de pire. Du coup, j’ai continué mais je n’ai réussi à choper une seule fois la BLU et le BMS. Le reste est identique à ce que tout le monde a connu : des conditions variées mais surtout une mer casse-bateaux. Ça a été très dur pour le moral de faire 800 milles en tirant des bords. Je n’ai pas pris énormément de plaisir en fait. Une seule fois j’ai reconnu la couleur bleue du ciel et de la mer que j’avais connue cet hiver dans les alizés et ça m’a donné un peu de courage. Sinon, j’avoue qu’il y a quelques fois où j’ai baissé les bras. Je pense que c’est pour ça que j’arrive aussi tard. A certains moments, j’ai mis les voiles en ciseaux pour économiser mon énergie, dormir le plus possible et arriver. »

Albert Lagneaux (882 – Plumeke), 29e Série à Horta

« Cette étape a été dure, très dure. J’ai eu plein de problèmes. Je suis passé par plein de phases différentes. J’ai vraiment fait le yo-yo sur le plan émotionnel mais j’avoue que je suis surtout passé par plus de bas que de hauts. Je me suis souvent demandé ce que je foutais là mais aussi ce qui pouvait encore m’arriver. J’ai fait des figures de style, j’ai dû monter à la barre de flèche dans 24 nœuds de vent, j’ai perdu mon GPS, j’ai eu plein de choses qui sont tombées en panne les unes après les autres ou encore un souci de chariot de GV… tout s’est cumulé. Au près, la mer était vraiment cassante et à chaque bruit, je faisais des angoisses. J’entendais des craquements au mât. J’en faisais des cauchemars et j’ai poussé un Eureka quand j’ai découvert que c’était en fait mon vis-de-mulet. Vraiment, en mer, on se fait des histoires incroyables ! Moi, j’anticipe toujours le pire, alors évidemment (rires) ! C’était vraiment dur surtout qu’après on s’est retrouvé dans la pétole pendant trois jours. J’ai commencé à compter la nourriture, le méthanol… Bref, je suis content d’être arrivé. Je n’ai pas beaucoup de temps pour tout repréparer avant le départ de la deuxième étape mais ça va le faire. »

Céline Salles (514 – L’Air de Rien), 28e Série à Horta

« C’était long mais hyper intéressant et hyper riche. Moi j’ai eu un peu toutes les conditions : du vent, pas de vent… Je me suis retrouvée pas mal toute seule. En fait, je ne recevais pas la BLU. Je n’avais donc ni la météo, ni les classements. Du coup, j’ai un peu avancé sur la route directe avec le vent qu’il y avait. Le fait d’avoir aussi peu de contact a vraiment été étrange mais après j’ai eu la chance de voir pas mal de baleines et de dauphins. Des oiseaux sont aussi venus jouer autour du bateau. C’était cool mais ce qui m’a fait plaisir, c’est hier soir, quand on s’est tous retrouvé du côté de Terceira. Ça a reboosté vraiment le moral pour la dernière ligne droite. Au final, je n’ai pas eu trop de mésaventures. J’ai juste déchiré un grand spi et j’ai eu une montée au mât un peu épique la nuit dernière. Autant dire que je comprends mieux pourquoi ils galèrent en 60 pieds et qu’ils mettent deux heures à monter parce que pour se tenir, c’est la grosse galère ! J’ai des bleus partout et je suis redescendue de là complètement rôtie. Je suis bien contente d’arriver. C’est un chouette coin et les gens sont super accueillants. »

Benjamin Ferre (902 – Imago – Incubateur d’aventures), 27e Série à Horta

« Qu’est-ce que c’est bon d’arriver ! J’ai cru que je ne la franchirais jamais cette ligne ! Je n’ai pas dormi depuis je ne sais pas combien de temps. Je termine éclaté. La pression est en train de retomber mais ça été vraiment été compliqué. Sept jours sans pilote, c’est vraiment dur. Au près, j’avais deux écoutes que je passais sur les winches et ça tenait, mais au portant, impossible de trouver une solution. J’ai fait je ne sais pas combien de départs en vrac. Dès que j’essayais d’aller dormir trois minutes, c’était un enfer. Moi qui avait l’habitude de ne jamais barrer mon bateau, bah là…  Ne faire que ça, c’est puissant. En tous les cas, je suis content d’avoir été au bout. Au moment où ça a pété, on était au nord de la flotte avec deux autres bateaux dans la baston et je devais être 8 ou 9e. En réalité, il y a vraiment eu deux faces à ma course. La première partie et la deuxième. Ça n’a pas été les mêmes mais ça a été instructif. Franchement, mentalement et même sur le bateau, ça servira, je pense. »

Julien Hatin (660 – Mademoiselle Iodée), 26e Série à Horta

« C’était dur. C’était très très dur. On a eu un peu tous les types de conditions, avec du très fort et du très faible ce qui fait qu’on n’a pas pu beaucoup se reposer. En même temps, on a eu des moments magnifiques avec par exemple, une nuit, il y a deux jours, sous la voie lactée avec le plancton phosphorescent derrière. Heureusement parce que s’il n’y avait pas eu ça, je pense que je n’aurais jamais fini. A la fin, je me suis fait une petite frayeur en arrivant à la pointe juste avant le port. Il y a eu un petit effet de site et comme j’ai déchiré mon médium pendant la course, j’ai voulu rester sous spi max mais je n’ai pas réussi à l’affaler. J’ai été tout droit dans la falaise mais heureusement il a réussi à tomber juste avant. Ça fait plaisir qu’on ait pu récupérer la voile parce que sinon je n’aurais plus eu de spi pour l’étape retour. Sinon, j’ai pu dormir à peu près bien et je suis bien reposé. Sur le bateau, il y a un peu de bricole à faire avant de partir mais ça va se caler. Je suis content d’arriver car c’était vraiment très long. Il y en a qui y sont encore et je les plains. »

Fedor Druzhinin (759 – Kids 4 freedom), 13e Proto à Horta

« Ça n’a pas été facile parce qu’on a eu de la pétole avant de prendre quatre fronts puis de se ramasser à nouveau de la pétole pendant quatre jours. Au total, j’ai mis presque 14 jours pour faire la course ! C’est presque autant que pour la Mini Transat ! (Rires) Clairement, ça été dur mais j’ai appris pas mal de choses sur mon bateau. Par ailleurs, j’ai eu quelques petits pépins. Je suis tombé dans le bateau et je me suis fait mal aux côtes, puis j’ai eu une infection au coude… j’ai beaucoup utilisé ma pharmacie de bord. Ça a été un bon entraînement ! (Rires) Par ailleurs, j’ai déchiré des voiles et rencontré des soucis d’électronique. J’espère pouvoir tout réparer ici avant de repartir. En tous les cas, ce qu’on a vécu lors de cette étape a été très différent de ce qu’on a connu sur les épreuves d’avant-saison. Là, j’ai été seul la plupart du temps. Je suis venu aux Açores de nombreuses fois, pour des convoyages de bateaux de plaisance. J’ai dû passer une vingtaine de fois le canal de Sao Jorge et je sais que c’est toujours compliqué mais là, ça a été terrible car je suis resté scotché dans la molle sous le vent de Pico pendant 14 heures ! Un bateau m’a appelé à la VHF pour me dire qu’il s’y engageait aussi mais je lui ai dit « Non ! Surtout pas ! ».

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Sascha Bade (919 – Salt), 25e Série à Horta 

« Sur cette première étape, j’ai connu beaucoup de pétole. Vraiment beaucoup de pétole. Une fois, je n’ai même pas réussi à parcourir plus de 30 milles en 24 heures, c’est dire !  Cela m’a vraiment épuisé nerveusement et j’avoue que j’arrive bien fatigué. Au départ, je m’étais préparé pour une course de 8 ou 9 jours, et là ça a duré plus de 13 jours. Dans la tête, ça n’a pas été forcément facile à gérer. Il a aussi fallu que je me rationne, notamment en eau. Lorsque j’ai franchi la ligne, il ne me restait plus qu’une seule bouteille, il était donc temps que ça s’arrête même si j’ai vraiment savouré l’arrivée entre les îles. Les paysages açoriens sont magnifiques. Les lumières, les nuages… ce matin, j’en ai pris plein les yeux ! Ca m’a fait du bien de finir comme ça parce que ma course n’a pas forcément commencé de la meilleure manière. J’ai, en effet, pris un cordage dans ma quille au départ ce qui m’a fait perdre énormément de temps et partir bon dernier. Après, j’ai joué la carte de la sécurité en choisissant de plonger au sud quand les leaders ont préféré aller au nord. Le positif, c’est que j’arrive avec un bateau en parfait état même si j’ai réussi à faire un maxi cocotier dans mon spi. Pour l’affaler, il aurait fallu que je monte en tête de mât mais il y avait de la mer et je n’aime vraiment pas monter là-haut alors j’ai fait comme j’ai pu en enroulant ma voile tant bien que mal. Ce n’est pas chouette mais bon, je suis là ! »

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Kevin Bloch (697 – ENSTA Bretagne), 24e Série à Horta

« C’était dingue ! C’était la première fois que j’allais quelque-part en voyageant et c’était trop cool. Au début, c’était un peu dur parce qu’on a eu quatre jours énormes mais à la fin, c’était vraiment incroyable ! L’eau avait une couleur, waouh ! Ça m’a marqué car je n’avais jamais vu un bleu comme celui-là. En plus, il y avait des dauphins, des baleines et tout… En termes de classement, je pense que je me suis bien planté mais je me suis bien éclaté. J’ai adoré être au large. J’étais au contact au début et ensuite j’ai un peu flippé par rapport au front alors je suis parti, mais un peu trop parti je crois ! (Rires) L’avantage, c’est que je n’ai rien cassé du tout. En plus de ça, je me suis retrouvé tout seul et c’était chouette de vivre ça aussi. Bizarrement, au début, j’ai du mal à me mettre dedans et à faire ce qu’il fallait pour faire avancer le bateau mais à la fin, c’était plus facile, plus fluide. Si j’ai maqué de nourriture ? Non, mais j’ai terminé la course sans eau et du coup je ne pouvais plus faire de lyophilisés mais c’était juste les deux derniers jours. Cette course, c’était vraiment chouette ! »

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Pierre Revol (483 – Maribambelle), 23e Série à Horta

« Cette première étape, je l’ai vécue intensément. Comme d’habitude, il y a eu des moments compliqués mais au final, il y a aussi eu beaucoup de plaisir. C’est sûr que j’avais préféré l’édition 2016. On avait mis huit jours pour faire la traversée, sous spi, pleine balle tout le temps. Là, ce n’était pas tout à fait ça, mais ça fait partie du truc. Je ne veux cependant pas rester sur cette impression, je veux revenir dans deux ans ! En même temps, je dis ça, j’ai fini par 24 heures sous spi quand je suis rentré dans l’archipel avec les dauphins, les baleines et les petits oiseaux. C’était vraiment sympa. »

Frédéric Bazin (504 – Manu Poki), 22e Série à Horta

« L’arrivée dans les îles, c’est très beau. J’ai vu plein d’animaux : des baleines, des dauphins… Cette première étape a été technique mais on en a eu pour notre argent (rires) ! En tous les cas, c’était intéressant au niveau des prévisions. Pour ma part, je n’avais pas de bulletin météo car je n’arrivais pas à les récupérer alors c’était un peu compliqué, voire un peu énervant. Le point positif, c’est que je termine la course sans aucun problème particulier. Le bateau est prêt à repartir. Un bémol cependant : j’ai fini les trois derniers jours sans plus rien à manger. J’ai attaqué les rations de survie et j’ai mangé de la semoule pendant 72 heures. Mais bon, pour le reste, c’est super. C’est toujours sympa de revenir ici. C’est vachement joli comme endroit. »

Arnaud Machado (910 – pro yachting), 21e Série à Horta

« Cette première étape a été longue surtout que pendant dix jours, je n’ai vu personne. Jamais je ne me suis tiré autant de balles en étant en mer ! Cette Les Sables – Les Açores – Les Sables, on ne me l’avait pas vendue comme ça. Ça faisait deux ans que j’attendais de la faire et si on m’avait dit que ça se passerait comme ça, je ne me serais pas embêté, je serais resté sur mon lac ! On a pris front après front ! A l’arrivée de la grosse dep, je me suis dit « ok, on va prendre cher », mais ensuite, on a continué de prendre cher ! Franchement, c’était dur. J’espère que pour rentrer, cette fois, on aura du portant et pas du près ! »

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Mathieu Gobet (455 – Méa coule pas), 20e Série à Horta 

« Pendant l’étape, je me disais qu’il n’y avait rien de bien parce que les moments de plaisir ont vraiment été rares et puis maintenant, je trouve que c’est génial ce qu’on a fait. De mon côté, j’ai passé six jours bord à bord avec Fred Bazin et c’était sympa. En fait, j’ai toujours été avec un autre concurrent ou un groupe et comme je ne suis pas un grand compétiteur dans l’âme, c’était cool de pouvoir discuter avec des gens. L’un des autres points positifs, c’est que j’arrive avec le bateau en parfait état. J’ai eu de la chance parce que parfois, je me suis demandé ce qui allait casser mais tout a tenu. Le seul truc que je regrette, c’est de n’avoir jamais capté la BLU même si j’ai réussi à avoir la météo par d’autres concurrents. La baston a été une bonne expérience. Globalement, cette course a été intéressante mais je suis content d’arriver. »

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Matthieu Perraut (825 – Groupe Bâtisseur d’Avenir), 19e Série à Horta

« Ce que je garderai de cette première étape ? Le bord de reaching pendant 10 minutes pour aller jusqu’à la ligne parce que j’étais à plus de 5 nœuds, les nuits, les soleils, Simon (Tranvouez) avec qui j’ai passé toute la régate… (rires) Plus sérieusement, ce que je retiendrai c’est la pétole. Je suis très nul dans ce type de condition. J’ai beaucoup tapé dans ma bôme et j’ai beaucoup insulté aussi. Le large, c’est trop cool, mais c’est quand même dix fois mieux quand il y a du vent. Quand je me retrouve à l’arrêt complet, je disjoncte et là, j’ai un travail à faire. Il n’empêche que j’ai adoré le large même si c’est sûr que je préfère quand c’est dans la baston, il n’y a pas photo. J’espère qu’on va se faire démonter au retour ! Même au près, franchement, je préfère ça que la molle ! (Rires) »

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Emmanuel Renaud (753 – Wide Side), 12e Proto à Horta

« Le départ a été conforme à ce qui était prévu lors de la préparation de la course mais ensuite, quand on a traversé, c’est devenu un peu plus aléatoire. On n’avait pas toujours la météo, donc il fallait un peu chercher sa route. Je crois que la flotte est un peu partie un peu dans tous les sens. De mon côté, j’ai opté pour le nord et je devais être un peu dans les seuls, je pense. Là, je me suis retrouvé dans du vent très faible qui était, en plus, pile dans l’axe des Açores. Dans toute cette phase de pétole, je me disais qu’on n’était plus très loin mais en fait, ça n’avançait pas. Aujourd’hui, en revanche, c’était génial. On a bien pu voir les îles et comme on est tous arrivés au contact, on a pu faire un peu de régate dans ce paysage splendide. On a pu faire un bord à pleine vitesse avec des dauphins… c’était la carte postale ! Après 12 jours de mer, j’ai vraiment savouré le fait d’avoir droit à une arrivée comme ça. C’était génial ! »

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Kevin Tritschler (550 – Cubitus), 18e Série à Horta

« En fait, avec Sébastien (Liagre), on s’est retrouvé ensemble toute la course. C’était cool parce que c’était plus simple pour la météo. Avec la BLU, ça n’a pas toujours été simple mais bon, ça l’a fait. La course a été un peu longue quand même mais l’arrivée a été super sympa, notamment dans le canal Sao Jorge, avec 25 nœuds de vent. C’était top. Je suis content de la course et content d’arriver aussi. J’espère juste qu’on n’aura pas du près à la deuxième étape aussi, même si c’était une bonne expérience. Au niveau de la nourriture, je termine avec l’équivalent d’une journée mais j’avais quand même bien rationné depuis cinq jours. Je ne voulais pas arriver sans rien parce que psychologiquement ça m’aurait un peu stressé. »

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Michel Sastre (835 – Dame Argo), 16e Série à Horta

« L’arrivée aux Açores est vraiment super jolie et en plus j’ai vu un cachalot mais la course a été longue et ce qu’on redoutait hier soir, c’était de devoir passer une nuit de plus en mer. Après, au niveau navigation, je n’ai jamais été fatigué car j’ai dormi à mort. Une étape de 1 270 milles c’est beaucoup moins fatigant qu’une course de deux ou trois jours même s’il y a sans doute une usure dans le temps. C’était la première fois que je passais autant de temps en mer tout seul. Ça m’a plu. Il y a juste le dossier bouffe à revoir. Je l’avais préparé la veille du départ à 19 heures mais ça n’a pas été la bonne idée. Bien sûr, j’avais des lyophilisés mais j’ai manqué de trucs vraiment bons. Ce que j’ai mangé pendant ces 12 jours, c’était vraiment dégueulasse. Pour le reste, les fronts n’ont pas été trop violents. Au plus fort, j’ai eu 25 nœuds de vent. Le près, ça fait du bruit mais finalement ça permet de dormir car il n’y a pas trop de réglages à faire. Ma stratégie, au début, c’était de faire du nord parce que mon bateau marche bien au près mais peu après le départ ça a changé car les petits fronts qui étaient censés être anodins sont devenus méchants, ce qui a ruiné tous mes plans. Je suis toutefois content de d’avoir plongé au sud car il n’était pas question pour moi de casser le bateau. Je ne suis pas dans une optique de champion du monde (rires). »

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Sébastien Liagre (589 – Walaby), 15e Série à Horta

« Je prendrai plus à manger la prochaine fois. J’ai manqué de nourriture ces deux derniers jours mais au-delà de ça, la course a été hyper sympa. Je n’ai jamais été tout seul. Avec Kévin (Tritchler), on est resté ensemble quasiment tout du long. C’était hallucinant. On avait choisi à peu près la même option au départ. On a pas mal parlé à la VHF mais aussi de vive-voix car des fois on était à dix mètres l’un de l’autre. Du coup, ce n’était pas toujours facile pour aller se reposer mais c’était super. Il n’empêche que ça a été long. Je n’avais qu’une envie : arriver avant que ma femme et ma fille repartent. Elles rentrent le 6 en France et ça a été mon moteur dans tous les moments durs. »

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Paul Cloarec (951 – Williwaw), 10e Proto à Horta

« Je me suis fait mal au ménisque juste après le départ et je n’ai plus pu plier la jambe pendant quelques temps ensuite. En plus, j’ai un spi que je ne connaissais pas et qui n’est pas du tout adapté au bateau donc c’était dur. Après, comme beaucoup de monde, je n’ai pas eu la météo et j’ai connu des problèmes de batteries. Quand on a eu de l’air, j’ai croisé un groupe de Pogo 3 et ça m’a rassuré. J’ai d’ailleurs viré pour me mettre derrière eux. Comme ça, au moins, il y avait du monde autour de moi. Sur cette première étape, il y a eu trois bords sympas, ce qui n’est pas énorme en 12 jours. Le reste, c’était chaud, tout au près à se faire secouer ou dans la pétole. A un moment j’étais près d’Enzo (Vincent Busnel, ndlr) et lui est parti la nuit tandis que moi, je suis resté collé. Mentalement, ce moment-là a été un peu dur mais l’objectif, c’était d’arriver aux Açores. En ce sens, le contrat est rempli. L’idée, maintenant, c’est de se remettre d’aplomb pour le départ de la deuxième étape, mardi. »

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Pavel Roubal (908 Pogo Dancer), 14e Série à Horta

« Ça a assurément été l’une des courses les plus folles que j’ai faites. Franchement, ça a été dur. On a tout eu en termes de conditions avec de la pétole et de la baston mais surtout, on a tout fait au près ! Un truc de fou ! On a pris quatre fronts et ça a mis à la fois le bateau et le bonhomme à rude épreuve. Je suis vraiment content que ce soit terminé et maintenant, j’ai vraiment besoin d’une bière ! »

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Nicolas d’Estais (905 – Cheminant – Ursuit), 13e Série à Horta

« Ça a été très dur, très long aussi mais au final, c’est surtout le résultat sportif qui me déçoit. J’ai été solide mentalement sur l’eau. On a traversé des fronts et j’étais bien. Le bateau allait bien. C’était vraiment un beau voyage même si on a fait énormément de près et que c’était éprouvant. C’est juste le résultat sportif qui me titille un peu mais il y aura la deuxième étape pour se rattraper donc on verra. »

Matthieu Vincent (947 – L’Occitane en Provence), 12e Série à Horta

« C’était encore plus dur que ce que je pouvais imaginer. Je pense que je vais être fier de ce que j’ai accompli avec un peu de recul mais ce n’est pas le plaisir attendu. Je pense que j’ai besoin de digérer un peu tout ça surtout que j’ai eu des problèmes d’énergie et que j’ai dû barrer plus que la normale. Ça a rajouté un degré de difficulté à tout ça. L’arrivée dans la baie a été dure pour les nerfs. J’essayais de me détendre mais intérieurement c’était terrible. A présent, je suis content d’être là avec les copains et je vais en profiter. Pour le reste, je vais essayer de me rattraper lors de la deuxième en termes de résultat parce que j’ai un peu mangé à la fin mais ça va le faire. Je suis déterminé. »

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Guillaume Coupé (906 – Drago), 11e Série à Horta

« J’ai eu très peu de plaisir. Ça a vraiment été très dur mais aussi très enrichissant parce j’ai beaucoup appris sur moi-même et c’était l’un des challenges. Je m’attendais à ce qu’une étape de course telle que cette Les Sables – Les Açores – Les Sables soit difficile, mais pas comme ça. A un moment, dans le front, on a été plusieurs bateaux à se regrouper. On ne captait pas la météo de la même manière mais ça a été vraiment puissant dans l’énergie. C’est vraiment la symbiose de la classe Mini qu’on a pu voir et ça m’a touché. J’ai énormément appris car ça m’a permis de monter en compétences tout en bavant car j’étais toujours le dernier. Je n’ai pas fait d’entraînement et j’ai acheté le bateau seulement en fin d’année dernière mais j’ai joué dans un paquet de bons. Ça n’a pas été évident de tenir la cadence mais je suis très satisfait. Je suis aussi très content d’arriver. »

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Sébastien Guého (909 – Séb Guého – Mini Transat 2019 #dlbsls), 10e Série à Horta

« Cette première étape a été compliqué et dure. Je n’ai pas éprouvé de plaisir. Une fois, à des mecs qui m’avaient demandé pourquoi je voulais faire du Mini, j’avais répondu pour rigoler et chialer en moins de 10 minutes. Là, je n’ai fait que chialer. Les deux premiers jours pour dégolfer ont été cool mais je n’étais pas dedans. J’avais à moitié la gerbe alors qu’il n’y avait pas la mer. Je me suis d’ailleurs posé la question de savoir si je n’avais pas un bidon de foiré ou une insolation. Lorsqu’on a attaqué le premier front, en revanche, j’étais bien dedans. Je savais que ça allait refuser et j’ai tiré la barre pour recoller le paquet de devant à l’AIS. Je commençais vraiment à être dans la course mais là, on a reçu quelques bribes météo annonçant un gros carton et incitant à plonger au sud. Après, je n’ai plus su ce qui allait me tomber dessus parce que la météo, je ne la captais pas. Un deuxième front est passé et on s’est fait démonter. Mon aérien est tombé sur le pont et je me suis retrouvé dans 25-30 nœuds avec tous les écrans noirs… Bref… ça n’a pas été facile. J’ai déjà commencé la job-list pour l’année prochaine. »

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Ronan Gabriel (552 – Voi’large), 9e Série à Horta

« C’était dur mais il y a eu des bonnes choses. C’est encourageant pour moi. Je suis content de ce que j’ai fait, même si le résultat n’est pas là. J’ai navigué avec deux autres concurrents assez forts et avec eux, j’ai pas mal échangé sur la course, sur la tactique… On a bien joué aux avant-postes et exploité correctement les différents systèmes météo. On a bien navigué et au final, ce n’est pas la longueur qui m’a embêté mais plutôt le fait d’avoir eu le sentiment d’avoir fait beaucoup d’efforts pour rien. Mais ce n’est pas grave. Je me suis ouvert la tête dans le premier front. J’étais à l’intérieur, je faisais une sieste et en me relevant, je me suis pris une vis. Ça saignait énormément et j’ai trop flippé. En fait, ce n’était pas grand-chose mais dans la tempête, c’est toujours impressionnant. »

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Irina Gracheva (Irina Gracheva Racing), 8e Série à Horta

« Je suis contente d’arriver. Ça n’a pas toujours été facile mais ça a été une belle étape. Mon bateau est vieux, il a 13 ans, mais il va bien dans le petit temps et j’ai confiance en lui dans la baston car je sais qu’il est fiable. Dans cette course, nous avons eu les deux alors je m’en suis assez bien sortie même si j’espérais faire mieux encore en termes de résultat. Deux bateaux m’ont passée juste avant la ligne d’arrivée et ça a été un peu frustrant pour moi, surtout que j’ai longtemps été devant eux, avec un certain écart. Mais c’est le jeu de la régate. J’ai vraiment cru en mon option entre Pico et Sao Jorge et j’ai d’ailleurs conservé du vent quasiment tout le temps, en profitant aussi du courant. J’ai hâte de voir ce que ça donne sur l’étape retour mais avant ça, je vais essayer de me reposer au mieux car la course a été longue ».

CLASSE MINI : LES SABLES-ACORES-LES SABLES 2018

Julien Letissier (969 – Kerno.bzh – Jule Course Au Large), 7e Série à Horta

« C’était top. On a eu vraiment toutes les conditions : de la molle, un peu de baston… C’était super complexe comme parcours, jusqu’à la fin. Les derniers milles ont même été les plus durs. Je suis super content d’être aux Açores. Hier soir, on s’est régalé avec la vue sur les îles et on avait hâte de les découvrir de l’intérieur. Ce matin, le lever de soleil sur le mont Pico, c’était vraiment chouette. Pour le reste, j’ai perdu un morceau de l’aérien et la bastaque puis j’ai le tableau électrique qui a traversé le bateau mais rien d’important. On repart dans trois quatre jours, ça va venir vite mais en attendant, on va tâcher d’en profiter au maximum ! »

CLASSE MINI : LES SABLES-ACORES-LES SABLES 2018

Cédric Faron (899 – Quasar), 6e Série à Horta

 « Cette première étape n’a pas été facile parce que j’ai rapidement perdu mon aérien à cause de la houle qu’on a eue. En plus, dès la première nuit, je me suis rendu compte que mes batteries étaient mortes. En fait je les ai changées en début d’année et ce n’est pas moi qui ai fait la saison avec le bateau. Heureusement, au près dans la baston, j’arrivais à bloquer la barre à 3°. J’ai fait les fronts comme ça. Ça a été cool parce que j’ai pu rester à l’intérieur et dormir. Je n’arrive finalement pas si fatigué que ça, même si la pétole d’hier nous a bien tués avec Ju (Letissier) et Ronan (Gabriel). On se voyait faire le podium. On était tellement sûr d’être devant ! Quand on a appris que les autres avaient réussi à passer par le nord alors qu’on n’y croyait pas du tout, on était vraiment vert. A présent, il reste très peu de temps pour remettre le bateau en état et j’ai énormément de choses à faire. J’aurais aimé souffler un peu mais on est vendredi et il ne va pas falloir traîner. Ce me fait flipper de repartir dans l’autre sens sans aérien. Pour le reste, c’était bien. J’ai vu beaucoup de dauphins et de baleines. C’était magnifique mais je venais avant tout pour la performance alors forcément je suis un peu déçu. »

Pierre Le Roy (925 – Arthur Loyd), 5e Série à Horta 

« Je suis hyper content parce que je termine 5e mais aussi parce que c’était dur. Au début, j’étais bien mais après j’ai eu des gros problèmes de vitesse. Je n’arrivais pas à repasser devant les autres mais sur la fin, comme souvent parce que je ne lâche rien, j’ai réussi à repasser devant pas mal de concurrents. Ça va peut-être devenir ma marque de fabrique car à chaque fois, sur la fin, je gagne des places grâce à mon mental mais aussi parce que le bateau est bien. Je n’ai rien pété, seulement ma fourchette. Ceux qui ont cassé du matos vont être un peu handicapés car ils vont être dans le jus avant le départ de la deuxième étape alors que moi, je vais pouvoir me préparer tranquillement. Je suis chaud pour le match retour ! »

Vincent Busnel (621 – Quéguiner – Leucémie Espoir), 9e Proto à Horta

« Je ne suis pas content. Dès le début, ça a été compliqué. Tu pars en qualif, tu as une BLU qui marche et tu pars en course, elle te claque dans les mains au bout de deux jours. Ce n’est vraiment pas très rigolo de ne pas savoir ce qui t’arrive sur la gueule. Je n’avais pas envie de casser le bateau alors j’ai pris l’ « escape » vers le sud mais ce n’est pas ce qu’il fallait faire. J’ai le sentiment d’avoir tout fait à l’envers. Juste après le DST du cap Finisterre, c’est la dernière fois où j’ai eu Axel (Tréhin) et Erwan Le Méné (Rousseau Clôtures) à la VHF. Ensuite, j’ai tout le temps été tout seul jusqu’à ce que je récupère un petit groupe de Pogo 3. Au début, comme je suis un peu taiseux, je ne parlais par trop avec eux mais petit à petit je me suis ouvert et maintenant j’ai hâte qu’ils arrivent pour leur payer des bières. On a prévu de se faire une bonne soirée tous ensemble ici à Horta. »

 

Vincent Lancien (679 – Roll My Chicken), 8e Proto à Horta

« Au début, on ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi long. Quand les premiers fronts sont arrivés, on a décidé d’y aller pour essayer de choper du vent et d’aller plus vite et puis il s’avère que c’était un front, une pétole, un front, une pétole… A chaque fois, c’était la déprime mais à chaque fois on y est allé quand même. Maintenant, on est aux Açores même si les derniers milles ont aussi été compliqués, avec du vent qui passait du près au portant en l’espace de trois secondes… C’était fou. Vraiment fou. Ça faisait quatre jours qu’on discutait à la VHF en imaginant la bière de l’arrivée et ça fait du bien d’être là. J’ai vraiment emmené le bateau plus loin que jamais en termes de vent, de mer et de chocs. Je sais donc qu’il ne craint absolument rien et que la seule chose qui pourra le freiner, c’est moi ! (Rires) En tous les cas, j’ai appris beaucoup appris sur moi-même, même si j’ai beaucoup douté mais là, c’est bon, tout est oublié ! »

Marie Gendron (930 – Cassiopée – SNCF) 7e Proto à Horta

« C’est clair qu’on est allé chercher au plus profond de nous-mêmes pour ne rien lâcher sur cette étape, surtout que les options n’étaient pas si simples que ça. A un moment donné, il a fallu faire un choix entre finir ou casser parce que les conditions étaient vraiment dures. Moi j’ai fait le choix de la sécurité, en plus j’avoue que j’étais carrément flippée. Dès qu’il y avait des copains autour, ça me rassurait. On est heureusement resté assez groupé et finalement ça s’est super bien passé. On s’est tous entraidé. On était à la fois en solitaire et en équipe et ça c’était incroyable. Certains étaient en black-out d’énergie et ils n’en pouvaient plus mais on était là pour les motiver. Sans ça, ça aurait été complètement différent pour eux. Ça l’a d’ailleurs été pour moi aussi, même si je n’ai eu aucun problème sur le bateau. De ça, je suis super contente parce que vu que je l’ai construit, il y a toujours un truc qui pète et là non. Ça me met en confiance. J’ai beaucoup appris sur moi pendant cette étape. J’ai été capable d’affronter des grosses dep qui me faisaient peur avant. Au final, je termine 7e et ça me va bien car il y a vraiment du niveau »

Camille Taque (791 – Foxsea Lady), 6e Proto à Horta

 « Je crois que c’est la course la plus dure que j’ai faite. La Mini Transat, c’était dur aussi, mais sur d’autres plans. Là, c’était intense à la fois mentalement, physiquement et théoriquement parlant parce qu’il fallait être super calé en météo. Ça a vraiment été très très difficile, avec une alternance de phases d’absence de vent totale et de baston. En fait, on s’est retrouvé dans le dur en permanence. Dans le vent fort, il a fallu courber l’échine et y aller sans trop réfléchir, puis dans la pétole, il a fallu essayer de garder son calme mais c’était hyper dur. Quand j’ai réussi à m’échapper du groupe où j’étais il y a trois ou quatre jours, puis à mettre 30 milles de distance avec mes poursuivants, je me suis dit « Ok, ça va t’aider à survivre à cette course » mais quand ils m’ont un peu rattrapée, là je me dis « Mais c’est pas possible ! J’en peux plus ! ». J’ai pleuré tellement de fois pendant cette course ! C’était très très dur mais à l’arrivée, c’est une belle 6e place. »

Un podium rudement disputé chez les bateaux de Série

Ce vendredi à 8h01 (heure de Paris), Félix de Navacelle a franchi la ligne d’arrivée de la première étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables. Le skipper de Youkounkoun s’est ainsi octroyé la deuxième place chez les bateaux de Série après s’être livré une remarquable bagarre avec Amélie Grassi (Tyrion) et Valentin Gautier (Shaman / Banque du Léman). Les trois solitaires se sont, en effet, rendu coup pour coup jusque dans les dernières longueurs, boulant les 1 270 milles du parcours dans un mouchoir de quatre minutes mais avec toutefois un écart de plus de 12 heures sur le vainqueur, Ambrogio Beccaria (Geomag). Leurs premiers mots.

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François Champion (950 – Ino Rope), 5e Proto

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« Ça a été un peu laborieux cette fin de course… pas de vent, pas de vent, pas de vent… je suis resté bloqué dans le sud de Terceira. Du coup, j’ai fini sans plus rien à manger. Ça a été dur surtout que dans la pétole, on a besoin de manger souvent. Mais bon, ça je le savais. Après, j’avais de la musique. En revanche, je n’avais pas pris de quoi lire. D’habitude je le fais mais là je me suis dit qu’en Proto, je n’aurais pas le temps. Au final, c’est une 5e place. C’est top. Si je l’avais écrite celle-là… Pour la première étape c’est vraiment top. Si je pouvais faire pareil à la deuxième étape, je serais super content. Ça a été une étape compliquée, avec pas mal de rebondissements, mais aussi une étape longue. Déjà il y a dix ans, avec le Pogo 1, j’avais mis douze jours. La route des Açores est toujours compliquée mais bon, le bilan est positif. Le bateau, je pense qu’il a pris suffisamment d’air pour progresser. Maintenant, c’est le bonhomme qui doit travailler car c’est le genre de machine qui tire un peu physiquement. Mais ça va se faire et puis demain on va grimper, on va aller au sommet de Pico ! »

Ambrogio Beccaria : « Soixante milles d’avance sur le 2e ? C’est beaucoup ça ! »

Ce jeudi à 20h00’10’’ (heure de Paris), Ambrogio Beccaria a franchi la ligne d’arrivée de la première étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables en première position chez les bateaux de Série, après 11 jours 06 heures et 58 minutes de course. Le skipper de Geomag qui s’est installé aux commandes de la flotte dès la bouée de dégagement en baie des Sables d’Olonne, a mené les débats de bout en bout. Mieux, il a régulièrement accentué son avance pour la porter à plus de 100 milles à deux jours de l’arrivée avant toutefois de la réduire de près de la moitié dans une option assez radicale sur la fin du parcours. Le navigateur italien, qui a en effet choisi de contourner Pico par le sud, a composé avec de tous petits airs dans les dernières 48 heures. A l’arrivée, c’est toutefois une éclatante victoire… et une option sérieuse de prise pour la victoire finale. Ses premières déclarations.

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Vous avez mené cette première étape du début à la fin et vous décrochez la victoire. Quel est votre sentiment ? 

« Pour être honnête, en franchissant la ligne, je ne savais pas que j’étais en tête. Bien sûr, je savais que j’avais fait une belle course parce que trois jours après le départ, j’avais écouté la météo et les classements à la BLU, découvrant alors que j’avais 30 milles d’avance. Mais pour ne pas me mettre trop de pression, à partir de ce moment-là, je me suis dit « ok, n’écoute plus les pointages, fais ta course ». Le truc, c’est qu’après, on a eu une météo compliquée et je ne savais pas si j’allais vite ou pas. Le pire, ça a été en arrivant à quelques milles d’ici. Je me suis retrouvé collé deux jours dans la pétole et j’étais sûr que j’étais passé 20e. Pour essayer de me rassurer, sans pour autant avoir vraiment envie de tout savoir parce que j’avais un peu peur de prendre un coup de massue sur la tête, j’ai rebranché la BLU et écouté les classements, mais pas les premières places. En fait, je voulais seulement savoir où était la flotte. J’ai entendu que Valentin (Gautier) et Nicolas (D’Estais) étaient à 200 milles de l’arrivée. Je me suis dit « finalement, c’est pas si mal comme course », mais je ne savais vraiment pas que j’étais toujours en tête. Je suis super content ».

Vous finissez avec une belle avance de 60 milles, ce qui n’est pas rien…

« 60 milles ? Ah oui ? Ah oui, c’est beaucoup ça ! C’est super ! C’est d’autant plus génial après être passé par des moments aussi durs que ceux de ces derniers jours. A deux reprises, j’ai pensé que j’aurais aimé être ailleurs qu’en mer, ce qui ne m’était encore jamais arrivé jusqu’ici. La première fois, c’est dans la grosse dépression qu’on a eue. Jamais je n’avais eu autant de mer. Je me suis dit « On fait comment si on veut sortir ? Elle est où la porte ? ». J’ai pris mon mal en patience mais ça a été un peu dur. La deuxième fois, c’est lors de ces deux derniers jours, dans la pétole. J’en pouvais vraiment plus. Il y avait du vent de secteur sud-ouest de prévu. J’avais préparé tout le bateau, tout matossé et tout réglé en pensant que c’était parti et que dans dix heures, j’étais à la maison. Et puis bam… deux heures après, je me suis retrouvé scotché, et ça a duré comme ça pendant deux jours ! Au final, ça a quand même été une super expérience. J’ai beaucoup appris. »

Jörg Riechers, skipper de Lilienthal, 4e Proto à Horta 

« Ce joli match qu’il y a eu à la fin avec Axel (Tréhin), ça fait plaisir. Le reste, bon… on a fait beaucoup de près. Du près, encore du près, de la pluie, encore du près, un autre front, de la pétole… Ça fait beaucoup de près dans tous les sens. Cette première étape a été dure, avec beaucoup de dépressions. C’est comme ça. En tous les cas, je suis content d’être là. A un moment, j’ai pensé que je n’arriverais jamais. J’ai perdu mes aériens et ça va être le défi de cet après-midi de le réparer, après le défi rasoir ! (Rires) »

Axel Tréhin, skipper de Tartine – Cherche du beurre, 3e de la première étape en Proto

Axel Tréhin a franchi la ligne d’arrivée de la première étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables à 13h38’30 (heure française), ce jeudi. Le skipper de Tartine – Cherche du beurre, qui a bouclé les 1 240 milles du parcours en 11 jours 00 heure 36 minutes et 30 secondes, s’est ainsi octroyé la 3e place chez les Proto après un joli match avec Jörg Riechers (Lilienthal) qu’il a finalement devancé de 11 minutes et 41 secondes sur la ligne. Son écart avec le premier, François Jambou (Team BFR Marée Haute) est de 1 jour 23 heures et 05 minutes.

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Erwan Le Méné, skipper de Rousseau Clôtures (2e Proto à Horta)

Erwan Le Méné (800 – Rousseau Clôtures) a franchi la ligne d’arrivée de la première étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables ce mercredi à 17h16’55, bouclant ainsi les 1 270 milles du parcours en deuxième position chez les Proto après 10 jours 06 heures 14 minutes et 55 secondes de course. Son écart avec le premier est de 1 jour 04 heures 43 minutes et 25 secondes sur le leader. Ses déclarations à chaud.

« Je ne me suis jamais fait aussi mal physiquement et mentalement. Vraiment, je n’ai jamais autant souffert. J’ai d’ailleurs pensé vendre le bateau, deux fois. Je me suis dit « j’arrête ces conneries, il faut vraiment être débile pour faire ça » … ça a été dur. Il y a eu deux jours fantastiques au début. Le dimanche et le lundi ont été extraordinaires mais après ça a été fini. Continuer la lecture de « Erwan Le Méné, skipper de Rousseau Clôtures (2e Proto à Horta) »

Double peine

C’est à toute petite vitesse que les Ministes toujours en course dans la première étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables poursuivent leur route en direction de Horta. Et pour cause, l’anticyclone est centré pile poil sur l’archipel portugais. Chacun essaie donc de trouver la meilleure trajectoire pour rallier Faial et à ce petit jeu, les options divergent franchement.

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François Jambou : « Si j’avais eu la météo et les positions, l’histoire n’aurait sans doute pas été la même »

Ce mardi à 14h33 (heure de Paris), François Jambou a franchi la ligne d’arrivée de la première étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables en première position dans la catégorie des prototypes, après 9 jours 01 heure, 31 minutes et 30 secondes de mer. Le skipper de Team BFR Marée Haute, qui a parfaitement bien géré les différents systèmes météo qui ont égrené les 1 540 milles du parcours, s’est imposé avec plus d’une journée d’avance sur son poursuivant le plus proche. Une performance d’autant plus remarquable que le Brestois était privé d’informations concernant la météo et les positions. Interview à chaud.

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Vous avez découvert que vous aviez gagné en arrivant. Qu’avez-vous ressenti ?
Je pensais que j’étais derrière tout le monde. J’ai vraiment découvert en arrivant que j’avais gagné. Je m’étais dit que si je faisais dans les 5, je sauvais les meubles. Là, je tombe des nues, complètement. » Continuer la lecture de « François Jambou : « Si j’avais eu la météo et les positions, l’histoire n’aurait sans doute pas été la même » »

François Jambou attendu demain au lever du jour à Horta

120 milles : voilà la distance qu’il reste à présent à parcourir pour François Jambou afin de rallier Horta, terme de la première étape des Sables – Les Açores – Les Sables. Le skipper de Team BFR Marée Haute, qui carbure actuellement à 8,4 nœuds de moyenne, est ainsi attendu demain au lever du jour à Faial (en milieu de matinée en France).

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Florian Blanchard, victime d’un démâtage

En fin de nuit, ce lundi, Florian Blanchard a démâté. Le skipper de MC Technologies, qui naviguait alors dans du vent assez faible, a pu prévenir la Direction de course. Le bateau accompagnateur APUS fait route dans sa direction et devrait être sur zone dans une dizaine d’heures.

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Des nouvelles de Marie Robert et Julien Hatin

Marie Robert, dont la trajectoire posait question cet après-midi, a été rejointe par l’un des bateaux accompagnateurs de la course, Sirius, avec lequel elle navigue actuellement bord à bord. Elle a ainsi pu expliquer qu’après des problèmes d’humidité dans son bateau, son système électronique ne fonctionnait plus. Elle a néanmoins réussi à sécher l’intérieur de son « Pepen » et se remet maintenant en route. En ce qui le concerne, Julien Hatin fait cap au 180°, accompagné par le bateau Apus. Confronté à des soucis de pilote automatique mais aussi malade depuis le début de la course, le skipper de Mademoiselle Iodée essaie de récupérer au mieux pour finir cette première étape.

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Pas tous logés à la même enseigne

Alors que les leaders de la flotte des Sables – Les Açores – Les Sables sont désormais passés sous la barre des 500 milles restant à parcourir dans cette première étape entre les Sables d’Olonne et Horta, tous ne sont pas logés à la même enseigne, même s’ils ont tout remis pas mal de sud dans leur route depuis hier, en particulier le concurrent le plus au nord, François Jambou.

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Le skipper de Team BFR Marée Haute, toujours accroché à la place de leader chez les Proto, a, de fait, franchement infléchi sa trajectoire des dernières 24 heures, sans doute confronté à du vent refusant. Il n’empêche qu’en étant positionné quasiment sur la route directe, il bénéficie, ce samedi, de plus de pression que ses adversaires puisqu’il cavale à plus de 7 nœuds de moyenne quand ses camarades les plus au sud, à l’image d’Axel Tréhin (Tartine – Cherche du beurre), Vincent Busnel (Quéguiner – Leucémie Espoir), Camille Taque (Foxsea Lady), Marie Gendron (Cassiopée SNCF) ou encore Vincent Lancien (Roll My Chicken) qui progressent péniblement entre 3 et 4 nœuds. Même scénario ou presque chez les bateaux de Série où le leader, Ambrogio Beccaria (Geomag), conserve davantage de vent que ses adversaires en étant positionné plus près de l’orthodromie et surtout au-dessus du 41° Nord. La suite ? Nous avons posé la question à Denis Hugues, le Directeur de course. « Pour la journée de dimanche, un front froid est annoncé entre le 38 et le 43° Nord avec des rafales à 30-35 nœuds. La météo va ainsi encore rester compliquée jusqu’à la mi-journée de lundi. En clair, le week-end devrait être actif ». Pour ce qui concerne les marins victimes de petits pépins dans la journée d’hier, même chose, nous avons sondé le Directeur de course. Ce qu’il faut retenir, c’est que Raphaël Lutard (Arkema 3) est actuellement bord à bord avec Seafox, l’un des bateaux accompagnateurs de la course. Sa plaie ne saigne plus et, dans l’immédiat, il reste indécis concernant le port qu’il souhaite rallier. Louis-Xavier Lamiraud (Woza Spirit) poursuit sa route vers Vigo qu’il devrait atteindre en première partie de nuit. Guillaume L’Hostis (Alternative Sailing – Constructions du Belon) vise toujours La Corogne distante, à la mi-journée ce samedi, de 100 milles. Enfin, Victor Turpin (Générations Océan) pourrait rejoindre Porto ou Cascais mais il lui reste, a minima, 150 milles à parcourir avant de toucher terre. A noter par ailleurs que le balise de Paul Cloarec (Williwaw) ne fonctionne plus depuis hier mais que la Direction de course le garde à l’œil.

Adrien Bernard et Victor Barriquand jettent l’éponge

Ce samedi en fin d’après-midi, Adrien Bernard (Mini Yak) et Victor Barriquand (La Charente Maritime) ont signifié à la Direction de course leurs abandons respectifs sans en préciser la raison. Actuellement, tous les deux font route, comme, Raphaël Lutard (Arkema 3) vers le port de Leixões, au Portugal. Rappelons que pour l’heure, six bateaux ont jeté l’éponge. 48 solitaires sont donc toujours en course.

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Des nouvelles de la position de Paul Cloarec

La balise de Paul Cloarec ne fonctionnait plus depuis hier. Le skipper de Williwaw avait donc disparu des écrans mais la Direction de course est parvenue à entrer en contact avec lui. A 16h20 (heure française) ce samedi, il était ainsi positionné par 41°27’Nord et 16°48 Ouest. Il faisait alors cap au 243 et avançait à 5 nœuds, puis devait changer de tracker afin d’être en mesure d’être de nouveau localisé.

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Guillaume L’Hostis se déroute vers La Corogne

En début d’après-midi, Guillaume L’Hostis (Alternative Sailing – Constructions du Belon) a prévenu la direction de course que sa barre de liaison et son aérien étaient endommagés et qu’il prenait la décision de se dérouter vers La Corogne.
Plus d’information à venir…

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Deux dérives cassées pour Victor Turpin

Aux alentours de 14h30, ce vendredi, Victor Turpin a contacté la Direction de course pour lui indiquer la casse de ses deux dérives. Pour l’heure, le skipper du prototype Générations Ocean se laisse le temps de la réflexion quant à lui suite à donner à sa course.

A suivre donc.

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Du gros au nord, du un peu moins gros au sud

Après avoir subi le passage d’un front peu actif hier, les 54 Ministes des Sables – Les Açores – Les Sables, poursuivent leur route en direction de Horta, au large du Portugal, s’étalant désormais sur près de 200 milles en latéral.

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Tous ne seront donc pas servi de la même manière lors du prochain passage de front annoncé pour cette fin de semaine. « Ceux qui évolueront alors au-dessus du 43-44° Nord vont affronter les conditions les plus musclées, avec jusqu’à 50 nœuds dans les rafales. Ceux qui seront en dessous du 40° N auront au plus fort 25 nœuds et ceux qui se trouveront entre les deux composeront avec autour de 30 nœuds », explique Denis Hugues, le Directeur de course, indiquant par ailleurs que les retardataires devraient être relativement épargnés dans la mesure où plus ce nouveau front va se rapprocher de la terre, plus il est promis de s’atténuer. « Ce sera toutefois moins vrai pour ceux positionnés au nord », tempère Denis. On le voit d’ailleurs clairement sur la cartographie ce matin, la majorité des concurrents a choisi de plonger au sud, à l’exception des leaders.

Chez les Proto, François Jambou (Team BFR Marée Haute) continue en effet de progresser au nord de la route directe, plus de 100 milles dans le nord-ouest de son poursuivant direct, Erwan Le Méné (Rousseau Clôtures). Du côté des Série, Ambrogio Beccaria (Geomag) a, pour sa part, remis un peu d’ouest dans sa route, portant son avance sur son dauphin de 7 à 24 milles, ces dernières 24 heures. Pour eux comme pour les autres, le but du jeu à venir va assurément être de préserver son matériel au mieux d’autant que cette première étape est loin d’être finie. De fait, après cinq jours de course, il reste encore plus de 600 milles à parcourir pour rallier Faial. « Les premiers pourraient arriver mardi selon les derniers routages », indique Denis Hugues.

Vers une succession de fronts ?

Comme prévu, les Ministes de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables ont traversé un petit front ces dernières heures, ainsi qu’en témoignent leurs trajectoires.

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Ce jeudi, les uns et les autres vont ainsi remettre progressivement du sud dans leur route, à commencer par François Jambou. Situé le plus à l’ouest, le skipper de Team BFR Marée Haute a, en effet, été le premier à toucher le flux de nord-ouest, ce matin. Reste qu’en étant également positionné le plus au nord du peloton, le solitaire va se retrouver le plus exposé au passage du prochain front annoncé pour demain et samedi.

Une nouvelle dégradation, bien plus active que la précédente, que Bernard Sacré de Great Circle, voit capable de générer des rafales à 35-40 nœuds dans les latitudes supérieures à 44°N cette fin de semaine. La raison ? L’anticyclone des Açores, qui était décalé dans l’ouest avant le départ de la course, est aujourd’hui davantage centré sur l’Europe. « Dans ce contexte, on risque bien d’assister à une succession de fronts sur la flotte jusqu’au bout de cette première étape », annonce Denis Hugues, le Directeur de course. Dans l’immédiat, en tous les cas, les 54 marins, qui progressent entre 5 et 7 nœuds de moyenne à une centaine de milles au large du cap Finisterre, poursuivent leur route tranquillement après avoir de nouveau été scotchés hier dans la soirée.

Côté classement, chez les Proto, François Jambou, plus proche de la route directe que ses adversaires, tient pour le moment le haut du pavé tandis que chez les Série, Ambrogio Beccaria (Geomag) reste solidement accroché à la place de leader même si un petit groupe de huit bateaux reste en embuscade, décalé une dizaine de milles dans son nord. « Ça doit bien papoter à la VHF ! », s’amuse Denis Hugues.

C’est reparti pour Patrick Jaffré !

Après avoir annoncé à la Direction de course son avarie de safran aux environs de minuit la nuit dernière, puis pris la décision de se dérouter vers La Corogne qu’il a finalement rejoint sur les coups de 8 heures ce mercredi matin, Patrick Jaffré espérait être en mesure de pouvoir réparer son appendice bâbord en arrivant en Espagne.
Bonne nouvelle : c’est chose faite ! Le skipper de Projet Pioneer est, en effet, reparti en course vers 13h30 avec un moral regonflé à bloc !

Au gré des empannages…

Si le vent s’est montré un poil plus consistant hier après-midi, permettant à certains bateaux d’afficher, pour la première fois depuis le départ, des vitesses à deux chiffres, il s’est de nouveau affaibli, la nuit dernière.

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Ce mercredi, c’est donc toujours au ralenti que les 54 Ministes progressent au large du cap Finisterre. Un cap que la majorité d’entre eux a manifestement choisi de déborder en passant à l’extérieur du dispositif de séparation de trafic. Seuls Sébastien Liagre (Walaby), Kévin Tritschler (Cubitus) et Mathieu Gobet (Méa Coule Pas) (tous des Pogo 2), semblent se laisser la possibilité de passer entre le DST et la côte mais pour l’heure, comme les autres, ils continuent d’avancer au portant dans 5 à 6 nœuds de vent de secteur est nord-est en multipliant les empannages, et se préparent au renforcement copieux du vent attendu dans la soirée.

De fait, le front annoncé hier est toujours d’actualité et devrait, comme prévu, générer des vents soufflant jusqu’à 35 nœuds dans les rafales sur une mer chaotique la nuit prochaine. « Plus les bateaux seront au nord, plus ce sera fort », note Denis Hugues, le Directeur de course. Dans ce contexte, il faudra faire attention de préserver au mieux le matériel. En attendant, chacun poursuit sa route en essayant de tirer au mieux son épingle du jeu.

Pour le moment, chez les Proto, François Jambou (Team BFR Marée Haute) affiche une position intéressante en ayant opté pour une trajectoire médiane par rapport à Erwan Le Méné (Rousseau Clôtures), le concurrent le plus au sud, et Jörg Riechers (Lilienthal), celui le plus au nord qui a d’ailleurs nettement infléchi sa route depuis le lever du jour. Chez les Série, Ambrogio Beccaria (Geomag) tient toujours la corde mais il convient néanmoins de souligner le joli retour aux avant-postes de Cédric Faron (Quasar) et d’Amélie Grassi (Tyrion).

A noter par ailleurs : Patrick Jaffré est actuellement en escale à La Corogne. Le skipper de Projet Pioneer, confronté à la perte de l’un de ses safrans, tente actuellement de réparer avant de décider de la suite à donner à sa course.
A suivre donc.

Changement radical de situation à venir

Si depuis leur départ des Sables d’Olonne, dimanche après-midi, les 54 Ministes de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables composent avec de petits airs, la situation devrait radicalement changer à partir de demain à la mi-journée.

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Un front est, en effet, prévu de passer sur la flotte. A la clé, des vents soutenus qui pourraient bien souffler jusqu’à 35 nœuds en rafales, dans la nuit de mardi à mercredi. « Les marins poursuivent actuellement leur route dans un flux de nord-ouest pour 5 nœuds mais à partir de demain en milieu de journée, ils devraient commencer à avoir du vent de secteur sud-ouest qu’ils devraient converser une douzaine d’heures avant de récupérer du nord-ouest. Dans cette période, ils vont prendre un peu d’air. Pour l’heure, CEP voit moins de pression que GFS mais ça va malgré tout être tonique », a expliqué Denis Hugues, le Directeur de course. En attendant, ça tactique à tous les étages, et notamment en tête de flotte où les options divergent entre les leaders. Chez les bateaux de Série, Ambrogio Beccaria (Geomag), qui menait les débats depuis le départ, a cédé les commandes de la flotte, cet après-midi, à Valentin Gautier (Shaman / Banque du Léman) et Nicolas D’Estais (Cheminant – Ursuit). Ces deux-là jouent actuellement des coudes sur une trajectoire un peu plus sud que leur adversaire qui leur permet, dans l’immédiat, d’être légèrement plus rapides. Même chose ou presque du côté des Proto, où l’actuel leader au pointage, Erwan Le Méné (Rousseau clôtures) a choisi de plonger au sud et de se rapprocher à moins de 20 milles des côtes espagnoles en espérant profiter de plus de pression. Pour l’heure, il a l’avantage, mais à 15 heures ce mardi, il est toutefois trois nœuds moins rapide que l’Allemand Jörg Riechers (Lilienthal) situé près de 30 milles plus au nord. « Pour l’instant, on a l’impression qu’Erwan Le Méné a décidé de passer entre le DST (disposition de séparation de trafic) du cap Finisterre et la côte. Ce n’est pas stupide car s’il conserve cette option, il est possible qu’il ramasse moins de vent que les autres qui risquent de se prendre une belle cartouche en étant positionnés plus au large », a ajouté Denis dont les derniers routages laissent entrevoir les premières arrivées à Horta à partir du lundi 30 au matin. « Tout cela reste, bien évidemment, à prendre avec des pincettes », a terminé Denis Hugues.

Une entame en douceur

Partis hier en début d’après-midi, les 54 Ministes engagés dans la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables ont profité d’un léger flux de secteur sud-ouest pour s’extraire de la baie des Sables d’Olonne et entamer la première étape de la course à destination d’Horta.

Déjà en tête à la bouée de dégagement, l’Italien Ambrogio Beccaria (Geomag) occupe toujours les commandes de la flotte des bateaux de Série, ce lundi matin, tandis que chez les Proto, l’avantage est donné à l’Allemand Jörg Riechers (Lilienthal), plus proche de la route directe que la plupart de ses concurrents qui ont manifestement choisi de mettre du sud dans leur route en espérant, à terme, bénéficier d’un peu plus de pression en se rapprochant des côtes espagnoles plutôt qu’en restant au milieu du golfe de Gascogne. « Cette première nuit a permis aux marins de se mettre en jambe tranquillement et pour le moment, ça reste plutôt paisible puisqu’ils composent avec un flux de secteur est de 5 à 7 nœuds. Dans les prochaines 24 heures, ça va rester mou et il ne va pas se passer grand-chose », annonce Denis Hugues, le Directeur de course. A noter par ailleurs : le Russe Fedor Druzhinin (Kids 4 Freedom), parti hier aux environs de 16h15 avec un retard à l’allumage en raison d’un problème de pilote automatique, affiche une option radicalement différente de ses adversaires puisqu’il évolue actuellement une vingtaine de milles plus au nord que le concurrent le plus au nord du peloton. Dans l’immédiat, cela lui permet de pointer à la 14e place du classement des prototypes. Reste à voir ce que ça donne dans les jours qui suivent…